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Le film-testament de Mario Bava


De verdun, le 17 février à 23:24
Note du film : 4/6

Dora (Daria Nicolodi), témoin du suicide de son mari, se fait interner en hôpital psychiatrique. Lorsqu'elle retrouve enfin sa liberté, elle retourne vivre dans son ancienne maison, avec Bruno (John Steiner), son nouveau compagnon et son fils Marco (David Colin Jr), issu de son premier mariage. Parce que Bruno est souvent en déplacement de par son travail, Dora gère seule l'éducation de Marco. Mais ce dernier agit de manière étrange et Dora le soupçonne d'être pourvu de pouvoirs télékinésiques. Le jeune garçon semble très attiré par le mur de briques qui se trouve dans la cave…

Sorti en Italie en 1977, Les démons de la nuit est la dernière réalisation pour le grand écran de Mario Bava.

Ce testament est souvent jugé décevant par certains commentateurs. Je ne partage pas cette déception mais il faut reconnaître que ce Shock n'est pas forcément facile d'accès. C'est un film qui peut déconcerter les admirateurs du cinéma de Bava tant il s'avère différent de ce que à quoi le réalisateur a pu nous habituer tout au long de sa carrière, notamment sur le plan de la forme. Ainsi, la photographie est beaucoup plus terne qu'à l'accoutumée et les zooms sont au repos. Les démons de la nuit semble influencé par le fils "biologique" du cinéaste, Lamberto dans la façon de faire surgir le fantastique à partir du quotidien le plus terne. Mais l'influence la plus manifeste est sans doute celle du fils "spirituel" de Bava: Dario Argento. La musique ressemble à celle des compositeurs des frissons de l'angoisse, les Goblin et le rôle principal est confié à celle qui était alors l'égérie et compagne d'Argento: Daria Nicolodi.

Malgré ces influences, Les démons de la nuit est une oeuvre personnelle en ceci qu'elle aborde des thèmes déjà vus dans les films de Bava, notamment Le corps et le fouet ou Une hache pour la lune de miel, puisqu'une fois de plus l'héroïne du film est en proie à des hallucinations qui lui pourrissent la vie. Comme dans Le tour d'écrou de Henry James. Le titre français du film aurait d'ailleurs pu être Les démons de l'esprit. Une fois de plus un enfant, son propre fils, apporte le mal à ceux qui l'entoure.

Certes, le style inhabituel, le caractère déconcertant d'un scénario qui brouille les pistes et une première heure un peu languissante, plus psychologique que dramaturgique, peuvent décevoir certains spectateurs. Les démons de la nuit prouve cependant la maîtrise intacte du cinéaste. Ce quasi huis-clos réussit plus d'une fois à instiller l'angoisse et le malaise, et ce dès les premiers plans qui montrent la villa à l'abandon. Certaines images ne s'oublient pas de sitôt, notamment une agression au cutter, des cheveux qui dansent, ou des murs qui saignent. Les truquages sont une fois de plus basiques mais efficaces. L'intensité monte crescendo durant la dernière demi-heure…

Malgré le fait qu'il ait souvent eu recours à des acteurs de talent tels que Cameron Mitchell, Christopher Lee et Barbara Steele, la direction d'acteurs n'était pas le point fort de Bava. Raison de plus pour saluer la bonne qualité de l'interprétation. Bava a eu raison de convoquer Daria Nicolodi car sa prestation est constamment remarquable. Elle porte le film sur ses épaules. Dans un rôle secondaire, on retrouve le solide comédien britannique -habitué au cinéma italien- John Steiner. Certains trouveront le jeune David Colin Jr irritant mais cet aspect antipathique sert le côté démoniaque du personnage qu'il interprète.

Sans faire partie des incontournables de Mario Bava, Les démons de la nuit est un opus singulier, habile et oppressant qui mérite d'être redécouvert. Une belle réédition en haute définition permettrait vraisemblablement une réévaluation de ce testament parfois mal jugé.


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