Forum - Star Wars - Épisode IV : Un nouvel espoir - Seigneur Vador et compagnie...
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Forum : Star Wars - Épisode IV : Un nouvel espoir

Sujet : Seigneur Vador et compagnie...


De crego, le 25 janvier 2004 à 14:08

C'est donc pour bientôt… Je me demande avec quels yeux on va revoir ces films après l'extraordinaire réussite de la trilogie de Tolkien, aux F/X incomparables, au thème mature, aux acteurs parfaits. Les "Star wars" furent des pionniers en leur temps, mais après tous les tripatouillages opérés par Lucas sur l'image, les prequels confuses, espérons que la magie opère encore.


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De dumbledore, le 10 septembre 2004 à 11:00
Note du film : 6/6

__''Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine__''

Le germe de La Guerre des étoiles pousse dans la tête de son auteur Georges Lucas dès 1973. Il rêve d'aventures sidérales et sidérantes d'un héros rappelant le Buck Rogers de son enfance. Il faudra pas moins de quatre années de travail d'écriture pour que le magma complexe de personnages robots, extra-terrestres, humanoïdes, planètes étranges et diverses s'organise un peu, que Starkiller devienne Skywalker, que Han Solo, monstre velu perde ses poils pour devenir humain (quitte à ce que son bras droit – au sens figuré bien sûr – en hérite : Chewbacca).

L'épuration qu'a subi l'histoire de Star Wars est dû également à une rencontre, celle avec le professeur d'université de mythologie, Joseph Campbell dont le travail consiste à isoler les points communs des mythes, et notamment de la figure du héros. Du pain béni pour Lucas qui trouve là le squelette sur lequel il pourra construire son premier épisode, La guerre des étoiles et puis la mythologie de Star Wars.

La guerre des étoiles est l'histoire du jeune Luke Skywalker, jeune fermier d'une planète isolé qui hérite par hasard de deux robots dont l'un possède les plans vital pour que la Rébellion puisse détruire l'arme de destruction massive de l'Empire. Avec l'aide du mercenaire Han Solo, Luke sauvera la princesse Leia et infligera la première grande défaite à l'Empire.

De toutes les mythologies existantes, c'est la mythologie Arthurienne qui intéressera le plus Lucas. Avec la structure de la quête d'abord – le récit d'un jeune homme qui, par un voyage plein d'aventure, passe de l'âge d'adolescent à celui d'homme, apprend de nouveaux pouvoirs à mesure qu'il apprend ses propres origines. Mais aussi dans des empreints évidents : Perce-val/Sky-walker, Lancelot/Han Solo… sans parler des princesses, des sabres et la chevalerie.

Si la structure est arthurienne, la thématique, elle, sera plus empruntée à l'extrême orient, bouddhiste notamment avec le concept de la force.

Visuellement, Georges Lucas s'inspire de la seconde guerre mondiale. D'abord dans les navires. Les X-Wings (le vaisseau dans lequel se trouve Luke à la fin du film) rappelle les avion s de chasses de la Seconde Guerre mondiale. Les Croiseurs rappelles les grands navires de guerre. Une autre inspiration de la Seconde Guerre mondiale lui a été (stupidement reprochée) : celle de Leni Riefenstahl dans la mise en image de l'armée impériale, ou bien le nazisme dans les costumes des militaires. Inspiration évidente et même normale car justement la vision politique du film se situe là : un hymne à la Résistance contre l'Impérialisme. Film anti-rouge dirons les mauvaises langues…

La Guerre des étoiles révolutionna les effets speciaux. On le sait et ne peut l'ignorer. Il fit même une révolution qu'on pourrait signifier par une phrase du genre "avant Star Wars, il y avait des trucages, après il y eut des effets spéciaux". Mais on aurait tort de réduire le film à cela. Star Wars n'a jamais été un blockbuster, une machine à effets spéciaux. Ces effets ont toujours été au service de l'histoire. La Guerre des étoiles n'aurait jamais été le phénomène qu'il a été si ce n'avait été que ça. La Guerre des étoiles doit son succès à la réussite à incarner une véritable mythologie, une référence imaginaire "utilisable" dans le monde quotidien, avec des codes moraux, une vision sociale.

