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Forum : Lady paname

Sujet : A redécouvrir


De bassinet, le 15 mars 2005 à 15:22
Note du film : 5/6

Lady Paname : voici l'exemple d'un film, injustement méprisé par la critique

à sa sortie, mais qui, je sais à ses admirateurs,et mériterait d'être découvert

ou redécouvert. Ceci parce que :

  • c'est l'unique film (à ma connaissance) d'Henri Jeanson
  • que Louis Jouvet y campe un personnage tout à fait inhabituel et savoureux
  • que c'est une évocation attachante du music-hall de l'entre-deux-guerres

Ce film est interprété avec un brio extraordinaire par L.Jouvet, Raymond Souplex, Suzy Delair, Henri Guisol etc… et a su garder une fraîcheur extraordinaire. Tous les amoureux du théâtre, au sens large du terme, s'y sentiront chez eux.

Une réédition en DVD, avec, à la clef, une restauration, serait la bienvenue.


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De Impétueux, le 1er décembre 2010 à 19:36
Note du film : 4/6

Comment se fait-il que je n'ai pas encore voté pour un film dont j'ai souvent entendu parler en bien et où je pourrais comparer les performances scéniques de Suzy Delair avec celles de Quai des Orfèvres ?

Comment ???!!!


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De Gilou40, le 2 décembre 2010 à 21:07

OUI ! Votons et comparons Avec son tra-la-la de Quai des orfèvres et Y'avait du printemps partout qu'elle chantait en se déshabillant dans Lady Paname  !


1950


1947

"Avec son Tra-la-la" dans Quai des orfèvres

Elle habitait Séville
Et dans toute la ville
C'était la plus agile
De toutes les gitanas !
Il en était de plus belles
Mais elle avait pour elle
Une chose exceptionnelle
Que les autres n'avaient pas…

Avec son tra-la-la (BOUM !)
Son petit tra-la-la (BOUM !)
Elle faisait tourner toutes les têtes
D'un coup de tra-la-la
Elle faisait tra-la-la
Et chacun rêvait d'être dans ses bras
Ce qui les troublait à l'extrême
Et les rendait fous de désir
C'était pas la chose en elle-même
C'était la façon de s'en servir…

Avec son tra-la-la (BOUM !)
Son petit tra-la-la (BOUM !)
Elle n'avait pas besoin de castagnettes
Car son p'tit tra-la-la
Etait si tra-la-la
Que nulle part y en n'avait une comme ça !

Un jour sous les arcades
Elle eut une tocade
Pour don Pedro l'alcade
A cause de ses gros bras
Loin de se laisser séduire
Il eut un petit sourire
Qui avait l'air de dire
"Oh ! Toi, tu ne m'auras pas"!!

Avec son tra-la-la (BOUM !)
Son petit tra-la-la (BOUM !)
Elle se mit aussitôt en campagne
D'un coup de tra-la-la
Elle fit tra-la-la
Et Pedro brusquement s'emballa
Forcé d'avouer sa défaite
Pedro reconnut loyalement
Qu'elle avait une arme secrète
Avec des effets foudroyants !

Avec son tra-la-la (BOUM !)
Son petit tra-la-la (BOUM !)
Elle aurait fait trembler des montagnes
Car son p'tit tra-la-la
Était si tra-la-la
Que Pedro, le lendemain, l'épousa !

Ay ay ay ay ay !
Ay ay ay ay ay !
On n'a pas besoin d'être belle !
Ay ay ay ay ay !
Ay ay ay ay ay !
Quand on a un p'tit tra-la-laaaaaaaaaaaaa !!






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De Azurlys, le 22 décembre 2010 à 13:09

Juste un mot à propos de Lady Paname. Là encore je fais appel à mes souvenirs, je crois bien que c'est le seul film qui fut dirigé par Henri Jeanson lui-même, auteur par ailleurs des dialogues, comme il se devait.

Je crois malheureusement que ce point révèle la faiblesse de l'œuvre. J'avais trouvé ce film très mineur, plus ou moins bien dialogué – ce qui peu paraître paradoxal, mais pas tant que cela : il semble difficile d'être à la foire et au moulin – et l'ensemble se traine un peu trop. Là, je fais état de mes souvenirs. Ils ne datent de la sortie du film, mais de la lecture récente d'une VHS-maison, il y doit y avoir deux ou trois ans. Passionné comme je le suis par Jeanson, je refusais la médiocre réputation du film et l'avis de la critique qui fut loin d'être enthousiaste. Ils pouvaient se tromper, il est vrai, les uns et les autres. Et je conserve une impression de déception. Au risque de faire sourire, je n'ai pas d'arguments "contre", rien pour, et… (disons-le) je ne me souviens plus pourquoi, tellement lorsque pointe l'ennui, j'ai tendance à évacuer de ma mémoire ce qui semble ne pas présenter d'intérêt. Faut-il préciser que tout cela est subjectif et n'engage que moi ? Les années n'ont rien arrangé, mais la chose n'est pas nouvelle : il m'est arrivé de revoir malgré moi un film qui m'avait assommé d'ennui, et dont je n'avais conservé aucun souvenir. Je me suis aperçu de ma méprise en revoyant des séquences qui me revenaient en mémoire… Dans le cas présent, l'absence de souvenirs du film de Jeanson n'est pas non plus le garant de la justesse de mon avis. Mais je vais m'y atteler à nouveau, et vous donnerai mon opinion.

