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La superbe aventure...


De vincentp, le 12 septembre à 21:28
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Revu en dvd, 14 ans après et un jugement en forte hausse. Pendant 15 minutes, le combat fait rage en mer entre deux navires du XVI° siècle. Il faut attendre 10 minutes pour apercevoir le héros incarné par Errol Flynn. Scènes de groupe, plans rapprochés se succèdent impeccablement. Les espagnols sont montrés comme des esclavagistes, Flynn comme un chef intelligent et bon meneur d'hommes côté anglais. Entre la 15° et la 30° minute, des relations peu conventionnelles s'engagent entre les deux camps. Le scénario prend alors une tournure superbe, avec un portrait de groupe et de société dialogué finement. La présentation de la reine anglaise répond à celle de son homologue espagnol en début d'histoire. Analytique, synthétique, direct, percutant, intelligent, propos vaste, on comprend vers la 35° minute qu'on a affaire à une œuvre exceptionnelle tant sur le fond que la forme, filmée de façon magnifique, un des chefs d'oeuvre de la Warner du début des années 40 et un des sommets de carrière pour de nombreux contributeurs.


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De verdun, le 12 août à 23:16
Note du film : Chef-d'Oeuvre

En 1585, l'Espagne et l'Angleterre sont au bord de la déclaration de guerre. La reine Elizabeth d'Angleterre (Flora Robson) investit en secret le corsaire Geoffrey Thorpe (Errol Flynn) d'une mission visant à harceler la flotte espagnole, « l'Invincible Armada ». Mais les Espagnols ont vent de ce projet en raison de la présence d'un traître dans l'entourage de la reine.

Vous avez demandé un classique incontesté du film d'aventures maritimes ? En voilà un ! Dans mon souvenir, L'aigle des mers était supérieur à Capitaine Blood. Un nouveau visionnage confirme cette impression.

La mise en scène de Michael Curtiz s'avère encore plus maîtrisée que dans Capitaine Blood et fait preuve de davantage de modernité. On ne regrette pas l'absence, souvent préjudiciable pour ce genre de films, de la couleur tant les éclairages, parfois proches de l'expressionnisme, se révèlent d'une grande beauté. Visuellement brillant, grâce aussi à l'excellence atteinte par un grand studio de l'âge d'or hollywoodien, en l'occurrence Warner, L'aigle des mers bénéficie à nouveau d'une belle partition de Erich Wolfgang Korngold.

Dans un rôle inspiré du personnage de Francis Drake, Le corsaire de la reine, Errol Flynn est encore plus charismatique et, accessoirement, débarrassé de la coiffure kitsch de Peter Blood. Dans ce genre de films, cet acteur de génie est inégalable. En ce qui concerne les seconds rôles, si l'on peut déplorer -de prime abord- que le méchant ne soit pas interprété par Basil Rathbone, force est de constater que Henry Daniell ne démérite pas dans le rôle du traître de service. En revanche, il est permis de regretter que l'amoureuse du héros ne soit pas incarnée par Olivia De Havilland tant Brenda Marshall se révèle séduisante mais moins marquante que la Marian des Aventures de Robin des Bois. Voilà bien l'un des rares défauts que l'on puisse trouver à L'aigle des mers. Signalons aussi la présence d'un Claude Rains parfait en notable espagnol roublard et la belle prestation de Flora Robson, totalement convaincante dans la peau de Elisabeth Ière d'Angleterre.

Le scénario, signé Howard koch et Seth Miller, est intelligent harmonieux et dépourvu de temps morts. Et surtout, le sous-texte politique est passionnant: un parallèle évident peut être fait entre l'invincible armada qui rêve d'envahir l'Angleterre en 1585, et l'Allemagne nazie qui tente elle aussi d'envahir l'Angleterre en 1940, époque de tournage de L'Aigle des mers.

Cette dimension politique achève de faire de ce somptueux divertissement un chef-d'oeuvre du genre « pirate » (ou plutôt ici corsaire ») emblématique de la plus belle époque du cinéma américain.


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