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Sujet : Il est tout à fait inimaginable...


De Arca1943, le 14 mars 2005 à 13:03
Note du film : 6/6

…que cette comédie de Valerio Zurlini, un pur chef-d'oeuvre avec une lumineuse Claudia Cardinale, ne soit pas disponible sur DVD. Il y a plus de dix ans, la collection « Les Films de ma vie » l'avaient éditée sur VHS. Alors les gars, on attend le déluge ?


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De Arca1943, le 27 juin 2005 à 19:30
Note du film : 6/6

En tout cas, il se rapproche un peu, c'est sûr… On aperçoit une bande de terre lointaine à l'horizon…


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De Arca1943, le 11 octobre 2005 à 01:46
Note du film : 6/6

Chat échaudé craint l'eau froide… mais d'après dvdrama, il semblerait que La Fille à la valise soit programmé par MK2 pour janvier 2006. Je croise les doigts…


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De Arca1943, le 26 novembre 2005 à 21:17
Note du film : 6/6

Ce qu'il y a de bien avec ces réalisateurs peu prolixes, c'est qu'ils sont moins décourageants à collectionner (et coûtent donc moins cher) ! Avec les DVD de La Fille à la valise et Le Professeur (quoique dans dans une version tronquée), il ne manque plus que six Zurlini… Nous avons déjà le quart de sa production… Ça semble presque à portée de la main…


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De vincentp, le 10 mai 2009 à 20:09
Note du film : Chef-d'Oeuvre

La Fille à la valise montre comment les différences homme-femme, de condition sociale, de caractère peuvent se combler pour produire en quelques instants une subtime alchimie de l'accord et de la complémentarité, atteignant le sublime, la félicité. Une alchimie subtile reposant en partie sur le jeu du hasard, nécessairement orienté par ce qu'il y a de plus positif et de plus constructif dans l'être humain.

Un récit tout simplement magnifique dont les propres ingrédients (mise en scène, scénario, photographie, interprétation, décors, montage,…) confinent eux-mêmes au sublime. Certaines séquences sont prodigieuses telle cette fusion homme-femme exprimée au pied d'un escalier, avec en toile de fond la peinture d'un grand maître, représentant un état de l'existence.

Parmi les séquences mémorables : cette descente de l'escalier, par Claudia Cardinale, et la course de Jacques Perrin dans la gare. Elles sont parfaitement analysées par Jean-Luc Drouin, critique cinéma du quotidien "le monde" dans les suppléments du dvd.

J'ai été sensible à la beauté intrinsèque des images de ces deux séquences, un régal pour les yeux, et pour l'esprit ! Mais également à bien d'autres choses. Telle la séquence qui se déroule à la 90° minute, sur la terrasse de l'appartement. Un des musiciens de jazz, dont la musique accompagne l'action en cours, imprégnant le récit d'une ambiance dynamique et joyeuse, loin de figurer anonymement, intervient pour stopper le mari jaloux. Quelques instants plus tard, la bagarre entre les deux rivaux, menée sur le front de mer, est stoppée par deux anonymes qui surgissent dans le cadre et ceinturent l'agresseur. Des anonymes qui entrent et sortent du récit, sans nous avoir été présenté… orientant la perception mentale que l'on peut avoir de ce sujet : ainsi donc, rien n'est écrit à l'avance et les péripéties conventionnelles d'un conflit sentimental peuvent basculer dans un sens imprévu avec de simples et modestes interventions extérieures, non programmées.

Sur la terrasse, le front de mer, s'étalant à l'infini, sépare la jeune fille (représentée avec dans son dos une tour populaire, la campagne…) et le bellâtre (associé à la mer, la plage et ses plaisirs). Par le jeu de la combinaison des sons, de la lumière, des objets… les personnages acquièrent la consistance de particules élémentaires imbriquées dans un univers complexe. La nature, les formes de leurs relations deviennent le fruit de notre propre réflexion. Notre psyché personnelle donne un sens aux différents plans séquences qui se succèdent sans logique apparente.

Une nouvelle grammaire cinématographique nait sous nos yeux émerveillés. L'appréhension du monde, la représentation de l'espace et du temps, les schémas psychologiques, tels qu'il ont pu exister jusqu'alors, sont balayés en quelques instants.

Non, La fille à la valise n'est pas l'évocation nostalgique d'une époque (idée avancée par Laure Adler, dans un des suppléments du dvd). C'est l'acte de naissance d'un nouveau monde, celui dans lequel nous vivons aujourd'hui.


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De vincentp, le 23 mai 2009 à 19:21
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Au "bon marché", à Paris, en ce moment, l'expo "Divas Italie – Age d'or, mythe et réalité du cinéma italien" parrainée par Claudia Cardinale, présente des photographies inédites de tournage des films italiens de la grande époque. Clauda, Silvana, Sofia, Lucia,… accompagnées de Marcello, Alberto,… Avec des extraits photographiques et cinématographiques de Eté violent, La fille à la valise, films emblématiques de cette période mémorable.