Le succès de La Guerre des étoiles semble aujourd'hui normal, logique, prévisible. Il n'en a rien été. Pendant longtemps, la Fox n'y a pas cru, se demandait même s'ils allaient sortir ce film confus et compliqué. Pour finir le film, Georges Lucas dut renoncer à son salaire. Il obtint comme broutilles les "droits dérivés" du film. Autrement dit, trois fois rien. Tout le monde savait en effet que seul Disney réussissait à tirer quelque chose de ces "droits dérivés.

Ils firent la fortune de Georges Lucas qui les revendit quelques dizaines d'années plus tard pour financer sa seconde trilogie. Prix de vente? Un milliard de dollars.

c-2004 Lucas film Ltd & TM. All Right Reserved. Used under authorization


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De Impétueux, le 20 mai 2005 à 15:19
Note du film : 0/6

La question que je pose aux savants spécialistes de ce site les fera sourire coomme elle pourrait faire sourire quelques centaines de millions d'individus dans le monde ; enfin ! demander, c'est déjà accepter qu'un zeste d'ironie effleure les lèvres de ceux à qui l'on demande ; et on est bien mieux après.

Voilà mon tracas : si j'ai, dans ma déjà longue vie vu quelques centaines sans doute même trois ou quatre milliers de films, je n'ai jamais, je dis bien JAMAIS, vu un des six opus de La guerre des étoiles ; quand c'est sorti, j'étais déjà trop vieux, ou encore trop jeune, mes enfants étaient à peine nés (et je pensais naïvement que c'était un truc un peu comme Walt Disney) et, donc, je n'ai jamais découvert la saga ; parce que, aussi, quand le 5 est sorti, il aurait fallu que j'aie vu le 4 (qui n'était plus à l'affiche) et ainsi de suite…

Cette découpe temporelle me pose d'autant plus problème que celui qui sort aujourd'hui c'est le 3 (je crois) (est-ce qu'on n'a pas dit, d'ailleurs, qu'il y aurait un 7-8-9 ?); et là je m'interroge et je vous interroge, j'interroge la communauté des spectateurs: pour entrer dans l'histoire, qu'est-ce que je fais ? Je commence par le 4, le premier sorti, puis le 5 et le 6 et je repasse au 1,2,3 ?

J'aurais assez tendance – parce que je suis tout de même un peu rationnel – à commencer par le 1 et ainsi de suite… Mais on me dit que non…

Alors ? Votre avis ?


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De spontex, le 20 mai 2005 à 15:32
Note du film : 6/6

Je suis pratiquement dans la même situation que toi !

Je n'ai jamais vu les épisodes 4, 5 et 6, et j'ai été rebuté par la première demie-heure des épisodes 1 et 2.

Peut-être faut-il, comme tu le suggères, commencer par la première trilogie. Mais alors cela irait à l'encontre de la thèse du "grand film de 8 heures" soutenue par Lucas et par Dumbledore.

Ou bien est-il trop tard pour apprécier ces films et fallait-il commencer à en voir étant enfants !


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De dumbledore, le 20 mai 2005 à 16:20
Note du film : 6/6

Bon nombres de retournements de situations de la trilogie fondatrice (4, 5, 6) ne peuvent plus fonctionner quand l'on connait la trilogie actuelle (1, 2, 3). Donc, je crois qu'il vaut mieux respecter l'ordre chronologique.

Toutefois, en finissant de voir l'épisode 3, on a envie de revoir la trilogie 4, 5, 6 car elle éclaire pas mal de chose, notamment le personnage de Dark Vador.


