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Forum : Il était une fois la révolution

Sujet : SVP


De Crego, le 15 avril 2003 à 16:15

Rien à dire pour l'instant… A part "Youpi" !!!


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De Moonfleet, le 15 avril 2003 à 17:14

Pareil : Génial :-)


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De Jarriq, le 17 avril 2003 à 12:08

Et quel plus bel hommage au grand James Coburn récemment disparu, que cette édtiion de son plus beau rôle (avec "Pat Garrett" et "Croix de fer") ? Evidemment, il faudra se coltiner l'insupportable Steiger en même temps. A noter qu'il est bien plus acceptable en v.f. car son accent mexicain dans la version U.S. est abominable. Ce n'est pas le meilleur Leone, le réalisateur lui-même regrettait de n'avoir pas obtenu son cast idéal (Malcolm McDowell en Mallory et Jason Robards en Juan), mais il y a des tas de morceaux d'anthologie et une BO de Morricone à tomber par-terre.


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De Moonfleet, le 17 avril 2003 à 15:42

J'ai eu le privilège de voir ce film présenté par Léone lui-même peu de temps avant sa mort : Il n'en disait que du bien et je ne trouve pas que ce soit un Léone mineur. A réévaluer de toute urgence grâce au DVD :-)


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De Jarriq, le 17 avril 2003 à 17:59

Il est vrai qu'avec le temps qui a passé, la filmo dramatiquement brève de Leone et la mort de son cinéma épique et lyrique, "Giu' la testa" va probablement prendre d'autres couleurs et ne plus passer pour "le vilain petit canard" de la filmo du grand Sergio. Wait and see…


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De Arca1943, le 5 avril 2004 à 00:10
Note du film : 5/6

Bien que je l'ai souvent revu depuis, Il était une fois la révolution est un des coups de coeur de mon adolescence. En effet le film est ressorti en salles à Montréal au début des années 80 et c'est en salle que j'ai eu la chance de le voir, dans des conditions idéales : dans sa version intégrale (et non dans la v.a. mutilée de 120 min. qui circule ici sur VHS), sur un très, très grand écran et dans son excellente version française : comme le note plus haut un filmonaute, le faux accent mexicain de Steiger en anglais fonctionne mal, même si le reste de son jeu est plus que bien.

Ceci, entre autres, parce que la différence de méthode entre les deux acteurs – Rod Steiger très intense façon Actor's Studio, James Coburn d'une désinvolture suprême – correspond à la personnalité respective de Juan Miranda et Sean Mallory. C'est pourquoi, selon moi, le tandem fonctionne si bien. Il était une fois la révolution c'est d'abord, à travers combats, retournements et péripéties, l'histoire d'une solide amitié entre deux hommes dissemblables.

La confrontation des caractères donne lieu à de multiples scènes savoureuses, ma préférée étant quand Miranda libère des centaines de prisonniers politiques alors qu'il croyait cambrioler la banque de ses rêves. Et le voilà, médusé, à la sortie, qui retombe sur Coburn hilare. « Tu m'as dit que tu voulais entrer dans la banque, je t'ai fait entrer dans la banque. J'ai jamais dit qu'il aurait de l'or… Ha! Ha! Te voilà un grand héros de la révolution. Viva Miranda ! – Mais j'en rien à foutre de la révolution! Tout ce que je veux c'est l'argent! » Et voilà le pauvre Juan porté en triomphe, entraîné malgré lui par les opprimés reconnaissants…

À quel point j'ai été emporté par ce film d'aventures explosif, c'est difficile à décrire. Certes, il y a une «manière» Leone, dans la mise au point de chaque scène, qui donne un relief extraordinaire à ce qui est filmé. Il y a aussi, forcément, une des plus extraordinaires bandes sonores de film de l'histoire du cinéma. Morricone ne m'a jamais autant fait rêver que dans ce film. Il y a aussi certains "défauts" du film qui ont joué sur moi comme des qualités : notamment son caractère épisodique – qui est la rançon du picaresque – et sa longueur. Même ce côté parfois brinquebalant du récit confère au film une sorte de liberté pour moi séduisante. Il y a également (élément cher à mon coeur) ce trait narratif que j'ai toujours identifié au cinéma italien dit «commercial» (c'est-à-dire populaire), un trait aujourd'hui négligé, qui permettait de mêler tout naturellement le satirique et l'épique, la dérision et le lyrisme. (Mélange des tons qu'on retrouve dans des films aussi dissemblables que La Grande guerre ou Allonsanfan).

