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Sujet : Pierce Brosnan, première !


De dumbledore

Pierce Brosnan incarne James Bond pour la première fois et avec lui, l'humour et la séduction sont de retour. La réalisation devient au passage américaine ainsi que le scénario. Fini le couple John Glen/Richard Maibaum qui commençait vraiment à se faire vieux. Du coup, les scènes d'actions sont beaucoup plus spectaculaires, notamment cette fabuleuse course poursuite entre un tank et une voiture en plein Saint-Petersbourg. Le scénario change un peu d'axe, et frôle le passé de Bond: ses parents morts dans un accident de montagne ou bien même les relations féminines de Bond.

Malheureusement, quelques cascades (celle du prégénérique par exemple) ou quelques personnages sont un peu trop caricaturaux. Notamment Famke Janssen en méchante qui semble jouir dès qu'une arme à feu se met à cracher ses balles (sic). On notera l'apparition très brève de Minnie Driver dans le rôle de la chanteuse sans talent de la boîte de nuit russe. C'était deux ans avant qu'elle passe au premier plan dans "Good Will Hunting".


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De Impétueux, le 8 décembre 2014 à 17:06
Note du film : 3/6

Rome n'est plus dans Rome et Bond n'est plus dans Bond. J'ai déjà dû évoquer quelque part l'entropie, c'est-à-dire la dégradation de l'énergie d'un système, qui fut un merveilleux pourvoyeur d'images aventurières, tant qu'il s'est appuyé sur les riches histoires de Ian Fleming et sur des équipes où l'on retrouvait, d'un épisode sur l'autre, des personnages familiers, cette récurrence n'étant d'ailleurs pas pour rien dans le succès torrentueux des films.

Sean Connery, le premier, le meilleur (l'unique ?) Bond, qui avait engagé la série en 1962 (Dr. No) l'avait délaissée dès 1967, après On ne vit que deux fois pour y faire un bref retour en 1971 avec Les diamants sont éternels (et en 1983 avec l'apocryphe Jamais plus jamais), mais graduellement, des pans entiers de la légende s'effilochaient.

Après L'homme au pistolet d'or en 1974, un des deux producteurs mythiques, Harry Saltzman avait fait défection, ce qui n'apparaissait pas bien grave, le producteur étant souvent le mal-aimé du spectateur (et pourtant, ces deux noms, Saltzman et Broccoli par leur étrangeté euphonique même faisaient notre joie quand on les lisait à la fin des génériques !). Après Moonraker, en 1979, c'était le tour de Bernard Lee, c'est-à-dire de M, le patron ronchon des services secrets britanniques. Plus grave encore la seule Monneypenny possible, Lois Maxwell, arrêtait après Dangereusement vôtre (qui fut aussi le dernier des Roger Moore, soit dit en passant). Et après Permis de tuer, en 1989, le second producteur de la grande époque, Albert R. Broccoli a passé les rênes à sa fille Barbara Broccoli pour Goldeneye

Qu'est ce qui restait, au moment de la sortie de ce film en 1995 ? Simplement l'excellent Q (Desmond Llewelyn), le bricoleur génial du MI6, qu'on retrouve toujours avec plaisir mais dont le rôle est tout de même bien secondaire… Sa caverne d'Ali Baba où sont testées ses inventions mortifères semble d'ailleurs être une parodie de ce qu'elle fut : tout y explose à tire-larigot.

On a changé de monde, de toute façon ; en 1995, l'Union soviétique a implosé et on ne peut plus reprendre de vieilles recettes de guerre froide ; alors autant placer une femme (Judi Dench) à la tête des services secrets de Sa Majesté, une femme qui n'a que mépris pour tout ce que Bond représente : la désinvolture, les costumes des meilleurs tailleurs de Savile Row, la connaissance des grands millésimes de Dom Pérignon, le goût des jolies femmes… D'ailleurs, elle préfère le bourbon au cognac (on en frémit) et la voiture qu'elle fait affecter à Bond n'est plus une Aston Martin mais une BMW…

On a changé de monde mais gardé les vieilles recettes en les surenchérissant : si, dans tous les Bond il y a au moins une poursuite spectaculaire, en voiture, à moto, en canot automobile, à ski, voire en hélicoptère, dans Goldeneye, c'est un puissant char d'assaut qui ravage rues et quais de Saint Petersbourg ; si les méchantes sont légion et tentent toutes (ou presque toutes : j’excepte naturellement Rosa Klebb/Lotte Lenya de Bons baisers de Russie) de séduire James Bond avant de le zigouiller (elles parviennent toujours à leurs fins sur le premier point, jamais sur le second), Goldeneye présente une tigresse sado-masochiste particulièrement orgasmique, Xénia Onatopp (Famke Janssen) qui, happée par un filin d'hélicoptère, finit crucifiée (ou peu s'en faut) sur un palmier. Je pourrais multiplier les exemples de surenchère qui font songer à toutes les overdoses de quoi que ce soit : ajouter toujours une couche.

C'est évidemment très spectaculaire et la séquence du pré-générique avec son vertigineux saut à l'élastique (qui date le film, d'ailleurs : est-ce que ça se pratique encore ?) est très réussie, comme la course-poursuite sur la corniche entre Bond et Xénia, comme les décors gigantesques et les explosions colossales. Mais trop c'est trop : James Bond ne doit pas être Indiana Jones, qui est un personnage de bande dessinée : la façon dont, dans le pré-générique encore, 007 arrive à rattraper, en vol libre un avion qui fonce dans un gouffre, à s'introduire dans la carlingue et à le redresser confine au ridicule…

Pierce Brosnan n'est pas un mauvais interprète du rôle, même s'il a tendance à brandir son revolver comme le font les policiers des États-Unis, d'une façon presque frénétique et non de la manière civilisée de Connery ou de Moore ; il demeure un peu dans mon souvenir comme le nigaud content de lui de Madame Doubtfire ou de Mars attacks.

Mais de toute façon, comment faire oublier les origines ?


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