Forum - Coups de feu dans la Sierra - Chef d'oeuvre crépusculaire
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Forum : Coups de feu dans la Sierra

Sujet : Chef d'oeuvre crépusculaire


De Moonfleet, le 27 mai 2003 à 10:27

Personnellement, je pense que Peckinpah n'a pas fait mieux par la suite que ce chef d'oeuvre automnal. Un western déjà cru et réaliste mais en même temps profondément poignant.


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De Jarriq, le 27 mai 2003 à 11:27

J'ai un gros faible pour "Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia", mais "Coups de feu dans la sierra" est un film poignant, qui mérite d'être vu de façon optimale.


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De iwanbm, le 26 juillet 2003 à 17:52
Note du film : 5/6

Nous souhaitons l'édition de ce film en DVD zone 2.


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De domweb, le 10 juin 2005 à 08:57
Note du film : 5/6

Bon western à éditer en DVD.


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De vincentp, le 8 juillet 2005 à 22:19
Note du film : Chef-d'Oeuvre

A rééditer, bien sûr !


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De Impétueux, le 6 janvier 2007 à 18:17
Note du film : 4/6

J'ai eu bien du plaisir en découvrant ce western que je n'avais jamais vu et qui m'a retenu, alors que je ne suis d'ordinaire guère amateur du genre !!!

Mais il est vrai que Peckinpah, il me semble, n'est pas très typique et que ses histoires sont presque davantage grecques qu'étasuniennes ! Si l'on ressent presque physiquement la fraîcheur des montagnes de l’Oregon plutôt que le souffle chaud des collines d'Attique, on n'est pas loin de voir surgir de derrière un buisson les dieux primaires…

La sauvagerie de ces chercheurs d'or, leur veulerie, leur crasse me semblent en tout cas plus sûrement dépeintes que dans les films de l'âge d'or du genre…

La musique est superbe et la fin, belle comme l'Antique…


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De vincentp, le 6 janvier 2007 à 19:17
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Il est clair que ce film (et l'oeuvre à venir de Peckinpah) est le prolongement des westerns de Antony Mann et de Borden Chase, avec ces héros angoissés, qui se retrouvent mêlés à une tragédie familiale, à laquelle se greffe un ton à la fois nostalgique et lyrique. Il faut revoir Je suis un aventurier, L'homme de la plaine, L'appât et son aboutissement L'homme de l'ouest : un héros vieillissant, fatigué, déphasé dans un univers en évolution. Le mariage dans le campement de Coups de feu dans la sierra rappelle également certaines scènes urbaines (de beuverie) de Je suis un aventurier. Autre influence évidente de Peckinpah : celle de Boetticher (dont il est grand temps de rééditer les grandes réussites).

Impétueux, si vous redécouvrez le western sous cet angle, vous verrez Derrière la façade de l'ouest américain : des tragédies, des drames, des histoires romantiques, des épopées, des paraboles sur la guerre du Vietnam…


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De droudrou, le 9 janvier 2007 à 14:06

Puisque nous sommes en période de voeux, Vincentp, nous nous associons : fin 2007 Impétueux ne jure plus que par le cinéma japonais…

Tandis que nous sommes sur un sacré western qui fait l'unanimité de ceux qui l'ont vu, effectivement, dans le genre : Bud Boeticher ! Sacré bonhomme qu'on devrait quelque peu réhabiliter. Le western a connu de sacrés pros…


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De Impétueux, le 4 juillet 2015 à 18:39
Note du film : 4/6

J'enfonce évidemment des portes ouvertes en indiquant que dès son premier film notable, Sam Peckinpah marque déjà sa fascination pour la décadence du mythique Ouest étasunien, démythification entraînée par le passage du temps et l'irruption de la modernité, mais aussi, évidemment démystification de ses valeurs, réelles ou prétendues. Tout cela culminera dans La horde sauvage et dans Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia !, les mitrailleuses et les avions faisant irruption dans un paysage jusqu'alors dominé par le Colt, la Winchester et le cheval.

