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L'oeil du générique


De vincentp, le 5 décembre à 22:45
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Quelques mots complémentaires, toujours dans le registre de la subjectivité. Vertigo fait partie à mon sens des rares films qui peuvent être observés à multiples reprises, seconde par seconde. La réussite du film doit beaucoup au duo d'acteurs principaux, particulièrement bien dirigés par Hitchcock. James Stewart déploie tout son savoir, avec des expressions diverses. Il est phénoménal. Kim Novak est impressionnante de vérité. Sa confession à la 100° minute environ est bouleversante. A mon avis il s'agit-là de la meilleure interprétation féminine de l'histoire du cinéma. La photographie de Robert Burks est également magnifique, y compris lors des séquences non décisives. La ville de San Fransisco est filmée sous tous les angles et acquiert la dimension d'un lieu théâtral à la fois onirique et dramatique. Le cinéma est peuplé de classiques superlatifs mais ce film-là me parait être au-dessus de la mêlée, l'Everest de la discipline.


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De vincentp, le 1er décembre à 22:51
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Revu en blu-ray avec à la clé quelques impressions subjectives que l'on est en droit de partager ou non… Vertigo est construit de façon à ce que le spectateur puisse dans les premiers instants s'identifier à James Stewart et à Barbara Bel Geddes, et reconstituer avec eux les pièces d'un puzzle énigmatique et angoissant. Barbara Bel Geddes, brave fille terre-à-terre, sert également à ancrer le récit dans le réel et à contrebalancer les éléments fantastiques apportés par Kim Novak. Des émotions fortes sont amenées par les apparitions de Kim Novak, filmée de bout en bout de façon prodigieuse (plans rapprochés, couleurs chaudes). Le suspens est une première arme de mise en scène destinée à tenir le spectateur en haleine, la musique en est une autre, utilisée pour faire vibrer la corde émotionnelle du spectateur. Le récit avance de façon fluide, mixant des éléments d'analyse (les filatures solitaires de Stewart) et de synthèse (les débriefings successifs de l'enquête).

La trame policière n'est de toute évidence qu'un prétexte permettant à Hitchcock d'aborder des sujets que l'on pourrait qualifier d'existentiels. Le générique d'ouverture établit une liaison entre l'œil de l'actrice, du spectateur, et la voie lactée, puis le chignon de Kim Novak et de Carlotta épousent le forme d'une galaxie spirale. Les personnages se déplacent dans divers lieux urbains et ruraux, croisent des formes naturelles et humaines, horizontales et verticales gigantesques (Golden Gate, séquoias). Ce cadre produit des émotions puissantes, des pensées profondes, submergeant et renversant les personnages. Vertigo parle du temps et de l'espace, des relations humaines, exprime une vision de l'univers sombre et pessimiste, ou il faut lutter avec force pour ne pas être absorbé par les ténèbres. La forme de l'oeuvre est à chaque instant celle d'un très grand maître, et l'on est très logiquement en droit d'estimer que Vertigo est à ce jour le meilleur film de l'histoire du cinéma.



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