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Sujet : Réédition de la série "Caroline Cherie"


De Carabine, le 23 juin 2005 à 16:23
Note du film : 6/6

Editer un film aussi ringard que Caroline Chérie, et pourquoi donc? Déja que la serie beaucoup plus célèbre des "Angelique" n'a jamais été rééditée (et d'ailleurs, les quelques exemplaires d'occasion se vendent sur le net à prix prohibitifs!).

Eh bien pour plein de raisons :

D'abord parce que Caroline Chérie c'est drôle, drôle parce que kitsch, théâtral… ridicule même!

Parce que ce film passait beaucoup plus à la télévision lorsque nous étions enfants et que nous le regardions de derrière le fauteuil de grand-mère (qui elle, ne perdait pas une miette de cette romance à l'eau de rose) avec la sensation de braver un interdit!

Parce qu'aussi, la fragilité et les yeux de biche de Martine Carol, qui dit "non, non, lachez-moi!"

Parce que c'est naïf, fleur bleue… mais que ça fonctionne à merveille les jours de cafard….

Et puis, il faudrait aussi éditer "Un Caprice de Caroline Chérie", film dans lequel la sublime plonge dans un bain en forme de coquillage, comme une dééesse botticellienne de pacotille…. J'adore!


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De Impétueux, le 26 juin 2005 à 10:57
Note du film : 4/6

Eh bien vous n'avez pas tort du tout d'aimer, malgré, ou à cause de cet aspect désuet, presque nigaud, kitchissime, en tout cas !

Martine Carol y est adorable et y a gagné ses rapides galons de vedette, galons trop vite arrachés par la survenue d'une Brigitte Bardot, plus charnelle, plus provocante…

Et puis, n'oublions pas que c'est tiré de cet immense succès de librairie que fut la série des Caroline (excellente édition complète chez Omnibus) écrite par le narquois Cécil Saint-Laurent double littéraire du grand romancier Jacques Laurent. Personne autant que lui, dans la seconde moitié du 20ème siècle n'avait su retrouver la verve, la faconde, le sens profond des grands romans-feuilletons du siècle précédent…


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De gilou40, le 23 février 2011 à 18:18
Note du film : 5/6

C'est donc celà, Caroline chérie…Quelle merveille ! Depuis le temps que je voulais le voir. Mais pourquoi faut'il attendre une heure trente du matin pour que le ciné-club de France 2 nous offre ce petit bijou ? Surtout que la deuxième partie de soirée, à partir de 22h, a été squattée par un de ces talk-show imbécile et prétencieux, présenté par un humoriste ringard, des chroniqueurs débiles aux sourires convenus, et envahi par des applaudissements intempestifs voulus par un chauffeur de salle en manque de notoriété ! Qui fera changer ce sacrilège à répétition ? Qui ?

J'ai d'abord envie de dire que Caroline chérie est un formidable livre d'histoire de France. Et je continue à croire que si le cinéma pénétrait plus souvent dans nos écoles afin de supplanter des instituteurs ennuyeux, le nombre de cancres déclinerait de façon conséquente. J'en suis persuadée. Et l'envie de lire de nos bambins serait, elle, en augmentation car au générique de fin, on a envie de lire le bouquin.

"-Nous ne vivons pas un temps pour les petites filles. Les petites filles doivent vivrent, s'endormir et avoir chaud. Rendors toi, petite fille…-"

/
Mais Caroline chérie est loin d'être une petite fille. Et d'ailleurs, à de nombreuses reprises au cours du film, le rapprochement avec Angélique est inévitable. Aussi belle l'une que l'autre, pas plus chaste l'une que l'autre, volontaires, même si Angélique l'est de suite alors que Caroline le deviendra sur le tard, vivant par instants exactement les mêmes situations. Caroline chérie a son "Gaston", le reposant Jacques Dacqmine comme Angélique avait, deux rois plus tôt, son "Joffrey de Peyrac". Il ne faut peut-être pas trop pousser la comparaison, mais des similitudes sautent aux yeux. Film savoureux, qui aurait pu devenir une opérette tant l'envolée, les costumes et les décors le permettaient. Je voyais bien Robert Planquette s'occuper de ça, entre Le fiancé de Margot et Les cloches de Corneville.

