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Un mythe étonnant


De vincentp, le 26 novembre à 22:29
Note du film : 5/6

Je partage l'essentiel de l'avis de Verdun, à un élément près. C'est Volonte qui tient la vedette, bourru, têtu, courageux, avec les attitudes d'un petit commerçant. La contre-enquête menée pour découvrir les vrais coupables est par ailleurs un point fort du film, très intelligemment développée, et permettant de sortir du canevas un peu stéréotypé des braves innocents accusés.


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De verdun, le 6 août 2014 à 02:32
Note du film : 5/6

Un mythe étonnant ? Pas forcément…

Ce n'est certes pas le film immense qu'il aurait pu être sous la direction d'un Rosi ou un Petri des grands jours. Montaldo était un honnête artisan de films de genre intéressants comme Le carnaval des truands ou Les intouchables, quelqu'un capable de mettre en images un bon scénario mais pas de le transcender.

C'est une belle reconstitution, sans doute trop sage, qui aurait peut-être mérité d'être plus concise par endroits. Peut-être fallait-il à tout prix remplir les deux heures de projection ? Les personnages de salaud sont trop monolithiques, certains tics de mise en scène (les zooms) peuvent agacer mais le film me paraît avoir correctement vieilli.

Ceci dit, le film ne méritait pas non plus de rester invisible, d'autant plus qu'il fit les belles heures des premières parties de soirée jadis: TF1 en 1983, France 2 en 1999, avant que la télé ne régresse de façon effarante -ce n'est pas la première fois que j'écris ça mais c'est hélas la vérité. Cette invisibilité trop brutale d'un film qui toucha jadis un très large public explique sans doute le souvenir très embelli qu'on a pu avoir de cette oeuvre. La chanson de Joan Baez, "here's to you" est devenue plus célèbre que le film lui-même, tournant en boucle sur la bande FM alors que le film pour lequel elle fut composée rejoignait les limbes des archives.

Mais Sacco et Vanzetti bénéficie d'atouts indéniables: une interprétation sans faille, notamment Riccardo Cucciolla, que l'on remarquera plus que Volonté car le rôle de Sacco est sans doute plus intéressant que celui de Vanzetti ! Ils sont tous les deux superbes (et dissemblables), tout comme Cyril Cusack impérial en accusateur xénophobe. Le côté didactique pointé du doigt par impétueux peut agacer; pour moi c'est un atout: ce cinéma italien intelligent, engagé, bénéficiant de larges moyens et capable de boxer dans la même catégorie qu'Hollywood, méritait-il de sombrer corps et biens malgré son didactisme et son manichéisme ? Assurément non.

Et c'est vrai que ce film-ci a pour caractéristique de susciter une indignation à propos d'une page sombre de l'histoire des Etats-Unis mais en préférant l'austérité au pathos. Pas de scène spectaculaire ici ni de dramatisation à outrance:la musique de Morricone est utilisée de manière très parcimonieuse. L'utilisation des images d'archives est un modèle du genre.

Ce n'est donc pas un Everest cinématographique mais un film simple et efficace qui mériterait d'être disponible depuis des lustres.


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