Forum - La Horde sauvage - Crépuscule et nuit noire
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Sujet : Crépuscule et nuit noire


De Pigeon Lane, le 27 mai 2003 à 10:03

Un des films les plus populaires de l'Histoire, qui n'existe qu'en zone 1, en 4/3 et sur deux faces ! Etrange aberration… Si un film mérite un vrai traitement royal, c'est bien "Wild Bunch", oeuvre fondatrice dont l'influence est encore ressentie aujourd'hui. Je vote pour un disque double et vite, car les survivants (Borgnine, L.Q. Jones, Jaime Fernandez) commencent à se faire rares. Et vieux !


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De spontex, le 27 mai 2003 à 15:58
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Widescreen letterbox n'est pas incompatible avec 4/3 !

4/3 signifie juste "non-anamorphic".

je vais t'envoyer réviser, moi… :-)


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De Impétueux, le 28 septembre 2004 à 10:50
Note du film : 6/6

Admirable western crépusculaire ! Distribution remarquable, beauté plastique. Fin et couronnement d'un genre !


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De PM Jarriq, le 28 septembre 2004 à 12:42
Note du film : 6/6

Il semble que la Warner prépare une sortie de quelques Peckinpah, parmi lesquels "La horde sauvage" enfin en 16/9 et remastérisé et l'admirable "Pat Garrett et Billy the kid" dans sa version "director's cut". Il était temps…


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De vincentp, le 11 février 2005 à 21:27
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Découpage, photographie, casting particulièrement réussis. Il faut mettre le paquet sur Pechinpah en DVD !


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De verdun, le 14 février 2005 à 22:36
Note du film : 6/6

je vote également pour une réédition dvd de ce classique.

Néanmoins,je dois avouer que ce film m'a beaucoup moins enthousiasmé que certains autres films du grand Sam.Je trouve que "coups de feu dans la Sierra est 100 fois plus émouvant,je trouve que "croix de fer" est beaucoup plus haletant,percutant et fort.

Cet avis risque de faire grincer des dents mais c'est oublier d'autres avis encore plus tièdes encore(celui de Christian Viviani dans son bel ouvrage sur "le western",par exemple).

Je suis cependant susceptible de changer d'avis si je revois le film dans de bonnes conditions.


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De PM Jarriq, le 27 février 2005 à 10:47
Note du film : 6/6

A revoir "Wild bunch" aujourd'hui, on se rend compte du culot (ou de l'inconscience ?) qu'il a fallu à Peckinpah pour présenter – sous couvert de western façon "Les professionnels" – des "héros" vieillissants, alcooliques, sans foi ni loi, capables de tuer des femmes sans ciller, d'achever des amis blessés, de trahir un quasi frère pour sauver sa peau (le magnifique personnage de Robert Ryan). L'unique acte "héroïque" que la bande de Pike accomplit (sauver Angel), elle le justifie par un simple "Pourquoi pas ?". Les traits abimés par l'alcool, ventripotent, un pied déjà dans la tombe, William Holden crée le héros le plus improbable de l'histoire de western U.S., traînant derrière lui une bande de brutes débiles mentales (Warren Oates) ou bêtement sadiques (Ben Johnson). Ne parlons même pas de la bande de Ryan, véritable ménagerie de fous furieux charognards.

La vision de l'humanité que propose Peckinpah est noire, d'une amertume terrible et les rares instants lumineux surviennent là où on ne les attend pas : le cruel général Mapache échangeant un salut avec un gamin admiratif, une pudique déclaration d'amitié de Borgnine à Holden autour d'un feu de camp. S'il est un film du réalisateur qui mérite une édition DVD définitive, c'est bien "Wild bunch", car ce chef-d'oeuvre inconfortable n'a pas fini de produire des secousses.


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De Arca1943, le 27 février 2005 à 18:31

« En revanche, considéré comme un chef d'oeuvre absolu par JM Causse (cinémas actions), et par d'autres cinéastes inspirés… »

En règle générale, j'accorde plus d'importance à l'opinion des cinéastes qu'à celle des critiques.

