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Forum : Joyeux noël

Sujet : Critique


De dumbledore, le 9 octobre 2005 à 12:31
Note du film : 5/6

Après s'être illustré par un succès tout à la fois étonnant et important avec Une hirondelle a fait le printemps, Christian Carion nous revient dans un film plus ambitieux mais possédant toutefois la même gentillesse qui frôle un peu avec de la naïveté.

Le sujet a pourtant rien de très naïf et gentil puisqu'il traite de la Première Guerre mondiale, et plus précisément de certains de ces incidents que l'Histoire officielle a tenté pendant de nombreuses années de cacher : les contacts pacifiques de part et d'autres des tranchés.

L'histoire se passe pendant la période de Noël 1914. La déception d'une guerre rapide a atteint toutes les troupes : aussi bien anglaises, françaises, russes et allemandes. La guerre s'enlise dans une guerre de tranchées, cruelle et terrible pour tous les camps. Avec l'arrivée de Noël, Anna Sörensen, soprano, fait tout pour pouvoir revoir son fiancé, Nikolaus Sprink. Elle a l'idée de chanter avec lui pour l'Etat Major allemand.

Cette excuse est le moyen de se retrouver, un court mais intense instant. Toutefois, alors qu'il chante pour les gradés, Nikolaus comprend que ce n'est pas pour eux qu'il devrait chanter mais pour ses hommes qui ont froid, loin de chez eux. Il s'y rend alors avec Anna et commence à chanter. De l'autre côté, les Anglais se mettent à l'accompagner en musique. La musique est une main tendue que Nikolaus saisit. Il se lève des tranchés et avance sur le no man's land du chant de bataille.

Pendant cette nuit de Noël, tous les militaires se mélangent, fraternisent, qu'importe leurs camps.

Seulement après ce moment de complicité, il est bien difficile de reprendre le cours normal de la guerre !

Le ton que prend Christian Carion est celui de la tendresse, et fait de ce film moins une ode anti-guerre qu'une fable de Noël tel que le cinéma en a connu (on pense à La vie est belle de Capra). Il y a bien sûr du coup des aspects bien fragile à cette narration : la simplicité, les bons sentiments et un peu de mièvrerie.

Qu'importe ! Il fait bon de temps en temps de rêver que l'humanité peut être plus douce et humaine que ce que la réalité nous apprend d'elle. L'histoire de Carion est jolie et on y adhère avec émotion.

Le rythme du film est bien mené dans son ensemble, mais s'il connaît un petit ventre mou dans le dernier tiers de l'histoire.

Seul finalement le casting et le traitement des personnages aurait pu être plus abouti. Si Diane Kruger réussit à incarner un personnage fort et touchant, son personnage disparaît un peu trop dans le milieu de l'histoire. Guillaume Canet lui est bien moins à l'aise, manquant de conviction dans son personnage un peu trop flou et mou.

Il s'agit là de maigres reproches pour un film qui atteint parfaitement son but : divertir et émouvoir.


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De vincentp, le 30 décembre 2013 à 11:42

Un membre de ma famille vient de retrouver il y a quelques jours dans son grenier une carte postale envoyée par un aïeul de ses voisins et datée de décembre 1914. Sur cette carte, le soldat français raconte à sa famille comment il a disputé un match de football contre les soldats allemands, à l'occasion de cette fraternisation. Le soldat demande dans la carte postale à sa famille de ne pas divulguer cette information.

Je signale par ailleurs la publication par mon père d'un livre consacré à un épisode de la première guerre mondiale. Ce livre de 324 pages bien tassées -que je n'ai pas lu, pour cause de surexposition au sein de la cellule familiale lors de sa conception- a de bons retours critiques et publics et s'est vendu depuis sa parution à près de 4 000 exemplaires. Il est édité par l'Harmattan.

http://www.ahicf.com/publication-le-tragique-destin-d-un-train-de-permissionnaires-maurienne-12-decembre-1917-par-andre-pallatier.html



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