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De Impétueux, le 20 mai 2005 à 17:51
Note du film : 0/6

Merci de ces conseils ; je ne sais quand je disposerai d'assez de temps pour me lancer dans l'aventure (parce que je suppose bien qu'il est tout de même préférable de voir les trois films de chaque série à peu près les uns à la suite des autres) mais, promis je vous rendrai compte de mes émotions !


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De Gilou40, le 19 août 2010 à 00:18

Je suis particulièrement fermée à ce genre de film. Mais je viens d'apprendre que si la série Star Wars a existé, c'est grâce à …..Alain Resnais. Georges Lucas venait de faire THX 1138 qui fut un four complet au States. Et pour pouvoir rester dans l'écurie de Coppola, il décida de monter les aventures de Flash Gordon, héros mythique en Amérique. Mais il ne savait pas que c'est Alain Resnais qui avait acheté les droits. En désespoir de cause, il se mit à plancher sur Star Wars. Donc : Pas d'Alain Resnais, pas de Star Wars

Allez ! Dites moi que je vous l'apprends. Allez…

PS : 48h après…Apparemment, je ne vous apprend rien.


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De Impétueux, le 27 mai 2014 à 23:01
Note du film : 0/6

C'est ça, mon Dieu, ce n'est que ça, cette série mythique qui a fait tant et tant parler d'elle, qui a suscité des gloses sans fin, qui rassemble des milliers de fanatiques et de séides costumés dans des rassemblements grotesques, qui a un riche marchandisage de figurines, bandes dessinées, romans, jeux vidéo et tout le bataclan ? Ce risible assemblage d'effets spéciaux fauchés, d'idéologie à deux balles, de personnages insignifiants, de combats spatiaux interminables et ennuyeux comme la pluie, tout cela à un rythme d'une lenteur, d'une indolence, d'une paresse qui fait ressemblait L'année dernière à Marienbad à un thriller échevelé ?

On m'a prêté, sans que je résiste beaucoup à la proposition, un coffret contenant les trois premiers épisodes de Star wars, c'est-à-dire les numéros 4, 5 et 6 ; je n'ai toujours pas compris pourquoi cette ennealogie commence par son centre, mais il y a dû avoir des raisons commerciales et une sorte de désir d'originalité un peu maboule pour justifier ce choix. J'ai regardé cette après-midi les deux premiers volets (4 et 5, le deuxième un peu moins mauvais que le premier). J'en suis encore flagellé d'ennui, mais comme j'ai une sorte de goût masochiste pour boire le calice jusqu'à la lie, et un peu au delà, je suis allé jusqu'au bout ; il n'est même pas dit que je ne pousserai pas l'affliction pour visionner l'épisode 6, Le retour du Jedi, mais je suis sûr que ça s’arrêtera là.

Naïvement (stupidement, sans doute), je m'attendais à une resucée pour grand public avide d'aventures du gigantesque 2001 ; je me disais que les effets spéciaux entre 1968, date de sortie sur les écrans du film de Stanley Kubrick – et 1977 avaient dû faire quelques progrès – ce qui n'était pas mon souci dominant – mais surtout qu'on ne pourrait plus écrire une histoire idiote à partir de l'espace.

J'ai lu ici et là que Star wars a été conçu pour de jeunes enfants : tout s'éclaire donc, même s'il n'y a pas une once de magie, de poésie, de rêve, de beauté dans Un nouvel espoir, alors qu'on peut tourner, pour les têtes blondes des films aussi drôles, féroces ou prenants et radieux que Gremlins ou Goonies. Dès lors le succès de ce que j'aurais honte d'appeler saga me décontenance et me désarçonne : comment le public a-t-il pu marcher dans ce pitoyable récit qui s'étire sans péripéties notables et ne semble considérer l'espace visuel que comme le terrain d'expérience d'un jeu vidéo primitif (à peine mieux que Pacman) ? Trucages médiocres (qui n'ont pas le charme délicieux des trouvailles d'Harryhausen), images presque crasseuses, acteurs hallucinés, complètement hors de toute épaisseur (on a peine à sortir de cette médiocrité un Alec Guinness simplement convenable), dialogues à la limite inférieure de la débilité, combats incompréhensibles et lourdingues…

Rien rien, rien à sauver. La nullité cinématographique à l'état pur. Je crois que si je devais partir sur une île déserte, je préfèrerais prendre un Godard ou même un Charlot… C'est dire.

