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Forum : Sodome et Gomorrhe

Sujet : Un grand peplum


De clinguet, le 6 avril 2005 à 16:11
Note du film : 5/6

Je laisse ce message parce que je recherche une edition de Sodome et Gomorrhe en dvd et je me rends compte que cela n'existe pour le moment nulle part !

Ce film de Sergio Leone est un grand classique du peplum et cela m'etonne assez. Je voudrais vraiment pouvoir le revoir en version originale et la VHS que j'ai n'est bien sur qu'en version francaise, la bande est abimee, pour une raison simple: elle est vieille !

merci beaucoup de tenir compte de mon message et avis a tous les fans de peplum ou de Stewart Grandger !


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De PM Jarriq, le 6 avril 2005 à 20:41

Selon de nombreux témoignages, Sergio Leone n'aurait réalisé que certaines séquences de seconde équipe (des batailles), tandis que Robert Aldrich a tourné l'essentiel des scènes de ce film. Leurs noms figurent à égalité au générique en Europe, pour des questions de coproduction. Mais soyons clairs : "Sodome et Gomorrhe" n'est pas un film de Leone, pas plus que ce dernier n'a réalisé la course de chars de "Ben-Hur" comme il l'a souvent laissé entendre. C'est fou, ces légendes qui continuent de courir des décennies après les événements et s'inscrivent peu à peu comme des vérités absolues. "Quand la réalité devient légende, on imprime la légende", disait John Ford qui savait de quoi il parlait !


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De Léonidas III, le 17 avril 2005 à 21:13

Film à l'ancienne, pas trop mal… batailles contre les Elamites habillés de noir sous un soleil de plomb, gâchis d'eau comme on ne sait le faire que dans le désert, pulvérisation à l'atome divin, petites Sodomites en minijupe, mon copain Stanley Baker.

Par contre la statue de sel, j'achète la même à Fran… et donc, il aurait fallu faire un petit effort là-dessus… ainsi que sur les éternels lignes des roues quand on filme une charge de cavalerie!


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De leto, le 23 août 2005 à 14:55
Note du film : 5/6

Vivement un DVD pour le plaisir de revoir la belle et altère Anouk Aimée dans ce rôle de reine manipulatrice aux moeurs "réprouvables" dans ce film un peu kitsch.

Incroyable de voir comment les réalisateurs ont réussi à traiter un sujet aussi délicat dans les années 60 pour le cinéma, sujet évoqué par l'Ancien testament en termes non équivoques (homosexualité visiblement répandue à tous les habitants des deux villes, apparemment quels que soient le sexe et l'age puique personne ne sera digne d'être épargné par la puissance divine!, ce qui est un peu radical vous en conviendrez!) en ne "suggérant" que vaquement les moeurs dépravées de la reine et de sa cour! Il me revient en mémoire une esclave asiatique qui donne la main à la reine, une "chèfe" des gardes batie comme une catcheuse, des gens dénudés et endormis au petit matin aprés une fiesta palatiale évoquant sans doute une orgie et enfin des couples de blondes en habits de crétoises fuyant dans une ville en plein cataclysme. Aucun homme aux moeurs réprouvables à l'image, sauf un frère de la reine grand séducteur des filles de Lot! Bref, il fallait bien contourner la censure à une époque où celle-ci ne badinait pas avec la morale! Je me demande ce que le cinéma grand spectacle d'aujourd'hui ferait de ce thème aprés le "peu osé" "Alexandre" d'Oliver Stone, qui a quand même le mérite d'exister! sodome et gomorre


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De Arca1943, le 6 septembre 2007 à 13:52

Avec Pier Angeli et Rossana Podesta, preuves que c'est sûrement très bon.


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De DelaNuit, le 6 septembre 2007 à 19:21
Note du film : 5/6

« Franchissez les portes de Sodome ! Ce soir, Sodome ne vous refusera rien… » ou encore : « Il y a bien des moyens de mener un homme là où on veut le mener… des moyens aussi anciens que Sodome… et aussi subtils que Gomorrhe… » : Anouk Aimée, reine perverse, multiplie les répliques cultes dans ce somptueux péplum !

A l'origine, un épisode de l'Ancien Testament, contant comment les habitants des deux cités jumelles Sodome et Gomorrhe ont attiré sur eux la colère de Dieu, par leur débauche et leur cruauté. L'Eternel permet à Loth (Stewart Granger), neveu d'Abraham, et à sa famille de fuir à condition de ne pas se retourner. La femme de Loth désobéit et est changée en statue de sel.

