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Sujet : Et si le héros se trompait de cibles ?


De PM Jarriq, le 13 janvier 2005 à 08:48
Note du film : 5/6

C'est la fête au western, ce début 2005 ! "Bravados" sans être réellement un classique du genre, explore une facette du thème de la vedetta qu'on n'avait jamais visitée : et si le héros se trompait de cibles ? Un thème vraiment passionnant, qui aurait mérité des acteurs moins rigides que Peck ou Joan Collins, qui plombent un peu le film. Par contre, grand cast de seconds rôles avec Lee Van Cleef, Henry Silva et Stephen Boyd. Espérons que l'édition DVD sera à la hauteur du souvenir qu'on garde de ce western puissant.


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De jack, le 25 janvier 2005 à 21:00

Trés beau western ! note 10 sur 10

De nombreux clients désirent l'acheter !


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De PM Jarriq, le 25 juin 2005 à 17:06
Note du film : 5/6

Nulle déception à la revision de ce bijou du western "psychologique", mais quelques détails qui sautent aux yeux et replacent le film dans l'Histoire du genre et lui donnent toute son importance.

Rigide, impassible, taciturne, le vengeur incarné par Gregory Peck annonce clairement le Clint Eastwood de "Pendez-les haut et court", par exemple et plus largement, les héros désincarnés voire déshumanisés du western italien. L'acteur campe ce personnage peu sympathique sans tricher, sans tenter de l'excuser : il est bien plus inquiétant que les individus qu'il pourchasse, des voyous bestiaux et stupides, mais au moins animés d'émotions humaines. Autre indice intéressant : avant de tuer ses proies, Peck leur met sous le nez la montre avec à l'intérieur la photo de sa femme défunte. Le premier fugitif qu'il abat après ce cérémonial n'est autre que Lee Van Cleef. Ce même Van Cleef fera exactement la même chose dans "Et pour quelques dollars de plus" sept ans plus tard. De là à s'imaginer que Sergio Leone a casté l'acteur en colonel Mortimer, grâce à "Bravados", il n'y a qu'un pas. Cela fait penser à l'harmonica de Charles Bronson dans "Vera Cruz", que l'on retrouvera tel quel dans "Il était une fois dans l'Ouest".

Le thème de la vengeance, si généralement justifiée et encouragée par des décennies de westerns, est complètement démonté dans "Bravados" avec une lucidité et une intelligence rares. A la fin de l'histoire, l'Indien Henry Silva se révèle humain, magnanime, alors que celui qu'on est censé considérer comme un héros s'avère un individu violent (il abat Parral comme un chien, alors que l'homme le supplie à genoux), irresponsable (l'abandon de sa fillette), aveuglé par la haine. Son repentir final aurpès du prêtre, tout prêt à l'absoudre, ne résoud rien et laisse sur une note amère. Oui, aucun doute, "Bravados" est vraiment un film passionnant.


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De droudrou, le 19 novembre 2006 à 09:39
Note du film : 5/6

PM Jarriq, le 25 juin 2005 à 17:06 Note du film : 5/6 – PM Jarriq, tu parles bien. Tu m'a évité un gros effort rédactionnel qui m'évite de redire ce que tu as déjà très bien dit. Je ne connaissais pas, j'ai découvert. C'est un beau film de Henry King. La fin nous laisserait sur notre faim mais il n'y a rien d'autre à imaginer. Il est allé jusqu'au bout. Il a fait le boulot qui ne lui était pas demandé. Il a un poids à porter. Ce serait peut-être un autre sujet de réflexion et de réalisation mais qui nous ferait sortir du cadre classique du western.

J'ai apprécié.


