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Forum : Confession d'un commissaire de police au procureur de la République

Sujet : Bon vieux film coup de poing contre la Mafia...


De Arca1943, le 20 juin 2005 à 12:37
Note du film : 5/6

…doublé d'une réflexion douloureuse sur l'application de la loi quand celui qui fait la loi entretient de douteuses accointances avec celui qui la transgresse. Martin Balsam est de retour à Cinecittà (il avait déjà tourné La Grande pagaille pour Comencini) et il est très convaincant en policier harassé qui «pète sa coche» (comme on dit en québécois) contre la Mafia, face au procureur (Franco Nero) qui le soupçonne d'avoir outrepassé ses fonctions pour liquider un criminel…

N'en doutons surtout pas : la sortie récente en DVD de Viol en première page et de L'Affaire Mori n'est que le début d'une longue série…

Arca1943


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De Arca1943, le 28 octobre 2006 à 20:32
Note du film : 5/6

Que voilà une chose étrange : mon dernier message sur Confessions d'un commissaire de police au procureur de la République date de 18 mois, or ce classique thriller antimafia de Damiano Damiani n'est toujours pas sorti en DVD !

Comment expliquer pareil phénomène ?


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De PM Jarriq, le 29 octobre 2006 à 09:47
Note du film : 4/6

Inexplicable, en effet. J'ajoute mon vote, histoire de venir vérifier à mon tour dans 18 mois…


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De Arca1943, le 28 février 2008 à 15:24
Note du film : 5/6

Eh bien, cher Jarriq, 18 mois, c'est approximativement le temps qu'il a fallu… Sortie le 18 juin de ce classique thriller antimafia de Damiano Damiani !


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De PM Jarriq, le 15 juin 2008 à 18:44
Note du film : 4/6

En effet, un bon film mêlant polar et politique, comme à la bonne période de Costa-Gavras.

Le scénario est à la fois simple et touffu, un brin trop bavard, et justifier l'attitude du commissaire par une vendetta personnelle, semble réducteur, mais Damiani mène son affaire avec énergie et parfois rage. Certains aspects sont discutables, comme le rôle de la soeur (Marilu Tolo) qui ne fait que hurler, rouler des yeux apeurés, et sortir nue de la douche. Et c'est le seul personnage féminin ! Par contre, Balsam est étonnamment crédible en flic italien pure souche, dont le physique replet de petit fonctionnaire, contraste avec le caractère ambigu. Franco Nero a un rôle plus simpliste, mais ils ont un ou deux affrontements superbes. Pas un chef-d'oeuvre, certes, on n'atteint jamais les cîmes de l'abrasif Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon, mais du bon cinoche engagé à l'ancienne.


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De Arca1943, le 15 juin 2008 à 20:50
Note du film : 5/6

Ah, comme j'ai hâte de le revoir, celui-là ! Il est ou sera bientôt au-dessus de l'Atlantique. Dans le temps, ce film avait bien marché au Québec (dans son excellente VF) mais comme tant d'autres films italiens – la quasi totalité, en fait – il n'est absolument pas disponible dans la Zone 1, et s'il l'était, il ne serait que sous-titré en anglais.

Avec une infinie lenteur, la filière "thriller politique" du cinéma italien des années 70 redevient visible dans le monde francophone, avec l'arrivée (triomphale !) de ce Damiani, qui s'ajoute à Viol en première page et aux deux Squittieri sortis récemment en coffret. En attendant les autres de plus fort calibre…


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De Arca1943, le 7 juillet 2008 à 01:43
Note du film : 5/6

«  Justifier l'attitude du commissaire par une vendetta personnelle semble réducteur. »

