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Forum : Mille milliards de dollars

Sujet : Passionnant, inquiétant, visionnaire


De verdun, le 14 février 2005 à 23:30
Note du film : 5/6

J'ai revu ce film récemment et j'ai vraiment été scotché.

Je ne suis pas un immense fan de Henri Verneuil, mais je trouve ce film passionnant,inquiétant et visionnaire. Ce film de 1982 raconte l'histoire d'un petit journaliste qui, à travers une enquête qui s'annonçait ordinaire, découvre le pouvoir colossal et malfaisant d'une multinationale américaine qui s'avère avoir plus de pouvoir que les politique!

Le film est mené sur un rythme sans faille,dans une atmosphère inquiétante et feutrée à la fois et sans les maladresses et facilités marquées sauf peut-être la fin,qui ont fait beaucoup vieillir certains films de Verneuil. Patrick Dewaere est comme d'habitunant, inquiétant, visionnairee fascinant : son choix donne au film une modernité et un côté rebelle bien plus présent que les habituels Delon et Belmondo. Le casting autour de lui (Denner, Kalfon, Jeanne Moreau, Duperey, Ledoux… et Mel Ferrer qui,dans le rôle du pdg de la multinationale,n'a jamais été aussi bon)est à l'unisson.

Mille milliards de dollars constitue avec I comme Icare une période de la carrière de Verneuil ou celui-ci affichait une ambition appréciable. Pourquoi ces deux films restent-ils aussi ignorés par rapport aux autres Verneuil ? Est-ce à cause (surtout pour Mille milliards de dollars) de leur caractère dérangeant?

Mille milliards de dollars n'a même pas l'aura culte de I comme Icare alors que je le trouve plus vraisemblable et plus maîtrisé que ce dernier film.

N'y a t-il pas d'autres fans ?


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De Tante Jeanne, le 3 mai 2005 à 14:40

Si si , il y a d'autres fans qui partagent votre avis sur le sujet!

A revoir et à faire voir…


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De fretyl, le 30 août 2007 à 02:33
Note du film : 4/6

C'est vrai que ce film est dérangeant, plus que I comme Icare car le sujet est plus que jamais d'actualité, le film passionnant est bourré de chiffres et d'économie. Dewaere est comme d'habitude très bon et les second rôle lui renvoi bien la balle.
Certains se demandèrent a sa sortie si Verneuil n'avait pas fait sa carte du PC, car Verneuil habitué a concocter des films populaires spectaculaires à succès en était a son deuxième film politique en moins de deux ans.

Mais le défaut du film c'est que Verneuil a voulu faire un film a l'américaine (comme d'habitude) et l'ambiance qui avait fonctionné dans d'autres de ses films tombe ici à plat. La musique de Sarde ne colle pas du tout aux images et au film et au fond on a l'impression que le perfectionniste qu'est Verneuil en cherchant pourtant à s'appliquer, s'est un peu cassé la gueule cette fois ci.

Le film nous fait donc penser à la fois à un Boisset pour son coté film a thèse et a l'arrière-goût d'un mauvais Mocky surtout à cause de plan et de dialogues parfois mauvais.


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De jipi, le 30 août 2007 à 10:09

C'est vrai qu'il y a mimésis entre Verneuil et Boisset.


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De Impétueux, le 7 septembre 2008 à 20:25
Note du film : 3/6

Découvrant ce film, je vais me ranger davantage du côté de Frétyl que de celui de Verdun, dont je suis navré de ne pas partager la ferveur !

Henri Verneuil fut un excellent artisan de la mise en scène, auteur de films solides et honnêtes, du Fruit défendu au Clan des Siciliens, en passant par des œuvres qui approchent l'excellence, comme Le Président, Un singe en hiver ou Mélodie en sous-sol. Il lui est venu sur le tard l'idée de faire mieux qu'il ne savait faire et de devenir une conscience ; d'où in fine, la jolie nostalgie des origines arméniennes – qui fut un bide total – de Mayrig et de 588 rue Paradis, d'où, un peu auparavant, le gratouillis politique d'I comme Icare et de Mille milliards de dollars.

Il est vrai que la dénonciation de la malfaisance des multinationales, quoiqu'elle soit assez sommaire et caricaturale (comme d'ailleurs dans Le sucre – 1978 – ou dans Une étrange affaire – 1981 -) est sacrément pertinente et bienvenue.