Abyssal. Regardez-moi ci-dessus ces têtes d'ahuris…


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De vincentp, le 28 mai 2014 à 17:36
Note du film : 5/6

Et bien, permettez-moi de préférer cent fois Star Wars à La grande bellezza ! Cet épisode fondateur n'est toutefois pas la plus réussi de la série, la mise en scène de George Lucas accusant quelques limites (relatives).


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De Impétueux, le 28 mai 2014 à 22:45
Note du film : 0/6

Lâchez moi les baskets avec La grande bellezza, Vincentp ; vous n'avez pas apprécié, j'en ai été fasciné… quand je vous lis chanter merveilles de Nippons Ozu, Kurosawa, Mizoguchi, dont la mentalité est si éloignée de l'Occident, ou de Satyajit Ray, je m'interroge aussi sur votre état mental…

Cela dit, les daubes de Lucas sont à un niveau tellement pitoyable…


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De Tamatoa, le 28 mai 2014 à 23:21

Plus sérieusement, il est quand même indéniable que cette "série" a connu un succès mondial incontestable et que l'engouement qu'elle a suscité à travers la planète est absolument unique en son genre. Il y a des milliers d'associations en ce monde qui organisent projections à gogo et prière de venir déguisé en Dark Vador , Grand Moff Tarkin ou Chebaca j'sais pas quoi ! C'est impressionnant, mais c'est comme ça. Vox populi …


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De vincentp, le 28 mai 2014 à 23:27
Note du film : 5/6

Mizoguchi, Ozu et Satyajit Ray rentrent dans la catégorie des cinéastes universels. On peut même dire à leur sujet, intemporels ! Je vous donne rendez-vous dans cinquante ans et on verra ou se situera alors La grande bellezza (on attend l'avis de Darth Tamatus à son sujet) : très certainement dans le cénacle des œuvres oubliées, un peu clichées comme par exemple aujourd'hui sont Les nuits fauves ou Le grand bleu. Mais voilà une controverse qui nous éloigne de Star Wars


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De Tamatoa, le 29 mai 2014 à 03:34

( On attend l'avis de Darth Tamatus à son sujet )

Je viens de voir la bande annonce sur You-Tube et je peux vous dire, cherVincentp, que j'ai été formidablement alléché ! Mais ce n'est qu'une bande annonce. Je pars illico à la recherche de ce film. Et je promets de revenir en parler en toute honnêteté.


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De Steve Mcqueen, le 29 mai 2014 à 05:56
Note du film : 2/6

Moi non plus je n'ai jamais compris l'engouement général ( mondial ? universel ? interplanétaire ?) pour Star Wars. Tout y est puéril, des scénarios à l'interprétation. Seuls les effets spéciaux, novateurs pour l'époque me paraissent avoir résisté aux outrages du temps mais cela ne me fait pas oublier la faune de personnages insupportables, les séquences frôlant le ridicule. Et encore la trilogie originelle est une suite de chef d'oeuvres comparée à la nouvelle, une gigantesque supercherie phagocytées par les effets spéciaux utilisés pour palier le vide intersidéral des scénarios et les acteurs absolument pas concernés.

C'est du cinéma qui cache sa vacuité derrière une technique impeccable, du cinéma pop-corn soi-disant concocté par un cinéaste visionnaire, qui à mon avis est plutôt un petit malin qui capitalise sur un succès incompréhensible.

