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Sujet : Film très "Qualité France"


De PM Jarriq, le 1er mars 2005 à 08:40
Note du film : 4/6

Film très "qualité France", mais particulièrement soigné et bien fait, qu'on s'étonne de ne pas voir édité en DVD, puisqu'il offre un de ses rôles les plus émouvants à Romy Schneider – actrice très représentée sur le support – et une love story poignante avec un Trintignant au sommet de son art subtil. Un beau film qui ferait un parfait double programme avec "Le vieux fusil".


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De Impétueux, le 1er mars 2005 à 08:45
Note du film : 5/6

Très juste ! Un coffret serait intéressant, bien que les deux réalisateurs ne soient pas très proches, Enrico plus flamboyant, Granier-Deferre plus maîtrisé !

Mais c'est toujours un bonheur de revoir Romy Schneider et d'entendre la voix de Trintignant


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De Arca1943, le 1er mars 2005 à 13:21
Note du film : 5/6

Vous m'avez devancé, messieurs !


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De cyrano, le 17 mars 2005 à 22:22
Note du film : 6/6

Je vote pour la réédition en DVD, par solidarité avec vous et parce que personne n'a jamais remplacé Romy Schneider dans mon coeur, mais …. ledit DVD existe et a été vendu dans les kiosques (où je l'ai acheté) dans une série intitulée "films de guerre" !

Cela dit, Romy Schneider n'est pas si bien représentée que cela sur ce support : où restent "Une histoire simple",

"Une femme à sa fenêtre" ,"Portrait de groupe avec dame", "Ludwig ", "Le trio infernal", etc…?


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De PM Jarriq, le 6 juin 2005 à 09:15
Note du film : 4/6

Après revision, je maintiens ma bonne opinion du film, même si ses défauts sautent aux yeux : l'emploi maladroit d'images d'archives intercalées au petit bonheur, sans rien ajouter à l'ambiance du film et surtout la nullité des seconds rôles (Régine en particulier, insupportable ou Serge Marquand). Cela dit, le couple fonctionne toujours aussi bien et la fin est une grande réussite. Pourquoi ne fait-on plus en France des films comme celui-ci, de temps en temps ? On a perdu la recette ? Le pauvre Rappeneau a bien essayé avec le sinistre "Bon voyage" mais…


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De verdun, le 30 octobre 2007 à 00:06
Note du film : 5/6

Oui Le train est une franche réussite. Comme Jarriq, j'ai par contre été surpris par l'absence de seconds rôles marquants, qui ont pourtant fait de tant de films de cette époque de grandes réussites,si ce n'est Maurice Biraud ou Paul Le Person dans la mémorable dernière scène.

De fait, la construction dramatique est assez admirable: au fur et à mesure, la narration se concentre sur le couple Trintignant- Romy Schneider et le film devient alors de plus en plus passionnant, jusqu'à l'ultime crescendo..

Comme dans Le chat, précédente adaptation de Simenon par les mêmes auteurs, le spectateur retrouve un parti pris inspiré: la rareté des dialogues et l'absence du "mot d'auteur à tout prix".

Ce genre de films était plutôt mal vu à l'époque car trop classique et peu audacieux. Aujourd'hui on se rend compte que cette recette savoureuse d'une qualité respectueuse du spectateur lambda est perdue. Car que serait Le train en 2007 ? Un téléfilm. Sans Trintignant ni Romy. C'est-à-dire pas grand chose !!


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De Arca1943, le 30 octobre 2007 à 01:30
Note du film : 5/6

« Ce genre de films était plutôt mal vu à l'époque car trop classique et peu audacieux. »

"Trop classique" en effet, ou peu audacieux, mais toujours au plan formel. Il y a de l'audace dans Simenon, écrivain qui a longtemps été classé, et non sans mépris – on s'en souvient peu aujourd'hui – dans la "littérature de gare"; et cette audace se retrouve, mais oui, dans les adaptations qu'en fit Granier-Deferre. Sauf que cette audace a trait d'abord et avant tout aux personnages, dans le travail, le traitement du personnage. Et malheureusement, le personnage n'est pas spécifique au cinéma : on le trouve aussi au théâtre, en littérature, à l'opéra et même dans la peinture. Par conséquent, ça ne fait pas partie de la fameuse "spécificité filmique".

