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Le dernier grand film de Richard Fleischer


De verdun, le 7 mars à 18:40
Note du film : 5/6

Autrefois réduit à une poignée de films comme Les vikings, Le voyage fantastique, Soleil Vert Richard Fleischer est sans doute l'un des cinéastes de l'âge d'or hollywoodien dont l'image a été le plus réévaluée grâce à la sortie en dvd de films comme entre autres L'étrangleur de Boston, Les flics ne dorment pas la nuit, L'étrangleur de Rillington Place ou encore les inconnus dans la ville qui montrent toute l'étendue de son talent.

Il manquait encore à l'appel ce Mandingo, sans doute le dernier film mémorable de son auteur. Studiocanal vient de le sortir en dvd-blu ray dans une très bonne édition. Il faut réhabiliter le film et son réalisateur.

Mandingo traîne une certaine odeur de souffre, accusé parfois de racisme. La carrière de Fleischer, incapable de faire un film digne de son talent après 1975, en souffrira indubitablement. Comme le Dressé pour tuer de Fuller, cette accusation est d'une bêtise sans nom. Quarante ans avant 12 years a slave, Mandingo est sans doute le premier film hollywoodien à avoir traité de la traite des noirs de façon aussi frontale. La violence de l'esclavage est traitée sans détour, Fleischer ayant toujours été à l'aise avec la noirceur et les tréfonds les plus sordides de l'âme humaine, comme en attestent ses portraits de criminels.

Mandingo est un film dérangeant. 12 years a slave également la cruauté de l'esclavage, mais en adoptant un point de vue plein d'empathie sur une victime. Mandingo choisit au contraire de se focaliser sur une famille de blancs sudistes. Et le portrait fait de cette famille est apocalyptique: ils sont bêtes, méchants, ne reculent devant aucun homicide, aucun vice, aucune cruauté. Il y a quelque chose de Visconti dans ce portrait d'une famille décadente, sauf que la décadence filmée par le cinéaste des Damnés et de L'innocent est autrement plus raffinée et intelligente.

Mention spéciale pour la prestation assez stupéfiante d'un James Mason méconnaissable, que l'on n'a jamais vu aussi visqueux, aussi bête, aussi pourri. On est loin du classieux Capitaine Nemo qu'il incarna vingt ans plus tôt pour le même Fleischer. Ce sont les Sudistes qui devraient se sentir offensés par Mandingo.

Le seule reproche que l'on pourrait faire à se film est le côté un peu chargé de la dernière demi-heure, tant les faits sordides s'accumulent. Selon son cinéaste, le film dure initialement 3h45 et a été réduit à 2h10. Mais tel quel c'est une oeuvre importante qui se veut l'anti- Autant en emporte le vent et choisit de tourner le dos à la flamboyance de Fleming. La photo est très crue, l'ensemble est assez pauvre en morceaux de bravoure et les personnages sont peu engageants.

La décennie 70 est sans doute la période où sont sortis des films les plus audacieux de l'histoire du cinéma, impensables tels quels aujourd'hui.


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