À mes yeux de spectateur, une des caractéristiques les plus frappantes de ce western épique est l'anachronisme. Ça commence à faire longtemps que j'ai vu ce film. Mais le moment qui reste gravé dans ma mémoire avec la plus grande netteté, c'est ce détail de l'avion qui passe au-dessus de la horde à cheval. On est en 1913 !?! La bande de Pike a sévi jusqu'à la veille de la Première guerre mondiale !?! C'est dingue. Ma parole, c'est un western situé à une époque où les tout premiers westerns sont déjà tournés !

La première fois que j'ai vu ce film, son aspect crépusculaire m'a beaucoup frappé et a certainement contribué à me le rendre passionnant.


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De verdun, le 28 février 2005 à 20:59
Note du film : 6/6

S'il y a un film de Peckinpah qui exprime la fin d'un monde et la fin du western classique, c'est bien "coups de feu dans la Sierra" avec ses héros vieillissants et qui s'autoparodient (Randolph Scott grimé en pseudo Buffalo Bill de kermesse) et des détails encore plus fous que dans la "horde savage" comme la course de chameaux du début(!) et d'autres éléments baroques qui s'avèrent en fait réalistes.

S'il y a un film de Peckinpah qui met en scène des antihéros gâteux et dégénérés, c'est bien "coups de feu dans la Sierra" : la fin est poignante,désespérée et surtout abrupte,ouverte. Les rapports entre Scott et Mac Crea sont extrêmement riches et ambigus.

S'il y a bien un film de Peckinpah réussi sur le plan plastique,c'est l'automnal "coups de feu dans la Sierra"  – et quelle musique !

S'il y a bien un chef-d'oeuvre absolu de Peckinpah,c'est "coups de feu dans la Sierra" !

 

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De Impétueux, le 3 mai 2005 à 10:57
Note du film : 6/6

C'est précisément ce qui m'a marqué et séduit lorsque j'ai vu le film à sa sortie (et je n'ai plus jamais eu l'occasion, ensuite, de le revoir) : cette cassure des codes, qui ne permettait aucune identification, aucun happy end, aucune lumière ; les hommes mouraient comme bien plus à l'Est, en Europe, le monde stable d'avant 14 allait mourir ; pas de rédemption, pas d'espérance, pas de bonté, pas de tendresse.

Je suis persuadé que lorsque le film sera édité, je retrouverai cette impression désespérante et magnifique.


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De vincentp, le 25 septembre 2005 à 22:32
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Film sabré également dans "50 ans du cinéma américain" de Tavernier et Coursodon pour qui le propos est "faible et vide". Idem pour Jacques Loucelles ("dictionnaire du cinéma") pour qui le film pourrait "être diminué de moitié sans que cela nuise quelque-chose au propos".

En revanche, considéré comme un chef d'oeuvre absolu par le très méritant JM Causse (ex-cinémas Actions) -qui mériterait la légion d'honneur pour son action parfois désintéressée en faveur du cinéma d'auteur-, et par d'autres cinéastes inspirés, qui le voient comme LE film qui remet en question les valeurs traditionnelles véhiculées par Hollywood depuis la nuit des temps, et qui ouvre la voie au nouvel Hollywood (Coppola, Scorcese).

Il est intéressant de comparer les différences d'appréciation entre Ford et Pechinpah au travers de l'utilisation de la chanson "shall we gather at the river" ( la Prisonnière du désert / la Horde sauvage).

Pour Ford, cette chanson cimente la communauté des pionniers, alors que pour Peckinpah, elle symbolise au contraire la bassesse et la bêtise des pionniers bigots et est génératrice de chaos au sein de cette même communauté.

Un film passionnant à analyser en tout cas, qui présente, il faut le remarquer, de nombreuses analogies avec "la prisonnière du désert", film qui constitue déjà en soi une remise en cause des codes traditionnels du western. Ainsi, la poursuite qui s'engage dans ces deux films, avec à la tête de chacun des groupes des personnages similaires (bornés, et repliés sur leur passé); cette poursuite qui se poursuit au Mexique avec un face à face brutal. Dans la Horde sauvage, le fils d'un truand, un peu dérangé, fait écho au Martin Pawley de Ford…


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De L'Gé, le 3 octobre 2005 à 15:48

Pike: Let's go.

