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Sujet : Histoire de fesses ..


De Nadine Mouk, le 27 juillet 2016 à 23:50
Note du film : 4/6

Je comprends fort bien que notre site ne se soit pas donné la peine de faire un résumé de ce film car, pour dire le vrai, il ne se passe pas grand chose dans ce Cocagne. Et derrière cette affiche hideuse (les dernières créations de Jean Mara, loin d'être les plus réussies), c'est une simple et douce chronique de la Provence qui nous est offerte par le "papa" de Monsieur Vincent, film si cher à mon cœur de mécréante. Toute une pléiade (mot que je préfère à "flopée" à cause du talent de ces acteurs) de méridionaux plus célèbres les uns que les autres, font la ronde autour d'un Fernandel qui fait son show, tranquille, sans en rajouter. La vie est douce, le pastis bien jaune et bien frais derrière le noir et blanc et les pieds paquets cuisent et re-mijotent jusqu'à l'extase des papilles sous un ciel toujours bleu. On se fâche pour de faux et on s'aime pour de vrai. En revanche, les vieilles rancœurs sont tenaces et les éclats de rire très spontanés. On est bien Sous le ciel de Provence
Il y a les copains, les prises de gueule nécessaires à l'extravagance méridionale, les parties de pétanque où la mauvaise foi est reine et quelques histoires d'amour qui naissent bercées par le chant des cigales pendant que d'autres s'achèvent quand elles ne chantent plus. Les orgueils et les complexes sont au rendez vous, de part et d'autre d'un accent inimitable.

Mais il fallait bien une intrigue, un grenouillage à cette atmosphère quelque peu léthargique. Elle va prendre forme avec le vol d'un tableau de "Fanny" que les pétanqueurs honteux doivent embrasser. Certaines fesses qui s'éclipsent de notre vie peuvent nous laisser de marbre. Mais celles de Fanny, en Provence, sont sacrées pour tout amateur de pétanque qui se respecte. Pas de quoi faire intervenir Columbo ou Navarro, mais il faut réparer l'outrage. Et voilà que notre Fernandel se sent une âme de Van Gogh et, délaissant quelque peu famille et amis, se met en devoir de refaire ce tableau révéré. Ce travail qu'il veut d'orfèvre, cet "éloignement" provisoire va remettre certaines petites choses en question mais cela n'empêche pas le pastis de couler, les amants de s'aimer et la paix de régner sur ce Pays de Cocagne. Les dialogues sont sains, la mise en scène est plan-plan. Maurice Cloche n'a sûrement pas eu à hausser le ton pour diriger ces autochtones qui semblent tout faire, sauf du cinéma. Toute la garde rapprochée de Fernandel est là, la famille est au grand complet. Seule l'apparition de Leon Zitrone, horripilant, mettra un bémol à cette tendre ambiance.

Mais c'est vraiment un film reposant. On les écoute, on les regarde vivre doucement même si quelques petites frasques verbales nous sortent de notre torpeur ensoleillée. Cocagne, c'est un film pour détendre les excités, les surbookés, les stressés et les frénétiques. C'est une ordonnance. C'est la Provence sans histoires. Ou si peu… Une histoire de fesses volées. Entre Arles et Martigues. Une histoire qui n'a pas dépassé ces frontières. Et que Fernandel à décidé, pour le cinéma comme on l'aime bien, de nous raconter…


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