"Jouer quand même."

est son quatrième ouvrage sur le sujet. Rappelons que Lerner a reçu, en 1981, l'"Oscar du meilleur documentaire" pour son From Mao to Mozart: Isaac Stern in China
(présenté hors compétition à Cannes en 1981) dans lequel il saisissait, en marge de la révolution "culturelle" chinoise, l'essor du phénomène artistique, musical en particulier, au "Pays du milieu".
Je prie, avant tout, les lecteurs de bien vouloir m'excuser de m'exprimer, à titre exceptionnel et provisoire, à la première personne. J'ai découvert, presque en même temps, Miles Davis
et Jimi Hendrix
un peu avant la tenue du Festival de Wight. J'ai rapidement acquis la courte discographie officielle du "Voodoo Chile
", parcouru, à rebours, les oeuvres de Miles
à partir de "In A Silent Way" puis accompagné la carrière du trompettiste jusqu'à sa disparition, en 1991. Je reste toujours attentif, mais sélectif, aux publications posthumes des deux musiciens (je conseille, pour les amateurs de Miles Davis
, les récentes éditions des enregistrements des concerts "Live at the Fillmore East (1970)" et "Nights at the Blackhawk"). Ce préambule me paraissait nécessaire pour préciser et souligner ma longue attente d'un documentaire tel que Miles electric...
Et, vous l'avez déjà compris, je ne suis pas déçu, bien au contraire.

opérée à fin des années 1960. Pas de digressions inutiles, pas de tentatives d'explication transversale ou métaphysique (quoique Carlos Santana
ne peut s'empêcher de faire appel au divin), le réalisateur n'utilise que des faits et des témoignages de premières mains. Et quelles mains ! En dehors de Santana déjà cité (dont on a du mal à comprendre pourquoi il figure autant à l'avant-scène !), ce sont les musiciens de Miles Davis
à cette époque qui apportent leurs précieux commentaires. Citons en particulier le pianiste Herbie Hancock
, le bassiste Dave Holland
, le batteur Jack DeJohnette et les percussionnistes James Mtume
et Airto Moreira auxquels s'ajoute Joni Mitchell
, qui avait précédé Miles Davis
sur scène à Wight et dont les liens avec le jazzman sont étroits, notamment au niveau de l'influence musicale.
Miles electric...
ne tranche pas sur les motifs contingents, et non artistiques, du passage à l'électricité. Plusieurs raisons sont proposées pour expliquer cette évolution. De triviaux problèmes auditifs, qui s'ajoutaient à ceux vocaux, chez Miles Davis
comme le suggère l'extrait du "Steve Allen Show" de 1964 dans lequel le quartet joue "So What" ou la nécessité de relancer sa carrière commerciale**, transition diversement appréciée par la critique musicale. Mais cette (r)évolution a, avant tout, des origines artistiques. Et Murray Lerner montre bien la capacité, permanente, de Miles Davis
à ressentir la "pulsation" de son époque et à l'intégrer dans sa musique, l'influence de sa fugitive épouse, Betty Mabry et, tout simplement, sa volonté naturelle de provocation et de prendre des risques***.

. Parmi les moments particulièrement savoureux, citons l'intelligent parallèle fait entre la musique de Miles
et la boxe, l'hommage rendu à leur défunt leader par trois de ses musiciens (incroyable prestation d'Airto Moreira) et, bien sûr, parce qu'elle remplace tous les mots, la captation des trente-sept minutes du concert de Wight, point d'orgue (n'est-ce pas Keith
!) du film. S'il est permis de formuler quelques modestes réserves, on regrette le parti pris de souligner le rôle de l'album "Bitches Brew" sans évoquer plus longuement ceux qui l'ont annoncé et incontestablement fondé, "Filles de Kilimanjaro" et "In A Silent Way" (qui est à l'origine de la création du Weather Report). La fenêtre d'évocation nous semble également un peu étroite et l'on aurait aimé que le film mette en perspective le changement opéré par Miles Davis
dans un contexte plus large en abordant ceux que connaissait, à cette époque, le jazz, par exemple chez Charles Mingus
ou Thelonious Monk
(qui venait de sortir l'excellent et anticonformiste "Underground"). Pourquoi, enfin, ne pas avoir rappelé que le nom "anecdotique" donné par Miles Davis
à l'unique morceau joué à Wight était déjà le titre d'une composition de Zoot Sims enregistrée, en 1950, dans son album "In Paris". Concluons avec un souhait : que soit bientôt mis en chantier un documentaire solide sur les "enfants" de Miles
.

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Moi j'ai complètement adoré . Du grand Miles !
pour ceux qui aiment le bon polar ja vous conseille " Collateral " petit clin d'oeil sur MILES amusant!
Uniquement PC et non MAC...
Si tu parles de la base de données qui figure parmi les suppléments, je confirme : Mac et PC.
Comment est-ce que ça marche sur Mac ?
Il s'agit de deux fichiers dénommés "start" l'un MacOsX, l'autre MacOs9, dans la partie Rom du DVD (il faut ouvrir le DVD sur le bureau).
Petites précisions pour les amateurs de Miles Davis
:
1- concernant la critique : le document de Lerner comprend deux parties : la première qui mêle extraits d'interviews et documents d'archives ; la seconde, avec laquelle il se conclue (même s'il y a un épilogue) est l'intégralité du concert de Wight.
2- Miles electric
ne s'intéresse qu'à cette période charnière de la carrière du trompettiste, celle de la fin des années 1960. Il est donc complémentaire avec le Miles Davis Story
analysé par ailleurs sur le site.

