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Forum : Le Silence de la mer

Sujet : Ceci est une pub


De Arca1943, le 30 décembre 2004 à 05:20
Note du film : 6/6

J'espère que vous réalisez votre chance, amis Français, d'avoir sur DVD Le Silence de la mer, ce drame foudroyant de Jean-Pierre Melville ! Pensez voix larmoyante à tous ces pauvres Québécois, de l'autre côté de l'Atlantique, tous ces lecteurs de Vercors (enfin, il y en peut-être pas tant que ça, mais passons) qui se languissent de jamais mettre enfin la main sur ce film… et courez l'acheter! C'est un pur chef-d'oeuvre !


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De PM Jarriq, le 30 décembre 2004 à 08:35

A noter qu'il y a récemment eu un remake télé plutôt réussi, avec une actrice étonnante : Julie Delarme. Ce n'est évidemment pas du Melville, mais l'adaptation (mêlée à une autre nouvelle de Vercors) était habile.


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De Arca1943, le 30 décembre 2004 à 10:08
Note du film : 6/6

Un remake, vraiment? Je ne sais pas… Je suis content qu'il soit bon… Mais en même temps, ça me chiquote. Pour moi, ce serait un peu comme un remake de Rome, ville ouverte ou de la Bataille du rail : même si Le Silence de la mer a été tourné un peu plus tard (1947), on y sent la même urgence, on a la même puissante impression d'authenticité. La nouvelle de Vercors est une oeuvre de fiction, bien sûr, mais écrite en 1942, alors que se produisaient au dehors ces brûlants événements auxquels Vercors participa, comme Melville, au péril de sa vie. D'ailleurs "Vercors", comme "Melville", sont des pseudonymes qui furent créés non pour des raisons artistiques, mais de sécurité militaire… Et le film fut tourné par Melville dans la maison où Vercors avait écrit sa terrible nouvelle. Les auteurs étaient des résistants qui venaient tout juste d'en sortir. (Cela dit, ils n'étaient pas sectaires, c'est sûr, puisqu'ils avaient engagé Howard Vernon, acteur suisse d'origine néerlandaise qui, lui, pendant la guerre, avait animé une chaîne de télévision parisienne dont les programmes étaient diffusés dans les hôpitaux et autres Soldatenheime pour militaires allemands). Enfin, je ne sais pas… Ce n'est pas tant le cinéma de Jean-Pierre Melville qui est ma préoccupation, mais plutôt ce côté brûlant, ce côté d'urgence absolue du film original qui le rend incomparable – et si précieux.

Arca


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De PM Jarriq, le 30 décembre 2004 à 10:57

Rassure-toi, Jean-Pierre Melville et son film peuvent dormir sur leur deux oreilles (si je puis dire) : le remake n'est qu'un produit télé de bonne facture, mais consensuel et lêché, sans aucune commune mesure avec l'oeuvre d'origine. Il y avait eu un autre remake télé d'un Melville "Léon Morin, prêtre" (avec Robin Renucci, je crois). Qui s'en souvient ?


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De Impétueux, le 30 décembre 2004 à 13:12
Note du film : 2/6

Mais oui, ne pas s'en faire ! Lundi, c'était le remake de Volpone avec Depardieu, Jugnot et je ne sais plus qui (je n'ai évidemment pas regardé ; j'ai revu La piscine, ce qui s'imposait en ces temps polaires); qui peut croire qu'on va oublier pour autant Harry Baur et Jouvet ? Ce sont des produits de consommation sans lustre et sans éclat ; ça ne mérite pas même que nous écrivions tous les trois sur le sujet !


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De PM Jarriq, le 30 décembre 2004 à 19:54

Moi, j'ai vu vingt minutes de ce "Volpone" aussi déprimant que son générique promettait de l'être. Le spectacle d'un Depardieu hagard, approximatif, face à Daniel Prévost en roue libre et Jugnot en figurant de luxe m'a laissé sans voix. Je n'ai rien contre les remakes à priori, mais autant que le but à atteindre soit de faire oublier les versions précédentes. Depardieu et Prévost contre Baur et Jouvet ? Match évidemment inégal et (télé)film donc totalement superflu.

J'en profite pour réclamer un DVD du film où Jouvet atteignait certains sommets de son art. Rendez-nous le vrai "Volpone" !!!


