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Sujet : Cavalcade éblouissante !


De Impétueux, le 4 février 2007 à 10:00
Note du film : 5/6

Philippe de Broca au meilleur de sa forme !

Ce n'est pas L'homme de Rio, sans doute, pourtant il y a du rythme, du mouvement, de la gaieté, des acteurs formidables, une caméra lumineuse…

Jean Rochefort en pianiste concertiste charmeur, séducteur, incapable de résister à l'attrait du moindre jupon, accumulant en strates depuis des années aventures et passades, jamais rassasié, mettant en péril sans méchanceté – mais sans vergogne, non plus – sa carrière et, davantage encore, le semblant de couple stable qu'il forme improbablement avec Nicole Garcia, infantile et délicieux est un personnage à la fois exaspérant et merveilleux de légèreté…

Et toutes, toutes, d'Annie Girardot à Catherine Alric succombent, ou ont succombé à ce charme virevoltant, auraient pu succomber, comme Danielle Darrieux ou succomberont peut-être, comme Catherine Leprince

Les histoires gaies de Dom Juan ne sont pas légion ; et il ne manque pas même quelques gouttes amères…


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De Impétueux, le 30 janvier 2008 à 22:29
Note du film : 5/6

En 1964, Adrien Dufourquet, L'homme de Rio, (si bien interprété par Jean-Paul Belmondo, qui avait alors tant et tant de talent), est revenu du Brésil, a été démobilisé, a épousé Agnès Villermosa (Françoise Dorléac), a vécu un bonheur sans nuages jusqu'à ce que, en 1967, cette chienne de vie, au détour d'un virage dangereux, lui ravisse Agnès, vraiment femme de sa vie.

Adrien, alors, a beaucoup changé. De nom, d'abord ; il s'appelle maintenant Édouard Choiseul ; de métier, ensuite : il est devenu pianiste virtuose ; de regard sur la vie, enfin : de fidèle qu'il était à sa merveilleuse Agnès, dont on lit le regret dans son œil toujours un peu triste, il est devenu une sorte de boulimique effréné, de Dom Juan invétéré, de cavaleur impénitent qui veut toutes les femmes, puisqu'il les aime toutes.

Il a refait sa vie, comme on dit si sottement, avec Lucienne (Annie Girardot), qui n'a franchement pas vraiment apprécié les numéros d'équilibrisme de son partenaire ; il vit aujourd'hui avec Marie-France (Nicole Garcia), qui n'est pas vraiment dupe de ses cavalcades chatoyantes, et qui sent monter, tout de même, au fil des jours, une incapacité à accepter les folies de cet homme aussi insatiable qu'inconsolable…

Cet homme, cet artiste couvert de femmes, les veut toutes et les a toutes, moins pour les aimer – on ne peut raisonnablement pas lui prêter une aventure avec son imprésario, Olga (Lila Kedrova), qui a quinze ans de plus que lui, et, malgré le charme extrême de Suzanne Taylor (Danielle Darrieux), il n'ira pas plus loin qu'une songerie tendre, avec elle – , moins pour les aimer, donc, que pour les inclure dans son capharnaüm de regret de ne pas, précisément, les avoir toutes…

En attendant, il s'amuse avec de jolies filles, pas vraiment malignes, comme Muriel (Catherine Alric), et il jongle avec les emplois du temps, les mensonges et les promesses ; mais quand il rencontre Valentine (Catherine Leprince), sa fraîcheur, sa sensualité, son insouciance, on a l'impression que, quinze ans après, il revoit, en un instant fugace, une Agnès hardie, belle, aimante…. mais les quinze ans ont passé, le monde n'est plus le même et il n'a plus le temps de recommencer….

Philippe de Broca a tourné là non pas son meilleur film, mais le plus tendre et le plus triste, un film rose et gris, sur l'éternelle insatiété, le temps qui passe, et l'envie d'embrasser tous les jupons du monde… Et Jean Rochefort, en Edouard Choiseul est bien à la mesure d'Adrien Dufourquet (Jean-Paul Belmondo), mort, presque en même temps qu'Agnès, sur une route de campagne qu'on n'a jamais trouvé aussi idiote que ce soir…


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De Arca1943, le 31 janvier 2008 à 00:12
Note du film : 5/6

Pourquoi ai-je le souvenir que ce film fut éreinté à sa sortie ? Peut-être parce qu'il le fut ?