Lyle: Why not!?

  • The End –

La fin d'un monde…

Il nous faudrait un nouveau grand Sam qui dénonce le retour d l'idéologie guerrière ….

Trés grand film !!!!!!!!!!!!!!


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De droudrou, le 26 avril 2006 à 18:51
Note du film : 6/6

Eh tous ! Vous avez vu qu'il est enfin annoncé troisième décade de juin ! Et en collector !176_1


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De vincentp, le 31 mai 2006 à 21:42
Note du film : Chef-d'Oeuvre

La revue Panic de avril-Mai 2006 (n°3) propose une compilation d'interviews de Peckinpah, concernant notamment la horde sauvage et Major Dundee, ainsi que des éléments d'analyse de son oeuvre.

Extrait d'une interview accordée en 1972 à Playboy (à propos des mutilations subies par Major Dundee) et reprise dans Panic  : "un réalisateur doit se confronter à un monde foumillant de médiocrité, formé de chacals, parasites-de véritables tueurs. Le contact avec ces gens est terrorisant. Ca peut vraiment tuer un homme. On dit qu'ils peuvent te tuer mais pas te manger. C'est n'importe quoi. Je les ai vus essayer de me manger alors que je marchais encore."

Autre interview publiée dans Panic, celle de Walon Green, co-scénariste de la horde sauvage (entre autres). Beaucoup d'anecdotes intéressantes, qui permettent de mieux comprendre les intentions des auteurs du film. Pour la petite histoire, on apprend que Emilio Fernandez qui joue le personnage "Mapache", et qui fut également réalisateur (voir fiche), a un jour, tiré sur son producteur lors d'un tournage…

De véritables rebelles, qui ont accouché d'un grand film !


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De droudrou, le 29 juin 2006 à 17:02
Note du film : 6/6

Scènes coupées au montage : par rapport à Retour à Cold Mountain elles n'apportent strictement rien au film. Pour moi qui suis un maniaque des versions non tronquées, je dirai qu'ici (vulgairement) "on s'en fiche".


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De Impétueux, le 26 août 2006 à 23:59
Note du film : 6/6

Après avoir revu pour la première un film qui m'avait si durablement marqué, il y a trente cinq ans que plusieurs de ses scènes étaient restées très présentes, je revalorise ma note : le 5 ne suffit pas !

Tout a été excellement dit par PMJarriq dans ses messages ; qu'ajouter sans paraphraser ? Peut-être simplement que Peckinpah réussit le miracle tout à la fois de ne jamais faire oublier que ses personnages (on peut difficilement écrire "ses héros", non ?) sont d'absolues et vides canailles et de nous en rapprocher presque jusqu'à l'identification.


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De vincentp, le 27 août 2006 à 20:32
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Concernant William Holden, particulièrement brillant effectivement dans ce film, ses meilleurs performances se situent probablement chez Billy Wilder : Sunset Boulevard, Stalag 17, Sabrina


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De PM Jarriq, le 28 août 2006 à 07:03
Note du film : 6/6

Il est également très bien dans le Breezy de Eastwood et dans Deux hommes dans l'Ouest et S.O.B. de Blake Edwards.


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De droudrou, le 8 septembre 2006 à 13:10
Note du film : 6/6

Histoire de vous titiller un peu, mon cher Impétueux, je croyais que vous n'aimiez pas les westerns… Si ce n'est pas "Orange Mécanique", pour le moins, il y a quelques séquences d'action de ce film où les éclaboussures d'hémoglobine laissent quelques traces… Là n'est pas mon propos.

C'est un film très particulier que cette "Horde Sauvage" qui, à mon sens, recèle nombre de symboles de notre civilisation.