Le thème de la cité païenne ensevelie sous le sable ou les eaux  – et par là même dans l'inconscient collectif – est fréquent dans les mythologies. Les Celtes ont leur propre version avec la submersion de la cité d'Ys…

Dans les faits, la légende de Sodome et Gomorrhe s'inspire d'un événement géologique : La mer morte serait née d'un cataclysme dont la région a gardé les marques dans la roche et un paysage désolé figé dans le sel. Le film s'en inspire et situe les deux cités sur les bords du Jourdain, fleuve de vie, et barrière naturelle entre les Hébreux vertueux et leurs sulfureux voisins. La prédominance du sel dans la mer morte et ses environs a donné aux scénaristes l'idée que la richesse de « S & G » reposait sur l'exploitation de mines de sel, que le cataclysme final libérera, marquant irrémédiablement le lieu. Le sel, symbole de vie, devient sa négation si on en abuse, de même que les plaisirs sans cadres ni morale… Curieuse similitude des termes Sodium et Sodome…

Le sujet, grand spectacle exotique et édifiant, a tout pour séduire en 1962. Mais comment allécher le spectateur par la réputation sulfureuse de « S & G » sans heurter le grand public familial visé ?

La question de la débauche est évacuée dès le générique, dévoilant des corps endormis les uns sur les autres, au milieu de coupes et de fruits renversés, après une nuit d'orgie. N'en perdons pas une miette, on n'en verra guère plus, si ce n'est quelques scènes de danses lascives, ou regards d'Anouk Aimée vers les danseuses ou ses favorites suggérant des sous-entendus lesbiens. Toute référence à l'homosexualité masculine est omise… sauf pour les plus perspicaces dans le détail des bas-reliefs… De toute façon, la Bible explique la malédiction de « S & G » par la débauche et la cruauté de leurs habitants. Seuls des commentateurs y ont vu une référence spécifique à l'homosexualité…

Robert Aldrich et Sergio Leone se sont partagé la réalisation, la part du travail de chacun étant aujourd'hui encore largement débattue !

Le compositeur Miklos Rosza (Ben Hur, Quo Vadis, Le Cid, Ivanhoé…), nous offre une de ses plus belles partitions, empreinte d'orientalisme et de nostalgie langoureuse, sur laquelle plane le poids du destin (le double CD en a été édité cette année).

La distribution est éclatante : Stewart Granger, altier, Anouk Aimée, reine perverse et blasée, Anna Maria Pier Angeli, sensible et vulnérable, Stanley Baker, machiavélique, Rossana Podesta, sculpturale…

Les murs de « S & G » ne sont pas du décor mais les vestiges d'anciennes cités marocaines émergeant de la verdure des palmeraies. Les populations voisines affluèrent pour la figuration. Des peintures murales du palais reproduisent des dessins rupestres retrouvés entre la région de la mer morte et le Sinaï, qui ont également inspiré le symbole des rois de « S & G » , buste de femme et d'homme opposés (comme sur les cartes à jouer), sur lequel s'ouvre le générique, et qui s'écroule à la fin.

Le tournage fut cosmopolite et il n'existe pas « une » version originale du film, mais plusieurs différentes, avec des montages eux aussi divergents. Ainsi, la version italienne a remplacé la musique du générique par celle de l'ouverture (destinée à être jouée avant le lever de rideau), qui ne correspond pas aux images ! En Italie, une scène aux sous-entendus lesbiens entre la reine et sa favorite – comprenant pourtant des dialogues intéressants – a été supprimée par rapport à la version française, alors qu'une scène de torture y est au contraire plus longue et plus sanglante que dans la VF… La différence de perception entre ce qui est considéré comme montrable ou pas devant un grand public d'un pays à l'autre prête ainsi à réflexion…

Le personnage central de l'histoire est celui de la femme de Loth (Pier Angeli). Ancienne favorite de la reine, elle épouse le chef des Hébreux et prend conscience de la perversion de son peuple. Concubine esclave, elle devient épouse légitime, mais regrette le luxe et la légèreté de son existence antérieure. Le public s'identifie à ses questionnements très humains, alors que Loth et la Reine représentent des archétypes du bien et du mal.

Dans les films précédents, le geste final de la femme de Loth n'était pas expliqué. Curiosité, inconstance féminine ? Tel n'est pas l'avis de Robert Aldrich : désormais détachée des débauches de « S & G » mais pour autant guère enthousiasmée ni convaincue par la religion austère et la morale rigide de son époux, c'est par choix qu'elle se retourne et brave l'interdit, pour en avoir le cœur net.

Elle symbolise ainsi tous ces hommes et ces femmes cherchant une voie entre le matérialisme des uns et l'extrémisme religieux des autres, qui ne leur conviennent ni l'un ni l'autre… Un questionnement moderne et intemporel, donc ! Et pour ce film une morale plus subtile qu'on pouvait le penser…


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De droudrou, le 6 septembre 2007 à 22:53
Note du film : 4/6

Sots d'hommes et go more !

Quand j'ai vu le film à sa sortie, à cette époque on ne parlait pas encore beaucoup de Sergio Leone… On parlait d'Aldrich et, ayant vu El perdido l'année d'avant qui m'avait quelque peu titillé, j'avais voulu voir Sodome et Gomorrhe.

