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Forum : Jane Got a Gun

Sujet : A prendre au second degré.


De Steve Mcqueen, le 2 février 2016 à 14:27
Note du film : 3/6

Un western mineur, d'une rare platitude.

Lorsque son mari Bill (Noah Emmerich) revient dans son ranch avec 8 balles dans le dos, Jane (Natalie Portman) s'arrête de laver le linge (c'est une bonne ménagère) pour extraire les projectiles du corps musculeux de son conjoint (c'est une bonne infirmière) et s'empare de son gros colt (n'y voyez aucune allusion graveleuse) pour se faire vengeance (c'est une femme qui sait tout faire). Elle s'en va donc trouver Dan Frost (Joel Edgerton), son ancien amoureux pour lui demander de l'aide, lequel refuse, avant d'accepter.

Puis le film alterne allers et retours entre passé et présent, au fur et à mesure que la menace se rapproche : (Ewan McGregor et ses sbires en veulent beaucoup à Bill et souhaitent terminer le travail). On voit donc en flash-back Jane et Dan courir follement dans des prairies qui garderont éternellement les empreintes de cet amour passionnel et foudroyant, les yeux humides d'une fusion réciproque qui trouvera son apogée lors d'une échappée en montgolfière, où les deux amants quittent le sol trop étroit afin de contempler les astres-charnels-qui-sont-comme-un-écho-à-leur-fusion.

Plus sérieusement, le scénario est suturé de fils blancs, les rouages du scénario sont graissés comme les pistons d'une Trabant des années 60, et le règlement de comptes final a lieu en pleine nuit, ce qui est pratique car on ne voit pas qui tire sur qui. Après un ultime rebondissement aussi crédible que la rubrique politique de Télé Poche, le film se termine comme La petite maison dans la prairie avec la calèche des tourtereaux qui s'éloigne dans le couchant, scellant la délivrance des protagonistes, et par là même celle du spectateur.


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De Impétueux, le 2 février 2016 à 18:04

Excellente chronique, Steeve McQueen ! On rit sans connaître le film (et moins encore envie de le connaître après vous avoir lu).

Vous êtes trop rare, ici, revenez plus souvent…


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De Arca1943, le 2 février 2016 à 18:08

Et heureusement que je l'ai lue, en ce qui me concerne, car sevré de westerns, je suis prêt à risquer presque n'importe quoi dans mon lecteur. J'avais noté son existence, à cette Jane Got A Gun, et je me disais : "Et si… ? " Mais tout l'indique, mieux revoir Blackthorn.


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De Steve Mcqueen, le 2 février 2016 à 18:37
Note du film : 3/6

Merci Impétueux, je vais revenir plus souvent sur le site, c'est promis !

Tout à fait d'accord avec vous Arca, Blackthorn est très beau. Mais je garde une tendresse particulière, parmi les westerns sortis ces dernières année, pour The Proposition de John Hillcoat réalisé en 2005 mais sorti seulement en 2009 en France si je ne me trompe pas. Je garde un souvenir ébloui de ce voyage halluciné au coeur d'une Australie rongée par une brutalité atavique, où la violence gicle comme on crève un abcès. Un film qui respire la poudre et où les hommes semblent être des morts en sursis, comme si une partie d'eux-mêmes était déjà dans l'Au-delà. Un superbe poème contemplatif rythmé par la musique de Nick Cave, traversé d'éclairs de violence foudroyants. Vraiment un grand western pour moi…


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De vincentp, le 5 août 2017 à 20:44
Note du film : 5/6


5,4/6. Récit un brin planant, et forçant légèrement l'émotion du spectateur, mais à mon sens Jane Got a Gun (2016) est très réussi. Découvert en dvd par hasard juste après Le pistolero de la rivière rouge, et bien il y a une filiation… Il s'agit de la veine sombre du western, qui décrit des êtres tourmentés, obligés de se servir à regret des armes pour se défendre dans un monde gouverné par des êtres malfaisants, animés par l'argent, le pouvoir, l'ambition. On pense aussi aux westerns de Henry Hathaway, âpres et sauvages comme La fureur des hommes, True Grit déroulés dans un Ouest désertique ou de petite ville non encore civilisée. Les acteurs, la photo, la mise en scène de Jane Got a Gun sont de très bonne qualité. Des qualités esthétiques (tons cendrés). Le scénario, certes respecte les codes du genre, mais surprend également par ses flash-backs. Une très bonne surprise, simplement à mon avis d'un accès un peu difficile. L'excellent contributeur "Steve mcQueen" est passé ci-dessus complètement à côté du film.


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De Commissaire Juve, le 7 août 2017 à 12:59

A titre personnel, un truc m'est resté sur l'estomac : le tunnel de 20 minutes dans le noir quasi complet (à partir de 1h08 environ). Et pendant le climax par-dessus le marché !

Mais je vois que Steve McQueen l'avait déjà souligné.


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De vincentp, le 7 août 2017 à 16:17
Note du film : 5/6

A noter qu'il est question de la bataille de Shiloh (guerre de Secession) aussi bien dans Jane Got a Gun que dans Le pistolero de la rivière rouge. Les héros masculins de ces deux films sont passés par des combats sanglants lors de la guerre civile et ont des psychologies communes.

Concernant les ressorts narratifs de ce film : ils peuvent être appréciés naturellement de différentes façons. J'ai vu bien pire dans le cinéma contemporain US (ex : La La Land).


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