S'il y a violence dans toute cette imagerie, elle existe dès le générique dans ces cavaliers qui remontent aux pas de leurs chevaux cette cité où il est question d'intolérance puisque "boire est contraire à toute religion" et que "des gamins s'amusent avec des scorpions avant de bouter le feu aux brindilles de l'arène où demeure le vainqueur d'un combat mortel". Voir des chasseurs de prime piaffer d'impatience pour toucher leur récompense n'a, dès lors, plus rien que de très banal avant que n'éclate le premier coup de feu. Ainsi, c'est l'ouverture de la tuerie puisque l'on en vient à tirer sur tout ce qui bouge et sur n'importe qui. Et, couronnement, une fois le calme revenu, les mêmes gamins s'amusent à mimer les scènes de carnage auxquelles nous avons assisté.

Quand vous citez l'instant où les 4 fripouillent vont récupérer Angel (ange ?…) on sait qu'il va se passer quelque chose mais, de fait, la grande question est de savoir s'ils ne vont vers leur destin en sachant que rien ne pourra les sauver même s'ils "sauvent" Angel. Je ne pense pas qu'ils croient en quelquechose. Leur long cheminement ne fait que renforcer une atmosphère de malaise. Moi, je me situe un peu avant quand au matin chacun se prépare, ces longs regards absents, que git sur le sol dans ses derniers moments ce petit oiseau avec lequel jouait la fille qui a été la compagne des acolytes de Pike pour la nuit.

Que la fusillade éclate ensuite, ponctuée par le staccato de la mitrailleuse et que sous un déluge de fer et de poussière les hommes tombent, ça n'a rien de bien extraordinaire. Que "El general" ait été tué après avoir égorgé Angel, les mecs n'en ont rien à foutre : ça fait partie du côté pessimiste de la vie.

Par contre, si on se souvient de la scène où un gamin fanfaronne au côté du Général, on sait que s'il n'a pas de descendance directe, pour le moins, certains seront prêts à le remplacer une fois devenus adultes.

Que le générique final nous entraîne à accompagner ces hommes qui se sont ris de la mort tandis que les vivants poursuivent la même cavalcade, on se doute bien que la "civilisation et son histoire" ne s'arrêtent pas là. Je pense que si l'on pouvait connaître les paroles du chant qui ponctue cette longue procession, on comprendrait certainement la dérision amère que Peckimpah laisse planer sur le sort de ses "héros".

Si l'histoire de l'Ouest connaît une fin, en réalité les choses ne sont pas finies : les armes modernes remplacent les armes anciennes, les véhicules remplacent les chevaux. Et dans cette histoire, les femmes comme les enfants participent allègrement à la tuerie.

Voilà ce que je voulais ajouter à ce grand film qui rejoint "Les professionnels" et "Il était une fois la révolution" mais en s'en démarquant par son style.


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De Impétueux, le 8 septembre 2006 à 16:34
Note du film : 6/6

Je n'ai pas pour le western l'attirance très forte qu'ont certains des habituels contributeurs de DVDToile (je puis citer les excellents PMJarriq et Vincentp), mais bon nombre comptent tout de même dans mon Panthéon (ma "liste immarcescible"), des plus classiques, comme La prisonnière du désert ou L'homme des vallées perdues aux plus baroques, comme Le trésor de la sierra Madre ou Il était une fois dans l'Ouest ; et même le kitchissime 3 amigos.

La horde sauvage me paraît un des plus remarquables chants du cygne du genre, après quoi il n'y a pas grand chose à dire sur une période close…

Mais par ailleurs vous en avez fort bien décrit la puissance…


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De droudrou, le 8 septembre 2006 à 17:25
Note du film : 6/6

Cher Impétueux – puisque nous pouvons en parler : il y a eu, néanmoins, après cette période "Danse avec les loups" qui aborde deux points intéressants de l'histoire l'amérique et de l'ouest américain, savoir : la guerre de Sécession et le massacre des indiens.

