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vendredi 28 avril
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Décès de Jonathan Demme (1944-2017)

À l’instar d’autres réalisateurs de renom, tel Francis Ford Coppola ou Martin Scorsese, Jonathan Demme a débuté sa carrière sous l’égide du réalisateur-producteur Roger Corman. Sa première réalisation, Cinq femmes à abattre, se rattache au curieux sous-genre du « film de prison de femme », œuvres mettant en scène de jeunes femmes faussement accusées recluses dans des pénitenciers où elles subissent brimades et sévices,

À la jonction de la comédie romantique et du film policier, Dangereuse sous tous rapports en 1986 et Veuve, mais pas trop en 1988, offrent un bel écrin, respectivement, à Mélanie Griffith et Michelle Pfeiffer. Jonathan Demme fait dans le premier de ces deux films basculer avec brio la comédie vers le film noir.

Mais c’est avec Le silence des agneaux, en 1991, que le talent du cinéaste éclabousse littéralement l’écran. Adapté du roman éponyme de Thomas Harris publié en 1988, c’est un film définitif sur la fascination du Mal et une plongée vertigineuse dans la psyché perturbée de deux serial killers, un psychiatre cannibale et un désaxé qui se sert de la peau de ses victimes pour se confectionner des vêtements ( ! ). Porté par le jeu du chat et de la souris insidieux entre Jodie Foster et Anthony Hopkins, le film est un monument de suspense d’où sourd une angoisse viscérale. Jonathan Demme se refuse à tout artifice, filme de façon froide et clinique une œuvre qui comporte néanmoins son lot de morceaux de bravoure (l’évasion de Lecter, le cache-cache final dans l’obscurité la plus totale).

Racoleur et tire-larmes, Philadelphia (porté par la magnifique chanson phare de Bruce Springsteen, dont Demme a également tourné le clip) a néanmoins le grand mérite d’être le premier film à gros budget à porter un regard sur le Sida et à dénoncer l’homophobie, film défendu en outre par les interprétations irréprochables de Tom Hanks et Denzel Washington.

Le reste de la carrière de Jonathan Demme est plus inégal, entre un remake raté du Charade de Stanley Donen (La vérité sur Charlie), une nouvelle version d’Un crime dans la tête de John Frankenheimer, film intéressant d’où suinte une paranoïa contagieuse.

Jonathan Demme est désormais enveloppé d’un silence éternel, il n’entendra plus les cris des victimes d’Hannibal Lecter ni la voix rauque et déchirante de Bruce SpringsteenSteve McQueen

« Ain't no angel gonna greet me
It's just you and I my friend
And my clothes don't fit me no more
I walked a thousand miles
Just to slip this skin »

« N'y aura-t-il donc aucun ange pour m'accueillir ?
C'est un face à face entre toi et moi mon ami,
Et mes vêtements ne me vont plus
J'ai marché des milliers des kilomètres
Simplement pour quitter ce corps »

(Bruce Springsteen, « Streets of Philadelphia »)

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