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Forum : Sous le ciel de Paris

Sujet : Triste et drôle comme la vie !

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De Impétueux, le 2 mai 2006 à 14:22
Note du film : 5/6

Ce n'est pas un film à sketches, mais un film où des personnages, des destins divers se croisent et s'entrecroisent du côté de la rue Mouffetard, dans un Paris populaire quelquefois tendre, souvent cruel. La misère de la vieille dame aux chats (impeccable Sylvie), la rêverie amoureuse de la jeune provinciale qui attend le grand amour (Brigitte Auber), la dureté de la grêve sur le tas, la névrose du sculpteur (Daniel Ivernel, je crois)…

Film noir, comme très souvent avec Duvivier; (l'admirable Voici le temps des assassins suit de près ce Ciel de Paris), film d'acteurs, de visages, de trognes, film oublié, alors que la chanson éponyme de Jean Dréjac (parolier) et de Hubert Giraud (musicien), écrite pour le film, a été et demeure un immense succès


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De maroutian, le 6 juin 2006 à 22:59

RECTIFICATION

Dans Sous le ciel de Paris, le sculpteur Mathias est interpreté par Raymond Hermantier (1924-2005), acteur et metteur en scène français.


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De Impétueux, le 11 novembre 2006 à 20:17
Note du film : 5/6

Plusieurs fois annoncée, la réédition de ce bon film du grand Julien Duvivier vient enfin d'arriver dans les bacs (et comme René Chateau fait, depuis quelque temps, des progrès – image et chapitrage – ce retard a été un mal pour un bien). Mon souvenir était un peu vague (je suis assez honteux d'avoir confondu les personnages de l'interne en médecine qui a le trac – Daniel Ivernel et celui du sculpteur/serial killer – Raymond Hermantier) mais je n'ai pas été déçu devant la qualité d'un film qui, s'il demeurera une oeuvre mineure de son auteur est tout de même excellent et passionnant.

L'entrecroisement des destins, le récit choral n'était, sans doute pas une innovation et il y en a eu, depuis lors sûrement des tas d'exemples ; Duvivier ne se voulait en rien innovateur, se définissant avant tout comme un technicien, comme un artisan. Sans doute, mais un artisan d'art ! Car ces destins-là se croisent avec une souplesse, une attention fine donnée à chaque personnage, une reconstitution de leur langage, de leur milieu social, de leur itinéraire…

Un serial killer tue donc, dans la nuit sale de la rue des Ursins (une des plus vieilles de Paris, dans l'île de la Cité) une jeune oie blanche, vaniteuse et légère (Brigitte Auber) qui a débarqué le matin même de sa province pour "faire carrière" (et accessoirement briser le coeur d'un étudiant aux Beaux-Arts, qui l'aime sincèrement) ; une vieille fille très pauvre (Sylvie) cherche avec "patience et résignation" (ça n'évoque rien à personne, ça ?) 64 francs pour acheter deux litres de lait aux chats qu'elle héberge dans la mansarde où on vient de lui couper l'électricité (64 F. de l'époque, c'est à peu près dix centimes d'euros d'aujourd'hui), un jeune interne brillantissime, amant d'un charmant mannequin (Christiane Lénier), à qui l'on propose un mirifique contrat pour les Etats-Unis, se prépare à rater pour la troisième (et dernière !) fois l'Internat des Hôpitaux, mais aussi à sauver un brave ouvrier qui, une grève sur le tas heureusement finie, rentre chez lui pour fêter son anniversaire de mariage et récolte une balle perdue tirée par la police sur le sculpteur assassin de la jeune femme évoquée plus haut ; un gamin et une gamine – celle-ci grondée par ses parents pour de mauvaises notes – s'embarquent dans un périple rêvé sur la Seine… et la petite fille croisera aussi le tueur au milieu des chais de Bercy alors encore emplis de barriques…

Chant d'amour à Paris – dont les images sont présentées sur un commentaire d'Henri Jeanson – ce film drôle, tendre et triste méritait vraiment cette réédition…


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De droudrou, le 12 novembre 2006 à 11:57
Note du film : 5/6

