Forum - Amadeus - Critique
Accueil
Forum : Amadeus

Sujet : Critique


De Patrice Dargenton, le 5 avril 2002 à 17:29

Par le regard d'un observateur avisé et impliqué, la vie et l'oeuvre du célèbre génie de la musique et comment l'une interagit sur l'autre. Un magnifique film sur la mystérieuse genèse de la postérité (ou son absence) et sur la distinction entre le simple talent et le génie.Patrice Dargenton (Mon site)


Répondre

De dumbledore, le 16 janvier 2003 à 00:00

Attention, chef d'oeuvre ! Milos Forman signe un portrait de Mozart comme personne ne l'avait fait avant lui. Il est loin de l'image d'Epinal du génial musicien qui ne vit que pour la musique, obsédé par son art et surtout bon élève bien sage et docile. Ce qu'il fait n'a rien de romantique (au sens historique du terme) mais offre au contraire une vision révolutionnaire du personnage. Il est grossier, mal élevé, vulgaire, mais génial. Le génie n'est plus du côté du bon goût ou de l'esthétisme, il est remis à sa réelle place, dans le domaine du psychisme, relevant moins de la société que de la psychanalyse.

Bien évidemment aussi, Mozart n'est pas là uniquement pour lui-même. Ce sont tous les artistes qui se trouvent derrière cette figure de génie. Il y a là notamment tous les réalisateurs et il est difficile de ne pas voir dans le rapport du musicien à la cour les mêmes rapports que peut entretenir un réalisateur face aux décideurs du monde du cinéma.

"C'est bien Monsieur Mozart, il y a trop de… trop de notes". Phrase magnifique qui résume tellement bien les énormités que l'on peut entendre si souvent dans les réunions de production ou dans les projections pour les chaînes de télé.

Mais n'oublions pas le contexte dans lequel le film est né. Le réalisateur est Milos Forman qui revient à Prague en pleine guerre froide (après avoir fuit le régime au moment du Printemps de Prague) pour tourner ce film. Difficile dès lors à ne pas voir également dans Salieri une figure de l'aparatchik et dans le personnage de Mozart l'homme libre, et donc forcément dangereux pour ces petits hommes de pouvoir…

Le film ne vaut bien sûr pas uniquement pour ce personnage de l'artiste ou d'homme libre. Il est en lui-même une oeuvre d'une maîtrise remarquable. Tous les détails sont particulièrement travaillés, que ce soient les instruments de musique, les décors ou les costumes. Tout cela fait de ce film un travail d'orfèvre. La mise en scène est au diapason. Jamais trop présente, elle sait être discrète tout en étant d'une efficacité remarquable.

Le scénario n'est pas en reste, avec cette idée géniale de raconter l'histoire de Mozart du point de vue de son ennemi intime Salieri, noirci bien évidemment pour le film, mais qui est le référent à la normalité auquel le génie est mesuré…

Bref, un chef d'oeuvre!

Pour l'Edition Collector dvd, le film est présenté avec 20 minutes supplémentaires. Contrairement aux pratiques habituelles du support, il ne s'agit pas d'un remontage, mais au contraire de la version telle que l'avait voulue Milos Forman à l'époque. D'ailleurs, cela se voit tant les scènes rajoutées ne dénaturent pas le film et sont totalement intégrées à l'ensemble, permettant de fouiller plus profondément les personnages…


Répondre

De nermcrure, le 20 février 2005 à 20:05
Note du film : 6/6

Tout le monde s'accorde à le dire : Amadeus est un chef d'oeuvre. Pour ceux qui ne l'auraient jamais vu encore, il est temps. Privilégiez l'édition collector avec 2 DVD et 2 CD, sur laquelle vous aurez un documentaire passionnant de 40 minutes sur le film.


Répondre

De pipon, le 14 décembre 2005 à 20:15

Ce film est pour moi veritablement boulversant. La façon dont Milos forman a décrit Mozart est tout simplement sublime dans le sens où il en fait le premier rebelle de génie de l'histoire de la musique.

En fait,Mozart représente ici l'ancêtre de tous les rockers et autres punks qui ont pu voir également leur musique incomprise à leur création. Et puis comment ne pas complétement rentrer dans ce film tant le jeu des acteurs est grandiose!Ce film peut se regarder maintenant, c'est à dire 20 ans après sans avoir pris une seule ride.Merci Mr Forman pour ce film de génie qui a d'ailleurs été grandemment récompensé à juste titre.


Répondre

De mag du 13, le 4 juillet 2006 à 14:49

J'ai vraiment adoré ce film qui est fantastiquement trés beau et émouvant à la fois !!!

Ce film nous emporte au siècle de Mozart,avec la musique dans nos coeurs…

L'acteur TOM HULCE a trés bien joué son personnage,qui n'est pas facile à porter.

Bravo à ce film !!!

Il faut dire quand même que c'est un grand chef d'oeuvre aux 8 oscards !!!

Voilà,je crois que j'ai tout dis.


Répondre

De Torgnole, le 3 août 2008 à 15:44
Note du film : 6/6

M'étant procuré cette fameuse version allongée de 20 minutes pour une somme plus que modique, je ne peut m'empêcher de partager l'enthousiasme de Dumbledore, tant ce biopic, pour moi le meilleur réalisé à ce jour, est une oeuvre originale, grandiose, aguichant tous les sens ; la vue, l'ouïe et même les papilles sont titillée quand la facette gourmande de Salieri nous est révélée, d'autant plus dans cette version, grâce notamment aux "Tétons de Vénus", pâtisseries italiennes tout à fait alléchantes et autre "Mascarpone sucré au Rhum".

