Forum - L'Ennui - Sont donc sorties sur les écrans, en 1963...
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Sujet : Sont donc sorties sur les écrans, en 1963...


De Arca1943, le 21 juin 2005 à 15:38

…deux films tirés d'un roman du grand Alberto Moravia : Le Mépris de Jean-Luc Godard avec Brigitte Bardot et L'Ennui de Damiano Damiani avec Catherine Spaak. Je n'ai vu ni l'un, ni l'autre. J'ai toujours voulu voir Le Mépris, car il paraît que c'est un film de commande et j'en déduis que je vais m'ennuyer moins que d'habitude avec Jean-Luc (mais qu'allait-il faire dans une entreprise comme celle-là? Se rendait-il compte qu'il risquait d'avoir des spectateurs "non-avertis" ?). Mais comme je ne suis pas un intellectuel raffiné, je fais le pari que je vais préférer le traitement Damiani, que je prédis plus discret, plus transparent et plus narratif (mais on peut se tromper) et du coup, que l'univers créé par Moravia va être mieux servi… Mais sait-on jamais. Une chose est sûre, par contre, c'est que je préfère une beauté qui sait jouer à une beauté qui ne sait pas jouer, c'est-à-dire Spaak à Bardot !

Reste à savoir pourquoi les distributeurs français ont affublé ce Damiani d'un tel titre a coucher dehors…

Arca1943


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De Arca1943, le 22 juin 2005 à 05:09

Me voilà bien penaud. Comme j'ai constaté plus d'une fois que nos goûts se ressemblent, j'ai plutôt tendance à vous faire confiance sur ce coup. Je n'ai vu aucun film de la "première période" de Damiani. Ce n'est peut-être pas pour rien qu'il a bifurqué vers le western, puis le thriller… Mon petit doigt me dit que L'Ennui doit être un film assez différent de El Chuncho… Bref, ça ne serait pas la première fois que je reviens bredouille d'une expédition de pêche !

Pour Moravia – n'ayant toujours pas vu Les Deux rivales – je vais me rabattre sur les valeurs sûres que sont La Ciociara et Le Conformiste.


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De Impétueux, le 22 juin 2005 à 10:10
Note du film : 1/6

J'ai vu, à sa sortie, ou peu après, sans doute L'Ennui de Damiani et pas une seule minute je n'ai accroché ; comme vous, j'aime Catherine Spaak et le titre, qui nous semble aujourd'hui bien niais, alléchait mes seize ans ; le seul souvenir que j'en conserve est celui d'un effaremment complet devant cette forme de cinéma qui ne m'était pas familière et à quoi je n'ai jamais pu adhérer…

Vous évoquez dans votre message Le mépris de Godard, vu aussi à peu près à cette époque, et pareillement détesté. Mais Le mépris est sorti en DVD, et comme tous les Godard – un cinéma qui n'intéresse plus personne, sauf les pompeux critiques – le DVD a été bradé sur un site de discompte. Je me suis dit "Tu étais jeune et nigaud, tu n'as pas apprécié Godard parce que tu manquais de maturité, d'expérience, de sens de la vie, parce que ta culture cinématographique était balbutiante, etc. etc." ; j'ai acheté (pour trois sous, heureusement) Le Mépris et ça m'a tétanisé d'ennui, comme quarante ans avant (même expérience avec Pierrot le Fou)

L'expérience vaut ce qu'elle vaut; mais j'ai tendance à penser que si mon adolescence avait placé dans la même réprobation Mépris et Ennui et que j'ai pu vérifier, dans mon âge mûr finissant que je ne m'étais pas trompé pour l'un, il en sera de même pour l'autre….