Ceci dit j'ai découvert ces films assez tard, tous mes amis qui les ont vus enfants ont sont des grands admirateurs. Visiblement ils ont grandi avec la trilogie et lui vouent un culte incompréhensible pour moi…


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De vincentp, le 29 mai 2014 à 14:05
Note du film : 5/6

Sur un plan cinématographique et artistique, le résultat des trois volets réalisés entre 1977 et 1983 n'est pas exceptionnel, il faut bien le reconnaître. Star wars (1977) est un honnête divertissement, qui a surtout comme caractéristique d'avoir marqué son époque, et d'avoir tué soit-dit en passant les derniers westerns ! L'empire contre-attaque est très bien réalisé par Irvin Kershner, avec un scénario bien dosé. La création des planètes et de leur environnement (décors) est un point fort.

Les versions restaurées des années 2000 (qui ajoutent des images) et détournent soit-dit en passant quelque peu le sens de Le retour du Jedi ont rajeuni la ligne visuelle à bon escient. Ce second volet ("l'empire contre-attaque") est unanimement considéré comme le volet le plus réussi de la série. Un très bon divertissement, mais pas un grand film. Le retour du jedi est plutôt bien fait. Distrayant sur grand écran dans tous les cas. Globalement, mon avis sur cette série reste très favorable… En revanche, les trois épisodes réalisés dans les années 1990 sont un ton en-dessous (sorte d'exploitation d'une franchise commerciale).

Chaque génération peut avoir ce type de spectacle à sa disposition : Avatar,… Je pense que la trilogie Star wars se situe un ton au-dessus sur un plan artistique. A voir de préférence sur grand écran, avec le son Dolby dans les oreilles !


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De Tamatoa, le 29 mai 2014 à 16:23

A l'heure où j'écris ce sourire, sur France 4, devinez ce que l'on voit : Star Wars, les chroniques du Yoda….. En PLAY-MOBIL !! Véridique ! Ce doit être la version pour ceux qui n'ont rien compris au départ… soit les sombres et ku-klu-klanesques dénoncés par Vincentp ..


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De vincentp, le 29 mai 2014 à 17:42
Note du film : 5/6

A votre place, Darth Tamatus (en photo ci-dessus), je ne plaisanterais pas trop… car cette histoire finit mal pour vous (Le retour du jedi). Vous vous agrippez à votre compère Darth Impetus et êtes emporté dans les ténèbres, après avoir reçu un coup de rétro-laser à un endroit sensible de votre anatomie.


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De DelaNuit, le 30 mai 2014 à 15:18
Note du film : 5/6

Chacun ses goûts et sa sensibilité, on ne peut pas tout aimer. Ceci dit il y a une différence entre dire que l'on n'est pas réceptif à une oeuvre et affirmer de façon péremptoire que c'est une nullité absolue, ce qui revient à traiter ceux qui aiment de débiles. La différence étant que dans le premier cas on respecte les autres et dans le second cas on le les respecte pas. Mais tout le monde n'intervient pas sur ce type de forum avec le respect de l'autre comme valeur, il n’y a pas besoin d’y être présent depuis longtemps pour s’en rendre compte. Dommage, si c’était le cas on y trouverait davantage d’intervenants pour le faire vivre… dans l’intérêt de tous. Mais que valent ces considérations devant le plaisir de flatter son égo en jetant un pavé dans la marre en décrétant que telle oeuvre admirée du grand public est une daube totale… on se hausse ainsi au dessus des autres à peu de frais. Chacun se valorise comme il peut.

