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Sujet : Place de l'Homme dans la modernité


De dumbledore, le 7 octobre 2002 à 00:00

Etrangement, A.I. et Minority Report se ressemblent sur plusieurs points. D'abord esthétiquement, à travers la lumière de Janusz Kaminski, ensuite par le côté film d'anticipation et la conséquence thématique liée au genre : une réflexion de la place de l'homme dans la modernité. Mais c'est surtout au niveau de leur thématique propre que les deux films se répondent d'une manière assez troublante.

A.I. traitait de la définition de l'homme et créait pour ce faire un Dieu de pacotille pour lui apporter la réponse (cf. la scène du vis-à-vis entre l'enfant et la statue de la fée). Minority Report prend le même schéma, mais en quelque sorte, à l'envers : il traite de la nécessité culturelle, individuelle de se créer un Dieu (les précogs présentés comme divins ; l'idée que s'il y a un futur inflexible, c'est que le Destin existe et que celui-ci a donc été écrit par quelqu'un, etc) et trouve finalement l'Homme capable, dans une société écrasante, soumis au dictat d'une pensée unique, de faire preuve d'individualisme et de ce fait, capable d'écrire son propre destin. Le film trouve le libre arbitre sans lequel l'Homme ne serait pas homme, mais une sorte d'animal prisonnier de schémas de comportements qui le dépasseraient. Ainsi A.I. part de l'homme pour trouver Dieu. Minority Report fait le chemin inverse.

Cela dit, si les deux films se répondent comme en miroir, leurs qualités cinématographiques ne se valent pas. Loin de là. Si le mélange Spielberg / Conte de fées moderne aboutissait (fatalement ?) à un film mièvre et débordant de guimauve, le mélange Spielberg / Philip K. Dick (à qui on doit notamment la nouvelle qui donna Blade Runner) donne un mélange passionnant. Au côté socialement pessimiste de Philip K. Dick répond le côté humainement optimiste de Spielberg. Les deux opposés sembent lutter à égale force durant tout le film, et Spielberg ne " gagne " qu'à la fin du film, un peu trop tôt d'ailleurs car la résolution du film est trop longue, et un peu trop sentimentale.

Quelques regrets toutefois. Spielberg n'arrive pas à obtenir de Tom Cruise ce que le comédien est capable de donner (cf. Magnolia ou Eyes Wide Shut) et quelques scènes sont plus du niveau de Mission impossible, de pures scènes d'action mettant en valeur non pas le personnage mais le comédien. Cela n'est pas vraiment surprenant par ailleurs, Spielberg n'a jamais été un grand directeur d'acteurs, son univers étant trop " extérieur ", trop " démonstratif " pour s'attarder sur les méandres de ses personnages. Dommage, car le personnage de Tom Cruise junkie était pourtant des plus intéressants, mais malheureusement pas développé.

Autre regret aussi : le scénario qui aurait pu être plus surprenant, moins attendu…

Par contre, une grande et bonne surprise : Minority Report est le premier film à montrer un avenir proche (dans 50 ans) d'une manière aussi crédible. Que ce soit les ordinateurs, les voitures, la société de consommation, etc) tout est crédible. Rien, aucun détail n'est laissé au hasard et offre ainsi un caractère de crédibilité parfait au film. Rien que pour ça, bravo !

Minority Report n'est pas le meilleur Spielberg. A cet égard, la phrase de Michel Ciment est évidemment fausse. (Evidemment, car Michel Ciment n'a jamais rien compris à Spielberg, ayant descendu systématiquement tous ses films). Mais Minority Report est toutefois un des grands Spielberg, le meilleur sans doute depuis La Liste de Schindler


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De morca, le 8 mai 2004 à 16:21

Minority est un bon film de science-fiction, mais la nouvelle de Dick reste à lire, car, après tout, elle tient peut-être plus la route.

Reste aussi que dans une interview, Tom Cruise n'a pas pu s'empêcher de dire que la morale du film, c'est que la famille compte par dessus tout… la bonne crasse hollywoodienne bien pensante pour le public, qui aurait fait vomir Dick sur place s'il avait entendu ça…

Pouah…


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De patrice0, le 29 mars 2006 à 07:26
Note du film : 2/6

Mais ou vont-il chercher des histoires pareilles. Si l'idée de départ est bonne avec la précrime, très vite le film retombe dans un sentimentaliste bien américian,

Tom Cruise est égal à lui-même. La solution du patron assassin est la seule possible et envisageable, donc de suspense point.

Et pour répondre à l'analyse, cette vision de la société de 2050 est pour moi plus qu'utopique, Revenons cinquante ans en arrière et voyons l'avancée. La société stagne et n'avance plus guére, nous ne sommes plus en 1900, La société de 2050 sera à peu de chose près la même que celle de nos jours.