Ça ne l'est pas. Cette vendetta personnelle n'annule pas les autres motifs du commissaire, ou plutôt son motif plus général : la haine de la Mafia. La rage dont vous parlez est bien là, en effet (et dans un parfait dosage : juste assez, pas trop). C'est vrai, pour le commissaire cette haine se cristallisera sur cet événement précis – le meurtre en pleine rue, et devant plein de témoins, d'un syndicaliste lancé dans une harangue – mais ça n'annule pas son motif plus général. Et ici, permettez-moi de souligner l'excellente teflonité idéologique de ce genre de cinéma : car cette vendetta dont Jarriq note avec justesse le tour effectivement personnel, est après tout l'assassinat d'un militant d'une centrale syndicale dont le lieu de réunion est orné de six énormes portraits bordés de rouge. Mmh… CGIL, tout probablement : c'est-à-dire le gros syndicat dans le sillage du PCI comme la CGT en France dans celui du PCF. Pour un réalisateur proche du Parti communiste comme Damiani, je pense qu'il était important de désidéologiser le crime, d'en faire quelque chose d'éminemment personnel. D'où le lien personnel entre le commissaire et la victime. Le seul aspect de la politique qui intéresse le commissaire Bonavia – on le voit dans la scène du restaurant avec le procureur Traini – c'est qui prend des pots-de-vins et qui n'en prend pas; point à la ligne. Il vote probablement, par devoir, mais on ne saurait deviner pour qui. Le policier de Balsam n'est pas partisan d'un bord politique ou d'un autre. Ce dont est en droit de s'attendre, d'ailleurs, de la part d'un flic.

Lecteur avide de romans policiers de toutes sortes, de Agatha Christie ou Boileau-Narcejac à Michael Connelly ou Martin Cruz Smith, je suis très satisfait de l'intrigue de ce film. Sur le plan du récit policier pur et simple, c'est une intrigue où tout se tient remarquablement et déboule avec une grande logique. On n'a pas à forcer le trait pour que ça avance. Et le personnage de Marilu Tolò se justifie pleinement, dans la scène où elle comprend qu'on va l'assassiner. C'est vrai qu'elle roule des yeux effrayés, à ce moment-là. Mais comme je la comprends…

J'avais le souvenir d'un bon film, je retrouve un quart de siècle plus tard, au bout de toute cette attente, un film franchement assez extraordinaire. Ma note passe de 4 à 5.

Je comprends Jarriq d'avoir tendance à comparer ce film avec l'Indagine, d'autant qu'il y a une similitude entre les deux commissaires : ils profitent de leurs fonctions pour outrepasser la loi. Mais le film de Petri, où l'intrigue est elle aussi excellente du point de vue "roman policier", est une fable satirique qui grossit tous les traits et prend parfois des tons de cauchemar éveillé, comme Cadavres exquis de Rosi. Tandis que ce thriller de Damiano Damiani – tout comme le suivant Nous sommes tous en liberté provisoire qui nous arrivera certainement dans les bacs un de ces quatre – la clé se veut plus réaliste et applique des règles plus serrées de mimesis, de représentation de la réalité. Je dirais qu'un autre film de Petri, À chacun son dû, est plus proche de ce Damiani que peut l'être la kafkaienne Enquête.

Profitant à plein de son décor urbain – repérages, repérages… – et des étincelles que produit la confrontation de deux vigoureux acteurs dans des rôles remarquablement dialogués, ce film garde aujourd'hui, près de 40 ans après sa sortie, un caractère percutant et vif. Martin Balsam est formidable dans un rôle ambigu et plein de facettes, mais Franco Nero est aussi tout à fait à sa place dans le rôle, forcément plus simple, du magistrat légaliste et droit comme un i qui est le nécessaire contrepoids du précédent. Les deux personnages ont un côté emblématique, ils incarnent des mentalités opposées qui existent toutes deux, je crois, parmi les représentants de l'ordre. Et je m'en voudrais de ne pas saluer au passage Claudio Gora (un Jacques François, un Jean Bouise italien) dans le rôle du procureur général.

Deux choses sont sûres, en tout cas : je ne me suis pas ennuyé une seconde et je hais la Mafia ! Contrairement à ce que je craignais, Confessions d'un commissaire de police au procureur de la République (ah, ces superbes longs titres) passe très bien l'épreuve du temps. Il faut dire aussi que la restauration est de tout premier ordre. Merci à l'éditeur et surtout, surtout, bonne continuation !

