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Forum : Marathon Man

Sujet : Critique


De dumbledore

Le film est d'abord un modèle de scénario. Aussi bien au niveau de la construction et la présentation des personnages que dans sa structure. Le personnage de Dustin Hoffman est tout à la fois complexe (aussi bien son caractère, timide, gauche et fonceur, que son passé : il fait des études pour redorer l'image de son père, cette fracture il l'affronte et la fuit en même temps, etc) et présenté surtout avec une simplicité et une efficacité impressionnantes, notamment dans première scène de l'amphi. L'idée de la course est aussi une grande idée et surtout une idée simple, représentant parfaitement le personnage : voulant se dépasser d'un côté, mais aussi voulant fuir… Mais Dustin Hoffman n'est pas seul. Il est entouré d'un Roy Scheider très classe, dégageant un charisme certain. Et puis, on retrouve Laurence Olivier sublime, réussissant à incarner un nazi en le rendant tout à la fois terrible, apeurant et, paradoxalement, humain, touchant (dans la scène où il traverse une foule juive).

La structure du film est aussi un modèle, puisqu'il faut attendre bien trois-quarts d'heure avant de comprendre où va le film, quels sont les liens entre Dustin Hoffman et Roy Scheider. Mais pendant ces trois-quarts d'heure, on n'est nullement perdu, on ne décroche pas du récit. On est au contraire scotché par des scènes très fortes, qui développent une angoisse constante.

La mise en scène est également sublime et très simple. L'entrée et la sortie de chaque scène sont brillamment construites. L'utilisation des focales (les grands angles), notamment, est très fine. Soulignons pour finir une lumière d'une rare intelligence.

Pour résumer : chef d'œuvre.


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De Arca1943, le 31 décembre 2003 à 03:18
Note du film : 6/6

Tout le monde, au sujet de ce film, rappelle la scène horrifiante où le dentiste nazi Christian Szell (Laurence Olivier) interroge l'étudiant en histoire et coureur de marathon Tom Levy (Dustin Hoffman) en lui fraisant un nerf sain de sa dentition.

Ce dont je n'entends jamais parler personne, en revanche, c'est qu'à ce moment précis, les deux sbires qui travaillent pour Szell, eux mêmes sans âme et brutaux comme on l'a vu dans quelques scènes précédentes, se retournent vers le mur parce qu'ils ne peuvent pas supporter de voir ça.

Brrr…!

Arca1943


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De dumbledore, le 31 décembre 2003 à 10:31

Le coups des "deux sbires" est assez fin: si même eux (sans âmes) se retournent, c'est que ça doit être vraiment horrible.

La scène dans sa réalisation rappelle le viol de Delivrance : rien n'est montré si ce n'est les réactions des uns et des autres et un travail au son suggestif.


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De Impétueux, le 8 août 2008 à 10:41
Note du film : 5/6

J'ai bien dû voir et revoir quatre ou cinq fois Marathon man, et à chaque vision, je me laisse avoir par le rythme haletant, la qualité de l'interprétation, la caractérisation des personnages… Il n'y a pas jusqu'à la complication extrême de l'histoire – qui confine à l'invraisemblance – et même à la fin un peu trop niaise (la dispersion des diamants dans le château d'eau) qui ne concourent au charme du film…

Deux ou trois petites remarques :

  • On cite, à très juste titre, comme un sommet de douleur physique ressentie jusque par le spectateur le percement de l'incisive de Thomas Lévy (Dustin Hoffman) – à quoi on pourrait d'ailleurs ajouter la séquence précédente où le Dr. Szell (Laurence Olivier) vient aiguillonner une carie débutante – ; mais il y a aussi une bien belle scène d'action lorsque le frère de Tom, Henry Doc (Roy Scheider) est attaqué dans sa chambre du Plazza Athénée par le Chinois muni de son lacet d'acier et a juste le temps d'interposer sa main droite qui est alors profondément entaillée… La séquence de l'assassinat de Doc par Szell dans l'étrange décor d'un centre commercial désert, aux marches d'escalier soulignées de néon rouge, parce qu'il surprend, décontenance par sa brutalité, est extrêmement réussie.
  • L'effarement de Tom voyant s'écrouler autour de lui toute la stabilité du monde qu'il s'est construit (et qui n'est pas très ferme, ni très équilibré, comme le souligne très justement Dumbledore), découvrant les étranges et ambigus agissements de son frère Doc, de Janeway (William Devane), patron de son frère et d'une agence secrète du gouvernement, d'Elsa Opel (ravissante Marthe Keller), amante qui, en fait, le surveille, tous ces faux-semblants, mensonges et duperies qui le renvoient à son traumatisme d'enfance et à son père suicidé, cet effarement m'a fait songer au traitement que fait subir – en plus léger, et quelquefois même en plus cocasse – Martin Scorsese à Griffin Dunne dans After hours : il y a sous le monde que je vois exister des tas d'autres réalités et d'autres nœuds de force…
  • Laurence Olivier a reçu un Oscar pour sa prestation dans Marathon man ; sa ductilité et sa capacité de capter l'attention sont d'une rare maîtrise ! Et, comme Dumbledore a raison de noter qu'il parvient à gagner l'adhésion du spectateur lors de sa fuite dans le quartier juif des joailliers, lorsqu'il est reconnu par d'anciens déportés qui se mettent à poursuivre leur tortionnaire, L'ange blanc ! Parvenir – inconsciemment – à presque souhaiter que s'échappe un aussi épouvantable bourreau m'a glacé ; risques et magies du cinéma !