Ou, plus exactement, qu'elle était fort bienvenue à une époque (1982) où l'on pouvait encore penser que ces fortunes anonymes et vagabondes n'avaient pas encore gagné la partie et qu'il y avait, selon une expression convenue, une autre politique possible). Vue aujourd'hui, où les désastres s'accumulent et où rien ne paraît retarder la course à l'abîme, la constatation est amère : quelques mots de l'article de Paul Kerjean (Patrick Dewaere) que dactylographie sa femme (Caroline Cellier) l'expriment fort bien : Les multinationales cherchent à broyer les frontières, les États et les intérêts collectifs ; à l'heure où elles y sont parvenues, ce rappel s'impose. Et il n'y a rien de communiste là-dedans (on n'est pas du tout dans le registre Prolétaires de tous les pays, etc.).

Mais une fois cela dit, on est tout de même un peu atterré devant l'extraordinaire médiocrité théâtrale des dialogues (écrits par Verneuil, lui-même, je crois et je crains) qui comptent parmi les pires que j'aie jamais entendus et qui parviennent à placer en porte-à-faux des acteurs aussi remarquables que Patrick Dewaere, Fernand Ledoux ou André Falcon ; difficile de décerner un bonnet d'âne de la réplique tant il y a de nombreux ratages : Nous avons déjà raté notre mariage, essayons de ne pas rater notre divorce (Dewaere à Cellier, naturellement), Ce n'est plus un achat, c'est ce qu'on appelle un pot-de-vin ! (Jean-Pierre Kalfon – absolument remarquable, soit dit en passant – à Patrick Dewaere) et les mots de la fin, de Patrick Dewaere : Je vais essayer de rejoindre la race des humains. Viens vite.

Dialogues atterrants, mais aussi invraisemblance des situations : que Kerjean parvienne, en saisissant un revolver opportunément scotché sous une table à se débarrasser du grand professionnel Jean-Pierre Kalfon est déjà fort de café ; mais que son reportage-choc sur la multinationale GTI soit diffusé dans L'écho de Vesons est à hurler de rire ; imagine-t-on une grande enquête pleine de révélations dangereuses révélée au public par le Petit bleu des Côtes-du-Nord, L'éveil du Valentinois ou L'abeille industrieuse de la Thiérache ? Il y a des limites aux contes de fées…


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De supaloopa, le 6 mai 2010 à 11:53

je ne suis pas de votre avis concernant les dialogues, ils sont très efficaces, à l'américaine justement! J'aime beaucoup ce film. Les gouts et les couleurs …


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De Gilou40, le 6 mai 2010 à 13:28
Note du film : 4/6

mais que son reportage-choc sur la multinationale GTI soit diffusé dans L'écho de Vesons est à hurler de rire ; imagine-t-on une grande enquête pleine de révélations dangereuses révélée au public par le Petit bleu des Côtes-du-Nord, L'éveil du Valentinois ou L'abeille industrieuse de la Thiérache ? Il y a des limites aux contes de fées…

Pas d'accord du tout ! C'était tout à fait crédible. Aucun grand journal, à la botte de tel ou tel parti politique n'aurait accepter de le publier, et même, étant redevable de quelques petits services rendus sous la table, se serait fait un plaisir de faire passer Dewaere pour un illuminé ! Rappellez vous la lettre d'aveux de Chalamont, que Le président Gabin gardait en secret chez lui. Il savait qu'aucun journal ne la publierait. Chalamont, Blier, s'apprêtant à devenir Président du conseil, Ils auraient tous étouffé l'affaire. Pareil pour le rapport de Dewaere….Non, c'est crédible !

Tant qu'à la phrase :"-Je vais rejoindre le monde des humains, viens !-" je la trouve plutôt jolie….


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De Impétueux, le 8 mai 2010 à 17:41
Note du film : 3/6

Aucun grand journal, à la botte de tel ou tel parti politique n'aurait accepté de publier le reportage dénonciateur de Patrick Dewaere, contraint donc d'écrire dans L'Écho de Vesons, ce que je trouve invraisemblable et que vous estimez justifié, Gilou40 ; là encore, nous sommes en phase : aucun organe de presse ne peut se permettre de diffuser des éléments aussi sensibles et scabreux… (sauf, quelquefois des trucs du type Canard enchaîné ou Washington Post – le Watergate).

Dès lors, une fois L'Écho de Vesons paru, que croyez-vous qu'il puisse se passer ? L'aire de diffusion d'une feuille locale est d'une telle limite que, si elle n'est pas reprise par l'AFP et l'ensemble de la presse, l'information, si éclatante qu'elle puisse être, s'affaisse comme un soufflé trop cuit, comme un petit bonhomme qui s'enfonce dans les sables mouvants en faisant des moulinets de bras spectaculaires et insignifiants.

