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Sujet : "Le Bagarreur [Hard Times]"


De camau, le 14 septembre 2004 à 23:35

Quand ce film va sortir en Z2 ?


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De PM Jarriq, le 27 septembre 2008 à 13:45
Note du film : 5/6

Premier film de Walter Hill en tant que réalisateur, Hard times se situe à l'époque des Raisins de la colère, mais au lieu de brosser le panorama d'une époque comme le fit John Ford, se focalise sur le parcours d'un étrange et très improbable champion. Prolo entre deux âges, venu de nulle part, Chaney devient champion invincible de boxe à poings nus, assommant ses adversaires d'un seul direct assassin. Et ce n'est certes pas pour l'amour du sport, mais uniquement pour quelques liasses de dollars dévalués, qu'il compte et recompte, tout seul dans le taudis lugubre, qui lui sert d'habitation. Comme un héros de western, Chaney est un étranger solitaire, taciturne, sans attache, et on n'en saura pas plus sur sa vie, une fois le film achevé. Le personnage est si opaque (il doit à peine prononcer dix phrases complètes au cours du film), qu'on s'attache plutôt à son manager, l'opportuniste et insolent Speed, qui perd ses nuits dans le lit de prostituées endormies, qu'il force à vanter ses prouesses.

Ce qui frappe le plus dans Hard times, au-delà des séquences de boxe parfaitement réglées et filmées, c'est sa profonde tristesse, une désespérance de période de crise, que Hill a su capter en filmant un New Orleans pouilleux, des visages abîmés, sur une magnifique musique de Barry De Vorzon. Des plans comme celui du générique début, montrant Chaney, passager clandestin d'un train de marchandises, croisant une famille arrêtée à un passage à niveau, en route vers nulle part, sont aussi simples que saisissants. Une émotion vraie se dégage de ce film, comme du visage marqué, fatigué, inexpressif de Charles Bronson, qui n'a peut-être jamais été meilleur. Idem pour James Coburn, drôle et pathétique en loser né, au culot suicidaire. Tous les seconds rôles sont excellemment distribués, et le dialogue est souvent percutant.

En revoyant ce premier film, en repensant aux scénarios qu'il signa pour d'autres réalisateurs, on se dit que Hill n'a pas vraiment tenu les promesses de ce Hard times, qui hante longtemps la mémoire, et semble se bonifier avec les années.


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De Noodles Aaronson, le 21 janvier 2010 à 11:48

Revu hier, ce Bagarreur de 1975. Oui, en effet, c'est vraiment très bon. Les décors, les gueules des seconds rôles, les combats filmés au plus près des hommes. La psychologie des personnages, à peine effleurée, suffit à rendre crédible cette histoire de sueur et de sang, sur fond de misère sociale et de déchéance morale. Bronson est tout à son affaire dans ce rôle de paumé au cœur pur, solitaire et taiseux, contraint de cogner dur pour survivre. Coburn, lui, compose un looser magnifique, à la fois hâbleur et pathétique, un peu pleutre mais bon bougre. Le titre, comme la distribution, laisse peu de doutes, ce n'est pas une comédie romantique. Un univers viril, voire machiste, où la place des femmes est réduit à sa plus simple expression. Je ne résiste pas à l'envie de citer une des répliques du film qui vaut son pesant de peanuts. A sa petite amie sanglotant d'une voix éplorée que "ça lui brise le coeur", Coburn répond tout de go: "c'est pas une raison pour nous briser les couilles". C'est pas du Prévert, ça pourrait être du Audiard, en tout cas ça fait mouche dans le contexte.


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De Arca1943, le 15 septembre 2014 à 04:31
Note du film : 5/6

Comme il arrive parfois avec le premier film d’un réalisateur, Hard Times est un authentique petit miracle. Charles Bronson (heureusement sans moustache, ce qui rend son visage tellement plus expressif) tout en ayant l’emploi le plus physique de sa carrière, montre quel excellent acteur il pouvait être. Minéral, taciturne, quinquagénaire et musclé (en fait on se demande vraiment qui d’autre aurait pu jouer ça), mais qui laisse filtrer juste un rai d’émotion à point nommé. C’est son meilleur travail avec Il était une fois dans l'Ouest. À ses côtés, James Coburn a pour une fois l’occasion de mordre dans un rôle où il n’est pas le cool cat, mais un raté qui réussit quelque chose uniquement parce que Bronson et ses poings sont là. Il y a un côté "planche pourrie" dans le personnage de Speed, sympathique mais pas fiable, qui dilapide tout son fric puis dit à Chaney : «Tu me dois tout!», alors que ce n'est sûrement pas lui qui risque sa peau dans l'arène ! Quel culot. Et la chimie Bronson/Coburn est idéale. Même Jill Ireland est bonne, surtout dans sa première scène. Même Strother Martin, tout en étant "coloré" comme toujours, a plus à faire que son numéro habituel.

Walter Hill, qui fera plus tard dans la surenchère – comme avec The Warriors -, limite intelligemment le nombre de combats, ce qui – comme dans les meilleurs films de sabre japonais des sixties! – leur donne un relief qu’ils n’auraient jamais eu s’il y en avait eu davantage. La reconstitution d’époque est particulièrement convaincante – et c’est elle le sujet du film, comme le titre l’indique – et là encore, grâce à la sobriété: une série de détails bien pensés fait mieux qu’une débauche de décors et de costumes. Un humble nickel – cinq cents – c’est le pris d’une deuxième tasse de café ou d’un pourboire, en 1929-30. L’atelier de traitement des huitres. L’arène clandestine. La visite de Speed au bordel. Silhouettes d’enfants quand Bronson – plus que jamais l’homme de nulle part – débarque d’un train de marchandises au début du film. Bien sûr, les trains sont d’époque et les voitures aussi, mais c’est bien plus que ça. La mise en scène ne s’attarde jamais sur sa reconstitution, tout est montré brièvement comme quelque chose qui va de soi. Les combats sont filmés au quart de tour, mais de façon aussi frontale et sans chichi que possible. Le mystère du personnage de Chaney qui arrive, démolit des types pour de l'argent et repart, plane sur le film et suggère un arrière-plan innommé de plusieurs kilomètres de long. N’est-ce pas un coup d’œil connaisseur qu’il jette sur l’ours? Et mille autres questions sans réponse. Ce choix de la mise en scène pour la sobriété et la raréfaction "colle" à la mentalité taciturne de son personnage principal. Une très attachante réussite.


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De Laurent Ermont, le 4 mai 2017 à 14:57

Une belle histoire de voyous,de bastons,d'arnaques et de fric,C.Bronson dans un personnage égnigmatique pour lequel on ne sait rien mais qui aime filer des torgnoles généreuses pour un peu d'oseille. Un film des années 70 qui a su garder son charme,rien de nouveau dans l'ouest mais tellement efficace avec son casting Bronson et Coburn. J'aurais plaisir à le revoir…Peut-on le trouver en DVD ?


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De spontex, le 4 mai 2017 à 15:14

En effet, il est sorti et on peut le trouver facilement.


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