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Forum : Calmos

Sujet : Avis de recherche


De leo75, le 19 août 2005 à 00:01

Ce film cultissimeest INTROUVABLE! Quelqu'un aurait-il une piste (DVD, VHS…)?

Peu de gens ont vu ce film. Dans la filmographie de Bertrand Blier, il existe ce film oublié…C'est pourtant une pépite, une expérience dont on se relève pantois, malpoli et piètre gentleman.

Une distribution baroque : les ducs Marielle et Rochefort, le surréaliste Piéplu, le ruffian Bernard Blier en curé et une ribambelle de seconds rôles trash-beauf (Gérard Jugnot, Sylvie Joly, Brigitte Fossey…).

Le scénario est un vague prétexte au délire, à l'errance et à la provo.

Deux bonshommes, Rochefort et Marielle, exténués par les femmes, abandonnent tout pour aller vivre au plein air, à la fraîche. Décontractés du gland, à la manière de Dewaere et Depardieu dans Les Valseuses, les deux loufiats font table rase et s'installent dans un village perdu. Ils y rencontrent un curé truculent et soiffard (Bernard Blier), qui les initie à la bonne bouffe.

Bientôt, leur exemple inspire des milliers d'hommes. Des cohortes de mâles déboussolés quittent les villes, fuyant l'hystérie féministe des années 70. Le film, déjà furieux, vire alors au n'importe quoi. Rochefort et Marielle sont arrêtés par un escadron d'amazones nympho. Puis enfermés dans une clinique, transformés en chauds-lapins de laboratoire.

Au palmarès du kitsch, la scène finale fait figure de perle d'anthologie. Revenus à un état néanderthalien, Marielle et Rochefort rétrécissent. Ils deviennent minuscules, illiputiens. Après un baroud aérien hallucinatoire, ils tombent dans un gouffre moite et flasque. On s'interroge : qu'est-ce que c'est que cette séance de spéléologie?

En fait, Marielle et Rochefort ont échoué dans le sexe géant d'une sorte d'Eve qui bronze sur une plage digne des meilleurs pub Fa Douche. Cette scène en carton-pâte est une farce énorme. C'est aussi un clin d'œil à une nouvelle de Charles Bukowski dans « Contes de la folie ordinaire (un homme, devenu minuscule, se réfugie dans un utérus, à l'abri du monde).

Attentat au bon goût, «Calmos» fut un fiasco financier. Les critiques le détestent. Trop rabelaisien, trop gras, trop carnavalesque, trop franchouillard. Pour Le Monde, c'est « une lourde satire du féminisme. D'autres, plus indulgents, le considèrent comme «un canular anti MLF». De ce film date la réputation misogyne de Blier le bourru.

Comme tout le monde, Blier trouve son film raté. « Je n'en suis pas content du tout, mais je ne regrette pas de l'avoir fait : c'était une tentative passionnante qui aurait pu être réussie. Mais qui ne l'a pas été ! Dans "Calmos", il y a simplement des moments dont je suis content, mais ce n'est pas avec trois ou quatre scènes qu'on fait un film… »

Ce film est effectivement un patchwork, ça part dans tous les sens, ode à la bourlingue, aux salades salaces. Des scénettes cousues les unes aux autres avec du fil blanc. «Calmos» est un appel à la mascarade. Avec ses effets spéciaux à la Ed Wood et ses dialogues gaulois, c'est avant tout un nanar. Mais un nanar anar, avec la verve caustique de Blier et la gouaille de Marielle et Rochefort, ça ne se refuse pas.

A déguster entre esthètes


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De Impétueux, le 17 mai 2006 à 19:22
Note du film : 2/6

Je n'ai pas beaucoup d'estime pour Bertrand Blier cinéaste, mais il faut reconnaître que dans l'outrance, la grossièreté et la démesure il a commis là ce qui, par son caractère même, en fait un truc (je n'ose pas dire un film) intéressant.

A noter dans la séquence où vous dites que les protagonistes sont enfermés dans une clinique, transformés en chauds-lapins de laboratoire, la présence totalement incongrue, en bacchante nue et déchaînée de Dominique Lavanant, fort reconnaissable !


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De elmer, le 20 décembre 2006 à 12:58

Tu devrais pouvoir le recuperer sans problemes.

Sinon perso autant ce film m'a enchanté durant la premiere heure, autant il m'a ennuyé ensuite. Mais les dialogues au rasoir, le jeu precis de Marielle, Rochefort et Blier durant la premiere partie est d'une saveur tout à fait délectable. Dans sa globalité il film est un peu bancal, mais quelques scènes sont de pur joyaux. Un film à voir de toute manière.


