Forum - Le Procès de Vérone - Solide artisan, sujet capital : Italie 1943...
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Forum : Le Procès de Vérone

Sujet : Solide artisan, sujet capital : Italie 1943...

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De Arca1943, le 9 octobre 2005 à 03:48

Je n'ai jamais vu ce film de Carlo Lizzani pour lequel je vote pourtant sans hésitation.

Grand professionnel du cinéma, Lizzani a œuvré dans des registres pour le moins contrastés, où des œuvres ambitieuses côtoient les films d'exploitation. Il a connu de près le cinéma néoréaliste, d'abord comme acteur (sa première vocation) et collaborateur au scénario (par exemple sur Riz amer). Comme réalisateur, il n'a jamais cessé de tourner depuis Achtung! Banditi ! en 1951 et compte maintenant plus de 60 films à son actif, parmi lesquels on trouve de tout : plusieurs thrillers de série B, comme le moyen Crazy Joe (1973) avec Peter Boyle), un western : Requiescant (1967) sur lequel je serais curieux de jeter un coup d'oeil, un documentaire sur la Chine, deux comédies satiriques avec Nino Manfredi (une de 1961 et l'autre de 1971 ! ça promet ! ) et une série de drames historiques ambitieux comme le très bon Les Derniers jours de Mussolini, le puissant Fontamara, le très réputé mais que je n'ai jamais vu Chronique des pauvres amants (avec Antonella Lualdi, 1954) et aussi ce Procès de Vérone que je brûle de voir depuis très longtemps.

Bien entendu, ces quatre derniers films, comme Achtung ! Banditi !, portent sur le même sujet vu sous plusieurs angles : le fascisme italien. C'est d'abord sur ce thème, auquel il revient encore et toujours à travers sa curieuse filmographie, que Lizzani donne le meilleur de lui-même. Avec lui, je ne m'attends pas à un chef-d’œuvre (quoique Fontamara…) mais plutôt à une solide reconstitution historique "qualité Italie", bien racontée et bien filmée, qui ne dédaigne pas l'émotion ni quelques effets spectaculaires, et sait donner toute la place qu'il faut à d'excellents comédiens. Et à ce propos, je me permets de supposer que Silvana Mangano dans le rôle d'Edda Mussolini Ciano entre l'arbre et l'écorce à minuit moins une, ça va être du gran' spettacolo.

Du reste, ne serait-ce que pour les événements qu'il raconte (voir le résumé), Le Procès de Vérone mérite à l'évidence de sortir en DVD – tout comme (refrain !) La Longue nuit de 43, Le Terroriste, La Grande pagaille, Le Fédéral, Été Violent, Général della Rovere, Des filles pour l'armée, La Bataille de Naples, Marcher ou mourir… Sacrée fresque, quand on met tout ça bout à bout… Et j'en oublie sûrement plusieurs…

Ça se passait en 1943, 1944, 1945.

Peut-être cela vaudrait-il la peine de rappeler gentiment aux éditeurs que nous sommes en plein 60ème de la Libération ? Je viens de voir La Ciociara, merci beaucoup ! Mais l'appétit vient en mangeant. Je veux en voir plus et en savoir plus.

Arca1943


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De CinocheMyLove, le 10 octobre 2005 à 16:28
Note du film : 5/6

J'ai une bonne nouvelle pour vous : je comprends votre point de vue que les événements en eux-mêmes justifient la sortie du film, mais c'est nettement plus que juste une reconstitution bien faite. Ce film est perturbant, à sa façon, parce qu'il nous entraîne vraiment à l'intérieur du fascisme et ça fait peur. Et c'est aussi un des meilleurs "films de procès" que je connaisse (même si la partie procès ne prend pas tout le film) : parce que tous les dés sont pipés, l'issue est déterminée à l'avance car ce sont les nazis qui décident et les personnages jouent ce procès comme s'il était vrai alors qu'ils savent bien qu'il est faux. Moi qui ai détesté le "Salo" de Pasolini, je proposerais plutôt ce film-là à la place. Et vous avez bien raison de supposer que Silvana Mangano fait une très prenante Edda.