J'ai adoré tout le grand passage chez le docteur Belhomme. Raymond Souplex, parfait dans ce rôle de profiteur, fourbe et perfide. Je ne sais pas pourquoi mais Raymond Souplex, paix à son âme, m'a toujours mis mal à l'aise dans tous ses films. Même dans ses rôles sympathiques. Expliquez moi donc…Mais ce séjour chez "le bon docteur" est térrifiant ! Et puis l'endroit oû étaient emmené toutes ces femmes avant la guillotine. Cette espèce de grand couloir de la mort. La ligne verte sous la convention. Grand moment. Oui, vraiment, un beau livre d'histoire. Au passage, un détail me trouble. Un homme, parlant de Caroline chérie dit  :"- Je lui ai proposé de la mettre enceinte ! Ca lui aurait fait gagner dix mois avant la guillotine. Elle a refusé ! Tant pis pour elle !-" Question : On ne guillotinait pas les femmes enceintes ?

Et quelle distribution ! Il en sort de tous les coins et pas des moindres. Et tellement bien dans leurs atours, tellement à l'aise, tellement bons ! Et je me suis demandé longtemps ou avais-je bien pu voir cette Mme de Coigny, si proche de Caroline chérie ? Votre site m'apprend qu'il s'agit de Marie Dea. La douce Anne des Les visiteurs du soir, bien sur…Et je n'avais pas rêvé, c'est bien Jean Debucourt, Dieu en personne, qui commentait l'histoire. Martine carol…Je crois bien que c'est la deuxième fois que je la vois jouer. la toute première, c'était dans Le cave se rebiffe et il me semble bien que c'était une dernière pour elle. Ou pas loin. Ce fut, parait'il, une énorme star. Si j'en crois Impétueux, il n' y avait pas de place à l'époque pour deux belles garces ? Dur métier. Mais quel film adorable. J'ai été emballée ! Du très bon cinéma. caprice de caroline chérie est il une belle suite ou un avatar malheureux ? Je sais que ( on dit ) Le Fils de Caroline Chérie est à jeter et que Bardot serait d'ailleurs dedans. Prémonition..

Très, trop tardive mais excellente soirée avec un film qui ressemble à un bonbon. Croquant et doux, sucré, pétillant et très digeste. Un régal !


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De Impétueux, le 23 février 2011 à 23:20
Note du film : 4/6

Non, Gilou40, on ne guillotinait pas les femmes enceintes ; tout au moins à Paris où la Vertu à la Rousseau régnait.

Mais ce pouvait être un peu différent ailleurs : lisez les lignes délicieuses que le général Westermann écrit à la Convention : Il n'y a plus de Vendée, citoyens républicains, elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l'enterrer dans les bois et les marais de Savenay. Suivant les ordres que vous m'avez donnés, j'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, et massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n'enfanteront plus de brigands. Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher. J'ai tout exterminé.

Au cas où vous ne le sauriez pas – mais ça m'étonnerait – la Révolution française est la mère de tous les génocides.

Cela dit, vous avez bien raison d'aimer Caroline chérie et d'en parler avec tendresse ; et de jeter un regard de sympathie vers Martine Carol, qui fut presque un mythe, mais céda devant la puissance animale de Bardot, dont elle fut l'ébauche…


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De Azurlys, le 11 mars 2011 à 16:21