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De paul_mtl, le 20 décembre 2006 à 20:04
Note du film : 1/6

A voté

Edit: c'est décevant malgré qq bonnes scenes. Completement ringard et arnarchiste pour une question de sexe. On sent l'influence de La grande bouffe de Ferreri 1973.


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De fm, le 8 mars 2008 à 21:37
Note du film : 6/6

sur les newsgroups on trouve le truc, mais d'une qualité discutable … si vous trouvez un dvd, je suis prêt a investir. Comme quoi, les p2p et autres newsgoups peuvent avoir éventuellement une mission de sauvegarde du patrimoine cinématographique (bon, d'accord, illégale … mais comme le disais Nicolas (Machiavel, bien sur) la fin justifie les moyens)… Si les majors et autres producteurs et ayant droits on honte de certaines productions… sauvons de l'ignorance les Zola et autres hugo modernes … C'est le patrimoine cinematographique francais (et autre) qui est en jeu … évitons l'édulcoration !!!


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De Torgnole, le 19 novembre 2008 à 14:39

Vu et approuvé! Je ne vais rien ajouter de neuf aux commentaires précédents, Calmos est une farce provocatrice, grasse et salace tout en étant anti-érotique, le désir sexuel masculin est dominé par les "joies simples" chères à Blier: la bonne bouffe, la nature, le bon air campagnard.

La première heure demeure plaisante avec répliques et acteurs en phase, Blier sait rendre la nature magnifique et accueillante grâce à de bons repérages et cadrages. On retrouve cette idéalisation de la campagne comme lieu de ressource, dans plusieurs de ses films (je pense encore aux Valseuses, Buffet Froid, Préparez vos mouchoirs, mais il doit y en avoir d'autres…).

La deuxième partie, plus ennuyeuse, s'embourbe dans un délire un peu décevant malgré quelques bons moments, l'idée de renverser les sexes dans une chasse guerrière en attribuant la libido masculine à la gent féminine fonctionne bien et donne lieu à des situations et dialogues agréablement absurdes mais tout cela devient lourd, s'éternise pour tomber dans une dernière partie inutile et n'importe quoiesque. Le film aurait pu ou aurait du se terminer bien avant…


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De kfigaro, le 20 novembre 2008 à 00:02

Mon avis est très mitigé, certains passages du film m'ont beaucoup fait rire (globalement l'abattage de Piéplu, acteur extraordinaire que j'adorais puis la délirante confrontation du duo Marielle-Rochefort avec la femme capitaine au milieu du film) mais ça ne mérite vraiment pas qu'on achète un énorme coffret DVD pour simplement dégotter ça !

J'ai également l'impression que Blier a pompé à fond sur Ferreri ("La grande bouffe" mais surtout "Le lit conjugal") sans arriver au petit orteil du géant italien. Mais j'ai noté aussi d'autres influences : Woody Allen sans doute ("Tout ce que vous avez toujours voulu savoir…"), "La planète des singes" (le roman pas le film : je pense aux costumes et aux espèces de deltaplanes moches vers la fin) voire même le film "Le voyage fantastique" (l'épilogue kitschissime à souhait avec un Rochefort doté d'une voix nasale absolument ridicule…).

En fait c'est typiquement un film qui se casserait la gueule dès les premières minutes s'il n'y avait pas des acteurs comme Rochefort ou Marielle pour le porter à bout de bras. Franchement dans ce registre foutraque et loufoque, Mocky s'en tire bien mieux que Blier…

PS : à noter aussi une musique originale mais à mon avis totalement ratée de Georges Delerue qui tente ici un mix peu convaincant de "basse chantante" jazz avec quelques cordes routinières, seul le générique fin avec harpe, voix et orchestre est réellement très beau dans un style assez brésilien d'ailleurs (on pense à Wanda Sa ou à certaines musiques de Milton Nascimento et Marcos Valle)


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De Impétueux, le 13 mars 2010 à 22:40
Note du film : 2/6

On s'apercevra sûrement un jour que Calmos est – de loin ! – le meilleur film de Bertrand Blier, comme Canicule est le meilleur film d' Yves Boisset. Pour ces tâcherons qui n'ont jamais fait dans la finesse, autant aller jusqu'au bout, ravager le bon goût, dévaster les règles et se retrouver à tu et à toi avec une seyante grossièreté qui fonctionne.