Mon cher Impétueux,quand vous dites : ''mais je n'ai pas été déçu devant la qualité d'un film qui, s'il demeurera une oeuvre mineure de son auteur est tout de même excellent et passionnant. L'entrecroisement des destins, le récit choral n'était, sans doute pas une innovation et il y en a eu, depuis lors sûrement des tas d'exemples ; Duvivier ne se voulait en rien innovateur, se définissant avant tout comme un technicien, comme un artisan. Sans doute, mais un artisan d'art ! Car ces destins-là se croisent avec une souplesse, une attention fine donnée à chaque personnage, une reconstitution de leur langage, de leur milieu social, de leur itinéraire…''

J'étais à l'armée quand j'ai vu ce film dont je ne connaissais que le titre. J'avais été littéralement conquis par sa simplicité mais par la justesse des personnages qui en émanait. C'est excellent. On a beaucoup perdu de cette simplicité totale où, en plus, l'apport de la musique et de la chanson nous rapportent les souvenirs d'un temps que nous avons perdu.


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De Impétueux, le 12 novembre 2006 à 12:49
Note du film : 5/6

Oui, oui, c'est excellent, c'est du cinéma mineur d'un grand, d'un très grand réalisateur, peut-être celui qui, ses deux ou trois derniers films excepté, a livré l'œuvre la plus constamment réussie du cinéma français : des chefs-d'œuvre et des très très bons films !


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De gomar, le 11 décembre 2006 à 15:34

A propos de Daniel Ivernel, auriez vous tous oublié un autre film avec lui, La fête à Henriette (soit dit en passant hilarant et magnifique)? Et saviez vous que Carax lui avait proposé le rôle du clochard dans Les amants du Pont Neuf ?


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De Impétueux, le 11 décembre 2006 à 16:10
Note du film : 5/6

Je viens de demander à la haute hiérarchie de DVD Toile de créer la fiche de La fête à Henriette qui fait effectivement défaut dans la filmographie de Duvivier.

Merci de l'avoir signalé !


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De jipi, le 11 décembre 2006 à 16:12

Avec Michel Auclair je crois dans un role de méchant.


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De droudrou, le 11 décembre 2006 à 17:06
Note du film : 5/6

Michel Auclair : je n'ai pas souvenance d'un rôle où il apparaît "au clair".


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De Impétueux, le 11 décembre 2006 à 19:03
Note du film : 5/6

Exact : c'était une des faces les plus veules – et talentueuses ! – du cinéma français ! Et s'il se révèle tel, mais honnête, dans Maigret et l'affaire Saint-Fiacre, il est un Prince retors, lâche et puant, que sa cause ne mérite pas, dans Les mariés de l'an II, et une parfaite arsouille – heureusement défaite – dans Le coup de sirocco


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De Arca1943, le 11 décembre 2006 à 19:37

Et le psychiatre cauteleux et faux-jeton de Sept morts sur ordonnance


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De s é p i a, le 11 octobre 2007 à 18:09
Note du film : 3/6

Passant devant cet opus de notre immense Julien Duvivier, je fus surprise de n'avoir jamais entendu parlé de ce ciel là.

Je ne suis pas (grâce au ciel d'ailleurs!) à quelques euros près mais ,ayant un sens aigu de la misère en ce monde, le gaspillage me tétanise d'éffroi. La dernière fois que j'ai acheté les yeux fermés, sur le seul nom des Frères Jacques, j'ai pleuré mes deniers devant la "censuré" monumentale dont j'avais fait l'acquisition. Mais je séchais vite mes larmes en expédiant ladite "censuré" vers des contrées lointaines où les secousses telluriques se calment et ronronnent de bonheur devant n'importe quelles "censuré", à condition qu'elles fassent ressurgir des souvenirs heureux et ne viennent pas de Godard.

J'attendais donc de rentrer en mon foyer et je me précipitais sur un de mes sites préférés. Que dis-je ? LE site ! La Référence ! Forum : "Sous le ciel de Paris" . Tout y était excellemment dit, comme d'habitude. Et je repartis illico acheter cette petite et tendre chronique d'un Paris que je n'ai pas connu et qui, bizarrement, me manque… Je n'ai rien à rajouter (si ce n'est ce bavardage de nana que M. Duvivier a ému). Sauf peut-être une chose : Il est quand même génial ce site ,non? N O N ? ? Alors dites le !!


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De Impétueux, le 11 octobre 2007 à 19:11
Note du film : 5/6

Allez ! On le dit !

Gé-ni-al !