Et un 1971 de plus pour ma collection de grands crus.


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De PM Jarriq, le 7 juillet 2008 à 10:18
Note du film : 4/6

Excellente analyse d'Arca. Mais je reste convaincu que le tour "personnel" des motivations de Balsam, rend la confrontation entre les deux hommes plus anecdotique.

Pour reprendre la comparaison avec Enquête sur un citoyen, je dirais que la force dévastatrice du personnage de Volonte, résidait dans le fait qu'il incarnait une forme de "mal", gratuit, intelligent, impuni. La vendetta du commissaire dans le film de Damiani, trop proche des schémas du western italien, brouille selon moi, les vraies raisons du combat de ce fonctionnaire.


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De verdun, le 21 août 2008 à 21:28
Note du film : 4/6

Confessions d'un commissaire de police au procureur de la République est en effet un bon polar politique qui se suit avec intérêt. La mise en scène en cinémascope est, à quelques zooms près, assez belle. Quelques scènes sont mémorables: le dernier plan du film mettant en scène Franco Nero ou la visite des deux personnages à un fou portant camisole sont superbes. Le face à face entre les charismatiques Martin Balsam et Franco Nero tient ses promesses. J'aime assez la narration du film, qui part d'une fusillade énigmatique pour démonter le système érigé par le commissaire Bonvia.

Néanmoins, le film m'a davantage fait penser à du "Yves Boisset transalpin" -certains trouveront l'expression peu flatteuse, moi non- qu'à du Francesco Rosi de la grande époque. En effet, l'affrontement entre le flic pourri pratiquant la loi du talion et le procureur incarnant le bien et la vérité ne m'a pas forcément semblé plus subtil que du Boisset ou du Costa-Gavras. Et contrairement à Cadavres exquis ou à Z, les seconds rôles sont dans l'ensemble, assez peu charismatiques.

Malgré ces défauts, voici un film extrêmement intéressant et, en conséquence,un dvd dont je ne regrette pas l'achat.


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De La lectrice, le 19 septembre 2008 à 15:26
Note du film : 5/6

Merci Arca pour cette belle analyse. J'ai vue ce film il y'a très longtemps et j'aimerais beaucoup le revoir. Ou peut-on se le procurer ?


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De Arca1943, le 19 septembre 2008 à 16:23
Note du film : 5/6

Eh bien, LaLectrice, pour une fois je peux répondre : chez un marchand de DVD près de chez vous ! Le film a en effet été édité tout récemment en DVD Zone 2 par la très honnête collection SNC – Les maîtres italiens, avec au choix son excellente version française ou son excellente version sous-titrée en français. Et on le trouve donc présentement, par exemple, à la FNAC. N'est-ce-tu pas merveilleux ?


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De Mallox, le 22 mars 2009 à 15:19

Je trouve que l'affrontement entre Nero et Balsam montre plutôt la difficulté à faire appliquer la loi. Tout va dans ce sens, en plus de retranscrire parfaitement la paranoïa d'une époque où l'Italie ne croyait plus en rien, ni à son gouvernement, ni à ses hautes instances, ne sachant plus à qui attribuer tel ou tel attentat (certains d'extrême droite étant alors attribués à l'extrême gauche et vice-versa).

De fait, les hautes instances concernées, autant que la mafia elle-même, se sert de cela, divise pour mieux régner. Ce à quoi on assiste finalement, c'est à une sorte de duel entre deux hommes pourtant d'accords pour se battre pour (ou contre) la même cause, mais qui perdent leur temps à se méfier l'un de l'autre. Le substitut au procureur, Trainy, ultra-légaliste, fait mettre le flic sur écoutes afin de surveiller qu'il n'outre-dépasse pas ses droits, en plus de le soupçonner d'avoir fait sortir un homme de l'asile afin qu'il élimine Li Puma, de l'autre, Bonavia le flic, le fiche sur écoute afin de voir s'il n'est pas lui-même corrompu. Bref, tout ceci n'est pas fortuit, et est là pour souligner cette atmosphère régnante, dans laquelle tout semble possible. Le ver est dans la pomme à n'en pas douter.