Cela a toujours été ainsi. L'est moins depuis qu'Internet a donné à la moindre nouvelle une capacité à faire trois fois le tour du monde en vingt secondes ; mais alors là, c'est souvent le règne de la propagation des hoax et des cingleries de toute nature…

Bref, rien n'est simple ; je maintiens toutefois que le scoop lancé par L'Écho de Vesons, le film fini, ne fait plus grand bruit… Quel moyen aurait-il d'en faire ? La presse n'est qu'une chambre d'échos : lorsqu'elle est fermée, vous pouvez toujours hurler…


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De fretyl, le 9 mai 2010 à 00:37
Note du film : 4/6

Eh ben après coup je me demande si on laisserait aujourd'hui à Verneuil la liberté de réaliser les deux films politiques qu'il a sortit en 1979 et 1981. Mille milliards de dollars et I… comme Icare.
Aujourd'hui on peut se moquer des hommes politiques, inventer des fictions politiques, mais remettre en cause les médias, la puissance des lobbys, la presse, la politique, les multinationales, penser qu'il y'a dans la politique nationale et internationale des forces occultes est considéré comme Complotiste.
I… comme Icare dénonce la manière dont un état peu rendre impopulaire un adversaire politique gênant, la manière dont les USA (du moins un pays qui y ressemble) provoque des guerres civiles dans le monde entier, pour y prendre les puits de pétroles, ajouter assez à ça l'occultisme des multinationales de Mille milliards de dollars et vous en arrivez exactement aux thèses aujourd'hui professé par Alain Soral ou Thierry Meyssan. Sauf qu'aujourd'hui ce n'est plus de la mort de Kennedy que l'on doute, mais du 11 Septembre…
Complotiste Verneuil en serait certainement accusé, puisqu'il va jusqu'à dénoncer la lobotomie, l'aliénation subit par le peuple en nous montrant l'expérience de Milgram dans I… comme Icare.
Dommage que dans ces deux films, le style soit si démonstratif ; les réalisations, voir même les interprétations des deux films sont bonnes. Les sujets son intéressant et peuvent prêter encore aujourd'hui à des débats intéressants et presque encore d'actualité. Seulement dans les deux cas ce sont les dialogues qui plombent tout !
Dans les deux cas les dialogues sont écrits par Verneuil lui même et apparemment il n'était pas bon dialoguiste. Dans I… comme Icare on entend : -Qu'est-ce que j'ai fait pour qu'il m'arrive un truc pareil ? -Rien, vous avez simplement vu quelque chose, que vous n'auriez pas dû voir ou encore le débat lors d'un pastiche de L"heure de vérité sonne faux. Aussi Montand, type très cultivé qui sur la fin, ne connait pas la signification d'Icare.


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De Gilou40, le 9 mai 2010 à 01:14
Note du film : 4/6

Complotiste, Verneuil en serait certainement accusé, puisqu'il va jusqu'à dénoncer la lobotomie, l'aliénation subit par le peuple en nous montrant l'expérience de Milgram dans I… comme Icare.

Je ne crois pas que Verneuil serait très inquiété aujourd'hui, Frétyl, puisqu'il y a peu, une chaine de la TNT (je ne sais plus laquelle !) a présenté à 20h30, une émission intitulée Je jeu de la mort, directement calquée sur l'expérience de Milgram….Cette émission n'a , très heureusement, connu que deux opus…Il ferait beau voir qu'un cinéaste soit soupconné de "complotisme", alors que l'on sert cette soupe nauséabonde au bon peuple, à une heure de grande écoute.

Pour ce qui est de Montand qui ne connait pas l'histoire de Icare, si, il l'a connait. Il précise bien à son interlocutrice : "- En dehors de la légende classique, bien sur !-" Il cherche "autre chose", sans trop savoir quoi…

Mais tout à fait d'accord avec vous pour le débat qui sonne, oui, trés faux ! Et les dialogues un peu faiblards.


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De Arca1943, le 9 mai 2010 à 03:13

« …penser qu'il y'a dans la politique nationale et internationale des forces occultes est considéré comme Complotiste. »

Je ne connaissais pas ce terme, mais je veux bien l'utiliser si besoin est. Pour ma part j'ai plutôt l'habitude de fustiger la pensée conspirationnelle, mais ça veut dire exactement la même chose.