Si vous en avez l'occasion, je me suis offert un été "Guerre de Sécession". D'abord, j'ai lu la Trilogie de John Jakes consacrée à cette période et qui nous a donné une très bizarre série à la télé : "Nord et Sud" et je suis parti sur "En route vers sa destinée" (Young mister Lincoln de Ford), "Glory" et "Gods and Generals". Le premier opus, "Gettysburg", est malheureusement en zone 1. Assez intéressant pour comprendre certaines réactions américaines qui caractérisent notre "triste" époque. Tout ceci ne laisse pas de côté nos grands classiques, mais le mysticisme dont sont capables nos amis d'outre-Atlantique apparaît bien à la lecture et la vision de toutes ces données.

A votre liste que j'apprécie, j'ajoute "Rio Bravo" de Hawks, le superbe "Alamo" dans sa version longue de Wayne, et ce film de Ford, "Le fils du désert" avec Wayne et Amandariz.

Amitiés.

Pierre


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De Yacine, le 20 mars 2007 à 09:51
Note du film : 6/6

Sorti en même temps qu'Il était une fois dans l'Ouest, ce chef-d'œuvre vaut vraiment le détour. D'entrée jeu la course à la mort commence sur deux idées, des mômes mettant deux scorpions en joute. Et cette attaque de banque…

De plus un William Holden au sommet de sa carrière avec sans aucun doute son meilleur rôle.


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De PM Jarriq, le 20 mars 2007 à 10:15
Note du film : 6/6

En fait, ils ne font pas se combattre les scorpions entre eux : ils les donnent à dévorer aux fourmis. Ce qui présage ce qui va arriver à la bande de Bishop, à la fin du film…


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De vincentp, le 5 avril 2008 à 12:39
Note du film : Chef-d'Oeuvre

L'édition blu-ray de La horde sauvage, superbe, met en évidence la qualité de la photographie de Lucien Ballard. Une redécouverte !

A noter : une bizarrerie de matériel. Ce disque est un import des Etats-Unis, et est donc zoné. Mon lecteur (européen) le lit correctement, mais pas tout le temps…


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De droudrou, le 25 juillet 2008 à 07:28
Note du film : 6/6

Je viens de revoir La horde sauvage.

Beaucoup de choses ont été dites. Par contre, je n'ai pas vu d'avion survolant la bande… Dans Lawrence d'Arabie, oui ! Mais pas dans la Horde même s'ils sont évoqués…

J'ai pris connaissance des scènes (???) écartées au montage. J'ai surtout l'impression que l'éditeur a voulu faire du remplissage au niveau des suppléments.

Ce qui m'a surtout étonné dans ce film, c'est le nombre de scènes, de plans, sur lesquels apparaissent des enfants tant du côté Américain (quel mot) que du côté Mexicain. Ils observent tous le monde qui s'agite autour d'eux et qu'ils rejoindront un jour.

De fait, j'ai revu ce film dans la foulée des Magnificent seven. C'est assez amusant de pouvoir comparer l'ambiance des deux films dont l'un plonge dans la noirceur tandis que l'autre nous fait vivre au côté de "mauvais garçons" qui vont s'engager pour une cause où certains y laisseront leur peau.

D'un côté, la flamboyance du western traditionnel, de l'autre la fin de ce même monde et où les femmes n'ont qu'une présence lointaine. C'est amusant aussi cette scène des 7 mercenaires à la fin du film où Chico déboucle sa ceinture pour retrousser les manches et rejoindre les gens de la terre, ses origines…

9 années séparent ces deux films…


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De Freddie D., le 25 juillet 2008 à 09:03

En fait, on peut rapprocher La horde sauvage des Professionnels : un groupe d'hommes un peu "lessivés", partant en mission au Mexique. Disons que le film de Brooks donne une version "héroïque" et épique de la chose, alors que Peckinpah montre la réalité telle qu'elle est. Ou a pu être. De toute façon, deux grands films.


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De droudrou, le 25 juillet 2008 à 09:42
Note du film : 6/6

Pour ma part, quand je prends les images du générique de Les professionnels, avec elles tout est dit de la même façon d'ailleurs que le générique de La horde sauvage où ces arrêts sur images nous annoncent déjà la mort… Dans ces images de générique des Professionnels ce que j'adore ce sont ces instants quand Burt Lancaster en "pyjama" quitte précipitemment la chambre de la dame. Chacun est admirablement situé dans ses activités. Mais, néanmoins et foncièrement, les personnages des deux films sont très différents !