Calmos est un film d'une révoltante mauvaise foi, dont la dernière demi-heure est pitoyable et les images finales bâclées et accablantes ; Calmos est un film dont quelques séquences – la rencontre de Paul (Jean-Pierre Marielle) et d'Albert (Jean Rochefort), leur installation dans une fraîche campagne, toutes les interventions de l'abbé Émile (Bernard Blier, grandiose), les retrouvailles de Paul et de sa femme Suzanne (Brigitte Fossey) – sont magnifiques et jouissives. Allez vous faire, avec ça, une opinion objective !

Je suppose qu'il faut avoir un peu connu tout ça, le bonheur de ne pas avoir à bavarder et pourtant de se savoir proche, les feux de camp, la contemplation hypnotique des flammes et des braises, les marches dans la campagne, l'ordre serré, le crapahut, la goutte du chef, la gnôle qui tord les boyaux, le Picon-bière, la voluptueuse sensation de n'avoir rien à prouver, de ne pas devoir faire le coq, pour apprécier Calmos ; j'admets volontiers que tout ça n'est pas extrêmement raffiné et que ça ouvre de sacrés aperçus sur la nature des mâles, mais pas davantage que serait une exploration des bavasseries femelles, à base de confidences sur les maladies, de recettes d'amaigrissement et de jacasseries sur les mecs ; à une époque de féminisme agressif, Blier démontrait seulement que les deux sexes ont tout intérêt à se fréquenter, pour se bonifier à leur contact réciproque.

Si ce film épouvantablement mauvais n'était que raté, il va de soi, que, trente-six ans après sa sortie, on n'en parlerait plus du tout et on l'aurait enterré au cimetière des très nombreux ratages d'un Blier à l'étrange, tortueuse carrière ; sa prodigieuse grossièreté, ses outrances quelquefois dégueulasses (le sexe, en gros plan, de la star du porno Claudine Beccarie au tout début du film, la séquence finale, du même esprit), le ridicule de ses troupeaux d'Amazones vont pourtant de pair avec des plans d'une miraculeuse douceur – la campagne, au soir – et les décors magnifiques du Causse de Séverac, en plein Rouergue.

Il faut regarder Calmos en décrochant de toutes les notions d'ordre, de mesure, de décence inculquées, en se laissant simplement aller ; que ce ne soit pas toujours ragoûtant est une chose ; n'empêche que ça n'est pas toujours désagréable…


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De David-H, le 11 juillet 2013 à 08:28
Note du film : 1/6

Après vision de ce film, je ne peux que rejoindre ces avis, notamment celui d'Impétueux. Calmos est selon moi un ratage complet, où le non-sens et la vulgarité déforment un propos qui aurait pu être intéressant. Ce n'est donc pas pour rien, à mes yeux, que ce film est tombé dans l'oubli, au contraire de ceux qui l'entourent Les Valseuses avant, Préparez vos mouchoirs et Buffet Froid après, du moins en ce qui concerne les années 70 (…"septante").

En revanche, j'aimerais un jour revenir sur Hitler, connais pas, le tout premier film-documentaire de Bertrand Blier qui m'a profondément bouleversé il y a quelques jours. Une perle! Une gifle inattendue! J'ai là par contre énormément de mal à comprendre pourquoi celui-là, qui date d'il y a pile un demi-siècle à l'heure où j'écris ces lignes, ne soit pas un incontournable. J'ai déjà alerté mon entourage: il est à diffuser dans toutes les écoles! Je n'ai en revanche pu mettre la main sur Si j'étais un espion, le second film du réalisateur semblant inexistant en DVD, malgré la présence au casting de Bernard Blier, Bruno Cremer et de Claude Piéplu, et d'une musique tout de même signée Serge Gainsbourg.


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De Pianiste, le 17 novembre 2014 à 20:18

Je viens de revoir Calmos et je ne peux que réagir de la même façon que la première fois. Ce film de Bertrand Blier est une véritable provocation qui ne risque pas de laisser un souvenir inoubliable. On se demande comment Jean Rochefort a pu se décider à jouer dans une telle ineptie. Cela étonne moins de la part de Jean-Pierre Marielle qui nous a habitués à des rôles parfois assez grivois. Le début du film promettait une idée assez bonne, mais on a vite fait de se retrouver avec un scénario affligeant. En partant vivre à la campagne, ces deux types croient échapper à toute vie sentimentale en se livrant à des plaisirs autres que sexuels. Ils vont vite déchanter, en se retrouvant poursuivis par des amazones en manque de sexe. Le moment où le groupe de femmes capture les deux hommes pour les utiliser comme des étalons est particulièrement vulgaire et la scène finale est complètement ratée. Il est vrai que pour certains cinéphiles amateurs de grotesque, cette plage restera dans les annales du cinéma.

Un véritable navet à regarder une seule fois et à oublier aussitôt….


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