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Grand film de George Stevens


De vincentp, le 8 octobre à 10:58
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Réalisé en 1953 par George Stevens, en Technicolor, scénarisé par A.B. Guthrie Jr. à partir du roman de Jack Schaefer, produit par Paramount, Shane est un classique des années 1950. L'édition blu-ray permet de cerner ses points forts et ses aspects perfectibles. La photographie de Loyal Griggs (oscarisée en 1954) intègre à la perfection la plaine du "Grand Teton National Park" (The Big Sky, The Big Trail,…). Rivière glacée et à fort débit, terrain boueux, venté et arrosé, animaux à peine domestiqués, soit un cadre rude au sein duquel les fermiers doivent lutter avec esprit de corps pour subsister, et construire un avenir commun. Les passions y sont exacerbées en raison de l'obstination de Emile Meyer, accroché à une vision conservatrice du monde, refusant les lois de l'évolution naturelle de la société. Nombre de scènes diurnes (dans le cimetière) ou nocturnes (l'approche finale de la ville) sont magnifiques, jouant sur les contrastes entre zones éclairées et sombres du cadre.

Vingt minutes de trop alors que l'affrontement armé s'impose comme inévitable, une choix de casting discutable pour Jean Arthur même si l'Ouest n'a pas été fréquenté que par des jeunes filles en fleur. La mise en scène de George Stevens est sobre et classique : absence d'effets appuyés, présence de dialogues rudimentaires, lyrisme contenu (le départ du héros s'opère de nuit, discrètement). C'est la vision du monde d'un enfant découvrant le monde des adultes et de leurs confrontations coutumières, avec des flambées de violence. La musique de Victor Young participe de façon efficace à la construction dramatique : admirables effets sonores sourds lors du final, introduction en douceur avec le thème principal. Nombre de séquences de Shane sont anthologiques, autour des personnages incarnés par Jack Palance et Alan Ladd. Par ses caractéristiques de fond et de forme, Shane est susceptible d’imprégner la conscience du spectateur bien après la fin de sa projection.


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De Impétueux, le 21 mars 2010 à 12:44
Note du film : 3/6

D'humeur paresseuse et dans la perspective de voir de grands espaces, de fraîches solitudes peuplées d'hommes rudes et univoques, j'ai revu tout à l'heure L'homme des vallées perdues, dont j'ai (trop) dit ici et là combien le titre français qui fait tant rêver par son ample sonorité avait fasciné mon enfance.

Et je me suis un peu ennuyé, dans un patchwork de sympathie pour une histoire trop lentement déroulée, mais assez fortement écrite (la guerre inexpiable entre les pionniers – l'élevage extensif – et les colons – les agriculteurs intensifs -), des personnages qui ne sont pas simplistes, avec des relations intéressantes et nuancées, et quelques séquences anthologiques, en premier lieu, comme l'a noté Freddie D, le meurtre de "Stonnewal" Torrey (Elisha Cook Jr, moins gluant et couard que d'habitude, mais tout aussi perdu) par le vipérin Jack Wilson (Jack Palance), meurtre accompagné de l'humiliation par la boue et de la haine qui oppose le Nordiste Wilson au Sudiste Torrey, mais aussi la fête du 4 juillet qui montre sans doute assez bien ce que pouvait être la vie d'une communauté villageoise dans l'immense et vide Wyoming.

Le Wyoming, donc, et, au contraire de beaucoup d'auteurs de messages de ce fil, je trouve la région bien laide, à tout le moins la vallée siège de l'intrigue, qui est certes encerclée de belles montagnes enneigées, mais qui est plate comme la main, presque dépourvue de tout arbre et pleine d'une gadoue qui n'est pas très agréable à regarder ; les bagarres, pour spectaculaires qu'elles sont (c'est la loi du genre et de l'époque) sont dépourvues de toute vraisemblance, les coups donnés, s'ils étaient réels, suffisant à fracturer phalanges et maxillaires ; l'actrice principale, Jean Arthur, dépourvue de toute séduction (mais il est vrai qu'une paysanne de ces années rudes et de ces terres désolées ne devait pas en avoir beaucoup, et que l'actrice avait 13 ans de plus qu'Alan Ladd, ce qui se voit tout de même un peu.

C'est assez lent, ça porte une belle histoire d'amour inexprimé et la fascination d'un gosse (trop présent, toutefois) pour son héros, ça dispose d'une musique westernienne classique et agréable. Mais, au lieu de glisser ça dans mon lecteur, j'aurais mieux faire de revoir Lost highway, avec quoi j'ai hésité. C'est tout de même d'une autre dimension…


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