Bref, un film que l'on n'est pas obligé de voir, surtout que sa durée avoisinne les 2h30.


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De lych666, le 29 mars 2006 à 12:57
Note du film : 4/6

N'étant pas fan de Spielberg, je dois tout de même reconnaitre que son futur est bien vu (je n'est pas lu le livre mais je pense que Spielberg a du faire preuve d'imagination). La conception des voitures, la reconnaissance optique, les vomi-triques… Je pense aussi que c'est un de ses meilleurs films surtout si on le compare à La guerre des mondes ou même A.I.

Hélas, Spielberg c'est fait contaminé par le public, il est victime de plusieurs maladies (incurables, j'en ai bien peur): la Happy Endrite, La Mégasentimentalite aigue ce qui l'amène évidemment à contracter le Prévisiblus Fatalus.

Mais c'est son style et il fonctionne, comment peut on lui en vouloir, je ne m'ennuie pas devant un film de Spielberg mais je ne suis jamais vraiment surpris.

Je crois que mon Steven préféré est peut être La couleur pourpre.


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De Arca1943, le 29 mars 2006 à 14:06

Moi je ne suis pas si sûr que ce soit le méchant "grand public" qui soit à l'origine de ces maladies. La notion du cinéma comme "encouragement à la vertu" (méchants punis, bons récompensés, etc) est plutôt la marque du prosélytisme – ici de type puritain.


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De PM Jarriq, le 29 mars 2006 à 14:40
Note du film : 4/6

Moi, je reste sur Jaws, Schindler's list et Le Monde perdu, pour mon triptyque de favoris.


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De lych666, le 29 mars 2006 à 14:42
Note du film : 4/6

Je me suis souvent posé la question, je ne condamne pas le grand public car j'en fait partie.

Je ne pense pas que l'idéologie puritaine soit le moteur des films de Spielberg, mais il est vrai que récompenser le bien et punir le mal est un concept qui permet d'assouvir le sentiment de justice du spectateur et donc de jouer dans l'émotion facile.

C'est ce que je reproche à Spielberg, le fait de ne prendre aucun risque pour conforter l'opinion publique et donc de plaire au plus de personnes possible dans un but commercial plus qu'artistique je le crains. C'est évidemment une opinion très personnelle mais je pense que je ne suis pas le seul à partager ce point de vue.

Mais mon reproche à Steven Spielberg n'est pas fait pour le descendre, au contraire, je suis frustré que ce réalisateur talentueux n'essaie pas de sortir des sentiers battus avec les moyens qu'il possède.

A quand, un film surprenant, audacieux comme son premier film "Duel".


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De Arca1943, le 29 mars 2006 à 14:58

Pour ce qui est de ses sentiers battus à lui, il en est évidemment sorti avec Schindler's List.


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De paul_mtl, le 29 mars 2006 à 15:54

Lych666,

Si tu es frustré avec Spielberg, as tu pensé aux autres réalisateurs talentueux de films de fiction ? AI est un peu special dans sa filmographie de Réalisateur/Producteur.

(Stanley Kubrick travaillait sur le projet d'une adaptation de la nouvelle de Brian Aldiss Supertoys last all summer long depuis des années, lorsqu'il prit finalement la décision de confier le projet à son ami Steven Spielberg.

Mais si Spielberg a conservé pour une large part les 80 premières pages de scénario rédigées par Kubrick avant sa mort, on peut toutefois relever une différence notable, entre les deux réalisateurs, dans leur conception de Gigolo Joe. Pour Kubrick, il s'agissait d'un robot-débauché, vil et lâche, collant au plus près de " la nature humaine " sans doute, alors que chez Spielberg, cette profondeur psychologique du personnage a été édulcorée et, sous les traits angéliques de Jude Law, Gigolo Joe est devenu simplement un guide et un compagnon de route pour David.)

La couleur pourpre est un bon film mais celui que je prefere c'est la comedie 1941 qui est une petite auto-critique pas tres apprecié aux USA d'apres les notes sur IMDB. :D


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De lych666, le 29 mars 2006 à 18:25
Note du film : 4/6

Oui, c'est vrai, je m'incline devant Schindler's list, quand à 1941 j'ai très peu de souvenirs (à part une grande fête finale où un personnage est poursuivi et réalise une acrobatie impressionante en courant sur le mur, il faudrait que je le revisionne)… Mais ces films remontent à loin déjà… Spielberg est devenu pantouflard avec l'âge,et se repose sur sa notoriété.

Mais ce n'est pas une fatalité, je n'ai toujours pas vu Munich qui est peut être un film exceptionnel mais j'en doute…Sinon,je préfère de loin les films de Stanley Kubrick.