En tout cas, je fais remarquer que le prix NORMAL à payer, et qu'il faut s'attendre à payer, pour avoir un Cavaleur, un Homme de Rio, un Roi de cœur voire même un Incorrigible, c'est par exemple, Les Tribulations d'un Chinois en Chine, Psy (que certains adorent, mais moi vraiment pas) ou On a volé la cuisse de Jupiter. La nature du comique, de la comédie est telle que FORCÉMENT on s'égare, on se trompe et même on on se fourvoie et ce, régulièrement. "Bon sang, c'est curieux, sur papier le script avait pourtant l'air…" et pourtant ça ne marche pas.

Les comédies moyennes ou carrément pas bonnes de Philippe de Broca ne diminuent en rien les bonnes et les très bonnes, ni évidemment son chef-d'oeuvre L'Homme de Rio. Aussi, quand on parle de comédie au cinéma, donc par exemple des comédies de Philippe de Broca, on sous-entend naturellement "celles qu'il a réussies". Et de même pour Blake Edwards ou Dino Risi : dire que ce sont des maîtres de la comédie n'exclut pas du tout qu'ils en ont réussi pleinement une sur deux, peut-être même une sur trois : ce qui est un "rendement" normal, et même supérieur à beaucoup, dans ce domaine casse-gueule par excellence.


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De Impétueux, le 1er février 2008 à 11:00
Note du film : 5/6

Vous avez raison, Arca et on est surpris de voir à côté de films enlevés, vigoureux, drôles et légers à la fois, de pénibles œuvrettes bâclées ou à bout de souffle ; c'est là sans doute le sort des cinéastes qui tournent beaucoup, et je vois aussi Patrice Leconte affligé par cette inégalité fondamentale entre ses films…

Cela dit, et après l'insurpassable Homme de Rio, bien sûr, Le cavaleur est de la meilleure veine, rapide et malin, désinvolte et complice… Pour être davantage, il lui manque sans doute cette petite touche tragique qu'un Risi sait distiller ; la vie d'Édouard Choiseul, cavalcade insatiable, n'est pas une très grande réussite ; mais, sauf à de rares moments, on fait comme si on ne s'en apercevait pas…


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De Azurlys, le 18 février 2010 à 13:24

Le DVD étant une aide précieuse aux défaillance de la mémoire, j'ai revu hier soir "Le Cavaleur" avec une joie sans mélange. C'est une de ces comédie douce-amère dont de Broca avait le secret, dans une coloration proche des comédie fofolles que tournaient les Étasuniens avant la guerre. Rien n'y est réel, et on patauge dans la fantaisie la plus débridée, et menée ici avec un rythme de cavalerie – c'est le mot : le Cavaleur, oui, il cavale de femme en femme, de rêve en rêve, d'un point à l'autre, et soudain, au milieu du film, ses "cavales" fantasques et sans retenue finissent par heurter le destin, et brise un moment la douce insouciance du héros. Il alors culbute dans la confusion entre une femme et son ombre ! Là, le temps marque le pas, un ange passe, le rappelle aux réalités et l'éveille de sa rêverie galopante !

Soutenu par une mise en scène brillante, une légèreté de ton qui ferait, s'il avait lieu, oublier quelques faiblesses, et un montage très vif, j'y vois, pour ma part, une très jolie réussite de la comédie "à la Française", drôle, croustillante, sans vulgarité, superficielle en diable, comme savaient être les Français eux-mêmes, ce qui faisait leur séduction.

La première moitié est savoureuse, le héros, au milieu de l'enregistrement d'un concerto, use d'un passage d'orchestre seul pour répondre au téléphone ! Se fait tancer par le chef, avant la reprise du motif au clavier, avant d'être interrompu à nouveau par l'arrivée intempestive d'un trio en provenance d'URSS, conduit par son agent, qui – le comble – néglige "le rouge" ! Entrecoupée d'interventions téléphoniques de jeunes et jolies femmes, le groupe termine son équipée parisienne dans une boite de nuit ou de jolies danseuses montrent leur talent(s) sur la musique d'Offenbach ! Alors la farce est jouée, un travelling latéral se fait sans heurt, vers une table ou le pianiste rédige sa déclaration de revenus !

