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Sujet : L'éclatante élégance de Max Ophuls...


De Impétueux, le 12 novembre 2004 à 19:09
Note du film : 6/6

Superbe, admirable adaptation de trois nouvelles de Guy de Maupassant. On croirait que Max Ophüls s'est employé à réunir pour ces trois séquences unies par un formidable talent et une virtuosité extraordinaire, un florilège du cinéma français…

Imaginez une distribution qui réunit Gaby Morlay, Claude Dauphin, Madeleine Renaud, Pierre Brasseur, Jean Gabin, Danielle Darrieux, Daniel Gélin et bien d'autres… ?

On croit rêver, non ?


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De vincentp, le 4 mai 2005 à 21:28
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Complètement d'accord avec votre point de vue.

Est-il possible que ce film n'existe pas en DVD ?


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De vincentp, le 5 mai 2005 à 00:10
Note du film : Chef-d'Oeuvre
  • les décors du port sont de Jean d'Aubonne
  • la photographie, de Christian Matraset et Philippe Agostini
  • la "virtuosité des mouvements de caméra" d'Alain Douarinou "le plus grand caméraman français", selon Pinel
  • les costumes sont dessinés par Georges Annenkov
  • la musique "ennivrante" de Joe Hajos et Maurice Yvain
  • la voix grave de Jean Servais
  • les dialogues de Jacques Natanson.
  • plus "une interprétation éblouissante par une ribambelle d'excellents comédiens, même pour les petits rôles".

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De Impétueux, le 5 mai 2005 à 09:12
Note du film : 6/6

Je partage votre sentiment sur Lola Montes, regardée plusieurs fois avec beaucoup d'attention, beaucoup de passion, même pour Max Ophuls, mais qui me paraît, à juste titre, avoir beaucoup déçu ; avec la meilleure volonté du monde, c'est un film raté.

Mais Ophuls est un cinéaste incomparable, par ailleurs. Le Plaisir est un admirable chef-d'œuvre et Madame de un film qui, à mon sens, est au delà du chef-d'œuvre : une merveille bouleversante et éternelle; Pourquoi tout cela ? Parce qu'Ophuls est un cinéaste, quelqu'un qui sait que la caméra a un rôle dans le film, le rôle le plus éminent, peut-être… Quelqu'un qui sait que le mouvement est l'essence même du cinéma, avant même les acteurs, la musique ou les dialogues…


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De Impétueux, le 8 septembre 2009 à 17:43
Note du film : 6/6

À ceux qui prétendraient, contre toute évidence, que le cinéma, ça n'est jamais que du théâtre filmé, il faudrait recommander, toutes affaires cessantes, de regarder ne serait-ce que les trois premières minutes de la première histoire du Plaisir, film qui en conte trois, histoire intitulée Le masque, minutes qui sont un vertige absolu, où une caméra virtuose cueille en quelques plans la frénésie de la fête tout autant que la folie de qui ne se résigne pas à avoir vieilli. Saisi dans sa cavalcade, Ambroise, le masque (Jean Galland) perce littéralement l'espace, traverse les étages, les paliers et les coulisses du Palais de la Danse, dégringole les escaliers au milieu d'une foule à bout d'excitation et se lance dans un furieux galop qui l'étourdit jusqu'à l'ivresse… Merveilleuse, grisante leçon de cinéma !

Après Le masque, la dérision et la pitié pour la pauvre humanité (on sait que Maupassant, de qui les trois histoires sont adaptées, n'est pas précisément un auteur insouciant !), c'est La maison Tellier, conte sarcastique et ricaneur, mais frais, aussi et presque paisible (en tout cas le récit filmé est plus tendre que le récit écrit) ; c'est le corps central et le plus long du Plaisir, clivé entre la chaleur presque bourgeoise de la maison de tolérance et la gaieté verdoyante de la campagne normande. Sur le leitmotiv de la plus ravissante mélodie de Pierre-Jean Béranger, Combien je regrette…, il y a ces moments de grâce où la pureté de l'enfance à sa première communion touche aussi bien les filles que les villageois. Et la presque idylle impossible entre Joseph Rivet (Jean Gabin) et Rosa (Danielle Darrieux) qui, d'ordinaire, ne cesse de chanter que pour boire, et de boire que pour chanter touche un peu à ce miracle d'un jour.

Et puis, le soir, les filles revenues dans la Maison, à Fécamp ou à Dieppe, les choses reprennent leur cours, triviales, banales, agitées…

Si ma note est de 6, et n'atteint pas le niveau du chef-d'œuvre, c'est que la troisième histoire, Le modèle, avec Simone Simon et Daniel Gelin apparaît comme plaquée et superflue ; initialement, paraît-il, Ophuls avait souhaité adapter La femme de Paul, moins mélodramatique et sans doute plus véridiquement tragique (la maîtresse d'un jeune homme exalté est reprise, si je puis dire, par ses amies lesbiennes ; il se tue) ; Ophuls n'a pas eu, semble-t-il, les moyens financiers de tourner ce conte noir qui se passe dans une guinguette de la Marne ou de la Seine, ce qui aurait nécessité la présence de beaucoup d'acteurs et de figurants. Il s'est donc rabattu sur une histoire à deux personnages, un peu prévisible et à l'issue d'emblée trop claire .

Mais tel qu'il est, Le plaisir, ses images éblouissantes, la qualité impériale de sa distribution, la voix grave de Jean Servais qui ponctue les épisodes, est un film qu'on est atterré de ne pas trouver en France dans une belle édition…


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De spontex, le 23 mars 2014 à 00:32
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Un joli film en effet, qui vaut bien les Chez Maupassant actuels. Je n'ai pas trouvé le 3e segment plus faible que les autres, même si c'est celui dont la chute est la plus évidente, au sens propre comme au figuré.

Bien que n'appréciant d'habitude pas les films à sketches, j'ai passé un excellent moment devant le Plaisir. J'ai curieusement trouvé le son du Blu-ray assez sourd, au point de devoir parfois mettre les sous-titres pour tout comprendre. Je n'ai pourtant pas l'impression que mon installation soit en cause.


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