C'est que Juan Miranda, qui est là pour le pognon, n'y croit pas, à la Révolution. Au contraire : dans une scène inoubliable, le voilà déversant sa bile sur la révolution devant Mallory médusé qui, après l'avoir écouté jusqu'au bout, jette au loin son livre de Bakounine – lequel sera ramassé le lendemain, dans la boue, par l'officier lancé sur leurs traces…

Et puis, ce film, c'est l'image cinématographique de James Coburn dont je me souviendrai toute ma vie : vers le début du film, quand il fait à Steiger sa petite démonstration de nitroglycérine. Une seule petite goutte tombe de l'embout qu'il tient au bout de son bras et BAOUM !!! Il reste là, dans son grand cache-poussière, souriant de toutes ses dents au milieu du nuage de fumée… Plus cool que lui, tu meurs. James Coburn dans ce film, c'est l'Aventure en personne.

Tiens, je pense qu'à force d'en parler, je viens de me convaincre moi-même ! Je vais de ce pas piger dans ma précieuse saison Italie 1971-72 pour me retaper encore une fois Giù la testa ! Les nouveautés de mon club vidéo ne m'inspirent pas, ce soir… Massacre à la tronçonneuse, Comment ma mère accoucha de moi pendant sa ménopause, La Chambre des officiers attendront un autre jour…

Arca1943


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De PM Jarriq, le 27 novembre 2004 à 14:31
Note du film : 5/6

SVP, responsables du produit, faites en sorte que l'affront fait à l'oeuvre de Leone sur les précédentes éditions soit définitivement lavé et que "Giu la testa" reçoive le même traitement que "Il était une fois dans l'Ouest" et "Le bon, la brute, le truand", même s'il n'est pas tout à fait à la hauteur de ces deux films. Qu'on cesse une bonne fois pour toutes de charcuter ce film : qu'on laisse les flash-backs à leur place, les voix "off" où elles doivent être. C'est incroyable de penser que tant d'années après la mort du cinéaste, son oeuvre n'ait pas encore trouvé sa forme définitive. Il n'a tourné qu'une demi douzaine de films et seulement trois ont été réhabilités. Espérons qu'on va pouvoir enfin revoir "Il était une fois la révolution" dans toute son intégrité.


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De popelando, le 25 janvier 2005 à 23:18

Je cherche pour une biographe sur l'acteur Antoine St. John, qui a fais quelques roles dan le charactre d'un officier Boche. Je crois que il etait aussie en "Wind and the Lion". Si vous avez l'information, plait contact moi par courriel: popelando a hotmail.com. Merci.

Howdy. I'm looking for any information on the character actor Antoine St. John. I believe he was also the Kraut officer in "Wind and the Lion", but could be mistaken. If you have and bio stuff, please toss me an e-mail at popelando at hotmail.com


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De PM Jarriq, le 26 janvier 2005 à 09:35
Note du film : 5/6

Antoine St-John était effectivement dans "Le lion et le vent", également dans "Le vieux fusil" ou "Le secret" de Robert Enrico. Il a tourné sous plusieurs pseudos (Jean-Michel Antoine, Antonio Domingo, Antoine St-Jean) et il a disparu après un petit rôle dans "Cross" il y a presque 20 ans.


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De Arca1943, le 3 avril 2005 à 19:57
Note du film : 5/6

Voeu exaucé le 5 avril.

Ce film d'aventures picaresque et spectaculaire est un de mes plus forts souvenirs de cinéma, et tout ce que nous avons depuis des années, dans la zone 1, c'est une méchante VHS où le film est rebaptisé "A Fistful of Dynamite" et charcuté de près de 30 minutes. Et en version "Plein écran", en plus. Les deux derniers Leone auront décidément beaucoup souffert aux mains de leurs distibuteurs nord-américains.