CAROLINE (toujours) CHERIE,

Je réponds à Gilou plus particulièrement sur les suites de "Caroline". Le Deuxième volet est de même ton, toujours enlevé, entrainant, très plaisant ! Là ont est au cours de la Campagne d'Italie. On s'était fendu pour la circonstance d'un Technicolor ancienne manière (caméras à trois bandes qui s'installèrent en France pour deux trois films (dont Lucrèce Borgia -1952 – revue par Christian-Jaque). Je me souviens d'avoir vu des photographies de plateau de cette Caroline en couleurs éclatantes, et la fameuse caméra ("ice-box", aux USA, tellement elle ressemblait à un réfrigérateur…). Là, notre Caroline nationale, sous le charme d'un séduisant danseur (Jean-Claude Pascal), décide de succomber pour rendre son mari jaloux, et se voit entrainée dans des aventures rocambolesques, finalement drôles, et très rythmées. La chose finit bien, les deux époux se serrent tendrement l'un l'autre et échangent un baiser passionné – les codes étaient respectés – alors que s'éloigne le danseur Livio.

Dans le troisième opus de cette histoire, le même Jean-Claude Pascal devenait son fils, là ou apparaissait effectivement la débutante Brigitte Bardot. Je ne pense pas que cette fâcheuse rencontre entre les deux héros du film antérieur soit à l'origine de la disparition de Martine Carol, mais le fait est que la situation risquait de sentir le souffre. De toute évidence, Martine chérie était occupée ailleurs, chez les Borgia (Lucrèce), à Versailles (Madame du Barry), dans le Paris de Napoléon III (Nana), si défendait pas si mal, mais avait pris sans doute un risque de s'éloigner de son rôle fétiche qui lui avait pourtant offert sa carrière. Elle ouvrait ainsi à l'adversité… Et la future BB vibrante et charnelle fit son entrée.

Ce troisième film est lourd et ennuyeux. C'est une curiosité, sans plus. Un caprice de Caroline chérie (le deuxième film) de Jean Devaivre fut édité en son temps en cassette VHS. Je le possède sous cette forme. Mais il m'est impossible de le revoir. Le boitier de la cassette proprement dite, de dimensions un soupçon trop imposantes, n'entre pas dans le lecteur VHS, et reste sur le seuil… Il ne semble pas qu'il ait été question d'une version DVD. Ou bien je n'en suis pas informé. Si l'on a des nouvelles… Merci par avance !

Et Martine Carol tenta avec difficulté de faire une carrière après son divorce d'avec Christian-Jaque, mais les choses ne lui furent pas favorables. Dans Le cave se rebiffe de Gilles Grangier, elle y jouait un second rôle et Georges Lautner, vachard plus que de raison, a dit qu'elle arrivait sur le plateau déjà éméchée, ce qui compliquait les prises de vues. Certaines images – avec Ginette Leclerc, notamment – sont éloquentes.

Martine Carol qui fut peut-être la plus grande star du cinéma français de cette époque, ratait manifestement sa sortie.


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De Impétueux, le 11 mars 2011 à 19:31
Note du film : 4/6

La pension Belhomme, ami Azurlys était située à Charonne (163, rue de Charonne, exactement), qui était alors hors Paris et le restera jusqu'à 1860.

Le bâtiment a été démoli en 1956 mais son histoire occupe une bonne place dans le délicieux guide Paris secret et insolite que je vious recommande, si vous ne le connaissez…


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De gilou40, le 11 mars 2011 à 19:33
Note du film : 5/6

Merci pour ces précieuses….précisions, cher Azurlys. J'ai effectivement beaucoup aimé le film. Et la relation avec La marquise des anges a été de suite une évidence. Je disais qu'il ne fallait quand même pas pousser la comparaison trop loin, mais qui a vu Angélique en premier, comme c'est mon cas, pensera à elle immédiatement en voyant Caroline. Et Lycée de Versailles… ( c'est le moment ou jamais ).