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De RdT, le 8 avril 2006 à 17:35

J'aimerais bien voir ce La Noia. Il y a Catherine Spaak dans la distribution. C'est déjà une excellente raison. Mais il y a aussi Horst Buchholz, excellent acteur, vu dans Le sauveur où il incarne un séducteur magnifiquement ambigu face à une Muriel Catala excellente, vu encore dans Johnny Banco où il incarne un gangster «rangé des voitures» et tentant d'échapper à son ancienne maitresse Elisabeth Wiener (toujours aussi excellente). L'ensemble de ces raisons me donne fortement envie de voir cet La Noia. En outre une comparaison s'impose avec Le mépris de Godard que je trouve excellent, mais aussi avec L'ennui de Cedric Klapish qui m'a un peu déçu. Il faut donc absolument que ce Damiano Damiani soit édité en DVD.


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De PM Jarriq, le 8 avril 2006 à 17:54
Note du film : 4/6

Dieu sait si je ne suis pas godardien…Mais j'ai toujours trouvé qu'il y avait quelque chose, dans Le mépris. Mais quoi ? Difficile de le définir. C'est comme si Raoul Coutard, le directeur photo, avait capté la lumière et l'atmopshère des années 60, magnifiée par la BO sublime de Delerue. Bien sûr, les scènes sont longues (la dispute qui démarre dans la baignoire et… n'en finit plus), le dialogue parfois assommant, mais Bardot est tellement bien castée, qu'elle en devient bonne, presque touchante, Piccoli traduit avec finesse la veulerie de son personnage, et les seconds rôles sont tenus par Jack Palance, complètement incongru, véritable touriste dans un univers qu'il ne comprend visiblement pas, et Fritz Lang dans son propre rôle. Le glissement insidieux de l'amour vers le mépris, sujet du livre de Moravia, est finement traduit, mais la magie qui opère dans le film n'a pas grand chose à voir avec le sujet : c'est un "mood", comme un morceau de jazz, qu'on peut apprécier pour peu qu'on soit dans l'humeur qu'il faut.

Je vous rassure, ayant découvert Le mépris il y a quelques années, je me suis dit que j'allais tenter d'autres Godard. Eh bien, Le mépris est à ce jour, le seul film de JLG que j'ai réussi à terminer, prouvant peut-être par là, que le charme de ce film n'est probablement uniquement dû à son réalisateur, mais à une conjonction de gens et d'éléments qui lui ont peut-être un peu échappé.


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De monella, le 2 mai 2008 à 18:58

J'avoue ne pas encore connaitre les films de Damiani mais Horst Buchholz et Catherine Spaak me suffisent pour voter. Par contre ce titre est absurde, peut etre il n'a ni sens ni n'est vendeur, donc aucun interêt : les distributeurs français font parfois preuve d'une (trop) grande originalité.


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De Arca1943, le 3 mai 2008 à 01:22

Oui, il y a tellement de films italiens qui se sont fait coiffer par les Français de titres stupides que c'est à se demander s'ils ne faisaient pas un peu exprès ! Merci, en tout cas, pour votre vote !

Quant à Damiano Damiani, il est passé par deux phases bien différentes, difficiles à mettre en rapport. À ses débuts à l'orée des années soixante, c'est un metteur en scène souvent classé "esthétisant" ou "psychologisant" – il y en avait une floppée comme lui alors, et des bons – à cause de films comme L'Ennui, justement, ou le précédent L'Isola di Arturo d'après le roman d'Elsa Morante. Puis survient une crise au milieu des années 60, à laquelle il survit par le western (El Chuncho), le giallo ou le fantastique, avant de trouver la voie qui l'a rendu célèbre : il se joint au pool, si l'on peut dire, des réalisateurs de thrillers politiques. Sans doute un cran en-dessous des Rosi, Petri ou Pontecorvo, il en torche cependant de vraiment superbes, par exemple Il Giorno della civetta d'après Sciascia ou encore ces nerveuses et percutantes Confessions d'un commissaire de police au procureur de la République, qui ô miracle seront disponibles en DVD Zone 2 d'ici la fin du mois !

Mais bien sûr, le Damiani le plus demandé sur dvdtoile, c'est Un génie, deux associés, une cloche


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De Arca1943, le 13 juin 2009 à 20:00

Et notons-le, notons-le, le David di Donatello 1964 de la meilleure actrice remis à la jeune Catherine Spaak (19 ans). Ah, quel argument massue pour une sortie en DVD…


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