Idée : l'expo pourrait être plus ambitieuse (par la quantité, car la qualité est bien là) et aurait sa place dans les musées d'art moderne de la planète. N'attendons pas que les protagonistes de cette période soient décédés pour les célébrer. Tout art confondu, le cinéma italien de la grande époque (1960-1980) est un des événements artistiques majeurs du XX° siècle.

http://www.focus-in.info/spip.php?article159


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De Arca1943, le 23 mai 2009 à 21:47
Note du film : 6/6

« …et aurait sa place dans les musées d'art moderne de la planète. »

Vous parlez d'or, cher VincentP.

Salauds d'Parisiens, ils ont tout et nous, on a rien. (Énorme soupir). Claudia, Sophia, Gina, Eleonora, Alida, Elena, Carla, Clara, Silvana, Silvana, Lucia, , Anna-Maria, Antonella, Elsa, Lea, Gianna Maria, Rossana (à ne pas confondre avec Rosanna), Carla, Ottavia, Stefania, Ornella, Laura, Agostina, Angela et – oups tout à coup ça ne rime plus – Catherine, la planète vous attend !


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De Impétueux, le 15 novembre 2009 à 20:12
Note du film : 4/6

J'irai bien moins loin dans l'enthousiasme que la plupart de ceux qui se sont exprimés et ma note ne dépasse la moyenne que grâce à la luminosité extrême des lieux filmés – la grande demeure patricienne de Parme, les plages adriatiques immenses du côté de Rimini – et à la perfection de la beauté et du jeu des deux principaux protagonistes, Lorenzo (Jacques Perrin) et Aïda (Claudia Cardinale).

C'est bien, c'est magnifiquement filmé (et, par ailleurs, présenté dans une édition impeccable), mais enfin, à mes yeux, ça n'accroche pas trop, infiniment moins, en tout cas que bien des films italiens tournés à peu près à la même époque, et notamment Le fanfaron, qui est aussi un récit de rencontre, mais moins romanesque, si l'on veut et moins rebattue.

Car l'histoire de la pauvre fille qui fait presque commerce de son corps, tout en croyant qu'elle pourra un jour s'en sortir et du grand dadais assez contraint par sa condition sociale, mais dont la sensualité bourgeonne, cette histoire est tout de même d'une grande banalité… Lorenzo s'imagine, comme tous les puceaux émoustillés par une belle fille (et il faut admettre qu'Aïda est vraiment sublime) qu'il nourrit de beaux, amples, sublimes sentiments, alors même que c'est sa virilité qui bouillonne, et que se refuser le morceau de choix qui se donne est une occasion de se refuser, par la frustration, l'assouvissement, donc, d'une certaine façon, de la contenter en la sublimant. (Je sais, cela n'est pas clair, et il faut pour le comprendre, avoir connu la volupté extrême du refus chevaleresque : cela se passait il y a cinquante ans, dans les sociétés policées).

Donc, puisqu'il ne peut y avoir d'amour, sauf pour la beauté du geste, entre cette pauvre fille déjà perdue, à la fois romantique et terriblement réaliste et ce grand garçon mauvais élève qui ne peut pas encore jeter sa gourme, qu'est-ce qui reste ? La supériorité sociale et son témoin le plus visible, l'argent… Les rapports entre Lorenzo et Aïda sont forcément de cette nature, quelles que soient les velléités et les fantasmagories que l'un et l'autre peuvent nourrir. Lorsque Aïda descend l'escalier, vivante incarnation de l'héroïne de Verdi, il y a bien, à un moment, un bouleversement sensuel d'une acuité extrême ; mais arrivée au bout de son parcours, à quoi se bute-t-elle, sinon au désir évident, primaire, animal du jeune homme qu'elle ne peut, ni ne veut satisfaire parce qu'elle et lui ont voulu placer leur relation sur un autre niveau, celui d'un amour qui n'a absolument aucune chance d'exister vraiment, une fois les masques tombés.

Le sort d'Aïda est d'être une de ces bimbos qui dansent, à demi ivres sur les toits chaleureux des hôtels de luxe, en compagnie de mâles aussi veules que réels ; le sort de Lorenzo est de retourner sagement à Parme, et d'y vivre là un destin ni pire, ni meilleur que celui de ses pareils : il aura croisé, à un moment de sa vie, un autre monde et il se sera fait des souvenirs…

Il me semble que tout cela est d'une grande banalité, si bien mis en scène que ce soit et que, finalement, il n'y ait ni drame, ni rédemption : chacun se retrouvera à sa place, la place donnée de toute éternité à l'un et à l'autre…

Que Zurlini, marxiste d'élégance, comme l'était le chef du Parti communiste italien de l'époque, Enrico Berlinguer en tire des conclusions attristées, cela va bien, dans le climat idéologique de l'époque ; mais que Jean-Luc Douin et (pire encore !) Laure Adler tirent de ces enfantillages des leçons qui se veulent graves, dans les suppléments du DVD, est un peu navrant, parce que surjoué ; ils tireraient presque, si on les écoutait, cette excellente Fille à la valise vers les déroutants remugles de Mourir d'aimer et des niaiseries compassionnelles y afférentes ; ça vaut infiniment mieux, mais ça ne brutalise jamais le coeur et l'âme…


