Forum - Les Trente-neuf marches - Critique
Accueil
Forum : Les Trente-neuf marches

Sujet : Critique


De dumbledore, le 2 juin 2005 à 16:12
Note du film : 6/6

Brillant, truculent, Les 39 marches est l'une des plus belles réussites d'Hitchcock. On retrouve d'abord un scénario parfaitement écrit, qui réussit à alterner scènes de tension ou de suspens et scènes d'actions, avec comme souvent un humour sous-tendu et omniprésent. La modernité de scénario permet également de mettre en avant le personnages particulièrement truculent et haut en couleur. Robert Donat campe un anglais à la fois très flegmatique et qui va être bringuebalé dans une histoire qui le dépasse.

Pour reprendre la fameuse phrase d'Hitchcock, plus le méchant est réussi meilleur est le film. C'est le cas ici avec la construction de "méchants" à la fois totalement invisible, capable de tout en toute discrétion, avant de s'incarner dans le personnage du "professeur" aussi intouchable qu'apparemment gentil et serviable.

Comme toujours, à côté de cette histoire policière se trouve une histoire d'amour qui naît justement de "par la force des choses" autrement dit qui ne se créé que comme une conséquence collatérale de cette trame policière. Cette histoire d'amour, c'est la grande Madeleine Carroll drôle, touchante et séduisante qui se trouve liée de manière géniale à notre héros par… une paire de menottes.

Le couple étant tendu (avec de devenir tendre) le comique et l'amusant de la situation est évident et superbement interprété par les comédiens et exploité par Hitchcock.


Répondre

De Impétueux, le 2 juin 2005 à 17:05

Est-ce qu'il n'y apas eu un remake bien plus récent (1960 ?) ? Est-il d'Hitchcock ?


Répondre

De urspoller, le 16 mars 2008 à 11:58
Note du film : 6/6

Après l'indubitable succès de la première mouture de L'Homme qui en savait trop, Alfred Hitchcock dispose des coudées franches pour réaliser à sa guide Les 39 Marches. Et cela se sent à la liberté de ton dont fait montre le cinéaste à l'endroit de l'incompétence de la police ou par le biais des irrévérences délicieuses comme des allusions sexuelles (voir la cuisse – magnifique spectacle soit dit en passant- de Madeleine Carroll me paraît osé pour l'époque) et des propos anticléricaux (où l'on apprend qu'un livre de cantiques peut avoir une utilité – outre assommer les ouailles – à savoir intercepter les balles de revolver). Cela rappelle l'univers des corrosives mélopées de Georges Brassens qui ont bercé des générations de petits héraultais…

Bref, Hitchcock brosse un métrage éminemment moderne malgré son âge respectable (73 printemps tout de même!). Et dire que mon grand-père avait 12 ans à la sortie de cette pépite cinématographique!

Comme de bien entendu, cette œuvre classique constitue la pierre angulaire de la filmographie de sir Alfred par ses propos et son contenu où le réalisateur développe nombre de ses thèmes favoris à savoir l'incompétence inhérente de la police (Jeune et innocent, Agent secret, Correspondant 17, La mort aux trousses, Mais qui a tué Harry ?…)., un homme ordinaire soudain accusé à tort engendrant une folle course poursuite (Jeune et innocent, Cinquième colonne, La mort aux trousses…) ou une intrigue d'espionnage (L'homme qui en savait trop, Quatre de l'espionnage, Une femme disparaît, Correspondant 17, Cinquième colonne, L'étau ou Le rideau déchiré…).

Finalement, malgré la truculence de certaines scènes, transpire de ce film une atmosphère de défiance où chacun se méfie de son prochain. Ainsi, Hitchcock tisse une intrigue complexe, au rythme soutenu, sous-tendue par un entrelacs de relations percluses de doutes, d'acerbité et de faux semblants, le tout interpénétrant une action échevelée.

Et puis, comment évoquer ce métrage en omettant de souligner l'influence incontestable de l'expressionnisme allemand comme le prouve des tableaux de paysages calédoniens d'une rigueur plastique et esthétique digne de Murnau. L'intrigue trouve place dans les brumes agrestes de la lande écossaise où l'on voit poindre de loin en loin des silhouettes nimbées de mystère et de romanesque. Vraiment, quel souvenir impérissable laissent ces atmosphères oniriques, ce scénario très serré, ces acteurs subtils et charismatiques que sont la blonde Madeleine Carroll irradiante de vénusté et l'élégant Robert Donat (à mi-chemin entre un Clark Gable et un Errol Flynn), dont impétueux évoquait tantôt le souvenir sur le fil de Au revoir Mr Chips


Répondre

De droudrou, le 16 mars 2008 à 16:24

Dis donc, Sébastien : tu fais comment pour compter 73 ans au père Hitchcock lors de la réalisation de ce film ?


Répondre

De urspoller, le 16 mars 2008 à 16:27
Note du film : 6/6

Droudrou, c'est le métrage qui date de 73 ans et non Hitchcock. Excuse-moi si mon message a manqué de clarté, mais l'enthousiasme embrume parfois mon cervelet!


Répondre

De droudrou, le 16 mars 2008 à 16:40

C'est un film que j'aime beaucoup et Robert Donat était un acteur sympa et élégant.

J'aime beaucoup aussi l'adaptation qui en a été faite avec Kenneth More et Tania Elg qui bénéficie du cinémascope et de la couleur ainsi que d'une bande son qui contribue beaucoup à l'ambiance du film. La séquence la plus… érotico-comique demeurant l'instant où l'actrice enlève ses bas alors qu'elle est menottée à la main du héros qui va, bien sûr, l'effleurer ! Kenneth More, outre une apparition truculente dans "Le Jour le Plus Long" est aussi l'acteur du film "Aux frontières des Indes" (Jack Lee Thompson) où il est également question d'une vieille locomotive qui, entre autres scènes spectaculaires, va devoir traverser un pont plutôt… âbimé (!)


Répondre

De urspoller, le 16 mars 2008 à 16:58
Note du film : 6/6

Je ne connais absolument pas le remake que tu évoques, mais il appert, déjà dans l'original, que la scène où Madeleine Carroll ôte ses bas humides malgré la menotte, liée par des menottes, de Robert Donat, qui s'en va négligemment se poser sur le bas de la cuisse de la jolie donzelle dont les appas et la blandice n'ont d'égal que la truculence de ce moment d'intimité devant l'âtre de la cheminée, offre un spectable délicieux à qui sait le regarder avec les yeux de l'innocence…


Répondre

Installez Firefox
Accueil - Version bas débit

Page générée en 0.013 s. - 5 requêtes effectuées

Si vous souhaitez compléter ou corriger cette page, vous pouvez nous contacter