Une réalisation impeccable, discrète, un montage rythmé qui s'adapte à la musique avec précision et efficacité, une profusion de costumes bluffants pour chaque figurant, des décors à tomber par terre, une interprétation géniale, mention spéciale pour F. Murray Abraham qui n'a pas volé son oscar. Et la musique, nappe, agit, ponctue, illustre, rentre en scène dès le premier plan du film pour s'imposer comme le personnage principal et ne plus quitter le spectateur jusqu'à la dernière note du générique de fin.

Le scénario original de Peter Schaffer, se détourne d'une simple biographie classique accumulant des faits et s'approprie le caractère et l'histoire des personnages pour aquérir une profondeur dramatique terrifiante.

Les rapports complexes entre Salieri et Mozart sont porteurs de richesses inestimables, deux personnalités dont l'interaction génère nombre de questions et reflexions sur la jalousie, la foi, le génie, la providence, la fatalité, la gloire, la folie, la haine, le mépris… Trop de thèmes sont suggérés, trop d'émotions sont brassées, "trop de notes".

L'oeuvre de l'artiste Génial, frustré de l'incompréhension générale, ne sera réellement comprise et appréciée que par son pire ou meilleur ennemi dans cette scène finale, magistrale, inoubliable, où Mozart donne une leçon à Salieri sur sont lit de mort.


Répondre

De droudrou, le 3 août 2008 à 18:43
Note du film : 6/6

Chef d'Oeuvre

A l'origine, c'est une pièce de théâtre qui utilise les deux personnages : Mozart et Salieri. Les rapports entre les deux hommes sont donc théâtraux et il ne faudrait surtout pas chercher dans le film une totale vérité historique. Il y a des anecdotes, certes, mais qui ont été brodées par l'auteur et le réalisateur.

Cependant, ces aspects extrêmes servent les personnages et l'Histoire. On ne peut donc les reprocher.

Mais c'est vrai que la version longue est intéressante. Les scènes rajoutées ne sont pas inutiles.

Une très belle réalisation. Une très belle interprétation et une orchestration superbe de Neville Marriner à la tête de l'Académie de Saint Martin in the fields. Petit détail, de toutes les versions que je connais, c'est cette courte version de Marriner qui illustre le mieux la mort de Don Juan et le cri d'effroi quand celui-ci est appelé aux Enfers.


Répondre

De Impétueux, le 23 juillet 2014 à 15:04
Note du film : 4/6

Je ne suis pas très mélomane, sans pour autant dire comme Voltaire (paraît-il) que la musique est le plus épouvantable de tous les bruits. Mais je reste assez froid aux raffinements de la composition et je me suis endormi régulièrement lorsque, pour de lourdes raisons sociales, je me suis retrouvé dans un fauteuil de la salle Pleyel ou d'une des salles de l'Opéra de Paris. C'est comme ça ; je n'en suis ni particulièrement fier, ni particulièrement honteux.

Mais le film de Milos Forman va très intelligemment bien au delà de la musique et se penche sur ce qu'est la grâce absolue, imméritée jusqu'à la caricature du don, c'est-à-dire, d'une certaine façon, sur l'impossibilité, pour les humains, de comprendre l'ordre supérieur divin.

Et c'est bien ainsi que Salieri (Fred Murray Abraham) interprète la situation lorsque, révolté, scandalisé, indigné, il jette au feu un crucifix et s'institue ennemi de l'instrument de Dieu, c'est-à-dire de Mozart qui, inexplicablement, bénéficie de tous les talents que lui n'a pas.

Comme Milos Forman a bénéficié, manifestement, de moyens financiers et techniques considérables, le film est agréablement décoratif ; il ne manque ni une bobèche autour des bougies, ni un grain de poudre sur les perruques. Et comme l'époque, la fin du 18ème siècle, est des plus civilisées et des plus décoratives, comme les habits des hommes et les robes des femmes ont acquis un raffinement extrême dont on peut douter qu'il soit jamais atteint, ça donne un spectacle élégant mais tout de même un peu essoufflé et, en tout cas, beaucoup trop long.

Car lorsqu'on a saisi la trame principale du récit – l'horreur ressentie par Salieri devant le scandale du don gratuit – tout le reste brode autour de l'anecdote, avec talent, sans doute, mais trop longuement. J'ignore, bien sûr, si certains points du récit sont authentiques ou imposés pour agrémenter le récit (par exemple le ballet muet des Noces de Figaro, qui me semble peu vraisemblable ou l'air de la Reine de la nuit inspiré à Mozart par les piaillements de sa belle-mère), mais je trouve que Milos Forman n'a pas su choisir (ou, plutôt, a été contraint par les producteurs) entre le sujet de base et la biographie romancée.

Cela dit j'ai regardé cela sans ennui, me disant tout de même à nombre d'intermèdes musicaux que Wolfgang Amadeus avait un certain génie.


Répondre

Installez Firefox
Accueil - Version bas débit

Page générée en 0.021 s. - 5 requêtes effectuées

Si vous souhaitez compléter ou corriger cette page, vous pouvez nous contacter