Forum - David Golder - Cruel et violent
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Forum : David Golder

Sujet : Cruel et violent


De frontine, le 20 octobre 2005 à 16:17

Superbe film maudit d'un réalisateur exceptionnel; à mettre en DVD.


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De Impétueux, le 20 octobre 2005 à 20:56
Note du film : 4/6

Vous avez raison : "réalisateur exceptionnel" : mais j'aimerais aussi pouvoir retrouver La Bandera, La belle équipe, Carnet de bal, La fin du jour et même Golgotha, Panique et aussi Sous le ciel de Paris.

Duvivier est un des plus grands et il est scandaleusement mal édité…


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De frontine, le 24 octobre 2005 à 10:48

Toujours d'accord avec Impétueux, bien que tous ces films remarquables de Duvivier aient été, en leurs temps, proposés en vidéo. Son magnifique "Carnet de bal" (entre autres) semble n'avoir séduit aucun éditeur d'un jour ! On se demande sur quels critères, on se base pour proposer aux francophones d'Europe toutes les merveilles du cinema français d'avant guerre ? Comme il est presque impossible, à l'ère du DVD, d'acheter des vidéos neuves, c'est la case départ pour la la jeune génération et on attend le "bon vouloir" des distributeurs pour les remettre en DVD.


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De Impétueux, le 24 octobre 2005 à 11:55
Note du film : 4/6

D'autant que, pour des raisons que j'aimerais vraiment comprendre, certains chefs d'oeuvre sont édités, d'autres non ! Pour Duvivier, il en manque beaucoup, mais nous avons tout de même en Canal+classique, Pepe le Moko, et plusieurs films d'après guerre (malheureusement en René Chateau !), notamment Voici le temps des assassins, L'homme à l'imperméable, Pot-Bouille et Marie-Octobre.

Mais chez d'autres réalisateurs que j'aime, je me demande pourquoi par exemple Compartiment de dames seules de Christian Jacque est édité et non pas Un revenant qui est d'une autre stature !

Et chez Jacques Becker, qui n'est pas le plus mal servi, pourquoi manquent à l'appel Edouard et Caroline ou Rue de l'Estrapade ?

Et chez Clouzot, font défaut Manon, Miquette et sa mère, Les espions et La vérité

On pourrait continuer longtemps…


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De Impétueux, le 20 janvier 2008 à 23:24
Note du film : 4/6

Je n'ai pas lu le roman d'Irène Nemirowsky, dont le regretté (sur ce site !) RdT nous chante merveilles, et mon programme de lecture des années à venir ne prévoit pas vraiment que je la découvre, mais, admirateur absolu de Julien Duvivier, je ne pouvais évidemment pas rater son premier film parlant, édité, sans grand luxe par Les films du collectionneur : l'image est souvent floue, le son connaît des alternances un peu gênantes, et aucun supplément ne vient resituer l'œuvre dans son contexte….

Il aurait été intéressant, par exemple, qu'un spécialiste vienne nous expliquer l'apparent antisémitisme de nombre des séquences, conforme aux clichés rebattus sur la prétendue rapacité du peuple juif, dans son rapport avec un écrivain elle-même juive et future victime du nazisme ; car David Golder (magnifique Harry Baur) s'est enrichi de manière plus que douteuse, spécule et roule son monde, est entouré d'amis caricaturaux d'avarice (son commensal qui ne marche que sur la pointe des pieds car ainsi il économise les semelles) est marié à une harpie détestable dont, dans une scène d'une grande violence, il dénonce la provenance d'un ghetto sordide, a une fille – qui n'est pas de lui – poisseuse de cupidité, superficielle, ingrate, est entouré d'un régiment de parasites, gigolos, vieux débauchés, joueurs, tapeurs, arsouilles en tout genre…

Ce monde frelaté, c'est précisément celui que dénoncent les feuilles et organes antisémites, et si Golder apparaît, à la fin, rédimé, c'est parce que la maladie, la conscience qu\'il a du mépris intéressé que tous lui portent lui forgent une figure à la Goriot…

Mais pas plus que le héros de Balzac, Golder n'est un type intéressant… Il meurt sur un rafiot qui le ramène de Russie – d'Union soviétique – où, au mépris de sa santé, il est allé négocier sa dernière grosse affaire, afin de laisser une grande fortune à sa minable fille, Joyce (Jackie Monnier), sur qui, pourtant, il ne se fait aucune illusion… Victime d\'une vie vouée à rouler les autres, il meurt, roulé lui aussi – mais au moins en est-il conscient – par la seule personne qu\'il ait jamais, absurdement, aimé…

L'intrigue et le fond sont donc extrêmement intéressants ; la réalisation est encore bien balbutiante : passer du muet au parlant n'est pas chose si aisée : il y a encore des gros plans sans raison sur des visages surexpressifs, des surimpressions, des traces d'expressionnisme ; surtout, à l'exception d'Harry Baur, massif et génial, porteur de toute la souffrance et de l'amertume du monde, les autres acteurs sont médiocres ; il est à parier que ces comédiens du muet, déformés par des années d\'un style particulier n'ont pas su s'adapter aux jeux très particuliers du parlant : une rapide consultation d'Imdb m'a d'ailleurs confirmé que leurs carrières se sont vite interrompues…

Beau film, d'une grande violence dans la cruauté, dans la sauvagerie, même, désespérant de la solitude d'un homme… et ce n'est pas la très belle séquence finale où les émigrants juifs entonnent de magnifiques chants yiddish, alors que Golder s'éteint qui m'ôtera ce malaise…


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