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Sad Hill Unearthed


De Nicoco, le 26 juin à 23:26
Note du film : 6/6

Profitant du confinement pour revoir des classiques, j'ai aussi découvert ce documentaire Sad Hill Unearthed, du nom du désormais célèbre cimetière ayant servi de théâtre à la dernière scène culte du film Le bon, la brute et le truand.

Des fans, espagnols, se sont mis en quête de découvrir le lieu de la tombe de Arch Stanton. Puis, la passion aidant ont décidé de reconstituer le cimetière laissé à l’abandon après le tournage du film. Un exploit lorsque l'on apprend qu'il avait été construit par les militaires de l'armée espagnole franquiste recrutés pour les besoins du film.

L’événement a été célébré, ce que montre le documentaire avec quelques anecdotes croustillantes, à l'occasion du cinquantenaire du film. Une association a été créée et le lieu est désormais protégé.

Un documentaire émouvant en ce qu'il témoigne du pouvoir du cinéma à rassembler autour d’une passion commune. Mais le cinéma dépasse là sa finalité de divertissement : il offre des répliques passées dans le langage commun, joue une musique que l’on retrouve dans toutes les meilleures bandes sons et devient un lieu de pèlerinage. Destiné à la fiction pour faire rêver et émouvoir le cinéphile, il transforme le réel en le sublimant. Il est désormais ancré dans la vie de ces aficionados marqués à jamais par un simple film.

Je revois encore et encore Tuco la démarche hésitante à l’approche du cimetière puis courant de manière frénétique à la recherche des dollars au rythme de la musique de Ennio Morricone (the ecstasy of gold). Quel spectacle !


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Leone/Wallach/Eastwood/Vancleef ... consécration..


De Impétueux, le 24 avril 2013 à 18:30
Note du film : 5/6

Est-ce qu'il n'est pas un peu dommage de découvrir, comme je l'ai fait, la Trilogie du dollar après l'admirable Il était une fois dans l'Ouest, aboutissement et ultime étape d'un genre essentiel au cinéma ? Sans doute aurais-je préféré faire connaissance des innovations formidables que Sergio Leone a apportées en commençant par le début. Je n'ai jamais vu Pour une poignée de dollars ; j'ai apprécié sans enthousiasme Et pour quelques dollars de plus ; me restait à revoir Le bon, la brute et le truand, qui m'a semblé nettement supérieur au film qui l'a précédé, sans pour autant atteindre les sommets.

Il est vrai que si, à l'été 69, lorsque j'ai vu Il était une fois dans l'Ouest j'avais été familier du cinéma de Leone j'aurais peut-être été moins stupéfait et admiratif ; parce que j'aurais été habitué à ces angles de prise de vue étranges et séduisants, et plus encore aux barbes douteuses, aux vêtements luisants de crasse, aux longs cache-poussière, à la sueur, aux gros plans sur des visages marmoréens impitoyables, à la cruauté des fauves enragés, aux longs silences des protagonistes et, bien sûr, à l'efficacité de la musique d'Ennio Morricone.

Cela dit, si Le bon, la brute et le truand n'a pas l'ampleur lyrique de Il était une fois dans l'Ouest, il est également dépourvu de certains travers un peu mélodramatiques, au bénéfice d'excellents gags qui mettent souvent un éclat de rire dans un paysage bien noir. On peut peut-être y voir la patte d'Age et Scarpelli et de leur sens habituel de la dérision : la petite industrie du condamné à mort Tuco (Eli Wallach) systématiquement livré aux autorités puis délivré d'icelles par son complice Blondin (Clint Eastwood) ; l'uniforme des Nordistes si couvert de poussière grise qu'il les fait prendre pour des Sudistes ; la façon dont Tuco se libère de ses chaînes en les faisant couper par un train ; sa façon de descendre un de ses (nombreux) ennemis qui croit l'avoir capturé alors qu'il est plongé dans une baignoire…

Mais j'ai trouvé que c'était un peu long, bien qu'une version ultime ait ajouté un quart d'heure à un film qui dure tout de même déjà près de trois heures ; j'aurais coupé, pour ma part, la partie où Tuco retrouve son frère (Luigi Pistilli), supérieur du couvent des Franciscains, qui n'est pas d'un intérêt majeur et j'aurais raccourci drastiquement les conversations sur la nocivité intrinsèque de la guerre, qui me semblent de la philosophie à deux balles ; je sais : ça tend à démontrer que les trois bandits, si cruels et sanguinaires qu'ils sont, ne sont finalement que de petits joueurs face à l'horreur des conflits armés ; voilà qui est d'une niaiserie sans nom.

Mais il y a de bien belles idées ; notamment l'idée de faire interagir trois canailles qui n'ont d'autre possibilité que de se supporter jusqu'à l'affrontement final ; affrontement magnifique d'ailleurs, bien que Leone n'ait pas mégoté sur la quantité des tombes (il paraît qu'il y en avait 10.000 !), dont le nombre paraît peu vraisemblable et qui font ressembler le pauvre cimetière d'une bourgade perdue de l'Ouest à une de ces nécropoles de notre vieille Europe. Affrontement qui fait songer à l'arène des corridas andalouses (et, de fait, la musique de Morricone prend là des accents espagnols) mais aussi à la tragédie grecque.

C'est en tout cas très bien, avec des acteurs, des trognes extraordinaires. Et ça restera durablement inscrit dans l'histoire du cinéma.


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De Steve Mcqueen, le 7 avril 2010 à 12:26
Note du film : 6/6

Secondé par le fidèle Morricone toujours aussi inspiré, épaulé par le génial Wallach, Leone réalise son western le plus picaresque, le plus barje et aussi le plus drôle… Inspiré par Lean dans les séquences guerrières (des soldats forçés de jouer du violon pour couvrir l'agonie de Tuco, le sabotage du pont), comportant la séquence anthologique où Tuco invective des nordistes avant que ceux -ci enlèvent la poussière de leurs uniformes, révélant leur qualité de nordistes, culminant dans la séquence où Tuco arpente le cimetierre en courant et scrutant les tombes, le tout magnifié par la musique de Morricone, The Good the Bad and the Ugly et à la fois l'acmé et le chant du cygne du western all'italiana…

Coinçé entre un Van Cleef qui joue le mal absolu et un Wallach qui cabotine avec un entrain communicatif, Eastwwod est encore le moins bien lôti… Peu à après, il prendra sa revanche en réalisant Play misty for me…


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