Pour en revenir à Star Wars, je fais partie de la génération qui a grandi avec et j'ai aimé ces films car ils coïncidaient à l'époque avec ce que j'avais envie de voir. Apprécierais-je autant si je découvrais la série aujourd'hui après avoir admiré des chef d'oeuvre du cinéma d'anticipation tels que 2001 ou Blade Runner ? Pas sûr. Seulement voilà, ces films là je les ai découverts ensuite. On ne refait pas l'ordre des choses…

Pour autant, au delà des bagarres d'égo, de Star Wars je dirais ceci : au début, j'ai aimé le côté « serial » de bande dessinée type Flash Gordon dont Lucas s'était volontairement inspiré. Les peuples et planètes multiples, les héros manichéens et leurs aventures rocambolesques à grands renfort d'effets spéciaux avec vaisseaux stellaires et sabres laser. Il y a vraiment de quoi ravir un enfant ou un ado. Et j'ajouterais que bien heureux ceux qui, devenus adultes, savent sauvegarder en eux même une part de l'enfant qu'ils ont été pour continuer à s'émerveiller sans condescendance devant de tels spectacles.

Ensuite, devenu cinéphile, je me suis délecté des continuelles références et citations au cinéma de genre notamment hollywoodien qui pullulent dans Star Wars : les chevaliers Jedi sortant autant du péplum que du film de chevalerie ou de samouraïs, les contrebandiers de type Yan Solo et les "cantinas" où ils se retrouvent sortant des westerns, les rapports à la fois amoureux et conflictuels d'Harrison Ford et Carrie Fisher dans L'empire contre attaque ouvertement calqués pour un certain nombre de répliques sur les échanges de Reth Buttler et Scarlett lors de la fuite d’Atlanta dans Autant en emporte le vent (jusqu'à leur faire prendre la même pause sur certaines affiches), les troupes impériales – notamment les officiers – évoquant les armées nazies de la seconde guerre mondiale… le roi de la pègre Jabba le Hut évoquant à la fois les film de pirates, le film noir ou les yakuzas… Et cerise sur le gâteau la princesse Leia portant dans Le Retour du Jedi une presque copie du costume très dévêtu de Gina Lollobrigida dans la scène d'orgie païenne de Salomon et la reine de Saba ! Ce jeu de références continuelles est en lui-même particulièrement jouissif, tel un reader digest d’un siècle de cinéma hollywoodien.

Et puis pour le grand amateur de Mythologie, que je suis, il y a tout le contenu légendaire de la saga inspiré par les grandes gestes qui sont la base culturelle de l'humanité, des mythes grecs à la légende arthurienne en passant par le Nord ou l'Asie. George Lucas ne s'est pas caché d'avoir voulu mettre en images à la sauce science fiction les théories du héros universel telles que les a développées l'universitaire mythologue Campbell dans nombre d'ouvrages. Ainsi retrouve-t-on toutes les étapes initiatiques du héros (en l'occurrence Luke Skywalker) : le départ de son foyer d'origine en suivant l'appel de l'aventure, la traversée de territoires sauvages et dangereux, la rencontre avec le mentor (Obi-Wan puis Yoda, modernes Merlin), la quête initiatique (une cause à défendre, un père à imiter puis combattre puis sauver) et mystique (la spiritualité de la « Force »), la confrontation avec le Mal qui n'est pas seulement l'autre mais peut être en soi, le lieu de mirage et de tromperies magnifiquement figuré par la cité des nuages… la question incontournable de la mort et de la renaissance … et le tout avec des personnages secondaires symboliques bien trouvés (la princesse, à la fois guide, récompense, amour ou gémellité), les androïdes R2D2 ou C3Po (au choix l'élément comique de type Laurel et Hardie ou le couple gay le plus célèbre du cinéma), le contrebandier séduisant mais ambigu, son copilote issu du monde sauvage etc…)