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De Arca1943, le 30 décembre 2004 à 23:36
Note du film : 6/6

À Impétueux : alors vraiment, il fait un temps polaire, en France? Pauvres de vous. Ici, heureusement, la température a nettement remonté ces derniers jours : ça oscille entre -10 et -15 centigrades (sans le facteur éolien). Alors, jaloux?

À Jarriq : n'oublions pas qu'entre les deux, il y a eu un autre remake de Volpone, ou plus exactement une actualisation : The Honey Pot, avec le rayonnant Rex Harrison

Arca


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De Impétueux, le 31 décembre 2004 à 10:29
Note du film : 2/6

Polaire, le temps ! Jusqu'à 5° (au dessus, évidemment !) à Paris ! On est obligé de porter un manteau pour se promener, et j'ai même passé deux fois des chaussettes de laine ! C'est dire !

Vivement le réchauffement climatique qu'on nous promet pour le siècle à venir !


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De Impétueux, le 30 novembre 2007 à 18:49
Note du film : 2/6

Je n'avais jamais vu la première œuvre de Jean-Pierre Grumbach, dit Jean-Pierre Melville (pas davantage que je n'ai lu le livre de Jean Bruller, dit Vercors) dont Le silence de la mer est adapté, assez fidèlement, paraît-il .

J'ai regardé hier soir et j'en tire un sentiment plus que mitigé, sur le double aspect de la réalisation cinématographique et de l'idéologie qui sous-tend le récit.

Le film, d'abord ; c'est une gageure que de prétendre intéresser le spectateur à une intrigue pratiquement inexistante, limitée quasiment à un monologue dont on est à peine distrait par une voix off parcimonieuse ; et lorsque, qui plus est, cette intrigue se déroule presque tout entière dans une même pièce, devant un même feu, avec des personnages qui, soir après soir, observent les mêmes attitudes, cette gageure confine à l'impossible et on n'échappe pas à une répétitivité un peu ennuyeuse, qui m'a fait quelquefois aller, je l'avoue sans vergogne, aux limites du sommeil.

Le meilleur du film, il me semble, c'est d'ailleurs lorsque la caméra sort de la pièce étouffante : il y a de superbes images de neige, de paysages enneigés plutôt, et les scènes extérieures rafraîchissent, la visite à Paris, la séquence dans la forêt où Werner von Ebrennac (Howard Vernon) frémit de voir sa fiancée arracher les pattes d'un moustique.

Howard Vernon est d'ailleurs le meilleur atout du film, pour l'interprétation ; il est intelligent et sensible, maîtrisé et contenu dans un rôle bien loin d'être facile ; autant de raisons de s'étonner que sa carrière ait été aussi chaotique, répétant d'abord cent fois le rôle de l'officier allemand sanglé dans le long manteau de cuir, puis sombrant dans les plus minables porno-soft, de La vie amoureuse de l'homme invisible aux Expériences érotiques de Frankenstein.

En revanche, les deux autres protagonistes sont épouvantables : Nicole Stéphane par structure et absence de tout talent (il est vrai qu'elle est encore pire dans Les enfants terribles de Melville, l'année suivante) et Jean-Marie Robain parce que son grimage est ridicule : devant incarner un homme d'âge, alors qu'il n'a, au moment du film, que 36 ans, il ne parvient pas à créer l'illusion.

Me turlupine aussi le soubassement idéologique : alors même qu'un carton préalable, juste après le générique évoque les crimes de la barbarie nazie, perpétrés avec la complicité du peuple allemand (c'est moi qui souligne), toute l'œuvre dispense une atmosphère ambiguë, qui n'est pas sans évoquer la traditionnelle dialectique bourreau/victime, d'une façon moins scandaleuse et provocante, évidemment, et bien moins accentuée que Portier de nuit, mais, tout de même avec une sorte de ferveur humaniste qui me met personnellement mal à l'aise.

Car dans la rêverie romantique de Werner von Ebrennac, qui s'imagine pouvoir allier, dans un impossible syncrétisme, la force brutale et charnelle de l'Allemagne à la délicatesse éthérée et raffinée de la France (c'est-à-dire un Mâle à une Femelle !), je retrouve beaucoup du scandaleux propos de Robert Brasillach Nous avons été nombreux à coucher avec l'Allemagne et le souvenir nous en est resté doux.

Ce qui m'étonne, c'est que Vercors et Melville, dans ces conditions, authentiques résistants, aient pu écrire – ou filmer – des propos ou des images qui rejoignent assez, si l'on a les yeux un peu decillés, les glapissements de moukère en chaleur de Brasillach, doux jeune homme élégiaque, auteur d'un excellent Virgile et d'une remarquée Histoire du cinéma, et, en même temps, dénonciateur de Juifs.