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De PM Jarriq, le 17 avril 2005 à 20:44
Note du film : 5/6

Je viens de revoir le film et j'ai ensuite jeté un coup d'oeil aux suppléments (ce que je fais rarement, je dois dire). J'y ai entendu des tas d'explications (interprétations, plutôt) sur les flash-backs irlandais, dont une qui m'a surpris : selon le journaliste, ce serait Mallory le traître et il tue son ami au pub, par honte et jalousie ! Il semble pourtant clair et évident que l'ami en question vient d'être torturé et a fini par balancer son réseau. Et Coburn l'abat en prenant la justice entre ses mains. C'est ce geste qui le poursuit jusqu'au Mexique et non pas sa propre trahison. Si quelqu'un avait compris l'autre version, je serais curieux de l'entendre…

Ceci dit, après revision, quelque chose m'a sauté aux yeux, qui ne m'avait jamais frappé auparavant : les flash-backs justement, avec le trio amoureux à la "Jules & Jim" m'a paru beaucoup plus symbolique que réaliste. Cette fille rieuse, pleine de santé et de sensualité, allant d'un homme à l'autre dans un ralenti lyrique… Cette fille, ce n'est pas une fille : c'est l'Irlande ! Ou alors, la révolution ?


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De Guillaume, le 21 décembre 2005 à 17:25

Une interprétation douteuse.

Je doute vraiment que votre interprétation soit erronée, en fait toute personne normale et connaissant un peu les films de Léone aurait la même vision du film que vous, et c'est mon cas.


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De fretyl, le 24 septembre 2008 à 21:24
Note du film : 5/6

Avec Il était une fois dans l'Ouest, Il était une fois la révolution et Il était une fois en Amérique, Sergio Leone a filmé à sa façon un siècle d'histoire Américaine…et quel siècle…cent ans d'histoire faites de violence, de guerre, de banditisme, mais aussi un siècle qui emmena à une certaine paix et à une fondation démocratique Américaine plus juste.
De ces trois récits, Il était une fois la révolution reste celui qui m'intéresse le plus.
Le film est pour Leone un entraînement avant son épopée de Il était une fois en Amérique un peu comme il l'avait fait avec Et pour quelques dollars de plus juste avant de réaliser Le bon, la brute et le truand. De film en film, Leone a amélioré ses réalisations ; de Pour une poignée de dollars au Le Bon, la Brute et le Truand les espaces sont plus largement filmés, dans chacun de ses films le réalisateur devient un peu plus amis avec sa caméra, emmenant son cinéma jusqu'a son ultime souffle New-Yorkais.

Dans Il était une fois la révolution on sent le clivage post-soixanthuitard bien présent, la lutte des classes se fait sentir dés la première scène dans le carrosse ou s'écoeure mutuellement bourgeois et misérables.
Ce faux western reste un film politique entier, (je n'ai rien contre l'étiquette) le film critique les autorités, la morale bourgeoise ainsi que la bureaucratie et se veut une réflexion sur la véritable utilité des révolutions et du parcours des révolutionnaires eux-mêmes. Pas de héros hauts en couleurs, les personnages principaux ne sont pas sans faire penser à l'odieuse famille de Affreux, sales et méchants. Mais pour Leone ce sont ces gens là qui emmèneront par la violence et les armes à feu à une formule démocratique, les discours passent avant et après les armes et toujours dans la bouche d'hommes politique.
Un sacré film, sacrément anarchiste ou la citation de Mao : la révolution n'est pas un diner de gala a bien sa place.

Et que Truffaut ait qualifié le film à sa sortie de grand film malade et Leone d'enfant mal formé, renforce l'intérêt.