Qu'elle soit d'extrême-gauche (comme le "SIM" ou Système international des multinationales auquel croyaient dur comme fer les Brigades rouges) ou d'extrême-droite (le complot de l'ONU contre les États-Unis auquel croient dur comme fer toute une frange de l'extrême-droite survivalist américaine) en passant par toute la panoplie de théories conspirationnelles qui fleurissent en notre époque décidément bien inquiétante, la pensée conspirationnelle aura toujours pour elle "la camisole de force de la logique" (H. Arendt) et contre elle le fait qu'elle explique les événements avec une cohérence qui n'existe nulle part dans le domaine de la réalité.

« Rien n'arrive par hasard », on pourrait dire que ce principe est commun à la plupart d'entre elles sinon à toutes.

Ce que les conspirationnels de tout poil refusent d'admettre, c'est le rôle majeur joué dans le mal par l'aveuglement, ou en tout cas la myopie, pour ne rien dire de l'ignorance, de la bêtise, de l'inattention à la conséquence de ses actes. Et aussi d'autre part, par la contingence, le hasard, par la fortuna bonne ou mauvaise.


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De verdun, le 14 octobre 2012 à 15:06
Note du film : 5/6

Après avoir revu Mille milliards de dollars, je baisse ma note de 6 à 4,5-5.

J'ai pris un plaisir extrême à revoir ce film huit ans après mon précédent visionnage alors que j'avais peur, notamment au vu de vos critiques de tomber de haut. Evidemment la dénonciation du pouvoir immense des multiplications reste d'une étonnante pertinence. Ainsi le moment où le patron de GTI, la multinationale du film, indique qu'il souhaite voir gravé sur la tombe le chiffre du cours de l'action de son entreprise au jour de sa mort. Ou bien l'avant-dernière scène dans laquelle Kerjean-Dewaere comprend que son journal est aux mains de la grande entreprise qu'il entend compromettre, scène d'autant plus troublante à voir durant cette semaine d'octobre 2012 où plus que jamais la participation des Bouygues ou Bolloré dans les médias est remise en question.

Evidemment, certains défauts subsistent: des dialogues parfois emplis de clichés qui auraient dû être retouchés par un Semprun par exemple. La scène où Dewaere tue Kalfon grâce à un pistolet scotché sous sa table est totalement invraisemblable alors que le suspens y est réelle. Un certain didactisme peut agacer dans la séquence de reconstitution du procès de Nuremberg peut agacer mais rien de grave. La fin semble vraiment trop optimiste pour celui qui a vu Un juge en danger, Parallax view, A chacun son dû, Cadavres exquis, L'attentat ou bien sûr le précédent Verneuil, I comme Icare. On se serait attendu à voir le tueur récupérer le dossier du journaliste et que l'affaire soit enterrée.. En revanche, la révélation du scoop par "le courrier de Vesons" me semble moins grosse à la re-vision: il est en effet précisé dans une scène du film que cette feuille de chou devient un quotidien d'envergure nationale, disponible à Paris."On demandera le courrier de Vesons comme on demande "France-soir" entend-t-on à un moment si ma mémoire est bonne. La photo fait un peu vieillotte et on regrette un peu les bandes-sons puissantes de Morricone même si la sobriété de celle de Sarde.

Ces réserves faites, le film reste prenant, servi par de remarquables comédiens: Dewaere, dans un rôle plus calme qu'à l'accoutumée, Kalfon génial en tueur froid, Falcon en rédacteur en chef, le très oublié Michel Auclair en cadre frechie de GTI et surtout Mel Ferrer, acteur souvent jugé falot voire mauvais, qui est remarquable de prestance en PDG cynique de GTI. A noter que l'acteur avait hésité à accepter ce rôle, craignant et on peut le comprendre,un certain ton anti-américain du film, alors qu'il n'hésitait pas par ailleurs à participer à la même époque à bien des séries Z transalpines minables.

Bilan donc très positif: les maladresses, les grosses ficelles, les invraisemblances et les défauts existent (la scène avec Jeanne Moreau est moyenne) mais c'est beaucoup moins grave que celles revues dans Le clan des siciliens, Peur sur la ville ou I comme Icare car ici le cinéaste a moins sacrifié que dans ses précédents films la cohérence au profit du spectaculaire.


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De Garybrayd, le 19 mai 2016 à 21:35

Film toujours aussi passionnant avec un Patrick Dewaere au jeu moderne et convaincant.

Des sociétés GTI, il y en a des bien actuelles avec des profits toujours plus importants dans la poche d'un nombre de plus en plus restreint de personnes….


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