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Sujet : Les deux versions du film


De dumbledore, le 25 février 2003 à 00:00

Il existe deux versions du film. Quand La belle noiseuse est sortie en salle, elle proposait une longueur déjà honorable de 240 minutes. Ces 4 heures prenaient le temps nécessaire pour entrer dans l'univers du peintre, mais surtout de montrer l'évolution d'une relation tout à la fois de fascination, de séduction, d'ambivalence entre le peintre et le modèle, le tout sans aucune scène réelle entre les deux personnages, sans aucun dialogue ou presque. De rien en rien, on arrivait finalement à quelque part. Le temps, ces longs plans de dessins et de peinture, se justifiaient alors complètement même s'il pouvait rebuter plus d'un.

Toute cette magie qui s'opérait s'est retrouvée volatisée quand Jacques Rivette a eu l'idée quelques années plus tard de ressortir le film en version courte. Raconter l'histoire en deux heures faisait perdre l'essence du film, et paradoxalement proposait un film plus lent et plus ennuyeux.

La belle noiseuse est aussi et surtout un film sur le cinéma bien sûr, sur le rapport entre le créateur et la muse. On peut difficilement prétendre que cette idée et cette vision de l'artiste et du modèle soit vraiment très originales, tout comme ne l'est pas la jalousie entre l'ancien modèle devenu âgé ( Jane Birkin) et la jeunesse dangereuse interprétée par Emmanuelle Béart). Toutefois, on peut reconnaître qu'à cet égard Jacques Rivette s'est fait sienne la devise comme quoi il vaut mieux partir d'un cliché que d'y arriver car c'est exactement le cas dans ce film. Les rapports entre les personnages ne sont nullement clichés. Le cliché est là, il est même là dans l'esprit des personnages quand ils entrent dans la situation (Emmanuelle Béart craint de travailler avec Michel Piccoli de peur que le travail déborde sur autre chose et Jane Birkin a tout de suite peur en la voyant arrivée), mais bien vite, avec le temps, ils se mettent à se révéler et à évoluer en live pourrait-on dire, devant nous…

Le seul reproche que l'on pourrait faire à Jacques Rivette c'est que l'on sent trop la doublure peinture de Michel Piccoli. De mémoire, on ne le voit jamais en train de dessiner ou de peindre. On voit uniquement ses mains. Et quand je dis « ses mains », je pense à celles d'un autre…


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De mic-ardant, le 3 avril 2006 à 10:33

Je viens d'écouter ce matin lundi 3 Avril 2006 sur france Culture une émission passionnante consacrée au peintre et écrivain Bernard Dufour.

On peut se référer à ses livres pour approfondir encore l'impact du film merveilleux de Rivette. Merveilleux pour tous les "créatifs" qui se retrouvent si bien dans la projection de ce film,( car on se sent bien en le regardant) dans son univers, dans la délicatesse de ses paysages et de son "bruitage" si évocateur.

Un film reconnu inoubliable et indispensable !

Voui à sa réapparition en DVD !


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De vincentp, le 20 avril 2009 à 23:07
Note du film : 5/6

5,5/6

Une histoire intéressante, très bien racontée effectivement, exceptionnellement bien filmée. Atmosphères, psychologie, certes sur une grande longueur, mais magie de l'écriture, des prises de vue, ceci passe assez bien. Le film doit beaucoup à Michel Piccoli, qui donne vie à cette belle oeuvre, lui évitant de sombrer dans le "guindé" et le "précieux" (on n'en est pourtant pas loin par moments).


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