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Sujet : Le côté vil des humains


De julie06, le 4 novembre 2004 à 08:42

J'adorerais que ce film sorte en dvd, j'avais 14 ans quand je l'ai vu pour la 1ère fois (je l'ai vu au moins 10 fois, ma mère était ouvreuse de cinéma), celui-ci et le pot de vin, à l'époque le cinéma italien avait la côte en France les films étaient pour la plupart excellents, les acteurs aussi.

J'aime ce film, pour son humour typiquement italien, drôle mais qui met en évidence le côté vil des humains.


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De Arca1943, le 4 novembre 2004 à 14:14
Note du film : 4/6

Ce que tu dis est juste, en effet : Telefoni bianchi est un joyeux jeu de massacre satirique, avec plein de blagues très cinématographiques (plan rapproché : en uniforme, le pauvre époux cocu d'Agostina Belli lui écrit de la lointaine Afrique, confortablement adossé à un arbre, avec le texte de la lettre d'amour en voix off – plan général: on est au milieu d'une furieuse bataille!). Le sens du grotesque et de la satire est au rendez-vous, et le portrait de l'industrie cinématographique sous le fascisme fait mouche. Le numéro de Gassman en cabotin cocaïnomane est hilarant. La partie de jambes en l'air entre la fausse ingénue Agostina Belli et le glorieux Duce qui a toujours raison est à se rouler par terre: " …Nous étions à l'abri des regards indiscrets…", narre-t-elle alors que les gardes de Mussolini, disposés de loin en loin, ne perdent pas une miette de la scène!

Mais quelques terribles moments mis à part, est généralement absente du film la dimension tragicomique qui donne à des comédies comme Le Fanfaron ou Une Vie difficile leur souffle puissant d'humanisme critique.

Il n'empêche que c'est quand même une très bonne farce et que, vu la scandaleuse rareté du prodigieux serial sur nos étagères, si Téléphone blanc sort en DVD, je vais m'en emparer séance tenante. Car c'est quand même bien mieux que Les Charlots, hein!


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De VIBORG44, le 16 décembre 2005 à 17:45

et pourquoi pas un petit film de risi en D.V.D même si ce n'est pas le meilleur


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De Arca1943, le 10 juillet 2008 à 14:45
Note du film : 4/6

Ce n'est pas le meilleur Risi, mais c'est loin d'être un échec : Telefoni bianchi est un film hilarant où le fascisme en prend pour son rhume. Qu'on nous le sorte !


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De kfigaro, le 31 mars 2009 à 09:39
Note du film : 5/6

J'aimerais également le revoir en DVD, Gassman était impérial dans cette farce loufoque sur le pouvoir et l'arrivisme en pleine période mussolinienne…


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De Arca1943, le 21 décembre 2010 à 14:58
Note du film : 4/6

Victoire, camarades ! (Ou peut-être devrais-je dire : Ladies & gentlemen). Ce Risi sort sur DVD en février 2011, en même temps que deux autres farces sur le (néo)fascisme : Nous voulons les colonels et Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas.

Certes, on aurait encore préféré La Grande pagaille, La Marche sur Rome… mais c'est très bien quand même ! Bravo, les distributeurs ! On voit que mes nombreuses lettres de menaces ont porté fruit…


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De Arca1943, le 4 mars 2011 à 02:57
Note du film : 4/6

C'est bête, je viens juste de remarquer cette mention dans le message initial, celui de Julie06 : « celui-ci et le pot de vin… »

Voilà que ça me revient : le Pot-de-vin (La Mazzetta) avec Nino Manfredi ! Ouais, ouais, ouais… Vu en salle au Québec, je devais avoir 16 ou 17 ans… Oh, que c'est loin, mais que c'est loin dans mon souvenir…


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De verdun, le 2 juin 2014 à 22:59
Note du film : 4/6

Un bon Risi qui me laisse une impression mitigée.

C'est une oeuvre d'une grande ampleur, fresque retraçant la carrière d'une arriviste prête à coucher avec le duce pour devenir une star.

C'est très certainement l'oeuvre du cinéaste la plus accomplie sur le plan formel: la reconstitution des années 30 est superbe, les décors sont variés, la photo superbe.

En revanche, sur les autres points, le film me semble inégal: Agostina Belli est parfaite de sobriété en belle écervelée mais son partenaire Cochi Ponzoni est assez terne.

L'intrigue est constituée de saynètes souvent réussies, parfois grivoises ou méchantes, comme le cinéaste les affectionne, mais l'ensemble donne une impression d'hétérogénéité. Le monde du spectacle en prend pour son grade. Ainsi, si l'apparition de Gassman en parodie de De Sica est savoureuse, Tognazzi m'a semblé camper un colporteur trop caricatural. Le manque d'épaisseur des personnages explique peut-être aussi l'insatisfaction du spectateur.