Bonavia est désabusé, tandis que le magistrat encore plein d'illusions. Le plan final est excellent, est montre surtout toute l'ampleur du désenchantement de Damiani. L'on se dit, "Et après cet échange de regard, que se passe t-il ?"… ben, rien. Enfin c'est c'est comme ça que je l'ai ressenti. Ne reste qu'une solution : Celle prônée dans le film par Bonavia : éliminer de façon expéditive tous les corrompus. bref, les tuer, purement et simplement, puisque le système est autant défaillant que contaminé, il ne reste plus que cette alternative. Cela donne un polar avec parfois mêmes des allures de Poliziesco, pas loin de se faire partisan d'une auto-justice. C'est là, toute l'ambiguïté et l'une des grande qualité de ce film, qui ressemble à un coup de poing sur la table, rageur mais désespéré.

Damiani (déjà auteur d'un formidable El Chuncho, scénarisé par Franco Sollinas, 1er western spaghetti marxiste avant les incursions anarchisantes d'un Corbucci inspiré, et dans lequel Chuncho se devait à la fin de tuer El Nino, tout comme Bonavia veut tuer Li Puma), reprendra ces thèmes-ci dans des films plus tardifs comme "Perché si uccide un magistrato" (1974) (diffusé dans le cadre du cinéma de minuit il y a peu, et dans lequel les mafieux finissaient par s'embrasser dans un final une fois de plus désillusionné, ou encore "Un juge en danger" (1977), où le personnage qu'on nous présentait 1 heure durant finissait, tout comme ses prédécesseurs, par se faire liquider. Meutre commandité par des instances encore plus hautes…). Damiani n'était (toujours à mon sens) même plus un réalisateur sceptique, mais un cinéaste énervé et désespéré à la fois.


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De verdun, le 21 mai 2012 à 21:39
Note du film : 4/6

Voilà ce que j'avais écrit en 2008 sur ce fil

"Confessions d'un commissaire de police au procureur de la République est en effet un bon polar politique qui se suit avec intérêt. La mise en scène en cinémascope est, à quelques zooms près, assez belle. Quelques scènes sont mémorables: le dernier plan du film mettant en scène Franco Nero ou la visite des deux personnages à un fou portant camisole sont superbes. Le face à face entre les charismatiques Martin Balsam et Franco Nero tient ses promesses. J'aime assez la narration du film, qui part d'une fusillade énigmatique pour démonter le système érigé par le commissaire Bonvia.

Néanmoins, le film m'a davantage fait penser à du "Yves Boisset transalpin" -certains trouveront l'expression peu flatteuse, moi non- qu'à du Francesco Rosi de la grande époque. En effet, l'affrontement entre le flic pourri pratiquant la loi du talion et le procureur incarnant le bien et la vérité ne m'a pas forcément semblé plus subtil que du Boisset ou du Costa-Gavras. Et contrairement à Cadavres exquis ou à Z, les seconds rôles sont dans l'ensemble, assez peu charismatiques.

Malgré ces défauts, voici un film extrêmement intéressant et, en conséquence,un dvd dont je ne regrette pas l'achat."

Revu quatre ans plus tard, je tendrais à élever ma note de 4 à 5,5. J'ai eu beaucoup de plaisir à revoir ce film. La mise en scène est excellente, on a un film vraiment costaud au niveau de la photo, de l'utilisation du scope et du montage. Martin Balsam est parfait dans en "acteur américain parfaitement plausible en italien pur jus alors qu'il n'a aucun sang italien dans la vraie vie" catégorie inaugurée brillamment par Burt Lancaster dans le guépard.

La fin est toujours aussi forte. Quand je repense à la scène finale de Nous sommes tous en liberté provisoire je me dis que Damiano Damiani est particulièrement fort pour conclure ses films.