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De Florian, le 25 octobre 2011 à 19:34

Voila un film où l'esprit duviviéen transparaît à merveille ! Cette chronique d'une journée parisienne, qui n'a effectivement rien d'un film à sketchs, est tout ce qu'il y a de plus commun dans le paysage cinématographique français, à la différence près que le réalisateur s'appelle Julien Duvivier. Servi par une distribution impeccable : Sylvie est la touche émotionnelle de la production, la petite Marie-France joue sans cabotinage (ça doit être très compliqué de faire tourner de si jeunes enfants qui peuvent se révéler d'effroyables cabotins), l'excellent Frankeur, sans compter ceux qui ne sont pas crédités mais qui possèdent un physique si reconnaissable : Coutet, Guy Favières, Lafforgue…on ne peut tous les nommer et ça ne mènerai à rien. Je voudrais pourtant zoomer sur Daniel Ivernel, ce film confirme mes idées sur le personnage : un très grand comédien, quel naturel dans la scène de l'oral du concours d'internat ! On a tous connu ça (peut-être pas si poussé), mais l'ayant vu récemment dans Madame du Barry où il se démarque fortement, je pensais déjà avoir affaire un bon acteur, vu la façon dont il se déplace et use de sa voix., je suis à présent fixé.

Duvivier est fidèle à lui-même, le film démarre dans un style commun (mais pas platement) avec un narrateur très (trop ?) présent ; et comme dans La belle équipe, le pessimisme fait son apparition, étend son voile (d'abord sur cet anniversaire de mariage reporté), prend de l'importance (l'échec à l'examen) et devient omniprésent (les morts, le blessé grave)… Sylvie parvient à trouver une consolation, mais pour combien de temps, la petite Marie-France rentre chez elle sans se rendre compte du danger qu'elle a côtoyé. Seul le rondouillard Rivers-Cadet, pêcheur du dimanche, traverse cela sans se douter de rien, un sourire en coin et avec l'espoir sans cesse renouvelé de ramener une friture. L'élaboration de la diégèse présente quelques similitudes avec La belle équipe, notamment cette courbe dramatique (retour de la vénéneuse Viviane Romance, mort d'Aimos, départ des amis, rôle de Jacques Baumer) qui part d'un grand bonheur pour finir dans une tristesse quasi-totale, ça c'est du Duvivier tout craché.

Notons enfin cette attirance pour tout ce qui touche au domaine hospitalier, le réalisateur nous avait déjà régalés d'une transfusion sanguine dans L'homme du jour en s'attardant sur le matériel, là, il nous sert carrément une opération à cœur ouvert (d'où proviennent ces images, sans doute insérées avec l'accord du véritable propriétaire du cœur ?) Ce qui durait 5 minutes dans L'homme du jour dure ici 10 bonnes minutes, tout y passe : organes, matériel, personnel… Grâce à cette insertion, le film fait aussi œuvre d'historien, en plus de ce Paris disparu, trop romancé pour être vrai.


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De vincentp, le 25 octobre 2011 à 19:43
Note du film : 2/6

C'est amusant : j'ai emprunté ce film la semaine dernière, mais n'ai pas pu dépasser le cap des 10 premières minutes, et l'ai rendu. Ce film m'a semblé complètement ringard. Par égard vis à vis d'Impétueux, je ne lui ai pas mis de note.


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De Florian, le 25 octobre 2011 à 19:49

Je serais pourtant curieux de connaître vos remarques et commentaires.


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De vincentp, le 27 octobre 2011 à 22:53
Note du film : 2/6

En toute bonne foi (car j'aime bien Duvivier), j'ai trouvé la voix-off des dix premières minutes grandiloquente et compassée ! Cette introduction m'a paru artificielle et datée. On aurait dit un reportage télé des années cinquante. Je me garderais bien de dire toutefois que c'est un mauvais film. Parfois on n'accroche pas. Cela m'est arrivé déjà dans le passé pour Hair, pour le film musical chantant ou les protagonistes se jettent du riz sur la tête (nom oublié), etc… Parfois aussi, en poursuivant un film, j'ai changé d'avis initial (ex récemment : Le sport favori de l'homme que j'ai énormément apprécié au final). Donc prudence.

La note de 5/6 (que j'ai transformée en 2/6) n'est pas de moi. Pas de note, svp.


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