A cette époque, dans la mesure où l'éducation religieuse représentait une part importante dans la vie de chacun, par le biais de ma tante qui allait très régulièrement à la messe le dimanche, j'avais entendu parler de la femme de Loth brusquement changée en statue de sel pour avoir osé regarder derrière elle le monde qu'elle avait quitté, Loth répondant à cette voix qui lui enjoignait de fuir Sodome et Gomorrhe sur lesquelles allait s'abattre le courroux de Dieu.

Dans la mesure où il y avait eu Les dix commandements avec ses trouvailles, ses effets spéciaux et ses décors spectaculaires, il va bien de soi que j'allais m'attendant à revenir les yeux quelque peu éblouis du spectacle auquel j'avais assisté. Par ailleurs, toujours à cette même époque, pour ce qu'on appelait la sortie des grands films, tout un matériel publicitaire accompagnait leur projection. Dans le hall du cinéma, grandeur nature, il y avait Loth, sa femme et ses filles et la méchante reine des deux cités.

Comme l'a justement fait remarquer notre ami DeLaNuit, le film a connu diverses versions selon les pays qui le diffusaient. Je ne cacherai pas non plus qu'à cette époque j'avais 18 ans et que… enfin… bref… sachant la vie menée par les hommes et les femmes de Sodome et Gomorrhe, j'allais aussi assister à un spectacle quelque peu torride avec déballage de poitrines largement dénudées pour n'évoquer que le haut des corps des vedettes et des figurantes, reprenant en cela dans ma pensée ce film en noir et blanc que j'avais vu quelques années plus tôt avec Fernandel dans lequel Pauline Carton déclame « L'orgie romaine ».

Or, ainsi que l'a dit justement la critique à l'époque : « Si ce que l'on voyait dans le film justifiait le courroux de Dieu et la destruction de Sodome et Gomorrhe, le châtiment infligé était bien dur ! » et il faut reconnaître aussi que l'explosion atomique apocalyptique qui ponctue le film comme dans L'Atlantide est bien loin du souffle de Dieu et que Stewart Granger est bien loin de Charlton Heston : L'Eternel livrera bataille pour nous ! Contemplez sa puissance ! Look ! This is the power of God.

C'est donc quelque peu déçu que j'étais rentré de ma vision du film d'autant qu'il faut aussi l'avouer : « à 18 ans, il y a beaucoup de choses de la vie que l'on ignore…" et, en fait, par son langage et ce qu'il dégage, ce film s'adresse plus à un public d'adultes avertis qu'à des adolescents libidineux.

Et c'est aussi ce qui se dégage des divers avis qui se sont succédés au fil de ce forum.

Pour moi, c'est certain, c'est un film à revoir avec un regard nouveau, loin de ces péplums dont le cinéma nous a abreuvés à une époque et parmi lesquels, sous des images simplistes, se cachaient des petits trésors subtils et où, aussi, et je pense au film Le colosse de Rhodes notre ami Sergio Leone peaufinait sa future carrière.

J'avoue n'être pas un inconditionnel d'Aldrich dont j'apprécie toujours autant avec quelques difficultés Les douze salopards loin, lui aussi, des épopées guerrières Hollywoodiennes…


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De DelaNuit, le 28 juillet 2009 à 21:50
Note du film : 5/6

Pour info, une bande dessinée vient de sortir aux éditions "Clair de Lune" sous le titre "Victor Hugo et l'affaire des filles de Loth" par G. Ramaïoli et J. Barthélémy. Tome 1 sur 2 paru : "Le sel de Sodome."

On y voit le fameux écrivain raconter à ses amis réunis (Alexandre Dumas, Lamartine, Musset, Sainte-Beuve, Flaubert, Baudelaire…) le roman qu'il a l'intention d'écrire pour "s'en prendre au Créateur" en "lui retournant ses propres écrits, citer sa Bible dans ce qu'elle a de plus cynique, amoral, immoral !" Il s'agit en effet de la liaison adultère des filles de Loth avec leur père après la destruction des deux cités pécheresses (ce que le film se garde bien de nous montrer).

Les images et les personnages s'inspirent particulièrement de ce Sodome et Gomorrhe d'Aldrich et Leone… Tout en ajoutant bien sûr d'autres éléments. Mais il est impossible que le scénariste n'ait pas vu ce film, et sans doute fantasmé dessus… Comme quoi, les oeuvres de cinéma peuvent servir l'inspiration d'autres auteurs…

Mais au fait, "S & G" n'existent toujours pas en dvd ! ! !


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De Arca1943, le 29 juillet 2009 à 04:17

« S & G" n'existent toujours pas en dvd »

Incroyable, alors qu'il y a dedans Pier Angeli et Rossana Podesta ! Si cette dernière a encore sa dégaine de La Red, le courroux divin se justifiera quand même un petit peu.


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De DelaNuit, le 30 juillet 2009 à 23:08
Note du film : 5/6

Rossana Podesta s'y promène en tunique antique (elle joue l'une des filles de Loth) moulant avantageusement ses formes… (comme dans Hélène de Troie) et oublie l'austérité de son peuple dans les bras luxurieux du frère cruel de la reine de S & G, Stanley Baker.


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