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De PM Jarriq, le 11 juin 2007 à 09:55
Note du film : 4/6

Minority report gagne à la revision, et propose deux grosses heures de suspense, de parano et d'action maîtrisées et intelligentes. Le scénario joue avec l'idée basique de la SF qu'on peut changer sa destinée, idée largement développée dans Terminator, et qu'une société façon "Big Brother" ne peut qu'aller à la dérive et l'abus de pouvoir. Mais Spielberg ne perd pas de temps en blabla, et adopte un rythme infernal, dès l'ouverture, qui ne se dément jamais. Ou presque… On peut déplorer la longue séquence avec la créatrice des précogs dans la serre, bavarde et inutilement bizarre (pourquoi ce baiser sur la bouche à Anderton ?), les scènes insupportablement cliché de Cruise visionnant les films de son bonheur perdu, et la révélation peu surprenante du vrai coupable.

Malgré tout, Minority report parvient à surprendre dans des circonvolutions narratives (le face à face dans le building avec Crow), et Cruise constamment en mouvement, n'a pas le temps de se regarder jouer. L'univers, créé de toutes pièces, est étonnamment crédible et concret, les seconds rôles sont excellents (magnifique Samantha Morton !), seule la conclusion bêtement gentillette laisse sur une sensation de bâclage. L'un dans l'autre, un bon film de SF.


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De Gaulhenrix, le 11 juin 2007 à 10:13
Note du film : 5/6

Plutôt d'accord avec toi, PM Jarriq, avec moins de réserves, toutefois.

J'ai tout particulièrement apprécié la saisissante séquence initiale nous faisant passer sans transition des images projetées sur l'écran des policiers par les Précogs à la scène réelle vécue par les protagonistes du crime en train de se perpétrer et à l'intervention violente du service de John Anderton. Spielberg pose ainsi d'emblée le problème des rapports entre image de la réalité et réalité, entre réel et illusion, entre réel et cinéma. D'autre part, il met, très vite, en question cette méthode de prévention de la criminalité qui n'est pas sans danger ni risque de manipulation. En effet, tôt dans le film, Anderton découvre qu'il est le prochain tueur présumé et, retournement total du scénario, c'est le chasseur qui se retrouve alors pris en chasse par ses propres coéquipiers !

Outre un récit toujours imprévu et haletant, Spielberg propose des décors de science-fiction véritablement insolites et inventifs, qui piquent la curiosité et suscitent l'admiration. Il affiche aussi dans la mise en scène une technique insolente d'aisance et de talent : il suffit d'évoquer la scène du Centre commercial – et la suite immédiate dans la rue – où, insistant sur ce thème des rapports entre réel et illusion, il nous propose deux plans qui succèdent aux plans précédents rigoureusement identiques, à deux détails près (un bouquet de ballons interfère et un parapluie se déploie) qui « effacent », le temps d'un regard, Anderton et Agatha aux yeux de leurs poursuivants et permettent leur fuite. Du très grand art !

Il faut noter, enfin, la bonne idée qui conduit les personnages dans leur passé – thème récurrent chez Spielberg – dont John et Agatha sont les victimes. S'épaulant l'un l'autre pour mieux le comprendre, ils en tireront la force de vivre. Spielberg ira même jusqu'à fusionner ses deux personnages en une scène saisissante, sans doute symbolique : ne faut-il pas voir une signification autobiographique dans cette parfaite union entre celui qui réalise (Anderton/Spielberg) et celle qui voit clair (Agatha/Spielberg), allusion au renouveau évident de Spielberg (alliant désormais réalisation et inspiration), qui lui fait enchaîner de grands films depuis Il faut sauver le soldat Ryan et A.I. Intelligence artificielle ?

En définitive, Spielberg signe un film de grande qualité – malgré quelques points faibles que tu as, PM Jarriq, évoqués – qui satisfait avec bonheur à la fois notre goût du spectacle et notre besoin de réflexion grâce à une mise en scène inventive et visuellement riche.


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De PM Jarriq, le 11 juin 2007 à 10:38
Note du film : 4/6

Tout à fait d'accord, et j'ai peut-être trop insisté sur ces "points faibles", et pas assez sur les forts, dont tu parles très bien.

Effectivement, la fuite dans le centre commercial, et l'idée du marchand de ballons, sont des moments de pure magie cinématographique, et la perfection des F/X dans les séquences des flics volants est telle, qu'on ne pense même pas au travail accompli : ça semble parfaitement normal.

Autant je n'ai nulle envie de retenter ma chance avec A.I. qui m'avait tant déçu, autant je suis heureux de m'être relaissé tenter par Minority report.


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De Gaulhenrix, le 11 juin 2007 à 10:44
Note du film : 5/6

C'est vrai que l'on n'a pas assez insisté sur l'excellence des trucages numériques de ce film.