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De Arca1943, le 10 octobre 2005 à 16:41

Ah bon ! C'est encourageant… et ça augmente la frustration de ne pas l'avoir vu !


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De Sandokan, le 31 décembre 2005 à 15:12

Arca, tu excites ma convoitise une fois de plus. Je vote pour voir Silvana Mangano dans Le Procès de Vérone !


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De Arca1943, le 12 mai 2013 à 00:08

Sept ans plus tard, Le Procès de Vérone est toujours dans les limbes. Il doit pourtant y avoir moyen, bon sang…


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De Tamatoa, le 12 mai 2013 à 00:38

Sait-on jamais…


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De verdun, le 15 février 2015 à 21:30
Note du film : 5/6

Une belle réussite, dans un noir et blanc austère typique de l'époque.

Lizzani traite un épisode étrange de l'histoire italienne : le gendre de Mussolini, Ciano, jugé par… des fascistes. Il s'attarde notamment dans la première partie sur les sentiments des personnages, leurs hésitations pendant une époque très trouble. L'usage des images d'archive est excellente. Le duo Frank Wolff- Mangano est excellent. La deuxième partie s'attarde sur le procès lui-même.

Les deux heures sont très bien menées. Seul reproche : l'utilisation d'un effet sonore outrancier, une musique accompagnée de bruits de mitraillette qui résonne à la fin de chaque séquence. C'est dommage car le film pose un regard très juste sur cette période.


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De Arca1943, le 16 février 2015 à 17:25

Notez que je ne suis pas le moins du monde vert de jalousie ou blême d'envie en écrivant ces lignes, mais cela dit, peut-on savoir, ami Verdun, où diable vous avez déniché l'indénichable Procès de Vérone, mmh ?


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De verdun, le 16 février 2015 à 18:01
Note du film : 5/6

En fait il est passé à la cinémathèque française il y a une semaine (dans une copie bien conservée).


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De Arca1943, le 16 février 2015 à 18:04

Ah bon. L'espace d'un instant, je m'étais pris à rêver… un courageux micro-éditeur… une copie miraculeusement retrouvée dans un grenier… la sortie quasi confidentielle d'un DVD qui… Ah, mais passons.

Par contre, pour toute une série de films toujours pas sortis, de Un homme de trop au Procès de Vérone en passant par La longue marche et La bataille de Naples, j'ai mis au point une position que des esprits pressés qui ne comprennent pas la passion du collectionneur, appelleraient sans doute de "vile rhétorique" ou "odieux chantage".

Cela va comme suit. Vous tombez par hasard sur un éditeur français de DVD (en fait, vous le faites suivre depuis une semaine, mais il n'a pas besoin de le savoir). Et au fil de la conversation, vous lui demandez à brûle-pourpoint:

«Tiens, votre compagnie ne distribue pas Un homme de trop (ou la Bataille de Naples ou Le Terroriste ou La longue marche, etc) en France ?»

«Eh bien non.»

Ici, vous marquez un court silence, et le regard fixé au loin (ça va mieux si vous vous êtes au préalable placé devant une fenêtre):

«Ainsi donc, vous refusez de distribuer en France ce film ANTIFASCISTE. Hum-hum, je vois.»

Tout est dans l'art de prononcer les majuscules et de laisser tomber votre "je vois" avec le maximum de sous-entendus insidieux. Affolé à l'idée de passer pour un vil collabo, pour un membre de l'extrême-droite néofasciste, voire pour un complice posthume de Mussolini et d'Hitler, votre nouvel ami l'éditeur va se fendre en quatre pour distribuer en France le film tant convoité, et voilà le travail ! Un titre de plus dans ma collection !


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