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De Freddie D., le 25 juillet 2008 à 10:24

C'est vrai. Mais ils sont aussi très différemment décrits. Brooks avec un certain optimisme, Peckinpah avec un désespoir noir.


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De fretyl, le 26 juillet 2008 à 02:51
Note du film : 5/6

Le film de Peckinpah que j'aimerais bien découvrir, même si je crois que les avis sont partagés est Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia je n'ai vu de ce film que la bande annonce qui est alléchante, je dois le dire mis à part La horde sauvage, ou Les chiens de paille et Guet-apens je n'ai pas vu grand chose de ce cinéaste.


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De droudrou, le 15 décembre 2008 à 19:43
Note du film : 6/6

Peut-être qu'entre-temps notre ami Frétyl aura complété sa filmographie à propos de Sam Peckimpah…

Je viens de revoir La Horde Sauvage et avoue m'être délecté avec cette nouvelle visitation.

Comme vous le noterez certainement, j'ai voté pour une réédition de ce film en DVD et cette demande de réédition n'est pas gratuite. Ainsi que chacun le sait, à l'origine, le film représentait une durée nettement plus importante que celle que nous connaissons. Le montage qui nous est proposé, tel quel se tient. Il y a quelques scènes choc qui nous tiennent en haleine et démontrent la maîtrise du réalisateur.

Mais, quand on regarde calmement le film, que l'on prend son temps pour le regarder, on s'aperçoit que dans l'action il existe quelques élipses et qu'en fait, ce sont celles-ci qui ont été laissées de côté au montage final et qui nous expliqueraient d'autant certaines situations qui nous sont présentées brut de brut. Je penserai fort que c'est effectivement le problème "durée du film" qui a influencé les choix mais je pense, surtout à la lumière de réalisations diverses présentées au format director's cut et ajoutant parfois entre une demi-heure et plus à la version de base qui nous a été donnée en pâture (je citerai sur cette même journée le film de Wolfgang Petersen "Troie" ou de Ridley Scott "Kingdom of Heaven") qu'une réédition complète serait très acceptable : elle ne supprimerait rien à cette violence à laquelle nous participons malgré nous, mais elle nous expliquerait beaucoup mieux cette évolution.

D'autre part, ce que j'ai noté, hors les gamins dans l'expression de leur violence, hors ces braves gens qui défilent pour bien nous faire sentir que l'alcool est contraire aux lois de Dieu (!!!) ce sont ces scènes de rire, de fou rire qui ponctuent l'action : les héros (!!!) défient la mort et renforcent une remarque que j'avais déjà faite à propos de ces chants mexicains dont il aurait fallu avoir une traduction au bas de l'écran.

Ce qui est dingue dans ce film c'est qu'on assiste aux funérailles de ses "héros" vivants.


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De PM Jarriq, le 15 décembre 2008 à 20:17
Note du film : 6/6

A priori, le montage visible sur les DVD récemment édités, est la version définitive de Peckinpah, celle qu'on a toujours pu voir en Europe. C'est aux U.S.A., qu'une version tronquée et expurgée a été exploitée en salles dans les années 70. Et c'est pour cette raison qu'il est toujours mentionné "director's cut" sur les jaquettes. Comme pour Blade runner, par exemple.

Mais pour nous, Français, rien de neuf sous le soleil.


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De droudrou, le 15 décembre 2008 à 20:20
Note du film : 6/6

Vi ? Tu suis sûr, PM Jarriq ? J'ai la même version qui nous est présentée, effectivement, comme la version définitive. Certes, sur le 2ème DVD, il y a quelques scènes supprimées mais qui ne sont pas tout ce qui a été supprimé. A l'origine, le film durait plus de 4 heures… Donc, histoire de passer une excellent soirée, regarde le film et observe bien… les 4 heures existaient réellement !