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De Azurlys, le 12 mars 2011 à 13:31

La Chère Caroline…

Merci à Gilou et à Impétueux de leur réponse. Si est vrai que la Angélique marquise des anges, présente des analogies avec la Caroline chérie de 1950, c'est sans doute que ce genre de divertissement s'articule autour de stéréotypes, de clichés propres au cinéma plus ou moins d'aventure fut-ce dans les salons ou les alcôves, avec le manichéisme inévitable, les bons d'un coté, les mauvais de l'autre. Mais c'est un peu ce genre de chose que l'on attend d'un film divertissant, avouons-le. En ce qui me concerne – mais là encore cela n'engage que moi – Angélique marquise des anges et les suites m'ont toujours semblé bâclées, mal foutues, avec des décors intérieurs parfois hideux – je pense aux scènes intérieures du château de Geoffrey de Peyrac – en complet désaccord de style avec le Château de Tanlay, en Bourgogne, si je ne me trompe pas, qui n'apparaissait que dans un ou deux plans fixes, le temps d'être situé dans l'esprit. Les prises de vues intérieures, faites en Allemagne ou en Italie (à Cinecita) s'étaient égarées vers quelques horreurs de ton, de couleurs, de style, au point d'offrir des incohérences de constructions qui rendaient impossibles le jeu présenté tel quel par les comédiens. La pauvre Michèle Mercier, se donnait beaucoup de mal, jouait avec courage, limités par les possibilités de son talent. Sa chute de reins, en revanche, rien à dire – ce qui suppose pouvoir en dire beaucoup -, sa plastique affriolante rattrapait ainsi quelques autres faiblesses de son jeu. Cela dit, je l'ai trouvée bien meilleure dans un film dont le titre m'échappe, avec Jean Gabin, vétérinaire, qui vivait à la campagne au coté de Lilli Palmer comédienne de talent et de beaucoup de classe, aujourd'hui disparue. Le scénario, pétri de lieux communs ne sortait pas de la banalité, mais l'héroïne, prostituée en voie de rédemption, récupérée par le véto, me semblait bien supérieure à AngéliqueAngélique.

Pour Angélique et le Roy (deuxième volet) un critique réputé, aujourd'hui en retraite avait parlé d'une "cour de carnaval". On n'en était pas si loin, hélas… même si Jacques Toja glissait de l'humour dans son interprétation du roi.

De ton et d'esprit semblables, Caroline chérie me paraît avoir été mieux écrit, mieux pensé et le film m'a toujours semblé bénéficier d'une mise en scène sans trouvailles, certes, mais bien construite, avec d'excellents comédiens (Alfred Adam, Germaine Kerjean, Yvonne de Bray)) et un soin de décors et de costumes qui laisse la série des Angélique à plusieurs octaves en dessous.

Merci à Impétueux de son information sur le Paris Insolite. Je vais aller glaner vers les libraires qui sont susceptibles de me fournir l'objet. Tant pis pour la pension du Docteur Belhomme ! C'était un pèlerinage à faire. Je l'ai toujours reporté, et mon ignorance de l'endroit m'a fait manquer l'occasion. Vais-je m'en remettre ? Je reste persuadé que l'on aurait pu faire un scénario exceptionnel avec Belhomme, sans doute très simplifié dans Caroline chérie, mais dont la réputation n'a jamais été flatteuse. Tous le monde sait qu'au cinéma le méchant a toujours la meilleure part, parce qu'il ouvre sur des ressources dramatiques d'une autre d'efficacité que les bluettes. Vive Belhomme, foin de Sissi… (Encore que…) Merci à tous !

Un mot pour clore. Un des correspondant de DVDTOILE a bien voulu me faire savoir que les trois "Caroline" étaient sorties en DVD chez Gaumont. L'information me manquait, je suis heureux de le remercier ici de son indication.


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De gilou40, le 12 mars 2011 à 16:23
Note du film : 5/6

Gabin, Michèle Mercier et Lilli Palmer dans le Tonnerre de Dieu de Denys de La Patellière. C'est le titre qui vous échappe ami Azurlys. Pour le livre sur Paris secret et insolite il y est indiqué la garçonnière de notre ami Impétueux. On compte bien sur votre discrétion …


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De Impétueux, le 12 mars 2011 à 19:38
Note du film : 4/6

Garçonnière, garçonnière… comme vous y allez, Gilou !