Au plan de la technique de la prose, Simenon est un miracle à toutes les lignes (quand il est en forme, ce qui n'arrivait quand même pas toujours : lisez par exemple le décevant Maigret et le coroner, espèce de démarquage d'Autopsie d'un meurtre), mais pas un miracle comme les formalistes en attendent. Avec d'autres comme Graham Greene, Chaim Potok, Piero Chiara (et chacun y mettra des siens) il maîtrisait ce qu'on pourrait appeler une ligne claire. C'est mon plus grand regret que le fameux spécialiste de la littérature Erich Auerbach, auteur du monumental Mimesis : la représentation de la réalité dans la littérature occidentale, n'ait pas inclus Simenon dans son fameux ouvrage. (Le vingtième siècle y est représenté, fort bien du reste, par Virginia Woolf). Enfin, quand je lis Simenon – mais aussi quand je vois Le Chat – le mot Mimesis est le premier qui me vient à l'esprit.

Mimesis, donc imitation du réel. Ce sont des travaux, si on peut les appeler ainsi, dont le but premier est d'être évocateur : évocateur de la vie, évocateur de la réalité. La prose si concrète de Simenon est d'une efficacité troublante pour tout lecteur qui n'est pas là pour dénicher des clins d'oeil, des discours ou de savantes allusions. L'atmosphère d'un lieu, par exemple, en sourd comme par magie. On s'y croirait. Les personnages s'imposent avec une épaisseur humaine qui tient du prodige. Le lien entre histoire et personnages est en acier, les uns sont impensables sans l'autre et vice-versa. Plus on avance dans la lecture, plus le charme opère. Tout semble si vraisemblable, si crédible… si réel. En un mot, c'est prenant.

Mais justement : tout ce qui est prenant, au cinéma comme en littérature, "fait pleurer Margot", comme dit l'expression – Margot, c'est-à-dire le lecteur. Et pour être prenant, c'est bien évident qu'il faut utiliser une forme non pas forcément classique, mais en tout cas familière. Accessible. Transparente. Et donc opposée, en somme, à cette espèce de déformation typique de maints intellectuels – certains qui ont sévi, d'autres qui sévissent encore – selon laquelle une grande oeuvre est forcément une oeuvre ardue; et plus elle est ardue, plus elle est grande, raisonnement qui – la chose est amusante – aboutit en fin de compte au cri inarticulé. (Comme chez Ezra Pound, par exemple : en voilà qui écrivait pour ne pas être compris). À ces gens-là, la miraculeuse simplicité d'un Simenon, d'un Collodi, d'un Graham Greene ne dira jamais rien qui vaille. Tout ce travail pour être évocateur, pour être prenant les laisse froids. Mais qu'importe, puisqu'il atteint en revanche (et par millions) celui que vous appelez le spectateur lambda – le lecteur lambda, le non-initié, le non-intellectuel – et qu'il faudrait peut-être appeler tout simplement "le spectateur" ou "le lecteur".

P.S. Un complément fort utile à ces vues pourra être trouvé dans un superbe article de Primo Levi, "De l'écriture obscure", paru dans le recueil Le Métier des autres.


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De Impétueux, le 6 mai 2012 à 16:57
Note du film : 5/6

J'aime assez me replonger, de temps en temps, dans ce qu'en rugby on appelle les fondamentaux : des trucs solides, vigoureux, francs, qui en donnent pour son argent. Avec Pierre Granier-Deferre on n'est que rarement déçu (par L'ami de Vincent par exemple), et on est presque certain de trouver de la belle ouvrage.

Le cinéaste n'est pas mal représenté en DVD, avec ses grands succès, mais je m'étonne toujours qu'on n'ait pas encore édité trois de ses films les plus intéressants, Paris au mois d'août, situé à l'orée de sa carrière, Cours privé et Noyade interdite, vénéneux et plutôt placés à sa décrue.

