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Sujet : Odette Joyeux, charmant petit monstre...


De Impétueux, le 4 octobre 2004 à 19:48
Note du film : 4/6

Pourquoi voter pour l'édition en DVD d'un film qu'on n'a jamais vu ? Parce que Claude Autant-Lara est un grand réalisateur et qu'Odette Joyeux a le visage le plus charmant du cinéma français, avec celui de Danielle Darrieux.

Ce n'est pas suffisant, ça ?

Alors, aussi, peut-être, parce que les livres de Sibylle Riquetti de Mirabeau, comtesse de Martel de Janville -Gyp, en littérature – ont été, au début du dernier siècle de petits chefs-d'œuvre aujourd'hui totalement désuets et que cette désuétude même vaut la peine qu'on s'y replonge…


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De peutingergolf, le 28 mai 2005 à 19:06

C'est un très joli film,très bien interprété par Odette Joyeux, Jacques Dumesnil, André Luguet.

C'est aussi une étude de mœurs et une analyse sociale. C'est l'œuvre d'un grand metteur en scène.


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De evsq, le 30 avril 2006 à 19:05
Note du film : 5/6

J'aimerais découvrir ce film dont on m'a tant parlé.


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De Impétueux, le 23 juillet 2011 à 19:07
Note du film : 4/6

Il y aurait un parallèle très intéressant à dresser : celui du Mariage de Chiffon et de Douce, tous deux de Claude Autant-Lara, tous deux adaptés d'un roman par le même Jean Aurenche, avec la même Odette Joyeux.

Douce, qui est un grand chef-d'œuvre, est un film absolument noir, absolument tragique. Le mariage de Chiffon est une comédie légère, qui n'évite pas, dans deux ou trois scènes, de tomber dans le vaudeville. Et pourtant, dans les deux films il y a cet ennui pesant des jeunes filles du monde, des jeunes filles des années d'avant la Grande guerre, des jeunes filles qui rêvaient à l'amour sans guère savoir ce que ça pouvait être, avant de s'engager dans un mariage qu'on réglait pour elles.

Le cadre des deux films n'est pas absolument le même, ni tout à fait la période : 1889 et Paris pour Douce, 1904 et une province mal identifiée (une étouffante petite ville de garnison – mais quelle bourgade ne l'était pas avant 14 ? -) pour Le mariage de Chiffon. Mais on retrouve presque les mêmes personnages : une très jeune fille un peu effrontée, un peu rebelle, entourée d'un père, ou d'un beau-père indulgent (Jean Debucourt ici, Louis Seigner là), d'une grand-mère ou d'une mère autoritaire (Marguerite Moreno ici, Suzanne Dantès là), des serviteurs qui ont vu naître la petite et donneraient leurs yeux pour elle (Gabrielle Fontan ici, Pierre Larquey là). Et, naturellement, un amoureux aimé depuis la petite enfance (Roger Pigaut ici, Jacques Dumesnil là).

Mais ici s'arrête la comparaison ; l'histoire d'amour de Douce de Bonafé va se terminer dans l'horreur et la malédiction ; l'histoire d'amour de Corysande de Bray, dite Chiffon, après quelques péripéties gentilles, s'achèvera par un heureux mariage ; et c'est donc un peu mièvre, un peu léger, spirituel et mondain mais aussi superficiel.

Pourtant il y a dans bien des séquences, au fond des yeux immenses d'Odette Joyeux toujours la même gravité triste ; comme la Cécilia d'Entrée des artistes, la Marie-Dorée du Lit à colonnes, l'Elfy du Baron fantôme, l'Anna de La ronde, il y a quelque chose de fêlé, d'abimé déjà dans ce visage-là, et de façon si forte qu'on en vient presque à oublier que dans Le mariage, elle interprète une adolescente de 16 ans, alors qu'elle en a déjà 28.

Les autres acteurs ont un jeu plus classique : les deux amis qui se disputent le cœur de Chiffon sont deux des belles prestances du cinéma français de l'époque, le charmant André Luguet et l'épatant Jacques Dumesnil (qui fut le magnifique grand-père, duc de Plessis-Vaudreuil, dans l'adaptation de Au plaisir de Dieu de Robert Mazoyer) ; Louis Seigner porte des fixe-moustaches ; Robert Le Vigan fait de brèves apparitions ; on aperçoit Bernard Blier, fort jeune, et plutôt maigri par rapport à Hôtel du Nord, quatre ans auparavant : c'est l'effet des restrictions de la guerre peut-être ; on voit quelques instants Raymond Bussières et la musique est de Roger Desormière, l'un et l'autre figures de la gauche progressiste… tiens donc… en 1942 ?

C'est un bon film, Le mariage de Chiffon ; mais la noirceur profonde d'Autant-Lara ne s'y voit qu'à peine.


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De New-JPL, le 10 avril 2012 à 09:40
Note du film : 5/6

Une première version du MARIAGE DE CHIFFON fut tournée en version muette, ving-quatre ans auparavant, par Alberto-Carlo Lolli. Il s'agit de l'adaptation du roman éponyme de la Comtesse de Martel, dite " Gyp ".

Outre une alléchante distribution qui tient toutes ses promesses – la pimpante Odette Joyeux, l'inénarrable André Luguet, ainsi que Louis Seigner, Larquey, Dumesnil, Le Vigan et Bernard Blier ( du temps qu'il était plus mince ! ) – le principal intérêt de cette charmante comédie est, pour le cinéphile littéraire, la déclinaison de l'intrigue autour du mythe de la Cendrillon, mais ici les enjeux sont inversés : ce n'est plus le souillon qui aspire à être une princesse, mais la jeune aristocrate qui aspire à la vie de souillon. Vecteur de cette amusant clin d'oeil au monde des contes de fées : le fameux soulier conservé par le Duc.

Il peut s'ensuivre une certaine interprétation de la notion d'" identité " : du fait même qu'il s'agit de son oncle, l'on pourrait en déduire qu'on ne devient, malgré tout… que ce qu'on est déjà soi-même, et que l'excentricité peut parfois n'être qu'un moyen à découvrir le bonheur au sein de sa propre nature.

Ce petit bijou est signé Claude Autant-Lara et préfigure certainement le chef-d'oeuvre qui va suivre : DOUCE.


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