Et enfin, peut-être l'élément le plus intéressant de Star Wars, sa spiritualité. Avec ce concept de Force énergétique dont tout être fait partie, on s’éloigne des religions dogmatiques habituelles pour renouer avec le chamanisme et l’animisme des origines, ainsi que des philosophies orientales. Il ne faut pas oublier que Star Wars fut conçu dans les années 70 en pleine période New Age. Aujourd’hui il est de bon ton d’en plaisanter… mais on ne peur nier que Star Wars se fait l’écho d’un glissement culturel important du XXème siècle en terme de spiritualité : si la première moitié du siècle se réfère au modèle absolu du monothéisme avec les grosses productions bibliques des Dix commandements à Ben-Hur, la seconde partie, exprimant la rébellion de la jeunesse des années 60 envers les valeurs de leurs ainés et la recherche d’autres références, a ouvert la voie d’une liberté spirituelle nourrie de curiosité à l’égard de l’orient et des religions préchrétiennes. Chamanisme, animisme, symbiose entre les êtres et avec la nature, toute cette nouvelle forme de spiritualité plus ou moins magique mais résolument déconnectée des dogmes imposés par les autorités religieuses, sont désormais présents dans la plupart des grandes gestes légendaires de notre époque, de Harry Potter ou Percy Jackson au Seigneur des anneaux, en passant par Avatar. Le nouvel Hollywood rejoignant en cela les univers mythologiques païens asiatiques du type Princesse Mononoké, Voyage de Chihiro, Château ambulant etc. On peut apprécier cette évolution ou la regretter, on peut même s’en désintéresset ou s’en moquer, mais on ne peut la nier.

Encore pourrait-on parler longtemps de l’intelligence de présenter un monde aux machines et décors volontairement usés pour créer un monde crédible, ou des géniales variations du compositeur John Williams sur la musique symphonique post-romantique du type des « Planètes » de Holst. La beauté et la subtilité des thèmes musicaux – merci de dépasser les fanfares des génériques ! – en faisant une œuvre épique et légendaire comparable à la tétralogie de Wagner.

Bref : références cinématographiques, mythologie, musique et spiritualité, voilà qui enrichit constamment la saga Star Wars (même si je considère comme beaucoup de ma génération que la seconde trilogie est bien décevante au regard de la première). Ca ne veut pas dire que cela doive intéresser tout le monde ni qu’on se trouve devant des chefs d’œuvres en terme de réalisation. On peut toujours faire mieux et plus subtil… Mais en revanche, il m’apparait bien déplacé de parler de nullité ou de vacuité.


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De Arca1943, le 30 mai 2014 à 17:34
Note du film : 3/6

Mais oui, c'est un bon film pour enfants. Mais parmi la multiplication de références – réelles ou imaginaires – vous oubliez celle que le réalisateur a maintes fois confirmée en entrevue : La Forteresse cachée, film de samouraïs de Kurosawa à l'humour caustique. Au départ, c'est d'ailleurs Toshirô Mifune qui devait tenir le rôle qui échut finalement à Alec Guinness, très bon acteur également, mais bien sûr beaucoup moins dominant au sabre. Le mot "Jedi" est du reste une transposition mal comprise de "Jidai geki", qui signifie en fait "reconstitution historique". Par ailleurs, la multiplication de références et de clins d’œil dans un film ne le rend pas meilleur pour autant.

Pour moi aussi, Star Wars remonte à mon adolescence. Et j'ai détesté ça, probablement en partie parce que j'étais à un âge où l'on ne veut surtout pas être identifié à quelque chose de puéril, mais aussi parce que j'écrivais déjà de la science-fiction et que le succès planétaire du film faisait régresser ce genre à de bien conventionnelles et familiales aventures. (À la même époque, au milieu des années soixante-dix, je voyais Phase IV, THX 1138, Silent Running, entre autres). Et le fait est que l'intrigue est bébête, et que l'imaginaire des auteurs – comme il est courant dans l'heroic fantasy – ne fait que transposer dans l'espace un univers médiéval, avec princesse à la clé. Ça manque singulièrement d'imagination pour ce qui est de construire l'altérité. D'ailleurs la princesse de la Forteresse cachée jouée par Misa Uehara – assez curieusement, vu la condition féminine à l'époque des samouraïs ! – fait beaucoup moins «Barbie» que celle de Star Wars, car c'était une tomboy d'époque, qui se battait fougueusement à la lance et au sabre !

