| Cinéma | Le Village The Village | ||
| Etats-Unis Fantastique |
Réalisateur, scénariste et producteur : M. Night Shyamalan ![]() Producteurs : Sam Mercer Scott Rudin ![]() | Compositeur : James Newton Howard ![]() Directeur de la photographie : Roger Deakins ![]() Monteur : Christopher Tellefsen Société de production : Touchstone Pictures ![]() | Acteurs : Bryce Dallas Howard (Ivy Walker)Joaquin Phoenix (Lucius Hunt)Adrien Brody (Noah Percy)William Hurt (Edward Walker)Sigourney Weaver (Alice Hunt)Brendan Gleeson (August Nicholson)Cherry Jones (Mrs. Clack) Celia Weston (Vivian Percy) John Christopher Jones (Robert Percy) Frank Collison (Victor) Jayne Atkinson (Tabitha Walker) Judy Greer (Kitty Walker)... ![]() |
avant le 21/11/2004 25/09/2007Première sortie mondiale : 2004 La fiche technique complète du film : ![]() | |||
« Just do it » Désormais, M. Night Shyamalan
a acquis le statut de réalisateur culte, aussi attendu, bien que pour d'autres raisons, qu'un Tarantino
ou un film de Steven Soderbergh
. Parce que ce garçon, qui n'a que 34 ans !, a un réel talent de scénariste et de metteur en scène, et sait raconter l'histoire la plus simple en lui conférant cet espèce de charme un rien désuet qui en fera un classique. De ses six premiers films, seuls quatre nous sont parvenus : Sixième Sens
, Incassable
, Signes
et maintenant Le Village. Point commun à ces films, le cliffhanger est presque toujours déroutant et d'une formidable intensité. Si Signes est sans doute le plus faible des quatre, notamment à cause du final ressemblant à un mauvais X-Files
et à Mel Gibson
en preux chevalier de la foi un rien douteux, Le Village
redresse intelligemment la barre, avec un cliffhanger ouvert sur une réflexion sociétale et politique, bien différente de ses précédents films. Pour autant, le film ne se limite pas à final déroutant, mais vaut pour sa formidable mise en scène, son travail génial des couleurs et ses atmosphères proches de la série Le Prisonnier. Tout le génie de Shyamalan tient dans la force de ses suggestions, sa force de faire appel aux peurs les plus élémentaires, ici le bois dissimulant l'horreur et la menace extérieure... Autre talent du réalisateur d'origine pakistanaise, savoir s'entourer d'un casting ad hoc. Là encore, tous les comédiens sont au diapason, de Joaquin Phoenix
, introverti et intense, à la découverte Bryce Dallas Howard
, au sourire de Julia Roberts et à l'intensité de Mia Farrow, en passant par tous les rôles des anciens, le shakespearien William Hurt
, la royale Sigourney Weaver
, au dense Brendan Gleeson
. Tous campent des villageois trop heureux pour être honnêtes. Enfin, saluons l'espèce de fidélité qui semble pousser Shyamalan à vouloir exploiter tout le potentiel de ses comédiens. Il a offert à Bruce Willis
deux de ses plus beaux rôles et nous offre à voir le talent de Joaquin Phoenix
, parfait, après avoir joué le frère un peu simple de Mel Gibson dans Signes
et le César obsédé de pouvoir et de sa sœur dans Gladiator
. Rien que pour ce comédien admirable, le Village mérite d'être vu...
"Mauvaise couleur."

, il faudra bien admettre que l'imaginaire du réalisateur est limité, borné... et donc, qu'il a tendance à se répéter. Lorsque The Village
a été annoncé et que son synopsis a circulé, on pouvait s'attendre à une reprise de la thématique de Signs
(l'ennemi dehors et nous dedans), mais dans un traitement original et sérieux. En réalité, le film est une farce maladroite et, pour tout dire, on s'ennuie ferme. Et de regretter cette mobilisation de talents pour une intrigue aussi plate.
) est tenté de braver l'interdit et de faire une ballade en forêt. Peut-être en réaction à ce geste sacrilège, une des créatures pénètre nuitamment dans le village où les habitants, avertis, sont réfugiés dans les sous-sols. Kitty Walker, la fille d'Edward Walker (William Hurt
), l'un des anciens les plus influents, est éprise de Lucius mais celui-ci ne répond pas favorablement à son amour. Il aime, en effet, la jeune soeur aveugle de celle-ci, Ivy (Bryce Dallas Howard
), auprès de laquelle il se déclare après que Kitty se soit mariée. Mais Noah Percy (Adrien Brody
), un attardé mental très proche d'Ivy, poignarde Lucius par jalousie. Lucius est à l'article de la mort ; seul des remèdes, cherchés dans la ville de l'autre côté de la forêt, pourrait le sauver. Ivy se propose pour accomplir cette mission.
donc et un certain Pacte des loup
(en ai-je trop dit ?!), The Village
ne tient aucune de ses promesses. La révélation du mystère qui entoure cette communauté est décevante, la photographie est plate, avec des choix de plans et de focales contestables, la thématique de couleurs est mal exploitée et les excellents acteurs deviennent comiques en défendant ce scénario et ces dialogues médiocres. Kirsten Dunst
, qui devait initialement jouer le rôle d'Ivy, a été bien inspirée de renoncer au film, même si elle avait une bonne raison (un autre tournage). Quand on sait que Shyamalan
évoque King Kong
comme inspiration pour son film, on ne peut que lui donner un précieux conseil : se mettre à l'adaptation ou choisir, dorénavant, un bon scénariste... Cooper
et Wallace
s'étaient mis à deux pour imaginer les aventures de leur singe géant !