Un simple pied-à-terre, en haut de la rue Soufflot ; facile à reconnaître, au demeurant : sur le fronton est inscrit Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante.


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De Azurlys, le 15 mars 2011 à 15:58

Ah ! CAROLINE quand tu nous tiens…

Merci de leur interventions à Gilou et Impétueux. Je suis allé hier fouiner sur Google pour voir les lignes réservées au Dr.Belhomme. Je disais hier le film intéressant qu'il y aurait à tirer un tel personnage. C'était sans compter les surprises : j'ignorais qu'il recevait effectivement de la clientèle fortunée, bourgeois ou aristocrates, qui y trouvaient un refuge loin des menaces du rasoir national (la Veuve…). J'ignorais, en revanche que selon toute probabilité, il accomplissait cet acte de piété chrétienne – largement intéressée – avec la quasi bénédiction de Fouquier de Tinville (qui avait cru plus prudent d'ôter sa particule, tout comme le pur Robespierre). En échange de sa compréhension et de son silence, Belhomme lui allongeait des intérêts (j'allais écrire des royalties… quelle dérision !) proportionnels à la clientèle reçue et "soignée".

Cela, avouons-le, n'a pas été démontré. Donc il faut rester prudent. Mais ce simple soupçon écarte, hélas,les possibilités cinématographiques. Dommage !

Quant au bâtiment lui même, si j'en crois ce que j'ai lu, il semble qu'il en reste, sinon la totalité, du moins une partie, située au fond d'un parc, au 165, ou 168 rue de Charonne. Là, le corps de bâtiment que montrent les deux ou trois clichés présente un petit pavillon, plutôt charmant (j'en ferai bien ma campagne aux bords de la Loire !) façon "folie Régence", mais en plus modeste, augmenté de deux corps logis latéraux, sans doute plus récents, et de couleurs différente. Il semble bien qu'il soit dévolu à un club de personnes âgées ou un club de théâtre amateurs, je ne sais plus. Sur la palissade métallique qui en défend l'accès, hormis les adhérents sans doute, figure une pancarte qui indique "Club Colbert". Il y a des choses que l'on n'oserait inventer…


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De Azurlys, le 30 mars 2011 à 14:02

Comme il m'arrive de débarquer, je découvre un DVD de "CAROLINE CHERIE" actuellement (?) en vente. Comme il y a six ans qui séparent les premières interventions des correspondants DVDTOILE, et les tout derniers – Gilou, sauf erreur, et Impétueux, docteur es élégance vieille France – j'ignore totalement si le disque est sorti récemment ou si c'est de l'histoire ancienne. Chacun sait, je pense, qu'il en est des DVD comme des ouvrages parus en librairie. Si l'on ne saute pas sur le livre – quelque soit sa qualité – six mois après, son acquisition devient problématique… Les libraires ne s'embarrassent plus, ou pratiquement plus de réassortiment, et préfèrent répondre "en réimpression" (entendez par là, "repassez dans dix ans, nous verrons"). J'exagère à peine.

Si tant est que la chère Caroline soit encore dans les bacs, je vais m'y précipiter. La comparaison avec l'ineffable "Marquise des Anges" est astucieuse, et l'on y pense pas nécessairement. Pour ma part, mais cela n'engage que moi, CAROLINE CHERIE est de qualité supérieure, mieux construit, très bien dialogué. Jean Anouih est crédité seul au générique, mais l'on sait que Michel Audiard avait mis la main à la pâte. Il est hélas difficile de dire quelle fut l'importance de son intervention. Je me souviens de l'un des scènes d'ouverture, au cours de laquelle le comte et la comtesse de Bièvre (Jacques VARENNE et Colette REGIS) échange des propos aigres-doux sur le mariage de leur fille Caroline, et le mot de "dignité" apparaît dans les propos de la comtesse. Et son époux hausse le ton, cinglant et perfide : "Madame, voilà trente ans que je me mords les doigts de l'avoir épousée, moi, la dignité !". Je ne suis sûr de rien, mais cela sent son Audiard, plus que Jean ANOUILH. Ou encore cette autre réplique que j'ai encore dans l'oreille. Elle est lancée par l'héroïne elle-même : « Ils ont pris la Bastille ? Ils sont bien avancés ! Ils ne vont pas savoir quoi en faire !! ». Là, le ton me fait plutôt penser à Anouilh. Mais tout cela est subjectif.

