Forum - Les Poings dans les poches - Du cinéma engagé et politiquement contestataire
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Forum : Les Poings dans les poches

Sujet : Du cinéma engagé et politiquement contestataire


De vincentp, le 15 septembre 2017 à 23:37
Note du film : 5/6


5,4/6. Marco Bellocchio n'a que 26 ans (et plusieurs court-métrages à son actif) quand il réalise Les poings dans les poches en 1965. Il est très rare qu'un cinéaste âgé de moins de trente ans produise un classique, surtout pour une première oeuvre (il y a Steven Spielberg avec Duel, Stanley Donen avec Un jour à New-York, et sans doute quelques autres…). Parfaitement maîtrisé sur la forme -variété et pertinence des plans, qualité de la musique d'Ennio Morricone, de la photographie en noir et blanc (superbe restauration effectuée par la cinémathèque de Bologne), doté d'un scénario sans faille qui se renouvelle pendant cent minutes-, novateur sur le fond, Les poings dans les poches s'inscrit dans le cadre d'un cinéma politiquement engagé, dénonçant le poids du conservatisme social. La société italienne est montrée sous un mauvais jour. Bellocchio emprunte très certainement le chemin ouvert par Pasolini, mais on pense aussi à Bolognini par le caractère fatidique associé à ses personnages.

Des images magnifiques et frappantes de la campagne italienne, sous la pluie et la neige. La voiture du héros traverse des cités tristes, frappées par la pauvreté, qui ressemblent à des images de la campagne française de l'époque. La religion et les us et coutumes du prêtre et de ses jeunes assistants paraissent dérisoires dans ce contexte. Pire, les représentants du clergé assènent des vérités qui s'apparentent à des blasphèmes. Les acteurs, tout particulièrement Lou Castel et la très spontanée Paola Pitagora sont excellents. Castel, avec son air renfrogné, convient au personnage et arrive à lui donner de la substance. On pense à La solitude du coureur de fond et à Tom Courtenay. Très beau film au final, mais dur à suivre vu les péripéties de l'histoire (un petit bourgeois massacre un par un les membres de sa famille). Un classique, sans doute un des grands films italiens des années 1960, mais destiné à un public averti.


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De verdun, le 16 septembre 2017 à 00:07

Tu as oublié le meilleur exemple possible: Orson Welles n'a que 26 ans lorsque sort Citizen Kane !

Par ailleurs, ta très bonne critique qui me donne envie de voir le film.


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