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De PM Jarriq, le 15 décembre 2008 à 20:24
Note du film : 6/6

Bien sûr, mais c'est Peckinpah lui-même qui les a sciemment coupées, pour obtenir une durée exploitable commercialement (pas de DVD, à l'époque !), un peu comme lorsque Fuller a coupé de moitié son beau Big Red One, partiellement réhabilité aujourd'hui.

Car toute scène coupée n'est pas forcément bonne à réintégrer, comme le prouvent les remontages dommageables de Last of the Mohicans ou Outrages.


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De droudrou, le 15 décembre 2008 à 22:04
Note du film : 6/6

Là, PM Jarriq, tu me déçois. Si tu me cites des remontages décevants, je t'opposerai donc d'autres remontages plus avantageux. Ne seraient-ce que quelques minutes, ces minutes font toute la différence d'un film et un cinéphile comme toi le sait. Un titre récent que j'ai vu : The greatest story ever told. Un autre ? We were soldiers ou bien Retour à Cold Mountain
Par contre, et pour être logique néanmoins, il y a un film pour lequel j'abonderai dans ton sens, c'est The private life of Sherlock Holmes que j'ai revu il y a une semaine et pour lequel je disposais du DVD zone 1. Donc, si Peckimpah a fait ainsi, on est d'accord : "il a fait ainsi !" – Pour ma part, néanmoins, je maintiens ce que j'ai écrit et si tu n'es d'accord avec moi, regarde bien le film et tu sauras situer où sont les nombreuses scènes manquantes…


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De vincentp, le 8 février 2010 à 12:30
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Je l'ai acheté il y a un an en blu-ray aux Etats-Unis (c'est le seul bluray que je possède). Il n'était pas zoné. Le résultat à l'écran est tout simplement impressionnant. Mais avec un inconvénient possible : le grain de la pellicule d'origine semble avoir disparu. On se retrouve dans tous les cas avec une image étonnante, high-tech, avec une sensation de relief. Comme si le film venait d'être tourné cette année, en HD.


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De Steve Mcqueen, le 12 avril 2010 à 14:48
Note du film : 5/6

1968 : offensive du Têt au Vietnam, assassinat de Martin Luther King ; à Monterrey Hendrix brûle sa Strat en signe de protestation…

L'Amérique est remuée de l'intérieur par les tensions raciales, les problèmes d'identité, la contestation sociale. Peckinpah s'engouffre dans la brèche et donne au western des funérailles de première grandeur : c'en est fini des héros romantiques, des aspirations à la liberté. "Bloody" Sam recrute le vieillissant Hoden, le buriné Oates, le vétéran Johnson …

Au début des enfants jouent à brûler des scorpions… Un braquage de banque sanglant…"repos du guerrier" avec des prostituées mexicaines… Lors du final de son requiem crépusculaire, Peckinpah, en état de grâce, demande des munitions, encore et encore ! A la fin Holden and Co se sacrifient,pour l'honneur, pour Angel, pour laisser une trace.

Le seul autre film de Peckinpah à atteindre le niveau de "Wild Bunch" est "Cross of Iron" : après le Requiem Crépusculaire, la Sonate Virtuose …


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De verdun, le 12 septembre 2015 à 01:13
Note du film : 6/6

J'avais le souvenir d'un film un peu inégal, surestimé, doté d'un début et d'une fin inoubliables, mais assez lent pour le reste. Et moins marquant que d'autres films du même réalisateur.

Et là revu dans de bonnes conditions ce soir en restauration numérique sur grand écran, c'est la redécouverte totale. Ce cinéma-là produit par un grand studio (Warner) nous manque. Le charisme d'acteurs qui donnent l'impression d'avoir vécu nous manque.

L'absence de jeunisme dans leur traitement. La force d'une mise en scène belle et spectaculaire nous manque: personne n'a mieux utilisé le ralenti que Peckinpah.La virtuosité ne se réduit pas ici aux seuls effets spéciaux. Mais surtout l'audace d'un cinéma qui n'a peur ni de choquer ni d'émouvoir (quelle fin). Si le parfum de scandale autour du film s'est dissipé tant on a vu pire en terme de "gore", on est toujours scotché par la puissance du film, par sa noirceur.

