Forum - La Baie des anges - La passion du jeu
Accueil
Forum : La Baie des anges

Sujet : La passion du jeu


De verdun, le 14 février 2005 à 14:43
Note du film : 6/6

Un chef-d'oeuvre méconnu du cinéma français sur la passion du jeu qui,avec sa superbe photo en noir et blanc et son atmosphère désabusée,va complètement à l'encontre de l'image-colorée et festive- que l'on se fait du cinéma de Demy.

Jeanne Moreau y trouve ce qui restera sans doute son plus beau role.

A quand la réédition des grands films ignorés de Demy en dvd:"une chambre en ville","l'événement le plus important depuis que l'homme a marché sur la lune","la naissance du jour" ?


Répondre

De Impétueux, le 14 février 2005 à 17:09
Note du film : 5/6

Je signe des deux mains, en tout cas pour La baie des anges et pour revoir Jeanne Moreau absolument splendide !


Répondre

De alfredo 06, le 23 octobre 2005 à 11:12
Note du film : 6/6

Entièrement d'accord, ce film est remarquable, j'ai voulu l'enregistrer mais il me manque 15 minutes de la fin. Je suis prêt à acheter le DVD s'il sort un jour


Répondre

De Impétueux, le 12 décembre 2010 à 19:20
Note du film : 5/6

Ah, je suis bien d'accord avec qui dit que La baie des Anges est le meilleur film interprété par Jeanne Moreau, avec, sans doute, Ascenseur pour l'échafaud et Journal d'une femme de chambre… (et on se dit, d'ailleurs que la grande dame du cinéma français n'a pas tourné tant que ça de si bons films…).

Ce serait même un très bon film, et ma note serait plus haute encore (aux alentours de 5,5) si je ne ressentais encore le dépit donné par la fin, bâclée, bébête, ridicule, même, ce happy end qui dénature tout le discours du film, la soif du jeu, et, absolument invraisemblable, est inutile et malfaisant.

Mais sinon, c'est un très beau film, incroyablement efficace dans la représentation du fol assujettissement à la course insensée de la roulette, à la fièvre obsessionnelle qui naît dans les salons d'apparence si policés où des gens presque normaux et en fait complètement fêlés jouent davantage encore que leur argent ou leur équilibre, se sentent presque l'objet de forces cosmiques qui s'en emparent et les vident de leur sang. Précision clinique des gestes des professionnels, les changeurs, les croupiers, résolutions insensées et sans lendemain des joueurs, qui trouvent si simple de gagner, si évident aussi de perdre… Ce que j'aime justement dans le jeu, c'est cette existence idiote faite de luxe et de pauvreté. Si j'aimais l'argent, je ne le gaspillerais pas… L'honnêteté intellectuelle de Jackie (Jeanne Moreau) en impose…

Le film commence sur un plan superbe, un travelling arrière vertigineux, captant Jackie au lever du jour, au sortir d'un casino ; on n'a pas même le temps de se rendre compte si elle est gaie d'avoir gagné, accablée d'avoir perdu. En fait, on s'imagine bien que ça n'a pas la moindre importance ; ce qui la brûle, ce n'est pas l'appât du gain, c'est la fièvre du hasard. C'est l'heure où le soleil d'été s'est levé, dans une aurore encore frileuse. La Promenade des Anglais dort encore. Il a plu. Il n'est pas impossible que Jackie frissonne. Le fulgurant travelling qui l'abandonne est comme une image vertigineuse du retrait de la chance autour des tables de jeu.

À part Jackie et Jean (Claude Mann) qui s'entraînent mutuellement dans leur délire, et qui occupent l'écran la totalité du film, (il n'y a pas beaucoup de personnages plus principaux qu'eux) les autres protagonistes deLa baie des Anges, excepté les silhouettes, ne sont que deux : Caron, le jouisseur qui va contaminer son ami Jean (Paul Guers, très bon comme presque toujours) et le père de Jean, l'horloger méticuleux (Henri Nassiet) chacun incarnant une facette des possibles de la vie de Jean. Cette économie permet de resserrer l'action, de focaliser l'intrigue et de montrer, aussi, la solitude absolue du joueur, son fondamental égocentrisme (Jackie à Jean : Pourquoi je te traîne près moi comme un chien ? Parce que tu me portes chance, comme un fer à cheval !).

Et c'est bien dommage que, sacrifiant à on ne sait quelle bienveillance pour ses personnages, Jacques Demy, les fasse, dans la dernière minute, renoncer à leur dépendance. Par quel miracle ?


Répondre

De DelaNuit, le 15 décembre 2010 à 14:16
Note du film : 5/6

L'épilogue de La baie des anges est évoqué dans Model Shop, la suite désenchantée de Lola : on y apprend que le grand amour de Lola l'a finalement quittée pour la joueuse Jacquie, qui lui a mis le grappin dessus…

Il est en effet fréquent que les différents films de Jacques Demy soient connectés et que l'on reçoive des nouvelles inattendues de tel ou tel personnage.

J'ai lu que Jacques Demy avait eu le projet de faire se rencontrer Jacquie / Jeanne Moreau et Lola / Anouk Aimée dans un film ou une scène qui n'a finalement pas pu exister.

Il faut donc songer, en voyant La baie des anges, que son auteur avait l'intention de ne pas en rester là avec son personnage…

Actuellement, une exposition est en cours à la "médiathèque Jacques Demy" de Nantes sur l'oeuvre du cinéaste nantais, pour les 20 ans de sa mort et les 50 ans du tournage de Lola. Les cinémas nantais rediffusent aussi ses films pour l'occasion, notamment les cinémas "Katorza" et "Le Cinématographe". Pour les amateurs qui souhaiteraient revoir ses films sur grand écran et en profiter pour se promener dans les rues/décors de certains d'entre eux…


Répondre

De Impétueux, le 18 décembre 2010 à 13:54
Note du film : 5/6

C'est une habitude, effectivement, chez Jacques Demy d'entrecroiser les destins de ses personnages. Ainsi celui qui épousera Geneviève (Catherine Deneuve) et que l'on voit dans la station-service, à la fin des Parapluies de Cherbourg, c'est Roland Cassard (Marc Michel), l'amoureux de Lola (Anouk Aimée)


Répondre

De vincentp, le 20 octobre 2012 à 00:17
Note du film : 4/6

3,6/6. Très curieusement, je vois là un film plutôt poussif et guère intéressant, truffé de lieux communs, et daté. Louis Malle, dans un style un peu comparable (Les amants, Le feu follet), a fait mieux à la même époque. Et aussi Demy dont le Lola me parait plus réussi. Quant à Jeanne Moreau, dont je ne suis clairement pas un fan, elle ne me semble pas réaliser une prestation mémorable… Bon, ce film se laisse voir tout de même, mais en baillant un peu d'ennui… Mais la photo en noir et blanc est effectivement de belle qualité. Et peut-être que cet avis aurait été plus favorable si je n'avais pas démarré ce film un vendredi soir à 22h40, un peu fatigué…


Répondre

Installez Firefox
Accueil - Version bas débit

Page générée en 0.011 s. - 5 requêtes effectuées

Si vous souhaitez compléter ou corriger cette page, vous pouvez nous contacter