Remontons dans Le Train, lors de la fuite éperdue de l'exode, qui dans le lumineux printemps de 1940, jette sur les routes de France des millions de fuyards affolés, terrifiés par les bombardements et les mitraillages des Stukas allemands, qui firent 100.000 morts. Je n'ai en tête, des films de cette période, que le merveilleux Jeux interdits de René Clément et Bon voyage de Jean-Paul Rappeneau, qu'il faudra que je revoie, mais qui ne m'avait pas paru si sinistre que ça, simplement burlesque et un peu trop trépidant. Il est certain que la honte collective, l'humiliation de la déroute, de l'écroulement presque immédiat de l'Armée française, encore auréolée du triomphe du premier conflit, n'ont pas trop incité à mettre en scène une des périodes les plus accablantes de notre histoire nationale…

Je n'ai plus trop en mémoire le roman de Simenon dont le film est adapté, mais me souviens que l'ayant découvert bien après le film, vu et revu souvent, j'avais été surpris par de notables différences, notamment la fin, beaucoup plus accablante, puisque Julien (Marcel, dans le livre) fera mine de ne pas connaître Anna. C'est évidemment plus conforme à la nature de cet être doux, indécis, déjà rabougri, maladroit, des moins faits qui se puissent pour l'histoire qui va survenir. Mais c'est moins romanesque que la fin imaginée par Granier-Deferre et Pascal Jardin. (Je note, pour l'anecdote, que Jardin, habituel scénariste de Granier-Deferre est le fils de Jean Jardin, qui fut Directeur du Cabinet de Pierre Laval, à qui il a consacré un témoignage pieux et étrange, Le Nain jaune).

Au delà des maladresses un peu caricaturales qui sont dans le ton de l'époque du tournage (1973), avec des aristos, des riches, des bourgeois tout perclus de conscience de classe, un très bon aspect du film est la constitution du microcosme du wagon qui, par des voies détournées conduit les voyageurs de Sedan à La Rochelle en passant par Moulins et Guéret. Agressifs, veules, hostiles, d'un égoïsme dégueulasse, même les sales types (Maurice Biraud, Serge Marquand, le Gros Franco Mazzieri, Régine) finissent par s'amadouer, par se fondre dans la masse des pauvres gens éperdus. Sur les quais de la gare de La Rochelle, on se dit Au revoir sans méchanceté… avec la conscience d'avoir vécu un drôle de moment ensemble et d'être passé tout près de la mort.

Au fait, je ne trouve pas que les seconds rôles soient si nuls qu'on ait dit ; un peu taillés à la serpe, sans beaucoup de finesse, sans doute, mais à trognes bien choisies. Jean-Louis Trintignant et Romy Schneider sont, en tout cas, absolument parfaits, tout de pudeur, de retenue, de mesure, d'intelligence. La parcimonie des dialogues va très bien à cette histoire triste.

Ah ! Est-ce que cette étonnante séquence du mitraillage du wagon, de la mort simultanée du Gros et de fille galante, cloués l'un à l'autre alors qu'il font l'amour ne vous a pas fait naturellement évoquer La baie sanglante de Mario Bava où deux amants en plein exercice sont épinglés l'un à l'autre par une méchante sagaie ? (ça n'a évidemment aucun rapport, mais c'est tout à fait ça…).


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De DRAGONNE, le 23 août 2016 à 21:06
Note du film : 5/6

Après tout ces beaux commentaires, il n'y a plus grand chose à ajouter, si ce n'est la musique de Philippe Sarde qui est magnifique,harmonieuse et presque décalée par rapport à l'angoisse des passagers de ce train. Il préfigure sans doute l'espérance de paix que l'exile doit leur apporter. Les images d'archives en N/B et ce film qui reprend en N/B pour revenir à la couleur donne une continuité à l'ensemble. Jarriq en 2005, écrivait que çà m'apportait rien au film. Je ne trouve pas. Cela donne plus de véracité à la fiction (très subtil et intelligent). En tout cas, j'ai revu ce film dernièrement avec beaucoup de plaisir.


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