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Thriller claustrophobe


De Impétueux, le 29 novembre à 21:58
Note du film : 3/6

Si je devais un jour, muni par le Bon Dieu d'une mission en ce sens, donner un conseil aux cinéastes de tous les pays, je me permettrais de leur en glisser deux, pour le même prix. Le premier serait : Hors rares exceptions, coupez toujours le dernier quart d'heure de vos films, quelle qu'en soit la durée. Et le second, bien plus impératif et contraignant, serait : Ne vous contentez pas d'une situation de départ originale et bien fichue : vous y tournerez vite en rond, vous devrez étirer votre rythme, inclure dans votre propos des éléments parasites et vous décevrez le spectateur avec la fin de votre film ! (Ce qui, au demeurant, rejoint tout à fait l'esprit de mon premier précepte et en confirme la pertinence).

Je ne me fais aucune illusion sur l'influence que je pourrais avoir sur les auteurs ; n'empêche que Panic room confirme, et au delà !, ce que je viens d'écrire. Voilà un réalisateur, David Fincher, dont le talent de mise en scène n'est pas contestable et qui, comme c'est amplement démontré, possède même une réelle virtuosité et une grande élégance pour vous présenter un cadre, un décor, une situation. Voilà une bizarrerie intéressante (dont j'avoue n'avoir jamais entendu parler jusqu'à la vision du film), la chambre préservée, la pièce de sûreté, construite pour protéger de riches habitants contre les intrusions crapuleuses et dangereuses. Une distribution intelligente, dominée par Jodie Foster, dans le rôle de Meg Altman, dont la dureté de visage donne conscience de la détermination, de Kristen Stewart, sa fille Sarah, diabétique et Forest Whitaker, Burnham, le (un peu trop) brave type poussé par les duretés de la vie et les nécessités de la survie à devenir cambrioleur.

Seulement, lorsque les deux oiselles se sont enfermées solidement dans leur château-fort, à quoi doivent absolument accéder les cambrioleurs, qu'est-ce qu'on fait, d'autant qu'on n'en est sans doute qu'à la fin des premières trente minutes d'un film qui compte presque deux heures ? On va multiplier les fausses espérances, comme la tentative d'alerter un voisin somnolent par un jeu de lumières en langage Morse, on va introduire des éléments de suspense forts, comme la tentative d'asphyxie au gaz des deux femmes qui va se retourner contre ses instigateurs, on va ajouter tout ce qui, dans un film de suspense, sait maintenir l'attention du spectateur, comme ce téléphonage à Stephen Altman (Patrick Bauchau), mari séparé et père aimant de Meg et de Sarah, qui avorte après avoir presque réussi…

On renverse tant bien que mal la situation, en éliminant un des voyous, en bousculant les positions des chasseurs/chassés, en instillant une crise de tétanie grave chez la pauvre gamine. Mais il faut bien qu'on tire à la ligne ; un peu (la visite des deux policiers dont l'un flaire manifestement quelque chose), l’arrivée incongrue de l’ex-mari dans le bordel et sa rapide mise hors d’état de nuire. Tant à faire !

Mais la fin, c'est, comme on dit aujourd'hui à la télé, Du grand n'importe quoi et une sorte de folie à la Evil dead où les mourants surgissent toutes griffes dehors alors qu'on les pensait éliminés du paysage et se jettent rageusement sur les miraculés. Et la dernière séquence, irénique et melliflue où, les choses revenues dans leur ordre normal, les deux femmes bavardent dans ce qui doit être 'Central park'' est là pour donner à chacun bonne conscience.

On ne peut dire qu'on s'est ennuyé ; on ne peut pas dire que ça ne soit pas là du cinéma de consommation..


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De Nadine Mouk, le 7 décembre 2016 à 06:13
Note du film : 3/6

Après son superbe Fight Club, on peut déplorer que le grand Fincher ne se soit pas trop foulé pour nous pondre ce Panic Room. On était clairement en droit d'attendre mieux de sa part. En effet, même si il constitue une œuvre que l'on retiendra, Panic Room est loin d'être un grand film. Ce qui ne l'empêche pas de nous captiver par instants. Juste par instants. Si l'idée de départ est bonne, le gros du film n'est pas franchement génial et les rares rebondissements manquent d'impact pour nous tenir en haleine jusqu'à la fin. Par contre, Gaulhenrix est dans le vrai : un générique formidable : Les multiples plans aériens de New York – plans fixes d'abord, puis lents travellings, plongées, contre plongées et vues en perspective se succèdent et suscitent le vertige – semblent le fait d'une entité supérieure qui scrute en tous sens cette ville réduite à ses buildings, cependant que l'activité humaine, écrasée au fond de véritables puits de béton et de verre, apparaît pour ce qu'elle est, canalisée, ordonnée et dérisoire. . Joliment dit, Monsieur …

Donc, côté scénario, une bonne idée de base prometteuse mais celle-ci n'a pas été développée pour donner un ressort intéressant tout du long. Heureusement, le casting est lui réussi, au moins pour les acteurs connus. En effet, Jodie Foster qui a très joliment pris dix ans depuis Le silence des agneaux est particulièrement convaincante en mère de famille prête à tout pour protéger sa fille. Et pour pallier à la claustrophobie ambiante et là je rejoins PM Jarriq, Fincher en a fait une image très sexy, le décolleté plongeant et la lippe humide. De plus, la jeune Kristen Stewart, sa fille dans le film, a été fort bien castée pour ce rôle. Sans dire qu'elle ressemble franchement à sa mère, elle tient formidablement bien la distance. Quant à Forest Whitaker, même si il est encore dans son rôle habituel de méchant au grand cœur, cela fonctionne malgré tout. Néanmoins, nous l'aurions préféré un peu moins "bonhomme". D’autant que ses deux complices ont tendance à en faire un peu trop, frisant même le comique par moments. Lui est trop sage…

Reste alors la réalisation de Fincher qui sauve un peu le truc. En effet, celui-ci, grâce à son errance inspirée parvient à dynamiser son film qui reste donc un peu plat quand même. On pourrait arguer du fait que c’est un huis-clos et que ceci explique cela mais un certain Duvivier nous a prouvé avec Marie-Octobre que les huis-clos pouvaient se montrer grandioses. Mais les mouvements de caméra originaux de Fincher donnent une certaine âme à cette maison et en font presque un personnage à part entière dans le film. On peut même susurrer que c'est la véritable vedette de cette œuvre. J’ai rarement vu une caméra aussi virevoltante au point de passer à travers les trous de serrure, l’anse et la cafetière et même s’introduire dans un mini conduite de gaz. Réalisation inventive qui nous renvoie souvent à celle de Stephen Hopkins pour son excellent Blown Away. En fait, le problème ne vient pas de l'ambiance ni de la réalisation mais du scénario qui, décidément, à part l'idée de départ est trop classique et sans surprises pour que le film soit vraiment bon. Au final, une entreprise un peu décevante mais qui nous offre quand même sa part de frissons. On peut comprendre que les avis divergent…


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