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De Arca1943, le 11 octobre 2009 à 04:31
Note du film : 6/6

Je contemple la filmographie du scénariste William Goldman et je me dis qu'il doit sûrement être pour quelque chose dans la haute qualité de plusieurs de ces films. Mais dans le cas précis de Marathon Man, c'est doublement son oeuvre puisqu'il écrivit d'abord le roman avant de le scénariser. Or, c'est loin d'être évident de faire les deux métiers : quantité d'écrivains se sont cassé la gueule en tentant de jouer les scénaristes. Ainsi même Graham Greene, qui lui était à la fois un grand romancier et un grand scénariste (Le Troisième homme), s'est avéré moins bon pour scénariser ses propres romans (Les Comédiens, The Human Factor). Curieux, non ? Eh bien, celui-ci a la capacité de porter très bien les deux chapeaux. Et le scénario de William Goldman est remarquablement fidèle au livre de Goldman William ! Les deux oeuvres sont des joyaux du suspense.

Cependant, cependant… La vie est chère. Alors un jour, remettant son chapeau d'écrivain, William Goldman écrivit à son livre une suite qui fort heureusement, ne fut jamais adaptée au cinéma. Car Brothers, c'est mauvais ! Mais mauvais ! Mais mauvais… ! Je n'en revenais pas. Et donc, je tiens à dire aux gens qui seraient tentés de le lire "pour voir comment c'est" : Non ! N'y allez pas, malheureux ! C'est un piège ! Je l'ai chassé de ma mémoire aussi vite que possible, mais parmi les choses de base dont je me souviens, c'est qu'il ressuscitait l'assassin professionnel Scylla , c'est à dire Doc (Roy Scheider dans le film), qui meurt dans les bras de son frère Tom (Dustin Hoffman) dans Marathon Man. Scylla n'était donc pas mort, soi-disant, apprend-on au début du livre ! Et il revient à lui sur une île lointaine (probablement du Pacifique, mais je ne me rappelle plus) qui sert de base à la Division. Brothers commençait comme ça, imaginez, avec le retour forcé et tiré par les cheveux d'un personnage qui était tout ce qu'il y a de mort dans le premier épisode. Et le reste était à l'avenant, mal foutu, indigent, prenant le lecteur pour une valise, avec en plus des éléments de science-fiction au rabais tout à fait plaqués sur l'univers d'origine : pire qu'une resucée, un infâme fond de tiroir.


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De passioncine, le 26 février 2015 à 13:33
Note du film : 5/6

Je viens de revoir avec beaucoup de plaisir Marathon man de John Schlesinger cinéaste anglais adopté par l’Amérique. Le scénario est redoutable, bien qu'un peu compliqué parfois à suivre, ce qui explique ma note.

Par contre la mise en scène et les interprétations de Dustin Hoffman, Laurence Olivier et Roy Scheider sont tout à fait remarquables. Ce qui m'a frappé c'est le traitement des scènes de suspens qui font penser indiscutablement au grand Hitchcock, le maître incontesté en la matière.

La tension du spectateur est mise à l'épreuve de la même manière. La scène des puces avec la présence de cet inquiétant chinois, ainsi que la scène de l'attaque à l'hôtel avec ce même visage derrière le rideau de la chambre, me rappelle la scène de l'Albert Hall dans L'homme qui en savait trop, ou Mrs Danvers dans Rebecca toujours en train d'épier dans l'ombre d'une fenêtre.

Pour compléter, je dirais que le thème de l'homme innocent poursuivi par des agents doubles et des êtres malfaisants (ici un ancien nazi, souvent des espions) est un thème récurrent chez Hitchcock. N'oublions pas le personnage de l'appât féminin, joué par Marthe Keller qui bien que charmante, n'arrive pas au niveau des actrices tenant le même type de rôle, notamment dans les Enchaînés ou La Mort aux Trousses ou Ingrid Bergman et Eva Marie Saint sont sublimes.


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De Steve Mcqueen, le 20 juin 2015 à 16:56
Note du film : 6/6

Un film qui met les nerfs (dentaires) du spectateur à rude épreuve…

La structure éclatée du scénario dans le premier tiers (on passe de New-York à Paris en passant par un pays d'Amérique du Sud), ainsi que les différents personnages (Babe Levy, Doc, Szell) dont les liens ne sont pas explicités au préalable, construisent un puzzle dont les pièces, une fois mises en place, se révèlent d'une redoutable efficacité.

Les séquences avec Doc baignent dans une paranoïa contagieuse, le danger semblant rôder partout dans ces décors à la fois majestueux et inquiétant, comme les marches d'escalier baignées dans la lumière de néons rouges dont parle Impétueux, qui prennent une allure presque fantastique grâce à l'ingéniosité des cadrages. La musique de Michael Small, insidieuse, vient renforcer le sentiment d'insécurité de plus en plus prégnant qui guette les protagonistes.

Szell (Laurence Olivier) semble une incarnation du Mal absolu, capable d'un sadisme soigneusement mis en oeuvre et préparé ( "c'est sans danger" répète t-il plusieurs fois avant la séance de torture dentaire infligée à Babe) comme d'une violence sur le vif ( la scène où il égorge le diamantaire juif).

Redoutable !


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