Martine Carol est était délicieuse ! Elle fut en effet une des plus grande vedette des années cinquante, comme le rappelait Impétueux dans l'une de ses interventions. Et puis, la beauté ravageuse de BB lui ôta la première place. Il est amusant d'indiquer – si cela n'a pas encore été fait – que le troisième opus de "Caroline", "LE FILS DE CAROLINE CHERIE" (Sans doute de Jean Devaivre), que l'héroïne du titre ne figurait plus dans le film, n'y apparaissait que sous la forme d'un portrait accroché au mur, et n'était que suggérée dans la toute fin du film, pratiquement le dernier plan, alors que son fils (Jean-Claude PASCAL) s'approchait d'une voiture arrêtée sur le chemin pour y accueillir ses parents, sans qu'ils aient passé le nez à la portière (Jacques DACQMINE et Martine CAROL). Ni l'un ni l'autre ne figuraient dans la distribution de ce troisième volet ! En revanche, avec sa séduction folle et fascinante, Brigitte BARDOT y jouait un petit rôle… Tout un programme se dessinait déjà !

La première Caroline, si l'on dire, était autrement mieux agencée et mieux pensée. On restait dans le divertissement, mais avec du rythme et un savoir-faire certain. Et pourtant le réalisateur, Richard POTTIER n'était pas un aigle, loin s'en faut. Mais il a été dit qu'il était aussi entouré de comédiens solides. Par exemple Paul BERNARD m'a toujours paru mieux dirigé dans ce film que dans des oeuvres (PANIQUE de DUVIVIER, sauf erreur) où il abordait des rôles plus populaires, même au meilleur sens du mot. Au contraire, les personnages sophistiqués, parfois douteux et/ou aristocratiques (LE BOSSU, De J. DELANOY) lui allaient comme une perruque poudrée. Raymond SOUPLEX, qui était chansonnier, y faisait une apparition excellente en Dr.Belhomme (Quel film à faire sur ce personnage !) qui abritait dans sa pension les suspects fortunés. A l'époque hors Paris, son hôtel se trouve inclus dans nos actuelles limites de vingt arrondissements (mais z'où ?… Je l'ignore, et reste ouvert aux connaissances d'autrui…). Il y avait bricolé de la sorte un excellent moyen de faire fortune. R. SOUPLEX y était superbe : cauteleux, huileux, abject… face au désespoir d'une Yvonne de BRAY qui tentait de lui fourguer une bague que lui aurait offert le Bien-Aimé, et prolonger son séjour à l'abri de la guillotine.

Encore aujourd'hui les positions de l'œuvre, sinon contre-révolutionnaires, du moins très pondérées à l'adresse d'un système dont Impétueux a épinglé les violences et les monstruosités (Les colonnes infernales de Turreau, en Vendée), crée un malaise chez les bien-pensants, tout déconfits de se voir confrontés à la réalité. Rivarol disait "Je ne condamne, ni ne flatte, je raconte". CAROLINE CHERIE n'a pas de prétentions historiques formelles, mais il fut une époque où semblait encore possible de s'exprimer librement. De nos jours, le "politiquement correct" et les extases imposées en affecte lourdement les possibilités. Certains voient – ou croient voir – la liberté s'exprimer en toute quiétude. Je me demande si nous sommes sur la même planète… Sauf a considérer naturel que certains aient la ressource d'exposer leurs opinions – au détriment de celles des autres, rejetée sans vergogne. Là est sans doute la réponse.






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