On peut toutefois noter que l'affaire se renouvela plus tard avec les quelques films dirigés par Michel Audiard : on peut y trouver de l'intérêt comme curiosités plus que réussites. Il est réhabilité aujourd'hui, après été attaqué avec violence par les dents longues de la Nouvelle Vague, comme dialoguiste surtout, alors que ces prestations comme réalisateur ne furent guère prisées, pas même par lui. Il faut s'y faire, être scénariste et/ou dialoguiste n'implique pas que l'on maîtrise de jeu des comédiens, la fluidité du récit, la cohésion de la continuité, et que l'on a bien à faire à deux métiers différents. Reste le mystère plus récent de l'accès de plus en plus fréquent à cette activité par des comédiens qui s'improvisent réalisateurs, et parfois avec bonheur. Et puis d'autres, pourtant bien soutenus et épaulés comme il convient, offrent des œuvres comme Bienvenue chez les Ch'tis que je considère pour ma part comme l'expression même du ratage (gags étirés jusqu'à la nausée, situations lourdingues et lecture assez désolante des gens du Nord, présentés comme des demeurés crasseux). Il a enchanté les intéressés eux-mêmes. Comprenne qui pourra…

Il me faudra refaire un tour du coté de Lady Paname. Je vais m'y mettre.


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De Impétueux, le 1er mai 2011 à 22:51
Note du film : 4/6

Dans son unique réalisation, Henri Jeanson est plutôt meilleur, à mes yeux, que ne le fut jamais Michel Audiard, dont tous les films (à part, un peu, Comment réussir… quand on est con et pleurnichard) m'ont toujours plongé dans l'affliction et la gêne…

Ce n'est pas que Lady Paname soit un bon film : l'anecdote est niaise et convenue, les idées de mise en scène totalement absentes et ça dure un quart d'heure de trop ; la fin est absolument ratée, oscillant, à parts inégales, entre drame, vaudeville et farce. Ça se répète avec un peu trop de complaisance, ça manque de rythme et ça souffre cruellement de la comparaison avec l'immense Quai des Orfèvres, à tout le moins pour ce qui peut en être comparé.

Reprendre Louis Jouvet et Suzy Delair trois ans après le chef-d'œuvre de Clouzot était une absolue gageure ; le moins qu'on puisse dire est qu'elle n'est pas relevée ; et pourtant, à mes yeux, ce n'est pas désagréable, pas du tout désagréable. Le petit monde qui gravite autour de la Porte Saint-Martin, traditionnel quartier des théâtres, si caricatural qu'il est décrit, est dépeint avec tendresse, complicité et chaleur. Ces music-halls où de longues volutes de fumée (imagine-t-on, dans notre aujourd'hui moral qu'on a naguère pu fumer au théâtre ?) marquent un public prompt à applaudir, mais aussi à siffler, celui qui se risque à paraître sur scène, on ne les reverra jamais assez. Il y a des acrobates, des diseurs, des chanteurs réalistes, des comiques troupiers, des fantaisistes, des prestidigitateurs, des tas de gens dont les coulisses et les plateaux sont la vie.

Heureux fantômes du spectacle et de la scène, qu'on quitte avec regret, qu'on retrouve avec joie, dit quelque part Jouvet ; fascinant métier, à la précarité saisie sur le vif : c'est le meilleur de Lady Paname : les inquiétudes, les incertitudes, le succès qui vient, le succès qui fuit ; à certains moments, on n'est pas très loin de La fin du jour ; et malheureusement, Jeanson n'ose pas trop appuyer là où ça fait vraiment mal, et tourne en comédie plus ou moins graveleuse ce qui aurait pu être le récit de l'amertume et de la dèche ; pourtant Souplex, j'en suis sûr, y aurait été très bien, avec son laid et étrange visage…

Les dialogues sont brillants, nerveux, appropriés, mais n'ont pas beaucoup d'efficacité, à quelques exceptions près (Je crois à tout, ça n'engage à rien ! ou Si l'Homme n'avait que ce qu'il mérite, il vivrait dans un extrême dénuement.). Sans doute Jeanson a-t-il voulu mettre trop d'orientations et d'histoires dans le film : la bigamie de Bagnolet (Louis Jouvet) nanti de sa respectable épouse (Jane Marken) et de sa jeune amie, Oseille (Véra Norman), les fréquentations douteuses de Marcel (Pierre Trabaud), l'histoire amoureuse de Caprice (Suzy Delair) et de Jeff (Henri Guisol, absolument catastrophique) ; c'est trop, c'est haché, ça part dans tous les sens…

Enfin, cela dit, ça se laisse regarder avec intérêt. Ça vient de paraître dans la collection Gaumont à la demande qui n'offre ni versions restaurées, ni suppléments ; un peu comme René Château ! Triste, mais comment espérer revoir, sinon, des films marquants, sinon importants, du cinéma français ?


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