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Forum : Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?

Sujet : Deux monstres vieillissants


De lyss, le 5 mai 2005 à 20:12
Note du film : 6/6

Deux monstres sacrées vieillissantes qui s'affrontent, un peu caricatural, mais Bette Davis est sublime. Une sortie en DVD Z2 serait la bienvenue.


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De PM Jarriq, le 5 mai 2005 à 20:21
Note du film : 4/6

OK et pourquoi pas en coffret avec l'autre film de Robert Aldrich avec Bette Davis et Olivia de Havilland, "Chut, chut… Chère Charlotte", un peu moins réussi mais qui vaut largement le coup d'oeil tout de même.


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De Gaulhenrix, le 16 octobre 2007 à 13:05

Ne pas lire si l'on ne connaît pas le film : le texte qui suit en révèle, en effet, la fin.

Un film de démesure, certes, mais si prenant, notamment, par une fin dramatique en forme de coup de théâtre savamment mis en scène. L'ultime séquence révèle, en effet, le secret si longtemps tu par Blanche. Sur une plage – idyllique décor hollywoodien d'alors et, ici, désacralisé en lieu mortuaire –, filmée en une plongée cauchemardesque, le dernier plan donne à voir les policiers s'affairant autour du corps de Blanche (c'est-à-dire la Mort), cependant que Baby Jane esquisse des pas de danse, entourée d'une cohorte de baigneurs moqueurs. Ces badauds – sans doute, aussi, nous les spectateurs du film – dessinent une boucle allongée en forme d'ovale. Un retour au berceau de l'enfance, voire à la matrice originelle (c'est-à-dire la Vie). Un plan final savamment composé qui marque une dernière fois, par la similitude et le contraste, l'origine et la fin du tragique destin des deux sœurs : le dernier regard terrifié de Blanche, bouche grand ouverte sur un cri muet, vers une Baby Jane sombrant dans la folie…


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De droudrou, le 16 octobre 2007 à 14:06

La question que je me pose n'a pas trait au film. Que faut-il penser de l'oeuvre d'Aldrich ?


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De PM Jarriq, le 16 octobre 2007 à 14:42
Note du film : 4/6

Oeuvre passionnante ! Inégale, c'est certain, mais qui ne ressemble à aucune autre. Il a surtout marqué le cinéma à ses débuts, avec Attack, film de guerre noirissime tournant le dos à l'héroïsme de rigueur du cinéma U.S. d'après-guerre. Il a inventé le spaghetti western avec dix ans d'avance avec Vera Cruz, et dynamité le film noir avec Kiss me deadly, flirtant avec la SF.

Ensuite, c'est plus erratique, pour un virulent Dirty dozen et un outrancier, Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?, son style volontiers grossier, sombre souvent dans la vulgarité, ce qui n'empêche pas d'aimer Le démon des femmes, charge appuyée contre Hollywood, ou de s'éclater avec les brutes épaisses de Plein la gueule.

Certains films ont mal vieilli (L'empereur du nord, La cité des dangers), d'autres ne présentent pas grand intérêt (Le vol du Phoenix, Quatre du Texas), mais l'un dans l'autre, le bonhomme a laissé une empreinte assez profonde, comparable à celle de Fuller, en un peu plus racoleur et ludique.

L'ultimatum des trois mercenaires, sorti en France mutilé de plus d'un tiers de son métrage, mériterait d'être restauré, et édité en DVD.

Ses films de fin de carrière (Fureur Apache ou Deux filles au tapis) ont prouvé que le "gros Bob" n'avait pas abdiqué.

Bref, Droudrou, il faut en penser du bien.


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De Gaulhenrix, le 16 octobre 2007 à 18:25

Je note tout de même une réelle cohérence dans l'œuvre d'Aldrich : il a tenté un premier essai avec – dit en termes crus – « Les deux salopes » de Qu'est-il arrivé à Baby Jane en 1962, suivi de la transformation réussie avec Les douze salopards en 1967. Bref, sept longues années placées sous le signe d'une idée fixe ! Et pour convaincre les éventuels incrédules, il me suffit d'invoquer Bergson pour qui tout philosophe s'épuisait à exprimer les mêmes idées, oeuvre après oeuvre, tout au long de sa vie.

« Etonnant, n'est-ce pas ?! »


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De Impétueux, le 5 janvier 2009 à 19:27
Note du film : 4/6

Sur le fil de Chut, chut, chère Charlotte, Verdun indique qu'il n'est pas loin de préférer le second opus à Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?, qui connut pourtant un bien plus grand succès, succès qui entraîna presque naturellement à demeurer dans la même tonalité vénéneuse, et toujours avec l'extraordinaire Bette Davis.

Je suis assez de cet avis, préférant sans doute aussi Chut, chut, chère Charlotte, peut-être parce que, malgré une longueur identique, l'intérêt est davantage en haleine dans la révélation/résolution d'une énigme que dans l'étouffement d'un huis(presque)-clos, dans les déchirements hystériques de plus en plus violents d'un pitoyable pantin englué d'enfance et d'amertume.

Cela écrit, s'il y a un bon quart d'heure de trop dans l'un et l'autre film, c'est tout de même, et dans les deux cas, une magnifique montée chromatique, avec un scénario incontestablement plus original pour Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?… Si la descente aux enfers pitoyable des stars du muet a été relatée avec une cruauté admirable dans Boulevard du crépuscule, j'ignore si la frustration de l'enfant-vedette qui ne parvient pas à grandir avait déjà été mise en scène ; les fins de partie ne sont pas toujours belles, et il doit y avoir eu une palanquée de stars gamines qui, moins notoires que l'immense (et exaspérante) vedette que fut Shirley Temple) se sont retrouvées, à la fin de leurs belles années, à mendier un cachet ici et là, à essayer de survivre…

La complication qu'Aldrich introduit, en donnant à Baby Jane Hudson une sœur talentueuse et devenue infirme à la suite d'un accident plus mystérieux en réalité qu'il n'a d'apparence immédiate est, malgré son habileté, un peu artificielle, mais pose de façon très intéressante la question des relations entre deux êtres rassemblés à la fois par les liens du sang et par le secret qui les lie…

On peut gloser sur la vraisemblance, mais on doit reconnaître à Robert Aldrich un sens très sûr de l'insupportable, qui culmine sans doute dans l'image, à la fois totalement attendue et totalement surprenante du rat énorme servi, sous sa cloche d'argent à Blanche terrifiée (Joan Crawford) par Jane (Bette Davis). Ce sont ces images-là (et Blanche attachée, ligotée sur son lit) et le jeu magnifique des deux actrices, mais aussi de l'huileux répugnant Edwin Flagg (Victor Buono) qui font tout le prix d'un film étrange, mais qui n'emporte pas tout à fait l'adhésion, sans doute à cause de l'artificialité de l'histoire, encore accrue par la révélation finale, qui est indispensable, certes, mais qui arrive sans vraie raison et sans pertinence…


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