Et puis les vaisseaux spatiaux qui font du boucan dans l'espace, ça n'est pas possible vu qu'il n'y a pas d'oxygène. Je venais de voir 2001, vous comprenez…


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De vincentp, le 30 mai 2014 à 18:49
Note du film : 5/6

J'ai vu L'empire contre-attaque au moins trois fois, dont deux au cinéma. Les versions ressorties dans les années 2000 ne manquent pas d'intérêt (effets spéciaux revus et améliorés) et je garde un très, très bon souvenir de ces remakes, vu au cinéma UGC des Halles, en étant adulte. Quelques image ont été ajoutées à la fin du retour du Jedi sauf erreur de ma part et changent quelque peu le sens du film. Mais comme je l'ai déjà expliqué, j'ai un vécu personnel de lectures d'oeuvres de science fiction, alors étant adolescent (Trigan et Storm, BD de Don Lawrence), très proches de Star wars.

On peut part ailleurs parfaitement exprimer que ce film est une nullité complète. Il n'y a pas de grille objective pour parler d'une oeuvre cinématographique. Je considère que les films de Zulawski sont sans intérêt, ce qui n'est pas le cas de tous sur ce forum.

Néanmoins je partage 75% des avis exprimés par Jacques Lourcelles (dictionnaire du cinéma), et Vincent Pinel (le siècle du cinéma), qui m'ont servi à bâtir mon programme de découverte. Divergeant de Lourcelles (pour qui le cinéma s'arrête ou presque à la fin des années 1950) concernant le cinéma des années 1960, et de Pinel sur la valeur certains titres (je considère La bataille d'Alger comme un chef d'oeuvre par exemple). L'expérience aidant, on est plus en mesure de porter des jugements tendant vers une certaine objectivité.

Effectivement La forteresse cachée est un film magnifique. La ressemblance avec Star wars ne m'a pour autant pas sauté aux yeux.


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De Impétueux, le 30 mai 2014 à 19:13
Note du film : 0/6

On peut bien mettre en scène toutes les mythologies naturalistes ou inspirées que l'on veut, si on le fait avec talent et densité ; mes convictions personnelles n'ont rien à voir (ou en tout cas, dans le domaine précis de la science-fiction, le moins possible) avec ce que je regarde, et je marche à fond au Seigneur des anneaux ; et même si David Lynch a été fort mécontent de son Dune, chef-d’œuvre littéraire fort difficilement adaptable, je suis et j'applaudis.

J'ai été, comme Arca, un amateur fanatique de science-fiction et, entre 1968 et 1975, en gros, je crois avoir lu presque absolument tout ce qui a été édité en France à cette époque, de la hard science à l'heroïc fantasy. Ce n'est donc pas un problème spirituel : c'est une goguenardise débridée sur la minceur du propos, la médiocrité de sa réalisation et la trace qui en subsiste encore aujourd'hui…

Et je garde mon esprit d'enfance pour le merveilleux Magicien d'Oz ou Le Septième voyage de Sinbad

Bon. Je vais aller jeter encore une petite boule de venin sur Le retour du Jedi, puisque je me suis obligé à regarder les trois volets…


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De vincentp, le 30 mai 2014 à 19:24
Note du film : 5/6

A voir sur grand écran. Ce type de spectacle a été conçu pour cela (images et sons). Certains films passent bien à la fois sur petit et grand écran (les Rohmer, par exemple), d'autres (notamment ceux en cinemascope, ou les films de David Lean) sont préférables sur grand écran. Je conseille à ceux qui habitent Paris la salle 500 du Forum des images (des souvenirs mémorables pour L'appât, Aventures en Birmanie), la grande salle de l'Arlequin aussi.

Nb : je précise à l'attention de Delanuit qu'il est le bienvenu aux rencontres autour d'un verre que Spontex, Impétueux, Verdun et moi-même organisons désormais régulièrement à Paris.


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