Personne ne peut nier qu'il y ait eu, dans les troupes allemandes, d'excellents musiciens, bien élevés et amis de la France. De là à en tirer une parabole nostalgique…


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De vincentp, le 30 novembre 2007 à 19:56
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Un film formidable ! Que dire de plus ?


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De Arca1943, le 30 novembre 2007 à 20:21
Note du film : 6/6

Ah, cher VincentP, devant l'analyse d'Impétueux il va falloir quand même argumenter la chose un brin davantage que juste en collant la note "chef d'oeuvre" ! Disons que je n'avais pas du tout vu ce film comme ça, to say the least. De la même sauce que Brasillach? Rêvai-je? Pourquoi pas Déat pendant que nous y sommes ! Mais là, je n'ai pas sous la main de copie de ce film plutôt rare en nos terres pour lui dire son fait, à cet infernal trublion !


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De vincentp, le 30 novembre 2007 à 22:48
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Revu il y a peu au cinéma "la filmothèque" à Paris en compagnie d'autres spectateurs enthousiastes. Mais quelle mouche a donc piqué Impétueux, lui qui fait l'apologie dans ces colonnes, d'oeuvres oubliées de l'après-guerre, (qu'il est le seul à avoir vu), sous prétexte qu'un mamelon féminin y est dévoilé à la douzième seconde de la cinquantième minute…

Le silence de la mer est en premier lieu une adaptation particulièrement réussie d'une oeuvre littéraire, et l'on sait que le passage d'un médium à un autre réserve parfois de mauvaises surprises. Melville et ses collaborateurs recréent à la perfection l'atmosphère (et les comportements) qui pouvaient exister pendant l'occupation dans une petite bourgade française. Mon grand-père (alors modeste épicier à Saint Jean de Maurienne, sous-préfecture de la Savoie) m'en avait parlé en des termes qui s'apparentent à ce que l'on voit dans le film. Les autochtones subissent alors les événements, et pour eux le temps est comme arrêté. Ils essayent aussi de limiter les dégats matériels et pscychologiques pour leur propre compte, ce qui nécessite de développer des relations minimales avec l'occupant (question de pragmatisme).

Au sein de cet "occupant" (terme qui en dit long, soit dit au passage), des êtres forcément intéressants, dont on découvre progressivement, comme avec cet officier allemand, cultivé et intègre, toute l'humanité.

Les acteurs français incarnent des personnages muets ou peu bavards, mais s'expriment par des regards, et sont tous excellents. Nul besoin de multiplier les pirouettes pour exister sur un écran !

Une émotion grandissante envahit le spectateur, subjugué par la qualité de ce spectacle, et la grandeur du propos.

Melville signe un des très grands classiques du cinéma français ! Et réussit aussi par la même occasion une entrée fracassante dans la sphère du cinéma.


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De Impétueux, le 30 novembre 2007 à 23:47
Note du film : 2/6

Mais qui vous dit, ami Vincentp que je trouve irréelles les attitudes de L'Oncle et de La Nièce – seuls personnages français du film, d'ailleurs presque exclusivement tourné sur ces trois personnages, avec l'Officier allemand ? Je ne conteste pas du tout la réalité de l'attitude de refus adoptée par ces deux-là qui se sentent abominablement occupés, dépossédés de leur terre et de leur patrie.

Je dis deux choses : la première, que le cheminement psychologique qui se déroule en eux (j'ai tout de même lu, sinon la nouvelle de Vercors, du moins quelques propos laudateurs autour de cette nouvelle), que ce cheminement psychologique qui place les Occupés, d'abord terriblement hostiles et fermés dans une position d'acceptation de leur Occupant, si civilisé, si bienveillant, et qui va conduire la Nièce à aimer cet Occupant, que ce cheminement, donc, est fort difficile à rendre au cinéma et que Melville, qui est par ailleurs une de mes grandes admirations cinématographiques, n'échappe pas, dans ce premier film, à l'emphase, à la théâtralité et à la répétitivité. Cette atmosphère confinée de la pièce où, chaque soir, l'un fume, l'autre tricote et le troisième pérore peut fasciner, je le conçois ; j'y ai trouvé, pour ma part, ennui et artifice.