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De Arca1943, le 11 octobre 2009 à 00:15
Note du film : 5/6

« Ce faux western reste un film politique entier, (je n'ai rien contre l'étiquette) le film critique les autorités, la morale bourgeoise ainsi que la bureaucratie et se veut une réflexion sur la véritable utilité des révolutions et du parcours des révolutionnaires eux-mêmes. »

Je ne suis pas d'accord. Le film critique le pouvoir en place au Mexique en 1913 et il critique la révolution. Rien n'empêche une bonne fiction d'être à la fois pour et contre la révolution. Avec son bon sens terre-à-terre de paysan, le bandit Juan Miranda est un sceptique de la révolution, et on ne peut même pas dire désillusionné puisque pour ça il faudrait être sûr qu'il en a déjà eu l'illusion. Il est comme le Sancho Pança, le nécessaire contrepoids de Sean Mallory, qui est ou a déjà été plus romantique, plus idéaliste. On n'imagine pas Juan Miranda ayant des flashes-back nostalgiques et élégiaques, ce n'est pas son genre. Lui est aspiré dans la révolution à son corps défendant, il est lancé dans les événements sans l'avoir voulu ni cherché. Il faut ça dans un récit picaresque. Et dans la mesure où Juan Miranda incarne ici le Mexicain de base, le paysan sans terre et illettré, il est là pour rappeler, par son discours virulent contre les révolutions, que celles-ci se passent le plus souvent bien au-dessus de la tête des peuples, et qu'elles sont plutôt dirigées par des petites minorités d'idéalistes aux mains délicates, peu accoutumées à pelleter du charbon, comme celles du docteur Villega (excellent Romolo Valli !), et qu'en fait elles ne servent à rien parce qu'au bout du compte tout redeviendra comme avant, un establishment en remplace un autre et voilà tout.

Ça n'est pas pour dire que le film n'est pas politique, au contraire : mais que son sens politique est fluctuant selon le moment du film et selon les personnages. Pour qui a la fibre militante – de quelque bord politique que ce soit – il y a quelque chose de bizarre, je n'en doute pas, à tomber sur un "discours" qui n'est pas idéologiquement rectiligne, qui souffle le chaud et le froid, le pour et le contre. Mais dans une fiction, c'est normal. Il arrive que les grands narrateurs, les grands conteurs, comme Sergio Leone et ses scénaristes jouent avec les idées pour construire leurs histoires et produire de l'émotion. Pourquoi ? Pour des raisons narratives, des raisons de construction de personnages, qui dans une bonne oeuvre de fiction ont souvent le dessus sur les considérations idéologiques. Selon qu'on focalise sur Sean, lecteur de Bakounine, ou Juan, qui ne sait pas lire, on change de point de vue sur la révolution. Et vers la fin, Mallory s'est laissé convaincre par Miranda et ne veut plus faire la révolution, mais plutôt fuir vers les États-Unis avec le fric, tout comme le gouverneur…

Je suis en tout cas persuadé qu'un des charmes du film provient de cette façon de montrer la révolution comme une passionnante aventure tout en étant sceptique quant aux révolutions, bref d'être à la fois pour et contre la Révolution.


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De CinocheMyLove, le 22 octobre 2009 à 17:52
Note du film : 6/6

Il est bien dommage qu'on ne fasse plus de films d'aventures de cette trempe à notre triste époque de héros à deux balles. Explosif et spectaculaire, c'est du cinoche de haute gamme. James Coburn est magnifique.


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De vincentp, le 22 octobre 2009 à 20:35
Note du film : 5/6

Il est question d'une resortie en salles, en version longue. De quoi s'agit-il exactement ? Quelqu'un a-t-il des infos ?


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De PM Jarriq, le 22 octobre 2009 à 20:39
Note du film : 5/6

Apparemment, il s'agit de la version qu'on a toujours connue en France, c'est à dire avec le premier plan (pipi sur les fourmis), les flash-backs au complet, et la phrase finale de Steiger, choses coupées aux U.S.A.

La horde sauvage aussi, est souvent estampillée "version longue", alors qu'on l'a toujours connu en Europe sous ce montage-là.


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De droudrou21, le 23 octobre 2009 à 07:38

La horde sauvage quand le coffret est devenu disponible et sachant que le film avait été quelque peu mutilé j'ai été surpris de n'y rien trouver d'original ainsi les fameux suppléments scènes coupées sont dérisoires pour ne pas dire nuls pour ne pas enrichir le film !


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De Noodles Aaronson, le 21 janvier 2010 à 12:09
Note du film : 5/6

La révolution n'est pas un dîner de gala ; elle ne se fait pas comme une œuvre littéraire, un dessin ou une broderie ; elle ne peut s'accomplir avec autant d'élégance, de tranquillité et de délicatesse, ou avec autant de douceur, d'amabilité, de courtoisie, de retenue et de générosité d'âme. La révolution, c'est un soulèvement, un acte de violence par lequel une classe en renverse une autre. Mao Ze dong.