La partie centrale évoquée plus haut est touchante. Sollicité pour un concert dans une vénérable demeure historique au fin fond d'une vallée, le charme se brise, à moins que ce soit le contraire, si l'on veut prendre "charme" dans son sens initial. Et patatras ! Il fait la confusion entre deux femmes, l'une jeune et frêle, peut-être un peu immature, et une dame plus mûre, séduisante malgré les ans, et séductrice encore, élégante, la grand-mère de la jeune femme ! Là, Édouard Choiseul reçoit brusquement sa (presque) cinquantaine sur la tête, et le rêve s'interrompt un moment, les minutes cessent de s'écouler et une nappe de mélancolie envahit son esprit, comme elle s'écoule aussi dans le film. Il est bien triste ce matin brumeux, sur le quai d'une gare de banlieue, où il tente de retrouver ses esprits avec difficulté !

Mais le récit s'assagit après cette apnée involontaire, et le rythme reprend mais avec moins de vivacité, et peut-être un peu moins de trouvailles. Mais je crois que cette œuvre est une réussite qui n'a pas eue la place qu'elle méritait, pas plus de "Le Roi de Cœur", dont Philippe de Broca avait fait sans doute, son film le plus insolite et le plus personnel.

Je vois dans Le Cavaleur une réussite indiscutable, et je ne veux pas me priver de la joie de cet humour décalé, un brin fou-fou, et séduisant comme une glace à la vanille !


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De Pianiste, le 17 novembre 2013 à 19:22
Note du film : 6/6

À la question "Qui d'autre mieux que Jean Rochefort pouvait tenir ce rôle ?", je répondrai: personne. Avec son charme british, il était l'acteur idéal pour jouer Le cavaleur. Il papillonne dans tout le film. Ses maîtresses toutes plus jolies les unes que les autres, sans oublier sa femme, superbe Nicole Garcia qui l'était aussi bien dans la vie que sur l'écran, semblent accepter de voir cet amant butiner à chaque fleur. Et il a bien raison de ne pas se priver car qui ne rêverait pas d'avoir une vie aussi romantique?

Le cavaleur est l'un des films les plus frais qu'il nous soit donné de regarder.


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De Pianiste, le 14 mai 2014 à 20:26

On finirait par envier le rôle de Jean Rochefort dans Le cavaleur. Le voir virevolter entre toutes ces jolies femmes rendrait jaloux n'importe-quel homme normalement constitué. Avec le temps, il est arrivé à se créer un véritable harem digne d'un sultan. Il y a déjà Annie Girardot, sa première femme avec laquelle il a eu sa fille aînée et qui après leur divorce s'est remariée avec Jean Desailly. Entre eux c'est encore une réelle complicité de tous les jours et il aime aller provoquer la jalousie de son successeur. Ensuite c'est au tour de Nicole Garcia, avec elle il a fondé un foyer presque idéal, leurs enfants en sont sa plus belle fierté. Je pense que c'est la seule avec laquelle il souhaite réellement vivre sa vie trépidante. Mais il y a les autres, comme la troublante Catherine Alric qu'il fait courir de train en train à la poursuite d'une nuit torride. Et impossible de ne pas citer la frivole Catherine Leprince qu'il aimerait bien ajouter à son tableau de chasse malgré son très jeune âge. On en arriverait parfois à oublier Danièle Darrieux, la grand-mère de cette dernière, qui a eu elle aussi une aventure avec notre Casanova.

Et malgré son butinage incessant de fleur en fleur, notre papillon trouve le moyen de diriger un orchestre tout en se louvoyant tel un serpent d'un mensonge à un autre pour rejoindre la couche d'une belle dame. J'ai revu ce film il y a quelques jours et je me suis rendu compte que plus on le voit, plus on s'attache à cet artiste qui comme un enfant gâté ne sait plus quel jouet choisir pour s'amuser, change de femme comme de chemise pour finalement revenir à ses premières amours….


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De Tamatoa, le 14 mai 2014 à 21:54
Note du film : 4/6

On en arriverait parfois à oublier Danièle Darrieux, la grand-mère de cette dernière..

Oublier ? Darrieux ? Grand-mère ? Oh là ! Oh là ! Oh là là là là, malheureux ! ! Savez vous, pianiste, que le grand éradicateur , le Godzilla de la plume et du forum en a viré pour moins que ça ? A genoux, chrétien ! Implorez son pardon ou effacez moi cette phrase inique ! Ou présentez lui vos confuses, mais bougez vous avant sa digestion !


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De Impétueux, le 14 mai 2014 à 22:32
Note du film : 5/6

Bof… quand on est assez fou pour qualifier de frivole la sublime Catherine Leprince, il n'y a rien d'étonnant qu'on intitule grand-mère Danielle Darrieux

Ce jeune homme n'a aucune idée de ce qui se fait. Mon haussement d'épaule n'en est que plus distant…


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De Pianiste, le 14 mai 2014 à 22:40

Là, j'avoue ne rien avoir pigé. La première est assez frivole lors de ses ébats avec des amis autour de la piscine et la seconde est bien sa grand-mère non? Donc, je ne vois pas ce qui vous fait sauter au plafond, mais bon…. En cette fin de journée, je dois être borné….