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De Arca1943, le 15 novembre 2009 à 21:17
Note du film : 6/6

« Que Zurlini, marxiste d'élégance, comme l'était le chef du Parti communiste italien de l'époque, Enrico Berlinguer… »

Ahem. Précisons que ce très beau (et bien peu politique) film de Valerio Zurlini date de 1961. À cette date, le chef du PCI est toujours Palmiro Togliatti (l'homme à la triple narine, comme l'avait portraituré Guareschi dans un dessin resté célèbre). Puis Togliatti meurt en 1964 (comme le savent ceux qui ont vu Les Subversifs, des frères Taviani). C'est alors le camarade Luigi Longo qui assure l'intérim, jusqu'à l'arrivée aux affaires d'Enrico Berlinguer en 1972. (« Quel dommage que la France n'ait pas eu son Berlinguer », disait Mitterrand, histoire de casser du sucre sur le pitoyable PCF).

Du même Zurlini, nous ne pouvons recommander trop chaudement à Impétueux Été violent, magnifique histoire d'amour sur fond de 8 septembre.


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De vincentp, le 16 novembre 2009 à 11:15
Note du film : Chef-d'Oeuvre

"Car l'histoire de la pauvre fille qui fait presque commerce de son corps, tout en croyant qu'elle pourra un jour s'en sortir et du grand dadais assez contraint par sa condition sociale, mais dont la sensualité bourgeonne, cette histoire est tout de même d'une grande banalité…"

L'histoire est peut-être banale mais la forme ne l'est pas !

Zurlini, marxiste ? Cela ne saute pas aux yeux ! Et il me semble que cela n'a aucune importance.

Pour Zurlini, Ferreri, ou Pasolini, l'important est aujourd'hui la dimension artistique de leur œuvre.

J'ai visité hier l'expo du Louvre consacrée aux peintres vénitiens du XVI° siècle, Titien, Tintoret, Véronèse, exposition intitulée "rivalités à Venise" : peu importe que ces peintres illustres aient été papistes ou royalistes… Restent leurs tableaux, qui s'apprécient, avant tout par une lecture artistique (et non politique). Après, pour comprendre en détail le cheminement de leur œuvre, on peut essayer de mieux comprendre la psychologie de leur époque. En l'occurrence, une rivalité entre peintres et leurs commanditaires, parfois pour des questions idéologiques, parfois pour une question de narcissisme, a favorisé une éclosion artistique, pour le plus grand bonheur de l'humanité.

Exactement le même schéma que pour le cinéma italien des années 1960.


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De Impétueux, le 17 novembre 2009 à 17:56
Note du film : 4/6

Ah là là, moi qui vérifie d'habitude tout avec un soin qui confine à la maniaquerie, je suis bien contrit d'avoir écrit cette énormité d'un Berlinguer patron du PCI en 1961 (mais il était déjà Secrétaire du comité central en 1946 ; je bats ma coulpe, enfile ma chemise, me déchausse, couvre ma tête de cendres et tout le bataclan.

Ce que je voulais dire, allant sans doute un peu au delà de la main, c'est que le récit, très classique ne pouvait précisément pas entrer dans les canons sacro-saints (à l'époque) du marxisme-léninisme ; et, d'ailleurs, je crains d'avoir été influencé en ce sens par les suppléments du DVD, notamment la préface de Jean-Luc Douin qui m'a appris ce marxisme de Zurlini (faille assez partagée, entre 1945 et 1975 par l'intelligentsia artistique européenne) et a sans doute biaisé mon appréciation.

Mais j'en conviens très volontiers, avec Arca et Vincentp, La fille à la valise n'a rien de politique, sauf si on sur-interprète certaines séquences et certains personnages (ainsi Douin fustigeant l'hypocrisie du clergé, en évoquant le prêtre, professeur de mathématiques de Lorenzo et dépêché auprès de Aïda pour lui rappeler que le jeune homme a d'autres chats à fouetter que de s'amouracher d'une fille plus âgée, à la vie plus…légère : ce qui serait déjà normal en 2009 parait d'une telle évidence en 1961 !). Rien d'engagé, sauf à considérer, de façon étroitement naïve que, dans un monde idéal, les tourtereaux pourraient, nonobstant leurs différences, vivre quelques années d'amour et du revenu des propriétés de Lorenzo.

Il ne faut pas lire que je n'ai pas apprécié le film ; je redis que les acteurs sont merveilleux, les musiques parfaitement choisies, la photographie et la mise en scène excellentes. Peut-on admettre que ce que je juge être la niaiserie du sujet ne m'a pas accroché tout simplement ?


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De vincentp, le 17 novembre 2009 à 18:14
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Bah, bah, je suis tolérant… et prie régulièrement pour le salut de vôtre âme.

Et puis Jipi a également mis un 4/6 à L'impératrice rouge, Frétyl un 4/6 à Les professionnels, et Alholg un 3/6 à La femme de l'aviateur. Allez comprendre…


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