Excellente idée que la ressortie de ce film, vu par un après-midi pluvieux de novembre au Grand Action.

Giu la testa est avant tout le film d'une époque, 1971. Le cadavre du Che est déjà poussière depuis longtemps, la révolution de 68 est enterrée, l'Italie vient d'entrer dans les années de plomb, et deux ans plus tard, un certain général Pinochet écrasera à coups de bottes les derniers rêves d'égalité et de fraternité de tout un peuple.

Film désenchanté donc. Leone ne se fait plus trop d'illusions sur les révolutions : les intellectuels idéologues sont souvent des lâches qui envoient le peuple qu'ils prétendent sauver à la mitraille. N'importe quel hors la loi peut devenir un héros révolutionnaire par la force des armes, voire même sur un simple qui pro quo comme le montre une séquence d'anthologie du film. Oui, Leone sait tout cela. Et pourtant…

Et pourtant, semble dire Leone, même si la révolution n'est pas une kermesse héroïque, les conditions d'existence du peuple mexicain, réduit à l'état d'animalité par une oligarchie infecte, bouffie de suffisance et de mépris, sont telles que la violence demeure le seul moyen pour l'homme de lutter pour sa survie. Comme les petits gars du Bronx d'Il était une fois en Amérique choisissent la voie du gangstérisme pour sortir du pavé, le personnage de Juan Miranda (joué par Rod Steiger) n'a qu'une seule issue : prendre de force ce qui lui revient de droit. Mais la révolution lui offre une autre opportunité, l'opportunité inestimable de conquérir sa dignité. Etre fruste, quasi animal, seulement guidé par des appétits brutaux et qui ignore jusqu'au nombre de ses enfants, Juan va faire l'apprentissage de l'amitié, de la souffrance et connaîtra enfin, pour la première fois de sa vie, le sentiment de sa dignité d'homme. Ainsi la révolution est un acte de violence, ce n'est pas un dîner mondain ni un évènement littéraire, comme le dit Mao en exergue du film. C'est un acte sale, peu élégant, mais un acte nécessaire à l'homme qui veut conquérir son droit à être un homme. Relever la tête, enfin…


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De Arca1943, le 16 février 2010 à 02:59
Note du film : 5/6

« …la révolution de 68 est enterrée, l'Italie vient d'entrer dans les années de plomb… »

Ben là, faudrait savoir ! C'est soit l'un, soit l'autre. Croyez-moi, 78 a les deux pieds dans 68. La paranoïa délirante des Brigades rouges est un fruit on ne peut plus direct de cette époque pseudo-révolutionnaire où la pensée conspirationnelle était monnaie courante pour expliquer les faits et gestes du maléfique État "bourgeois".


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De Steve Mcqueen, le 4 avril 2010 à 12:12
Note du film : 4/6

Dernière apparition pour moi sur le forum, rassurez-vous… pour dire qu'à mon sens "Il était une fois la révolution" est le moins bon film de Leone… Ce qui ne veut pas dire qu'il s'agisse d'un mauvais film, loin de là. Mais Rod Steiger est horripilant en péon mexicain "plus vrai que nature", le grand Sergio filme explosions et autres tueries avec un certain je-m'en-foutisme, les bourgeois sont caricaturés (en même temps, vu le contexte…) et le film connaît de sérieuses baisses de régime.

Mais James Coburn est impérial en mercenaire irlandais bardé de dynamite, la séquence inaugurale de la diligence est remarquable, la musique de Morricone inoubliable ("chom, chom chom…) et la mort de Coburn terriblement émouvante.

Leone reviendra à ses premières amours avec le sublime "Il était une fois en Amérique, somptueux poème tragique, solennel et rigoureux…


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De Arca1943, le 7 octobre 2012 à 23:05
Note du film : 5/6

Sans doute imparfait mais ô combien explosif, Il était une fois la Révolution demeure un des plus beaux films d'aventures que j'ai vus – et carrément inusable avec ça: en remplacement du trop puéril Avengers, je viens de le revoir pour la énième fois ! Ce film dispose d'un charme spécial, qu'aucune analyse – voir l'autre fil ci-haut – ne parviendra jamais à élucider tout à fait.