Que Coups de feu dans la sierra, d'ailleurs, commence par la scène incongrue où Steve Judd (Joel McCréa), tout de rectitude morale et de fidélité aux traditions presque chevaleresques, se voit, comme une survivance du passé, repoussé de l'espace par une course folle dominée par un dromadaire et dont ferme la marche une voiture automobile va tout à fait dans ce sens. Et la scène suivante, c'est celle des retrouvailles entre Steve et son vieux copain Gil Westrum (Randolph Scott), grimé en Buffalo Bill, hommage dérisoire aux figures du Far-West d'antan…

De toute façon, dans Coups de feu dans la sierra, rien n'est plus comme avant, les références bibliques ne sont employées que par ceux qui vont se faire dézinguer, le fermier Knudsen (R.G. Armstrong ) et Steve Judd, la jeune héroïne Elsa (Mariette Hartley) serait volontiers mise en commun, dès son mariage avec Billy Hammond (James Drury) par les quatre frères du jeune époux et même la mine d'or s'épuise et, au lieu de rapporter les 250 000 $ prévus n'en offre qu'à peine plus de 10 000…

Au fait, Sam Peckinpah, quelques années avant Sergio Leone, de qui on date généralement l'irruption sur les écrans des mentons râpeux et des ponchos luisants de crasse commence là à présenter des personnages qui vivent dans la saleté et la puanteur. L'arrivée de la petite troupe menée par Judd/McCréa au village minier de Coarsegold est bien claire : un seau d'immondices est balancé dans les pattes des chevaux et tout autour, il n'y a plus la haute stature ses sapins et des mélèzes, mais une sorte de terre ravagée, abîmée, boursoufflée de sanies…

La trame de l'intrigue est assez classique, un peu trop semblable à celle de nombre des westerns plus classiques ; comme dans Rio Bravo, à côté de la belle figure du héros positif (John Wayne/Joel McCrea), il y a un adjoint incertain, alcoolique ici (Dean Martin), indélicat là (Randolph Scott) et un pied-tendre qui va apprendre la vie et hériter les valeurs du héros (Ricky Nelson/Ron Starr). On demeure donc un peu trop dans le schéma habituel alors qu'on aurait pu aller davantage gratter du côté des immondes frères Hammond, aussi répugnants que le sont les familles horrifiques et dégénérées de Massacre à la tronçonneuse, La colline a des yeux ou The Devil's Rejects

Contrairement à d'autres amateurs, je trouve que Coups de feu dans la sierra est plutôt une esquisse, une ébauche de ce que seront, quelques années plus tard, les grands films de Peckinpah ; mais qu'il vaut d'être vu en soi, indépendamment de ce qu'on sait être la carrière d'un grand dynamiteur du cinéma mondial.


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De vincentp, le 9 octobre 2015 à 22:06
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Revu aujourd'hui sur grand écran dans le cadre de la rétrospective consacrée à Sam Peckinpah. Le récit baigne dans les couleurs automnales (tons orangées et dorées) de Inyo National Forest (Est de la Californie). Les deux personnages principaux sont à l'automne de leur existence. La jeune fille rousse en fleur ajoute un trait complémentaire au tableau. La lumière, la beauté du site confèrent à cet automne conjugué des paysages et des personnages, un caractère majestueux. Par le choix des plans, Scott et Mc Crea se fondent dans le paysage, tutoient les cieux, fusionnent avec la terre. Le camp de mineurs accueille quant à lui le négatif de ce tableau : une sinistre galerie de personnages (le négatif également d'un western ou film urbain de John Ford, tel Le soleil brille pour tout le monde). La palme revient sans doute au juge veule qui a établi ses quartiers au bordel…

La voie à suivre n'est pas celle engagée par les banquiers apeurés, le fermier bigot, les chercheurs d'or dégénérés. Elle est un mixte des voies parallèles empruntées avec difficulté par les trois cow-boys et leur compagne, reposant sur des principes et des vertus tels que Action, Courage, Amitié, Mise en pratique pragmatique d'éléments provenant de la bible, Acceptation des lois naturelles de la nature… Le casting de Ride the high country est parfait (jusqu'aux moindres seconds rôles, tous mis en valeur). Finesse de la direction d'acteurs (les visages très expressifs de Mc Crea et de Scott, tout particulièrement lors du final). La forme du film, sobre -à l'image de la musique discrète-, est magnifique (superbe gestion du temps et de l'espace…). Il s'agit évidemment d'un film plus-que-parfait, très impressionnant par ses qualités artistiques, et aussi l'un des meilleurs films américains…


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