La narration reste atypique, jouant sur l'attente et les moments de calme mais ne m'a pas empêché de resté captivé (même un vendredi soir où la fatigue peut se faire ressentir).

La beauté des cadrages, du générique, de la musique et des décors complète le tout. Rarement revoir un film m'aura procuré un tel bonheur. C'est un film qui a une certaine "classe" -pas forcément l'épithète qu'on associe le plus à Peckinpah mais qui me semble correspondre au brio de la mise en scène et de l'interprétation.


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De Impétueux, le 13 septembre 2015 à 19:16
Note du film : 6/6

Le message de l'ami Verdun m'a donné envie de revoir le film. Il a bien eu raison d'aller le redécouvrir (à la Cinémathèque, je pense, où il y a en ce moment un cycle Peckinpah, je crois) et bien raison d'en dire tout le bien qu'il en dit.

Lorsqu'on a déjà regardé plusieurs fois La horde sauvage, qu'on a conservé en tête les séquences initiale et finale, leur orgie de violence, leur furie presque hystérique, lorsqu'on sait, de ce fait, que tout le film est une sorte de chemin qui mène d'un massacre à un massacre, on est d'autant plus frappé de voir combien tout cela se fait sous le signe de la lassitude et de l'amertume. Le cinéma ne manque pas de ces voyous fatigués qui ne souhaitent que se retirer au soleil, fortune faite. Jean Gabin s'en était même fait, jadis, une spécialité, de Touchez pas au grisbi à Mélodie en sous-sol (et d'autres !). Mais je ne crois pas avoir jamais vu autant de fatigue et peut-être même de dégoût de soi, aussi bien dans la bande de Pike (William Holden) que dans celle de Deke (Robert Ryan), ancien complice, ancien ami, qui le pourchasse.

Les beaux jours tirent à leur fin dit Pike ; ces beaux jours-là, ce sont moins ceux de l'argent facile et des coups de main aisés que ceux de la jeunesse et de l'ardeur. Qu'est-ce qui reste à tous ces compagnons de fortune ? Boire du whisky au goulot et baiser des putes, voilà qui n'est pas une raison de vivre bien satisfaisante. Et même si Dutch (Ernest Borgnine), lors d'une nuit à peu près paisible dans un corral mexicain dit à Pike Pour rien au monde je ne changerais de vie…, on sent bien que, de toute façon et qu'il le veuille ou non, la route est tracée et qu'il ne peut pas en sortir.

Il n'est peut-être pas indifférent que le film s'ouvre sur les rires de plaisir, les rires cruels des enfants qui ont livré deux scorpions à la férocité de fourmis rouges, puis qui ont brûlé les insectes : on voit bien que ces enfants-là, quelques années passées, éprouveront la même volupté de tuer que les plus anciens. D'ailleurs leurs petits camarades mexicains – simplement un peu plus primaires – ont beaucoup de plaisir à se vautrer sur le dos du pauvre Angel (Jaime Sánchez) trainé dans la poussière par l'automobile du Général. La mort, le sang, finalement, ce sont de belles jouissances. En tout cas un bon moyen d'oublier que la vie est une garce.

Comment voir autrement l'échange entre Pike et ses acolytes, les frères Gorch (Warren Oates et Ben Johnson), tous dans le dégoût de leurs nuits sales ? Pike a couché avec une jeune fille, dont le bébé, au matin, pleure ; les deux frères chicanent ce qu'ils doivent à des filles, Dutch est resté avec sa culpabilité d'avoir abandonné Angel à Mapache (Emilio Fernández). Alors pourquoi pas Let's go ! ?.

Why not ?, c'est alors une vérité d'évidence, justifiée par la totalité de ce qui précède. La lassitude s'exprimant dans une dernière posture. Le rire qui secoue les quatre tueurs, après qu'ils ont abattu Mapache et qu'ils pourraient, pendant ce très court moment-là, où tout est suspendu, partir indemnes, est un des moments les plus forts du film… Enfin, on va voir le bout de l'aventure.

Avant l'horreur magnétique. Le sang. Les charognards. Le soleil. La poussière.


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