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De Impétueux, le 7 juin 2014 à 19:32
Note du film : 3/6

Autant j'ai aimé et aime encore passionnément il était une fois dans l'Ouest, à la dimension tragique presque grecque, autant je n'entre pas dans Il était une fois la Révolution, qui m'a semblé lourd, poussif et didactique, malgré l'extraordinaire séduction que déploie tout au long du film James Coburn, qui a la souplesse et le sourire du serpent séducteur.

On y retrouve pourtant bien des qualités de Sergio Leone : originalité des angles de prise de vues, alternance rapide des gros plans et des plans larges, adéquation parfaite de la musique d'Ennio Morricone, sensation presque palpable de l'omniprésence de la poussière et de la crasse, violence, et même cruautés sans détours de bien des séquences, cynisme bien assumé des personnages.

Il y a, bien sûr, de gros moyens, des figurants par milliers, des explosions aussi spectaculaires que rigolotes et bien venues, des scènes impressionnantes qui restent en tête : ainsi l'exécution de prisonniers sous la pluie battante, aussi photogénique que désespérée. Et aussi une réelle complexité des personnages, dont aucun n'est admirable ou condamnable en soi, chacun se débattant comme il peut dans le marécage de ses contradictions.

Mais, passé le drolatique initial dépouillement des passagers de la diligence (tiens, au fait… les passagers de la diligence : il y aurait une monographie à écrire sur ce monde clos : voir L'auberge rouge et Boule de suif), passé, donc, ce drôle épisode, ça commence à se traîner. Même si Il était une fois la Révolution est un film assez long de plus de 2h30, et si Leone peut se donner les gants de prendre son temps, il faut tout de même attendre 45 minutes pour que les deux protagonistes principaux soient posés et que leur amitié commence à naître. Et j'ai trouvé bien diluées les péripéties suivantes, qui n'avancent qu'à coup de fusillades, de dynamite et d'exécutions sommaires. Ce qui, en plus, me semble fonctionner parfaitement dans Il était une fois dans l'Ouest, les flashbacks un peu vaporeux qui s'emparent, à un moment donné, de l'esprit du héros, Bronson ici, Coburn là, me paraît d'une complète artificialité…

J'ai bien compris que le discours de Sergio Leone sur l'essence même de la Révolution se veut nuancé, complexe et perplexe. Certes, certes et même si en 1971, au moment de la sortie du film, il fallait avoir un certain culot pour affirmer qu'en changeant de dirigeants on ne faisait que changer la couleur des chaînes, on ne va pas faire du film un grand pamphlet d'intelligence politique : je suis un peu surpris que le tragique y côtoie si souvent le burlesque. Vais-je aller jusqu'à l'iconoclastie absolue ? J'ai souvent trouvé que le couple ronchon et amical de Sean Mallory (James Coburn) et de Juan Miranda (Rod Steiger) était irrésistiblement le calque de l'histrionique duo Terence Hill/Bud Spencer, qui sévissait depuis 1967 (Dieu pardonne… moi pas) et dont l'acmé (On l'appelle Trinita) se situe en 1970.

Et puis il manque une présence féminine, un personnage qui puisse faire contrepoids…

Voilà bien de la rogne. Je sais tout de même gré à Leone de terminer son film d'une façon absolument noire, par la mort de tout le monde, le colonel Ruiz (Antoine Saint-John), le médecin Villega qui a faibli sous la torture (Romolo Valli, excellent) et, naturellement Mallory (James Coburn), l'insatisfait….

… et dont la mort m'a fait évidemment penser à la fin d'Un Roi sans divertissement de Jean Giono : Il y eut au fond du jardin l’énorme éclaboussement d’or qui illumina la nuit pendant une seconde. C’était la tête de Langlois qui prenait enfin la dimension de l’univers. Qui a dit “ Un roi sans divertissement est un homme plein de misère ” ?. Ce qui pose Mallory à un assez beau niveau.


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