Dommage que le scénario pêche par son manque de rigueur et de densité car on était pas très loin d'obtenir un grand film. Cette réserve faite, la carrière d'une femme de chambre témoigne de la splendeur intacte du cinéma italien en ce milieu des années 70.


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De Arca1943, le 24 janvier 2015 à 20:10
Note du film : 4/6

«Le manque d'épaisseur des personnages explique peut-être aussi l'insatisfaction du spectateur.»

Oui, il y a de cela dans les raisons qui font que cette assez bonne comédie n'est pas une très bonne comédie. Toutes les règles de la comédie à l'italienne sont forcément implicites, puisque ce ne fut pas un "mouvement" avec manifeste comme les aimaient tant les critiques sauce Cahiers, mais au contraire quelque chose qui a surgi «dans le désordre, dans le tintamarre et l'improvisation, dans un creuset d'effronterie et d'irrévérence, dans la spontanéité et le hasard les plus grands» (dixit Fruttero et Lucentini). Et une de ces règles implicites, c'est que l'histoire doit se développer spontanément à partir des personnages et vice-versa, puisque ce type d'humour, même s'il est multicouches, est entre autres un humour de caractères.

Or, ici, les caractères viennent à manquer, car les personnages restent surtout des pantins, y compris le personnage central de la fausse ingénue Agostina Belli, même si elle est souvent hilarante. Du coup, l'histoire racontée ne s'impose pas comme une évidence et le choix des épisodes semble un peu arbitraire. (Ça arrive à l'occasion ; par exemple dans Nous voulons les colonels de Monicelli, c'est un peu le même problème.) Du point de vue de la farce et de la satire, on est servi quand même ; mais la magie, la jubilation (bonne ou mauvaise) qui accompagne l'art des caractères n'y est pas, ou seulement dans les rares occasions où perce la dimension tragique: ainsi l'agonie grotesque de Gassman est assez grinçante, pour ne rien dire de ce terrible moment où l'on saisit dans toute son horreur la vraie nature du monstre campé par Tognazzi.


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De vincentp, le 25 janvier 2015 à 11:01
Note du film : 4/6


La forme est très réussie (photographie, décors extérieurs et intérieurs), la mise en scène sans défaut. La relation entre le couple mal assorti ne tient pas la route une seule seconde et plombe le film. Cochi Ponzoni est tout simplement nul. Agostina Belli ne possède pas complètement la carrure nécessaire à son rôle, mais se débrouille. Je lui préfère Ely Galleani dans Au nom du peuple italien. Heureusement les séquences avec Tognazzi et Gassmann sont impeccables.

La carrière d'une femme de chambre opère des emprunts à nombre de films. Ré-emploi des mêmes personnages à divers moments comme dans Little big man (1970). J'ai pensé à Cabaret (1972), pour son ton faussement enjoué également, à L'oeuf du serpent (1977). On retrouve globalement le style relativement lent et le ton assez sombre récurrent du cinéma des années 1970. Lequel apparaît souvent daté aujourd'hui.


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De verdun, le 25 janvier 2015 à 19:33
Note du film : 4/6

Risi est un cinéaste toujours intéressant mais sa filmographie est très inégale. Dans un même film il est capable du meilleur comme du pire: c'est le cas de cette carrière mais aussi d"Ames perdues, de Moi la femme, de La femme du prêtre..


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De Arca1943, le 25 janvier 2015 à 21:08
Note du film : 4/6

Risi est un cinéaste toujours intéressant mais sa filmographie est très inégale

Eh oui, tout comme celle de Monicelli, de Comencini, de Philippe de Broca ou de Blake Edwards: pour qu'une comédie soit pleinement réussie, il faut un petit miracle, et il est déraisonnable de croire que ce miracle va se produire à chaque fois. Donc les spécialistes de la comédie sont tous inégaux, et même Chaplin a livré avec Un roi à New-York l'exemple, évidemment curieux chez lui, d'une comédie qui "ne lève pas", qui ne fonctionne pas.

En entrevue (notamment avec Jean Gili), Risi, Monicelli, Comencini expliquent tous quelles sont leurs comédies les plus réussies et lesquelles le sont moins. Monicelli, Comencini se déclarent artisans plutôt qu'artistes et insistent plus sur l'arte que sur l'art. Comme il s'est souvent plu à le souligner, Risi n'est pas un "auteur" au sens snob et élitiste des revues de cinéma françaises: c'est un entertainer, un spécialiste de la comédie et du spectacle populaires, ce qui implique par exemple de devoir réparation à son public quand il se plante au box-office: c'est pourquoi Sessomatto vient après Mordi e fuggi, par exemple. Risi: «Il y a le cinéma d'auteur et le cinéma d'équipe. Moi, je fais du cinéma d'équipe.» La comédie à l'italienne (1958-1978) est un cinéma de genre par excellence, et prétendre faire comme s'il s'agissait de "cinéma d'auteur" ne peut que lui nuire, peut-être même en déformer le sens.


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