La seconde de mes observations porte moins sur le film que sur l'attitude décrite qui fut en effet bien caractéristique d'une adulation française vers la vigueur allemande ; j'ai cité le doux Brasillach ; Arca évoque Marcel Déat ; je pourrais appeler à mon secours (si j'ose écrire !) Lucien Rebatet : dans Les Décombres, il y a plein de pages opposant la force germanique, quelquefois brouillonne, mais animée d'un puissant sentiment vital à la grâce décadente et civilisée d'une France trop confortable. Je concède volontiers qu'il y a chez Rebatet de l'aigreur et du mépris pour son propre pays et que le thème du Silence de la mer est plutôt l'impossible fusion de deux courants importants de l'Occident, l'un et l'autre également admirables ; les qualités des deux peuples, éclatantes dans la littérature française et dans la musique germanique, si elles avaient pu être mariées auraient pu donner un éclatant et superbe témoignage d'une fusion réussie.

Cette fusion est ce à quoi ont rêvé pas mal de Collaborateurs français : pas du tout les petites frappes de Lacombe Lucien, voyous sans foi ni loi, ramassis de vermines terrifiantes, mais plutôt certains Rêveurs casqués qui se sont engagés pour combattre sur le Front de l'Est et ont été, en avril 45, parmi les derniers défenseurs de Berlin assiégé par les Soviétiques.

Une telle catastrophique abomination était, à mon sens, déjà contenue dans les billevesées d'Aristide Briand et de ses épigones, utopistes réconciliateurs forcenés de deux pays qui étaient bien loin d'avoir réglé leurs affaires.

Ceci nous emmène bien loin du cinéma, j'en conviens ; mais il est bien difficile de regarder ce film comme s'il avait relaté une situation d'occupation identique lors de la Guerre de 70, ou de celle de 14. En 40, l'Allemagne, chien enragé de l'Europe selon l'expression de Jacques Bainville, a vraiment perdu toute apparence de Civilisation.


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De vincentp, le 1er décembre 2007 à 00:17
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Vercors (et Melville) décrivent toute l'utopie qu'il y a à vouloir faire fusionner deux cultures de deux pays de grande dimension, très différents l'un de l'autre, séparés notamment par une histoire, une langue différente… Vercors examine de façon rationelle les arguments liées à cette idée de fusion et en montre son impossibilité, de façon symbolique (le couple, qui pouvait se dessiner, ne pourra exister). Brasillach développe de son côté un discours irrationel et soutient des idées -et une politique- insoutenables. Les visions de ces deux écrivains sont aux antipodes l'une de l'autre.


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De Impétueux, le 1er décembre 2007 à 10:16
Note du film : 2/6

Là encore, je ne dis pas le contraire ; mais que les motivations soient rationnelles ou non ne change pas grand chose à l'affaire, il me semble…

Dans la Résistance (la vraie : celle de Londres, celle des réseaux) ou dans l'Armée d'Afrique, comme dans la Collaboration (la vraie, elle aussi, celle des partis engagés, de la LVF et de la Division Charlemagne) cohabitaient des hommes à motivations et idéologies extraordinairement différentes. Mais la seule position tenable, et qui dépasse de loin toutes les convictions partisanes était qu'il fallait libérer la France, fût-ce au pris de l'alliance avec tous les diables.

Les belles âmes pacifistes, humanistes et admiratives du romantisme allemand et de la clarté française, telles Werner von Ebrennac, ont d'ailleurs été aussi cruellement déçues par la réalité de l'existence des antagonismes nationaux irréconciliables que les esprits femelles et pervertis qui poussaient de petits cris orgasmiques devant les Cathédrales de lumière.

Dans un pays en guerre, l'occupant est toujours l'ennemi, jusqu'à ce qu'il soit chassé et reconduit chez lui. Et ça ne souffre pas d'exception.

D'où ma surprise de voir Jean-Pierre Melville authentique résistant adapter une oeuvre aussi ambiguë.


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De vincentp, le 1er décembre 2007 à 10:39
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Certains ont combattu les armes à la main, ou simplement en ravitaillant les résistants. D'autres ont pu combattre avec leur plume, et en ce qui concerne Vercors, en exprimant un point de vue qui me semble clair et sans ambiguité (il ne peut y avoir de dialogue entre un occupant et des autochtones), et cela de façon non martiale, en couchant sur le papier des idées non caricaturales. Ceci explique sans doute pourquoi ce film conserve un caractère moderne.


