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Forum : Manon des sources

Sujet : Quelle saveur ! Quel piquant !


De jour, le 19 août 2005 à 17:33

Même si ce n'est pas le meilleur film de Pagnol, la savoureuse galerie de portraits des "indigènes" durant l'inoubliable procès de la première partie, mérite à elle seule de figurer parmi les petits trésors du cinéma français.

Et comme tous les trésors, on aimerait, quand on le souhaite, pouvoir en faire ressurgir la magie. Je vote bien sûr pour une (ré)édition de ce film en DVD.

Amoureusement et impatiemment vôtre !


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De Impétueux, le 19 août 2005 à 17:51
Note du film : 4/6

A dire le vrai, Pagnol a déjà un peu perdu la main lorsqu'il réalise cette Manon des sources et il ne la retrouvera jamais vraiment. Ses chefs-d'œuvre absolus sont derrière lui : les interprètes de la grande époque sont morts, ou ont vieilli, l'innovation des décors naturels ne donne plus le même effet de grand air, les histoires sont sans doute un peu trop compliquées, ou moins attachantes que les merveilleux mélodrames d'auparavant.

Mais il reste un sens et un goût extraordinaire de l'âme provençale, une galerie de personnages secondaires qu'on ne retrouvera jamais (Charles Blavette, Edouard Delmont, Rellys, Robert Vattier, Milly Mathis) et une Manon somptueusement belle, Jacqueline Pagnol, femme de l'heureux auteur, sûrement moins bonne actrice, mais bien plus sauvage et authentique que l'a été, plus de trente ans après, Emmanuelle Béart.

Car ce film, de second rang dans l'œuvre de Pagnol, trouve un extraordinaire éclat lorsqu'on le met en regard du pauvre Manon des sources de l'ininspiré Claude Berri… (voir les échanges là-dessus !)

L'édition DVD est impeccable ; un peu chère, mais impeccable, vraiment.


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De La provençale de l'Est, le 22 décembre 2005 à 15:47

Dès sa sortie en DVD je me suis précipitée pour avoir la nouvelle version de la trilogie.

L'année suivante je me suis précipitée pour avoir la version, toujours en DVD, de La fille du puisatier et Manon des sources et Ugolin.

Cette année après plusieurs demandes, on m'a annoncé que la CMF n'avait rien sorti ! Je m'attendais à trouver Regain ou Le Schpountz, ou Topaze.

Bref je pensais que chaque année j'en retrouverais au moins 3. Pourquoi ne plus rien faire ? J'avoue que je suis très triste. je m'étais tellement réjouie, et les bonus étaient tellement intéressants !

J'espère de tout coeur que vous allez faire un petit effort, Merci beaucoup, Pensez à tous les fans de Marcel Pagnol qui viennent lui rendre visite chaque année en Provence.


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De Impétueux, le 23 décembre 2005 à 15:28
Note du film : 4/6

Je partage votre affliction : trois titres (ou plutôt trois séries), c'est trop peu, d'autant que ces éditions, au contraire de tant d'autres, servent remarquablement celui qu'elles éditent, et que les mânes de Pagnol doivent se sentir agréablement chatouillées d'être mieux soutenues que…Guitry, par exemple…

Cela étant, outre que ces coffrets sont chers, je crains qu'ils ne soient pas de grands succès commerciaux, d'autant que les télévisions savent périodiquement ressortir et diffuser les grands succès, ceux que vous citez d'ailleurs, Le Schpountz ou Topaze, mais aussi Regain ou La femme du boulanger

En revanche sont bien rares les diffusions d'Angèle ou des Lettres de mon moulin

Mais je suis tout de même persuadé que les courageux éditeurs de la CMF vont se remettre à l'ouvrage : nous lire les encouragera !!!


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De benja, le 28 janvier 2007 à 11:57
Note du film : 4/6

Rien à redire à l'analyse livrée par Impétueux, c'est indéniablement moins bon que Marius ou La Fille Du Puisatier

On y trouve quand même, un morceau d'anthologie digne de "la partie de cartes" de la trilogie, il s'agit du désopilant "jeu du poil" avec l'excellent Robert Vattier (alias Monsieur Brun) en lointain cousin du professeur Tournesol…
Poils aux guibolles!


