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Forum : Ocean's Eleven

Sujet : Sujet classique, traitement plus original...


De dumbledore

Il est difficile de faire plus classique comme histoire. Dans le genre films policiers, les films de casses constitueraient d'ailleurs un sous-genre bien fourni. On pourrait même s'amuser à les sous diviser en deux : en drame (ceux qui finissent en général mal pour les casseurs) ou en comédie (ceux dans lesquels les casseurs réussissent à se faire la malle).

Le film de Soderbergh appartiendrait sans nul doute à cette seconde partie.

Heureusement, au classicisme du sujet s'ajoute une narration et une mise en scène qui le sont moins et qui permettent de sortir ce film de l'énorme quantité de films hollywoodiens aussitôt vus, aussitôt oubliés.

On retrouve ainsi un travail très recherché à la lumière, travail que l'on avait déjà vu dans les autres films de Soderbergh. Seulement, à l'inverse d'un « Traffic » ou de « l'Anglais », cette image souvent désaturée, un peu trop lavée, s'intègre totalement au récit et à l'univers du film. Elle décrit Las Vegas avec justesse : insipide, délavé, la journée, et brillant de mille feux la nuit.

La mise en scène très alerte, notamment dans la partie « constitution d'équipe » est très efficace même si elle tend vers le copiage de Tarantino, notamment dans la fin du casse. Soderbergh comme Tarantino dans « Jackie Brown » fait en effet avancer l'action jusqu'à un certain point où le spectateur (et Andy Garcia) est perdu. Il revient ensuite en arrière et remontre la scène sous un autre point de vue, plus explicatif.

L'autre force du film réside dans ces retournements de scénario. Elles n'ont pas le grand guignol et l'artificialité d'un David Mamet, mais constituent au contraire un bon moyen de tenir sans cesse le spectateur en alerte. La plus belle de toutes réside dans la vraie motivation de Ocean, le pourquoi il fait le casse, qui n'est pas sans rappeler du coup la motivation de ce même acteur (George Clooney) dans « O' Brother »…

Si on trouve ainsi des éléments positifs à ce film, il laisse tout de même un arrière goût de talent gâché, de produit trop hollywoodien. On trouve d'abord une pléiade de stars dont le film n'avait pas vraiment besoin, mais dont Hollywood se délecte. Seulement, quand on a une star, il faut l'assumer et lui offrir des rôles à leurs (dé)mesure. Ce qui n'est pas le cas ici. Que ce soit Andy Garcia, ou bien surtout Julia Roberts, ils sont totalement sous exploités. Andy Garcia joue un masque impassible du début à la fin du film et à dû bien s'ennuyer tellement son personnage est vide. Quant à Julia Roberts, le personnage est tout aussi creux. Son retournement final est d'ailleurs à la limite de la crédibilité, et semble sortir tout droit de la volonté d'un scénariste machiste (la femme part avec celui qui a l'argent).

Résultat des courses : un futur film mineur pour la carrière de tous les grands qui l'on fait.


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De Alias, le 21 juillet 2004 à 20:59

La critique est bonne, mais un peu dure car le film est génial !


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De Impétueux, le 25 avril 2017 à 18:53
Note du film : 0/6

Je mettrais volontiers une meilleure note à ce film et même une bonne note, parce que je n'ai rien contre son réalisateur, Steven Soderbergh (quoique son Solaris m'ait plutôt enquiquiné) et parce que les films de casse sont tout de même une des grandes distractions du cinéma et que, quand ils sont réussis ils sont profondément jubilatoires… Ah… quand j'écris quand ils sont réussis, je parle naturellement du casse, toujours ingénieusement réalisé et non de l'issue du film où dans presque tout les cas la morale triomphe et, à la dernière minute, les voleurs sont floués… Souvenons-nous de L'ultime razzia, de Mélodie en sous-sol, du Clan des Siciliens et de tant d'autres… (Au fait, un des rares films où les voleurs triomphent, c'est Les égouts du paradis qui relate le casse de Nice conduit par Bert Spaggiari ; sans doute parce que la réalité est beaucoup moins morale que la fiction !).

J'avais entendu parler d'Ocean's eleven (2001) avec sympathie et les spectateurs ont tant apprécié le film qu'il a donné suite à deux progénitures, Ocean's twelve et Ocean's Thirteen en 2004 et 2007. Comme on a dû se rendre compte du ridicule qu'il y aurait à filmer, dans quelques décennies, Ocean's Thirty (et ainsi de suite), les producteurs ont eu l'idée – ô combien originale ! – de préparer un Ocean's eight, un prequel qui doit sortir en 2018. Après tout, pourquoi pas ?

Ce qui m'ennuie, ou, plutôt, me décontenance, c'est que je me suis rapidement endormi devant les aventures de George Clooney, de Brad Pitt et des autres (que je ne connais pas) dans cette sorte de représentation de l'Enfer sur terre, c'est-à-dire Las Vegas, qui est sans doute la ville la plus ridicule du monde et que j'aimerais, pour cette raison, découvrir avant de trépasser, sans avoir aucune velléité réelle de le faire. Mon Dieu ! Que des gens qui ont donné au monde Edgar Poe, Mark Twain, H.P. Lovecraft et William Faulkner (sans parler des grands cinéastes, John Huston ou Stanley Kubrick) aient pu concevoir de telles hideuses et dégoutantes monstruosités est tout de même confondant.

Du peu que je me rappelle (parce que, tout de même, entre deux ronflements que ma femme me signalait gentiment, je regardais douze images par ci, par là), il y a quelques instants brillants, mais qui sont totalement désarticulés par rapport à l'ensemble ; je veux dire par là que le film est une suite de moments de bravoure mais dont les héros n'ont ni épaisseur, ni substance. Les séquences se succèdent, sans cohérence, mais elles sont si rapidement traitées, si peu approfondies qu'on ne comprend rien à ce qui se passe  : on suit les péripéties en se demandant où chacune va mener, mais on ne ressent pas cette délicieuse interrogation haletante que l'on apprécie avant tout dans le genre.

J'aurais mauvaise grâce à gloser plus avant, puisque je n'ai pas dû regarder plus d'un tiers du film entre deux somnolences ; tout ce que je sais c'est que cet endormissement n'aurait jamais pu me frapper pour les films que j'ai cités plus haut. Donc les suites Douze, Treize et la séquelle n'auront pas mon suffrage.

Ce dont tout le monde, au demeurant, se contrefiche, ce qui est bien naturel.


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De Laurent Ermont, le 26 avril 2017 à 14:11

Quel engouement à sa sortie,pour un film somme toute sans intérêt.Une bande de briques à braques,Pitt,Clooney,et Damon is inside,toute cette clic pour montrer que grand-mère a su faire du bon café…Film commercial ni plus ni moins…What else..?


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