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De Gaulhenrix, le 1er décembre 2007 à 11:59

« Dans un pays en guerre, l'occupant est toujours l'ennemi, jusqu'à ce qu'il soit chassé et reconduit chez lui. Et ça ne souffre pas d'exception. »

On ne saurait mieux dire, Impétueux… Mais alors – pour revenir à un ancien échange -, comment pouvez-vous prendre le parti de l'envahisseur romain contre les Gaulois ?


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De vincentp, le 1er décembre 2007 à 12:12
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Les films sur la seconde guerre mondiale ont souvent donné lieu à des polémiques, ou à des débats, tel celui qui nourrit ici le fil consacré à Le silence de la mer. Soit on regrette leur caractère de propagande (voir, entre mil exemples similaires, le film de Sirk sur Heydrich, Hitler's Madman), soit on dénonce leur aspect ambigü. Ainsi Lifeboat montre l'Allemand repêché comme étant l'individu le plus intelligent sur le canot de survie, ce qui a déplu. L'idée de Hitckock était simplement d'appeler les alliés à unir leurs forces pour combattre une armée nazie redoutable.


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De s é p i a, le 1er décembre 2007 à 13:11
Note du film : 3/6

Une brève intrusion dans ce débat passionnant pour y apporter un tout petit grain de sel:

Certains ont combattu les armes à la main, d'autres avec leurs plumes…

Je ne nie pas le fait que l'on puisse écrire certaines choses plus ou moins sensées (j'en suis la preuve !)qui peuvent faire bouger, à plus ou moins long terme, un peuple tout entier. "Quelques gouttes d'encre valent parfois plus qu'une tonne de blé…." Mais je crois que répéter que l'on combat avec sa plume a pu et peut encore provoquer un malaise chez certaines personnes que la guerre a meurtri à jamais.

Et ce pour deux raisons : D'abord, je ne me souviens pas avoir vu dans divers documents anciens, et encore aujourd'hui, défiler des soldats un encrier et une plume, toute Sergent-Major soit-elle, à la main. De plus, notre époque s'est vue envahie, elle, de "combattants" brushings et chemises ouvertes dont les champs de bataille sont les plateaux télé les plus pourris qui soient! Et chacun -suivant les modes car hélas certaines guerres en deviennent une- y va de son couplet sur le Darfour, l'Irak, Israêl, etc ….Pendant ce temps, sur place, d'autres combattants invisibles dans nos médias, comme l'étaient nos poilus dans les journaux de l'époque, et nos soldats dans la prose de beaucoup d'écrivains cités sur ce fil, se donnent sang et sueur pour pouvoir dire avec raison : J'y étais !

Respect pour les idées d'ou découleront peut-être de grandes décisions, oui ! Mais les cimetières Américains de Normandie, ou le silence effrayant des plaines de Verdun ne sont pas des annexes de librairie …


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De Arca1943, le 1er décembre 2007 à 14:47
Note du film : 6/6

« Mais je crois que répéter que l'on combat avec sa plume a pu et peut encore provoquer un malaise chez certaines personnes que la guerre a meurtri (sic) à jamais. »

Ah, mais c'est que la montée des fascismes en Italie puis en Allemagne est la cause de cette guerre et la guerre contre le fascisme commence bien avant la Seconde Guerre mondiale. Et le fascisme est entre autres un phénomène très, très verbal : une rhétorique, une propagande, une vulgate, une idéologie. C'est un combat qui commence en 1919 et non en 1939 pour des gens comme Giacomo Matteotti (social-démocrate), Amendola père (*) (libéral de droite), Piero Gobetti (libéral de gauche), don Minzoni (démocrate-chrétien), Lauro de Bosis (monarchiste constitutionnel), les frères Carlo et Nello Rosselli (Giustizia e libertà, gauche républicaine) ou Antonio Gramsci (communiste). Si je cite ceux-là, c'est qu'ils ont tous été assassinés (à petit feu dans le dernier cas, mais c'est tout comme) pour leurs discours, pour leurs articles, pour leurs livres, dans une guerre qui a commencé bien avant les invasions d'Hitler.

(*) Giovanni Amendola, député du Parti libéral italien, à ne pas confondre avec son fils Giorgio Amendola, membre (puis député après la guerre) du Parti communiste italien. (Ça devait faire de sacrées réunion de famille).


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De s é p i a, le 1er décembre 2007 à 16:33
Note du film : 3/6

Oh! Monsieur, c'est que je n'ai pas (et j'en suis navrée sans pour autant m'en excuser) toutes ces notions là….J'ai vaguement (mais alors très vaguement) entendu parler de ces gens exécutés pour leurs écrits. Mais mon manque de culture (encore navrée..) m'oblige à voir et interpréter l'Histoire brute de décoffrage. Je sais les guerres économiques, d'usure, froides, etc… mais pour moi la guerre reste un champ de bataille jonché de morts.