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De spontex, le 14 mai 2014 à 23:55

Impétueux aime Danielle Darrieux encore plus que vous n'aimez Jean Rochefort, Anouk Aimée et Godzilla réunis !


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De Pianiste, le 15 mai 2014 à 08:04

Merci Spontex, vous avez éclairé ma lanterne! Cela n'a aucune importance, j'aime ces échanges verbaux, ils font tout le charme du site! Et puis, je n'ai jamais dit que je n'aimais pas ces actrices. J'ai juste établi un constat. Tiens, d'ailleurs si je devais me mettre à la place de Jean Rochefort pour laquelle irait ma préférence? Ce serait Catherine Alric ma favorite, suivie de très près par Nicole Garcia et viendrait ensuite Catherine Leprince, puis ce serait au tour d'Annie Girardot pour finir avec Danièle Darrieux. Je parle de la préférence physique, bien entendu….

Mais bon, cela ne se discute pas et à chacun ses goûts. Restons-en à ceux du cavaleur qui sont une excellente distraction. C'est une très bonne comédie que je ne me lasserai jamais de voir et revoir. Une suite aurait même été la bienvenue. Certaines sont inutiles, mais pour ce film, quel plaisir cela aurait été de retrouver notre séducteur aux prises avec ses nombreuses conquêtes….


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De Impétueux, le 15 mai 2014 à 10:54
Note du film : 5/6

On ne devrait jamais vous laisser jouer avec les grandes personnes, Pianiste. Vous n'avez vu dans Le cavaleur qu'une comédie, alors que c'est un film d'une grande tristesse, et vous classez les actrices en fonction du minois qu'elles arborent dans la vie du film.

Quelle pitié. Essayez de comprendre ce que vous regardez : vous verrez que ça peut servir à quelque chose…

Et puis une suite au Cavaleur !!! Pourquoi pas à Titanic ?


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De Pianiste, le 15 mai 2014 à 13:54

Vraiment Impétueux, si Le cavaleur est un film triste je pense que je vais le regarder encore une fois car je n'ai rien dû comprendre à ce scénario qui m'a pourtant vraiment diverti. Je sais que les suites sont souvent inutiles, mais on en a vu d'autres dont on aurait bien pu se passer. Enfin bref, j'aime bien ces échanges verbaux sur des films qui ont marqué nos mémoires. Et puis, il n'est pas toujours donné à n'importe-qui d'être un génie.

Pour Titanic, je pense qu'une suite aurait été impossible! On ne peut pas comparer ces deux histoires qui n'ont aucun rapport. Bon, je n'ai plus qu'à le revoir en essayant de mieux comprendre toutes les subtilités! Vous serez bien là pour éclairer ma lanterne. Sinon, je coule comme le Titanic….


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De Pianiste, le 12 octobre 2014 à 20:08

Décidément, on en apprend tous les jours! Je viens d'écouter une interview de Jean Rochefort concernant Le cavaleur et j'ai appris qu'initialement, c'est Yves Montand qui avait été choisi pour tenir le rôle du séducteur…. Heureusement que ce retournement de situation a eu lieu! Je suis certain que si mon idole n'avait pas interprété ce personnage, le film aurait perdu tout son intérêt….


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De Tamatoa, le 12 octobre 2014 à 22:05
Note du film : 4/6

Je ne voudrais pas vous décevoir mais ce rôle était parfait pour Montand … Deux ans avant, il avait tourné Le grand escogriffe et sans être identiques, voilà deux scénarios qui fleurent bon le même entrain ! Peut-être a t-il pensé que ça sentait la doublette, d'où son refus. Mais restons amis : Rochefort a fort bien tenu sa place …


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De Pianiste, le 12 octobre 2014 à 23:24

Ami Tamatoa, bien qu'ayant apprécié Yves Montand dans Le grand escogriffe, je ne peux pas l'imaginer remplaçant Jean Rochefort dans Le cavaleur. Il a joué dans de nombreux scénarios plaisants, mais il est loin d'avoir le talent et le charisme de mon idole qui a trouvé un rôle vraiment à sa juste mesure dans le film sur lequel porte notre dialogue….


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