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Sujet : Oeuvre solide d'espionnage


De raygil, le 2 juin 2005 à 19:37

Film d'espionnage atypique, voir baroque très bien interprété par des comédiens exceptionnels.

Une note supplémentaire à Richard Boone en espion cruel et machiavélique.

Ce film est unique dans son genre.


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De sdcine, le 12 décembre 2005 à 20:07
Note du film : 5/6

Suspens garanti, excellente interprétation : à rééditer de toute urgence en DVD.


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De Arca1943, le 9 juin 2007 à 20:47
Note du film : 5/6

Atypique ? Je n'en dirais pas autant. Cet excellent Huston s'inscrit plutôt, et très honorablement, dans une lignée des 1960-70 aussi typique que James Bond, mais aux antipodes : c'est-à-dire quand John Le Carré va inventer le vrai roman d'espionnage avec The Spy Who Came In from the Cold et que ce best-seller – au succès mondial aussi considérable que celui de Ian Fleming – va produire en Angleterre une abondante progéniture (y compris quelques mémorables produits "de série" avec Michael Caine). Univers glauques et crépusculaires, dialogues grinçants ou voulus tels, traîtrises, retournements et chausses-trapes en quantité, agents doubles, triples voire quadruples, espions revenus de tout, cyniques et désabusés, et même espions d'une criminelle incompétence (The Looking Glass War).

Parmi les "racines" du genre, je pense qu'il faut compter, au cinéma, l'incontournable The Third Man, et en littérature certains romans de Graham Greene, envers qui Le Carré n'a jamais caché sa dette.

The Kremlin Letter fait partie de cet univers assez spécial, gris et "en sourdine", qui tout en restant passablement imaginaire lui aussi – et en produisant sa propre série de clichés – en dit quand même bien plus long sur l'époque et sur l'esprit de la Guerre Froide que les amusants James Bond. À noter que l'interprétation de Patrick O'Neal, qui dans bien d'autres films est plutôt du genre transparent, est ici tout à fait mémorable face à Bibi Andersson excellente comme toujours. Même Orson Welles, dans sa courte apparition a l'air d'y croire; c'est dire.

Et soit dit en passant, au sujet de ce "courant" particulier du genre espionnage, notons que la France y apporta une contribution non négligeable avec l'excellent Il faut tuer Birgit Haas, toujours pas en DVD…


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De Arca1943, le 28 septembre 2008 à 17:52
Note du film : 5/6

Tiens, je me rends compte que dans mon message précédent, je n'avais pas voté pour la réédition de cet excellent film d'espionnage de John Huston (bien meilleur que son film d'espionnage suivant The MacKintosh Man, même s'il bénéficiait du regretté Paul Newman).


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De verdun, le 17 janvier 2014 à 23:21
Note du film : 6/6

Une lettre pas si facile à ouvrir…

Le spectateur peut facilement rester sur le carreau en raison de son récit complexe, notamment en ce qui concerne les motivations des personnages.

Ceci dit les histoires d'agents doubles sont souvent compliquées, comme en atteste par exemple un film a priori bien plus commercial comme Mes funérailles à Berlin. Mais justement cette complexité fait que le film gagne à être revu plusieurs fois, même s'il n'est pas sûr que les incertitudes soient levées lors des visions ultérieures.

D'autre part, le film est également très sombre, éloigné de tout manichéisme, présentant des personnages tous pervertis et corrompus voire tarés. Le chantage est un mode opératoire présent du début à la fin. Ici pas de surhomme auquel se raccrocher,et l'expression de sentiments constitue un talon d'Achille, notamment pour le personnage principal.

En revanche, contrairement à de nombreux commentateurs, je trouve le film assez fascinant dans la forme. Non pas tant dans la manière de filmer mais dans la photographie, et d'une manière générale dans la création d'une ambiance. Sur le plan visuel, j'apprécie enfin un montage virtuose, qui rend par exemple la dernière image difficile à oublier.

L'autre grand plaisir est procuré par les acteurs: la fameuse prestation de George Sanders en travesti, un Richard Boone impressionnant, Orson Welles plus convaincant que dans ses autres caméos de la même époque , les bergmaniens Max Von Sydow et Bibi Andersson en amants maudits.

Je ne sais quoi penser de la présence de Patrick O'Neal, acteur assez fade promu ici vedette. Son nom n'apparaît d'ailleurs pas sur la jaquette du dvd. Sa relative transparence semble servir le film: alors que tous les autres protagonistes s'avèrent haut en couleur, voici un vrai espion capable de se fondre dans la masse malgré des dons exceptionnels, mais auquel le spectateur ne peut guère s'identifier comme cela aurait été le cas avec Steve McQueen, initialement pressenti pour le rôle.

Et puis The Kremlin Letter demeure un film typiquement hustonien. Bien sûr la thématique de l'échec est présente mais ce qui intéresse le cinéaste, c'est la cause de l'échec : des personnages qui dépensent leur énergie et leur concentration pour la quête de quelque chose de dérisoire. Ici c'est un document qu'on ne verra jamais, dans les autres Huston, c'est le Faucon Maltais, par exemple. Or rarement le cinéaste aura poussé le jeu de massacre aussi loin, rarement ses personnages n'auront lutté pour un objet aussi absurde.

En 1973, avec Le piège, Huston retournera au film d'espionnage en partant sur d'autres bases avec notamment une vedette à l'affiche, Paul Newman et une ambiance plus ludique


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