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Forum : Les Granges brûlées

Sujet : Avis


De PM Jarriq, le 16 octobre 2004 à 13:22
Note du film : 4/6

La fameuse "qualité France" dans toute sa splendeur : scénar carré, dialogue efficace, réalisation fonctionnelle, vedettes au top, seconds rôles (Bouise, l'immense Paul Crauchet, Le Coq, Miou-Miou) en béton. Ce qui est drôle, c'est que ce genre de film réussi mais pas exaltant a complètement disparu des écrans aujourd'hui, ne trouvant son équivalent que dans le téléfilm. Et voyant ce qu'est devenu le cinéma français, on réalise le gouffre que, mine de rien, ça a laissé.


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De Arca1943, le 16 octobre 2004 à 18:26
Note du film : 4/6

C'est une chose curieuse, mais fort satisfaisante, aussi, de penser que l'étiquette "qualité France" a été popularisée au tournant des années 50-60 par les chics intellectuels des Cahiers du cinéma (à commencer par le redoutable André Bazin) dans un sens alors éminemment péjoratif, mais qu'avec le passage du temps, la connotation péjorative s'est, fort heureusement, perdue. Elle servait à qualifier (ou plus exactement à disqualifier) tout un pan du cinéma français des années cinquante, du côté par exemple de Duvivier, Becker, Autant-Lara, cinéma voué aux gémonies par les hérauts de la "nouvelle vague".

Dénoncé pour son manque d'audace, ce cinéma "petit-bourgeois" sacrifiait au "divertissement" (alors que le cinéma est une chose sérieuse) et au "cinéma spectacle" (tout le monde sait bien que le cinéma n'est pas un spectacle, évidemment!). Pire encore, le cinéma "qualité France" s'abaissait à raconter une histoire et à construire des personnages (et comme on trouve déjà une histoire et des personnages en littérature et au théâtre, pour ne rien dire de l'opéra, cela ne tient donc pas de la fameuse "spécificité filmique"). Mais le pire crime de tous – et il y a de quoi rire quand on pense aux positions politiques affichées par les intellectuels et critiques en question – c'était, bien sûr, que ces réalisateurs, ces scénaristes (comme Jean Aurenche et Pierre Bost, mis au chômage dans les années soixante par le nouvel ostracisme) – interprétaient et prolongeaient la culture populaire plutôt que de se placer du côté de la "grande culture" (qui, comme chacun sait, est la seule vraie).

Comment de prétendus progressistes ont-ils pu développer une mentalité antipopulaire aussi virulente et ne pas y voir de contradiction, ça, c'est une chose qu'en ma qualité de nord-américain un peu mal dégrossi, je ne chercherai même pas à élucider. D'autant que je n'étais pas né à cette lointaine époque !

Et bien que j'aime beaucoup certains films de l'austère "Nouvelle vague" (et même un ou deux Godard, comme Pierrot le fou et Alphaville), c'est avec un véritable soulagement que je retrouve la méchante "Qualité France" qui effectue un puissant retour dans les années soixante-dix, avec des bons films comme Les Granges brûlées – un film policier, si l'on veut, mais qui développe aussi une dimension ethnographique des plus passionnantes, en tout cas pour un étranger comme moi – et des classiques immortels comme Le Chat, Le Vieux fusil, Un Taxi mauve

Et signe des temps (un peu sur le modèle thèse antithèse synthèse) le p'tit nouveau Bertrand Tavernier, cinéaste venu de la critique de cinéma qui – oh joie suprême ! – sort Jean Aurenche et Pierre Bost de leur retraite forcée pour scénariser L'Horloger de Saint-Paul et ses films subséquents.

Tu notes avec raison que ce genre de films est redevenu rare : c'est Philippe Noiret, en entrevue à Radio-Canada il y a quelques années, qui notait cette disparition des productions de taille moyenne au profit soit des très grands trucs, soit des petits machins artisanaux. Mais ne soyons pas trop pessimistes, car la Qualité France a la vie dure : elle l'a prouvé en survivant à la Nouvelle Vague!

Arca1943


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De fretyl, le 2 avril 2007 à 01:57
Note du film : 2/6

Lenteur, mollesse on accroche difficilement à ce film.


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De jieme74, le 25 mars 2008 à 21:31
Note du film : 5/6

Très bon film, puisque j'y suis figurant et que je retrouve ainsi que moi-même des copains, des ambiances et surtout le pays où j'ai grandi. Les paysages du Haut Doubs, cadre de plusieurs films, sont bien représentatifs. Pour ce qui est de l'histoire, il faut s'accrocher et il est vrai qu'il n'y en a que pour Delon et Signoret.


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