Quant à A.I. Intelligence artificielle, je le considère, pour ma part, comme un excellent film. Mais je reconnais qu'il touche à quelque chose de profond en moi ; et je suppose qu'il a dû bouleverser aussi tous ceux qui ont gardé intacte – comme Spielberg – leur part d'enfance…


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De verdun, le 14 juillet 2008 à 21:49
Note du film : 5/6

Je vais aller dans le même sens que les messages précedénts: Minority report est un très beau film de science-fiction. La narration est exemplaire:je craignais de trouver les 2H20 de projection assez longues mais finalement on est pris aux tripes par un beau suspens, même si on sait à l'avance que Spielberg nous mitonnera un happy-end dont il a le secret ! Comme il l'a été dit dans un message précédent, la vision du futur proposée est crédible et passionnante.

Tom Cruise livre une prestation acceptable même s'il est permis de penser que d'autres acteurs s'en seraient tout aussi bien tirés que la vedette de Eyes wide shut.

Les effets spéciaux sont souvent très beaux (seule la scène chez la créatrice du système est plutôt laide) et servent à merveille l'histoire, ce qui n'est pas forcément toujours le cas dans les productions américaines contemporaines.

Je n'ai pas lu la nouvelle de Philippe K.dick mais j'imagine que la qualité du scénario lui est dûe, même si l'inoubliableBlade Runner s'écartait de l'oeuvre originale de Dick. Le point départ: prévoir un événement, en l'occurrence ici un crime, pour pouvoir changer le cour des choses et prévenir un éventuel drame, m'a fait penser au superbe Dead Zone de David Cronenberg.

Malgrè ses menus défauts, Minority Report est une grande oeuvre, un de plus grands films de Spielberg. Et il est encourageant de constater que ce film revenait aux bases de la plus belle science-fiction: non pas une overdose d'effets spectaculaires exclusivement réservés aux "teenagers", mais une parabole sur notre société et ses excès futurs, une contre-utopie dans la lignée de Soleil vert ou 1984 qui aide le spectateur à s'interroger sur les dérives potentielles de l'humanité. Ici la réflexion sur l'idéologie sécuritaire ne manque pas de pertinence !


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De Impétueux, le 4 mai 2016 à 20:12
Note du film : 4/6

Aux temps déjà très anciens où je lisais tous les livres de science-fiction qui paraissaient en France (la chose était difficile, mais possible pour un liseur assidu), lors de ces temps archaïques, je me forçais toujours pour terminer les romans de Philip K. Dick que je trouvais prétentieux et ennuyeux comme la pluie. Autant les romans de Philip José Farmer ou de Robert Silverberg, sensuels et inventifs, pleins d'aventures excitantes, me ravissaient, autant l'immuable sérieux apocalyptique de Dick me semblait assez hors de propos.

Si l'on ôte à Minority report tout son prêchi-prêcha humanistoïde et sa prétention à vouloir alerter le monde sur les dangers, réels ou prétendus, des nouvelles technologies, le film de Steven Spielberg est assez réussi et agréable, quoique trop long. Les décors du futur proche sont extrêmement bien imaginés, les scènes d'action très réussies (et même plutôt bluffantes) et les acteurs très convenables. Ça se gâte dès qu'il s'agit de dénoncer les potentielles manipulations des méchants Pouvoirs publics et de fustiger les risques que nous ferait courir le Progrès.

Tout film à thèse devient vite ridicule lorsqu'il n'est pas animé par un artiste capable de faire oublier par la beauté plastique la stupidité consubstantielle aux idéologies. Admirable Cuirassé Potemkine, admirables Dieux du stade, mais admirables malgré les discours sous-tendus. Mais évidemment Steven Spielberg, excellent montreur d'aventures, n'est pas du niveau cinématographique d'Eisenstein ou de Riefenstahl. Et Minority report tombe assez souvent dans le niais et le niquedouille, lorsqu'il s'égare dans la dénonciation au lieu de se limiter au spectacle.

Dès que, comme dans Indiana Jones, le réalisateur laisse libre cours à son talent, le film est passionnant : la traque d'Anderton (Tom Cruise) par les spyders, ces sortes d'araignées invasives qui détectent où qu'ils se cachent, les corps chauds est formidable et anxiogène, comme l'a été la substitution des yeux d'Anderton par le médecin marron Solomon (Peter Stormare) et son assistante folle. Mais dès que la vertueuse indignation dickienne contre la précognition l'emporte, le film devient bêta et complaisant.

La fin, la révélation que le méchant est le créateur du système est à la fois incompréhensible et farfelue. Dommage que le film soit si tarabiscoté et que Spielberg ne se soit pas limité à ce qu'il sait faire : l'action.

Cela étant, si on a la chance de s'endormir lors des dialogues philosophiques, Minority report est un film très plaisant.


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