Je conço"savent pas, je vais au plus pressé… Mais soyez bien sur que je ne demande qu'à savoir !


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De Impétueux, le 1er décembre 2007 à 18:21
Note du film : 2/6

A Gaulhenrix, qui m'interroge cum grano salis pour savoir comment ce que je réprouve pour la France, je le revendique pour la Gaule : mais tout simplement que les peuples gaulois – quels que soient les mérites que je veux bien leur reconnaître – ne forment pas une Nation et ne sont pas fédérés sur un territoire ! ces notions-là sont d'institution assez moderne…On a pu dire que Bouvines, en juillet 1214, marquait la naissance de la Nation française ; auparavant, il y a des féodalités qui se montent les unes sur les autres, se font et se défont, marquent des allégeances en fonction d'intérêts tordus. La constitution autour des Légistes de Philippe le Bel, cent ans après (environ) formera le corpus doctrinal : inaliénabilité de la Couronne (donc du territoire), loi des mâles et tout le fourbi…

A Arca : votre science de l'histoire italienne est bien trop profonde pour que je me mesure sur quelque point avec vous… mais…il s'agit là du couple France/Allemagne ; je suis de ceux qui pensent que, quel qu'ait été le régime en place à Berlin, eût-il été communiste (spartakiste) ou démocrate (si Stresemann avait vécu, par exemple), les deux pays, inéluctablement se seraient à nouveau fait la guerre.

Le débat là-dessus nous emmènerait loin, bien plus loin que le cinéma le permet. Mais en tout cas il me semble que cette suite de messages sur un film que je persiste à trouver ennuyeux est de nature à rassurer ceux qui craignaient que le forum de DVD Toile ne sombrât dans l'invective et l'anarchie !


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De Gaulhenrix, le 1er décembre 2007 à 18:59

Votre explication, Impétueux, par l'absence de nation au temps de la Gaule me paraît bien spécieuse : comment Vercingétorix aurait-il pu fédérer des peuples gaulois contre l'ennemi romain, alors qu'ils étaient rivaux, , s'il n'avait su compter sur un fort sentiment identitaire qui, par-delà leurs différences, les unissait ? Lisez donc (ou relisez) le discours qu'adresse Vercongétorix aux chefs gaulois pour les convaincre de se rassembler, et vous prendrez conscience de sa modernité. D'autre part, vous vous dites gaulliste, n'est-ce pas ? Dès lors…

Allons ! il arrive à tout le monde de se contredire.

Quant au Forum, c'est le seul recours aux masques et aux avatars – source artificielle et perverse d'invectives et d'anarchie – qui fait problème.


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De Impétueux, le 1er décembre 2007 à 19:30
Note du film : 2/6

Gaulliste avec deux L, bien sûr et non un seul ; mais admettons que Vercingétorix (dont je crois ignorer à peu près tout) ait eu une vision d'avenir, presque une vision prophétique… N'était-il pas bien seul aux prises avec les démons tentateurs qui persistent, hélas, dans notre pays, l'individualisme, la jalousie, le prurit égalitaire, l'indiscipline ?

Mais vous admettrez aussi que, depuis deux mille ans, les situations ne sont pas identiques ; si j'admire infiniment l'histoire merveilleuse de Jeanne d'Arc et lui sais gré de s'être levée, adolescente inspirée pour bouter le Goddon hors de France, je suis prêt à lire les thèses (hardies, mais intéressantes) qui déplorent que l'union de la France et de l'Angleterre n'ait pu être réalisée du fait de son soulèvement. En revanche, s'agissant d'événements qui se sont déroulés juste avant ma naissance, que mes parents ont connu, et même de ceux qui, en 1918, ont tué un de mes grands pères, là, je n'ai pas la moindre hésitation : la Libération du territoire était le seul chemin possible…

Mais nous allons finir par créer un fil aussi long que celui qui orne les diverses aventures du Professeur Civeyrac !


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De s é p i a, le 1er décembre 2007 à 22:36
Note du film : 3/6

Hosanna !! Mais le voilà notre Droudrou avec ses jeux de mots foireux ! Ou étiez vous donc, vieux grigou ? Vous avez fait des cakes pour tout le monde, j'espère !


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