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De Impétueux, le 6 février 2014 à 18:26
Note du film : 4/6

Il est probable que beaucoup de spectateurs conservent encore en tête le lourd diptyque de Claude Berri, qui date pourtant déjà de près de trente ans (1986) mais qui doit, il est vrai, repasser de temps à autre à la télévision. Grand succès public, dû à des images lumineuses et bien léchées d'une Provence qui sait mieux que personne faire la belle, quand on la prend comme ça, à deux acteurs, Montand et Auteuil, au sommet de leur notoriété et aux premières découvertes des ravissantes fesses d'Emmanuelle Béart, qui deviendraient, au fil des ans avec son soutien aux immigrés délinquants, sa marque de fabrique.

Berri réalisait, en fait, L'eau des collines, un couple de deux romans Jean de Florette et Manon des sources, que Pagnol avait écrit en 1953, après avoir réalisé son propre film qui, pour une fois, était une œuvre totalement originale, non une retranscription de théâtre ou une adaptation d'un autre écrivain. Sans doute amusé ou intrigué par ses personnages il en développait certains, mettait du pathétique, un peu de mélodramatique, des couleurs plus contrastées.

Naturellement, sa merveilleuse roublardise tendait un piège, dans lequel le pauvre Berri qui ne manquait pourtant pas lui même d'habileté s'est totalement englué : en gros, on sait d'emblée qui sont les méchants et on les déteste bien tout de suite.

Revenons donc à la seule Manon des sources qui mérite ce titre et qui a été magnifiquement éditée par la Compagnie méditerranéenne de films dans le format, pour chacun des deux éléments d'environ 115 minutes chacun, ce qui avait rebuté les producteurs et avait contraint Pagnol à opérer des coupures dans la deuxièmes partie, en abîmant le rythme et l'esprit. Sommairement parlant, la version Pagnol-cinéaste procède à l'inverse de la version romanesque, à quoi s'est attaché Berri : on n'est pas dans un monde tragique, plein de silence, de haines recuites, de jalousies immémoriales, d'histoires de famille compliquées et sanglantes mais dans la joyeuse gaieté truculente de la galéjade où l'on boit le pastis à tout moment de la journée sur la placette ombrée de platanes dans la tranquillité harmonieuse de la fontaine.

Comme tous ces braves gens, le boucher, le boulanger, le fontainier, le forgeron, le maire-bistrotier sont pleins d'esprit, et au pis, de verve, sont drôles, sympathiques, qu'ils nous dispensent de ces scènes d'anthologie dont Pagnol a toujours été le grand maître (admirable personnage de l'ancien clerc de notaire Belloiseau/Robert Vattier, le M. Brun de la Trilogie), on se les prend en affection, on s'y attache, on prend à peine garde combien ils sont en fait jobastres, satisfaits d'eux-mêmes, indifférents aux peines des autres, capables de presque tout, sauf en tout cas de faire le moindre bien, comme le leur dit assez joliment le brave curé Henri Vilbert, lors d'un de ses sermons imagés.

Et c'est là une des règles les plus intelligentes qui se puissent : faire s'attacher le spectateur à un individu ou à un groupe avant, en renversant la caméra, si je puis dire, de les montrer, de le montrer sous l'angle de la mesquine petite saleté banale, ordinaire, tellement semblable à ce que nous pouvons être nous-mêmes (exemple type : Lello Maschetti – Ugo Tognazzi, dans Mes chers amis, dont on ne découvre l'ignominie qu'après qu'on l'a adopté et qu'on ne peut plus le rejeter).

Manon des sources souffre toutefois d'un un double gros handicap : la minceur de l'anecdote, qui ne justifiait sûrement pas quatre heures de film ; et surtout Jacqueline Pagnol, belle fille pleine d'allure et d'une certaine étrangeté, mais qui ne parvient pas (pas plus qu'Orane Demazis et moins bien que Josette Day, qui fut sans doute la moins mauvaise), à porter les mots de Pagnol, qui aimait trop les femmes pour les servir bien (Guitry a pourtant réussi ça, non ?)


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