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De droudrou, le 6 juillet 2008 à 14:39
Note du film : 5/6

Je viens de revoir le film. Certes, il est différent mais je ne saurais dire pourquoi l'ambiance peut-être, désabusée (?) : il me fait songer au film Le cavalier noir qui sortira un peu plus tard…


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De vincentp, le 14 décembre 2008 à 20:36
Note du film : Chef-d'Oeuvre

6/6. Remarquable western de Henry King (on parle peu aujourd'hui de ce cinéaste, bien qu'il ait réalisé toute une série de films très intéressants). Comme le héros de L'homme de l'ouest de Anthony Mann, flm sorti la même année que Bravados (1958), le personnage principal campé par Gregory Peck témoigne de la fin naissante du mythe du justicier bon et sans reproche, la fin d'une conception idéalisée du western également.

Le western classique tire alors ses dernières cartouches, vidé progressivement de sa substance originelle par une prise de conscience émergente : la construction de la nation américaine vers l'ouest s'est faite dans la violence, via un génocide, au mépris des valeurs les plus humanistes ou chrétiennes. Tel est le sens de Bravados. Mais la crise économique des studios américains du début des années soixante, concurrencés par la télévision, va participer aussi au déclin du genre, en n'assurant plus le renouvellement des auteurs, interprêtes, techniciens, décors. La production en quantité et en qualité des westerns va bientôt dégringoler et le western américain qui tient le haut de l'affiche depuis le début des années quarante va céder la place au box-office au western spaghetti italien -pour une décennie-, également à quelques opus américains plus politisés vers la fin des années soixante, avant d'être réinventé parcimonieusement par Clint Eastwood ou d'autres, lors des décennies suivantes.

Soulignons la qualité de la photographie (lumière, cadrages) de Bravados qui tire le meilleur parti du cadre naturel -splendide de l'Arizona-, et qui nous propulse physiquement au coeur de cette intrigue âpre et douloureuse, dépassant le simple contexte de l'ouest américain.


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De vincentp, le 11 janvier 2015 à 23:29
Note du film : Chef-d'Oeuvre



Cet avis de 2008 publié ci-dessus est revu à la hausse… Difficile en réalité de commenter Bravados, ou de trouver des défauts à cette oeuvre, tellement ses qualités artistiques sont nombreuses et élevées. La musique de Lionel Newman, n'est-elle pas un peu pompier par moments ? Les chœurs d'église, extrêmement bien utilisés, donnent une ampleur dramatique et lyrique au sujet. On peut douter de la possibilité pour une petite ville frontalière de disposer d'un tel choeur (quarante enfants à la voix haut perché, de mémoire)… mais cette invraisemblance passe comme une lettre à la poste. Les aspects sonores, simples et extrêmement élaborés (caquètement des poules) installent une ambiance et creusent la thématique du récit. De curieux grincements se font l'écho des pensées sombres et torturées du personnage principal agenouillé dans l'église, lors du final. On les entend bien avec un casque sur les oreilles… Gregory Peck, acteur hors-norme, est impeccablement dirigé, dans ce rôle du vengeur barge et névrosé (roulement des yeux inquiétants, postures physiques inappropriées au milieu d'un groupe…).



Une mise en scène étourdissante de Henry King, avec son complice Leon Shamroy à la photographie. Suivi au plus près des déplacements physiques des personnages à pied ou à cheval, qu'ils soient lents ou très rapides. Utilisation exceptionnelle des prises de vue subjectives représentant la perception mentale des poursuivants, à l’affût du hors-la-loi caché dans les herbes… Les gros plans répétés sur la pierre dans la cellule créent un effet de surprise et de tension dramatique. Toute la panoplie de la mise en scène est utilisée sans une faille, au service du récit. La photographie de Leon Shamroy est sans doute une des plus belles vues dans un western. Les images toutes plus magnifiques les unes que les autres, en extérieurs ou intérieurs, se succèdent, exerçant un effet esthétique, prolongeant les idées du récit. La gestion de la lumière et de la couleur est sublime. Une gestion parfaite des aspects temps et espace, et des émotions du spectateur. Des dialogues et un scénario parfait de Philip Yordan… Une superbe réussite cinématographique, tout simplement.



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