Et sur le fond, je me dis que j'avais été bien sévère de trouver le film manichéen.Il est finalement riche en ambigüités avec ce personnage de flic pourri qui lutte contre un milieu encore plus pourri.

Décidémment, revoir les films nous fait décidemment changer d'avis, chose souvent heureuse ..ou pas !


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De verdun, le 4 novembre 2012 à 13:48
Note du film : 4/6

Et puis j'ai oublié la musique de Riz Ortolani qui est excellente !


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De vincentp, le 24 mars 2013 à 23:23
Note du film : 4/6

Néanmoins, le film m'a davantage fait penser à du "Yves Boisset transalpin" -certains trouveront l'expression peu flatteuse, moi non- qu'à du Francesco Rosi de la grande époque. (Verdun).

C'est exactement mon avis. Il s'agit d'un bon film, mais inégal. De grands moments (la visite de l'appartement terrasse, le meurtre du témoin, les derniers instants -ultra-réussis-), de belles idées, souvent une mise en scène coup de poing très efficace, un grand numéro de Franco Nero, … Mais des moments moyens et peu crédibles (l'évolution professionnelle du commissaire) … C'est un film inégal qui n'atteint pas les sommets de Rosi, mais à voir, d'autant que le dvd est très bien restauré (image et son).


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De Impétueux, le 5 janvier 2016 à 18:22
Note du film : 4/6

Alors même que la vision, qui n'est pas très ancienne de Gomorra ou de la première saison de La Piovra devraient m'avoir initié à l'effarante main-mise de la corruption sur le sud de l'Italie, je demeure toujours vaguement interloqué devant l'importance des soubassements de cette corruption. Je ne fais pas mine d'ignorer qu'elle sévit partout dans le monde, France comprise, mais elle prend en Sicile ou en Calabre un caractère de fatalité, d'inéluctable maîtrise, avec ses régiments de tueurs sans scrupules, la pourriture de tous les pouvoirs publics, élus, magistrats, policiers, la résignation de la population, la peur de tout ceux qui en approchent.

Dès lors, quelle échappatoire ? Il est tout de même assez surprenant, glaçant, même de voir presque célébré pour seule solution le mythe du justicier solitaire, dans un film censé être de gauche et tout enluminé de résurgences marxistes. On n'est pas si loin dans Confession d'un commissaire de police des Escadrons de la mort (les scuderias) des favelas brésiliennes, groupes de policiers qui se préposent au nettoyage des criminels, trop difficiles à neutraliser par les moyens légaux.

À ceci près, évidemment, qui n'est pas négligeable, que le film met en scène un homme seul, Bonavia (Martin Balsam) qui se bat contre à peu près tout le monde, finit par avoir tout le monde contre lui et par aller chercher une mort crapoteuse dans la prison où il a été enfermé pour avoir lui-même assassiné la crapule Lomunno (Luciano Catenacci).

Le film de Damiano Damiani se laisse voir avec beaucoup de plaisir, malgré certaines invraisemblances de scénario ; il m'a semblé moins un film politique qu'un thriller. Ceci n'est pas en absolue contradiction avec ce que j'écris au premier paragraphe : une fois admise la corruption généralisée, tout se passe comme dans un policier classique, très efficace, agrémenté par le conflit intelligemment présenté entre le Commissaire Bonavia et le Substitut Traini (Franco Nero), l'un et l'autre honnêtes mais si différents dans leur origine sociale, leur expérience, leur caractère qu'ils ne peuvent s'entendre et se comprendre que lorsqu'il est trop tard. Et puis le réalisateur a le sens de l'horreur filmée : l'assassinat du petit berger jeté du haut d'une falaise simplement parce qu'il a été témoin d'un crime, le coulage de la malheureuse Serena (Marilu Tolo) dans un poteau en béton donnent des images impressionnantes…

Tout comme est impressionnante la séquence finale entre le corrompu Procureur Malta (Claudio Gora) et son vif Substitut, qui comprend en un seul regard toute son impuissance.


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